‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 3 sur 97 · STHPATBIES TEMPÉRÉES PAR LA PRUDENCE · texte numérisé non relu

STHPATBIES TEMPÉRÉES PAR LA PRUDENCE

de digue aux débordements de la Russie. Alors comme aujourd'hui, séparaot sa cause de celle des deux, puissaoces auxquelles l'avait liée le pacte impie d'uue spolialion consommée en commun, elle se montrait disposée à tenir tête, de concert avec la France et l'Angleterre, à la Russie aidée parla Prusse, dflt cette politique lui coûter la Gallicie; et m£me ce fut d'elle, oui, d'elle l' Autriche, que vint l'initiative des mesures à adopter pour empêcher la Pologne de périr.

Qui ruina ce projet? Louis-Philippe? Non. Quelque aveuglément dévoué que fût ce prince aux iniérèts de la paix, il accepta les ouvertures de l'Autriche. Mais l'adhésion d'un tiers était requise, et cette adhésion fut refusée. Lord Palmersion déclara tout net que les relations de l'Angleterre avec la Russie étaient amicales, et qu'il n'entendait pas y mettre fio. J'ai sous les yeux le texte de sa réponse à la note du prince de Talleyrand, en date du 30 juin 1831. Rien de plus catégorique : « Sa Majesté Britannique se voit forcée de repousser les proposilionsqui lui ont été transmises par SoD Excellence le prince de Talleyrand, étant d'avis que le temps n'est pas encore venu de les adopter ^vec succès contre la volonté d'un souverain dont les droits sont incon- UttaUes. >

Terribles furent les suites de ce refus. L'Autriche, intimidée, se tut. La Pologne, après des prodiges de constance et de valeur , fut écrasée. Le général Sébastian], e» annonçant que « l'ordre régnait à Varsotne », ouvrit le chapitre des fautes qui amenèrent 1848. La France prit le deuil.

Maintenant, que va- t-il arriver ?

Si je ne me trompe point dans mes observations sur le mouvement dont je vis comme enveloppé, ce que les Anglais en général déûrent, c'est que, par une intervention

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comlHitée, mais d'un caractère purement diplomatique, et présentée de manière h n'amener aucim violent coofiit, on réussisse à obletùr du roi de Prusse une neutralité stricte. L'intervention du roi de Prusse, voilà ce qtii trouble les Anglais, voilii ce qui les inquiète. Et pourquoi ? Par cette raism bien simple, qn'ils y voieni , jiour la France, une teotatioD d'intervenir à son tour, eu poussant les choses plus loin qu'ib ne veulent les pousser eux-mêmes. Une ^erre, mâme avec la France pour alliée, les effraye. Et, d'un autre c6té, il leur d^airait fort de voir l'emperenr des Français s'engager seul contre la I^iisse, dans une qoerelle o» il aurait pour lui les sympathies des peu[^es, et où il ne serait pas impossible que, comme prix de l'appui prêté ii une cause juste, il se fît donner par la victoire une position forte sur le Rhin.

L'article du Moming Post, auquel le Tempg a si spirituellement répondu, n'est qu'une mauvaise plaisanterie, qui n'oTiprime en aucune façon l'opinion des Anglais sur ce grave sujet. Tenez pour certain qu'une guerre de la France avec la Prusse est une éventualité que nul Anglais u'envl«age de sang-froid ; et s'il m'était permis de dire toute ma pensée, je vous expliquerais pourquoi la possibilité' d'une pareille guerre alarme surtout les amis de la liberté de ce c4té du détroit, quelles que soient, d'ailleurs, leurs sympathies pour ta Pologne.

Hais ce que les Anglais voudraient, ce serait ane guerre entre la France et la Russie -;- la Prusse ne s'en mélaut pas, et eux-mêmes se bornant au rôle da singe qui mange les marrons que le'cbat a tirés du feu. En ceci, par exemple, ils ne verraient qu'avantages. La Russie n'a pas de bords du Rhin h laisser prendre, et l'entamer n'est pas facile, comme l'exemple de Napoléon I*^ l'a trop prouvé. La lutte, telle qu'elle se peint dans l'espht de l'Angleterre , aurait donc

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