UNE INTERVENTION DIPLOMATIQUE
avec distinction autour du tapis vert où se joue l6 sort du monde, qui ont été reçus à la table des potentats, qui auraient cru nous faire honneur à vous et h moi, si, nous rencontrant dans un salon, ils nous avaient tendu la main! Quel est donc ce renversement de la murale î Et jusqu'ot'i ira ce scandaleux défi jeté à la conscience humaine?
Il est vrai que la conscience humaine et la morale sout, pour le moment, sous la protection des chancelleries. « Mercredi, (disait hier le comte Russell, ■ une dépêche est partie de Paris, de Vienne et de Londres pour Saint-Pétersbourg ; elle contient l'exposition des vues des trois gouvernements sur le présent état de choses en Pologne, et ces vues sont presque identiques. > Fort bien. Et après?
Si les propositions faites à la Russie sont rejetées par elle, quel parti l'Angleterre est-elle décidée à prendre.? Se pr&ente-l-elle, la main sur son épée? Dans la séance du 8 juio dernier, en répondant à cette remarqué fort juste de lord Ellenborough, que la diplomatie est condamnée îi l'impuissance, quand sa force n'est pas... la force, le comte Russell a prononcé ces paroles caractéristiques : ■ Quant à moi, je ne conçois pas quel avantage pourrait résulter d'une intervention armée en faveur de la Pologne. Je ne vois dans une interruption de la paix de l'Europe que confusion et calamité. Je n'aperçois pas d'objet clair et distinct qui puisse justifier, de la part du gouvernemenl britannique, un recours aux armes, et je proleste d'avance contre toute idée de ce genre. »
Voilà donc l'empereur Alexandre bien averti; il lui est loisible de traiter les propositions de l'Angleterre absolument comme il voudra; il peut les mettre au panier, sans que cela tire ii conséquence. On a l'extrême bonté de l'en prévenir, tant on tient i lui ménager la parfaite liberté de
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ses décisions. S'il cède, évideiuBieDl ce sera sa faute.
Mais quoi ! sa faute. J'en ai peur, consi^lecait k ne |>as céder.
Écoutez plutôt ce que dit le comte Russeil : < Uie puissante nation comme l'Angleterre est, à mon sens, liée par les traités de ISiS. Mous avons en conséquence posé des termes coociliables avec ces traités. >
£t voilà ce qu'on appelle intervenir diplomatiquemeot ea faveur de la Pologne !
Mais ces traités de 1815 qu'on invoque, ils ont fait le malheur des Polonais; ils ont confirmé, saoctiouné, ciutsacré le crime, trois fois répété, du partage : ils ont rendu l'Europe entière directement complice d'un acte de brigandage dont elle n'avait eu du moins k répondre jusqu'alors que pour l'avoir toléré lAchement; ils ont déclaré le vol pur et simple partie intégrante du droit des gens. Qui donc est intéressé à voir confirmer, sanctionner, consacrer de douveau, les spoliations dont la Pologne futvictiBieî Serailr<c d'aventure la Pologne ? Qu'on l'interroge, et l'on vena.
Il faudrait que les Polonais fussent insensés pour accepter, sans j être contraiuts, une base pareille. Vainement la diplomatie de l'intervention leur offre-t-elle l'appât d'une Constitution particulière : l'expérience du passé les éclaire sur l'avenir ; ils savent ce que valeat des chilFoos de papier que rien ne protège contre un coup de baïonnette; ils savent ce que pèse nue opposition dont les membres sont exposa à Être envoyés en Sibérie, au premier froncement de sourcil du maître. Ce n'est pas pour conquérir une ConsliUilioa, mais pour renaître à l'indépendance, c'est-à-dire à la vie, que les Polonais se sont levés, dans im accès de désespMr sublime. « Un Parlement, remarque avec raison la Saturday Review, peut être une Assemblée souTeraine,
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