‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 31 sur 97 · HISTOIRE DE CERTAINES DÉPÊCHES FALSIFIÉES 29S · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE CERTAINES DÉPÊCHES FALSIFIÉES 29S

dam la niission de M. Witkewitch (Vicovitcli) k Kaboul et dans les iastnictions qu'il a reçues, il n'y a jamais eu le moiodre desseiu hostile au gouveraemeiit anglais, oi la plus légère idée de troubler la tranquillité des possessions britaouiques dans l'Inde (i). >

Le 30 décemhre 1838, lord Palmerston répondit au comte Pozzo di Borgo : t Le gouveroemeut de Sa K^jeslé accepte comme tout à fait satisfaisante la dédaratiou du gouvernement russe, que celui-ci ne nourrit aucun dessein hostile aux înléFëts de la Grande-Bretagne dans les Indes (2). >

Qui aurait jamais pu imaginer que, lorsqu'il se proclamait de la sorte plein de confiance dans la bonne foi des protestations amicales de la Russie, le gouvernement anglais s'obstinerait il châtier Dost Hahommed comme coupable de sympathie envers la Russie? C'est pourtant ce qui eut lieu. En 1839, une armée anglaise franchit l'Indiis. Autant la cause était injuste, autant les résultats furent effroyables. La guerre de l'Afghanistan fut pour l'Angleterre ce qu'avait été pour Auguste le désastre qui lui arracha le cri fameux: < Varus, rends-'moi mes logions. »

Il me reste à raconter par quelle fraude ou, plutôt, — pourquoi n'appellerais-je pas les choses par leur nomî — par quel faux en écritures publique», quelques-uns des auteurs de cette expédition insensée cherchèrent k tromper l'histoire.

(I) Ibid.

|3) )bid. '

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LETTRES SUR l'a^IGLETERIœ' (iBM)

11 y a bieo loBgtemps Aéjh de cela; mais qu'importe? Le mot acttudilé^t un barbarisme k l'adre^e de ceux ea qvî le spectacle des choses humaines n'éveille qu'an sentimeat de curiosité frivole et passagère. Pour ceux qui ne se contentent pas de penser au jour 1« jour; pour ceux qui g«nt capables d'apercevoir le lien qui existe entre hier et aujoHrd'hui, entre aujourd'hui et demain; pour ceux qui jugest le présent et s'efforcent de lire dans l'avenir, à la lueur des flambeaux que le passé tient allumés, tel article de politiqse rétrospective a un intérêt plus réel, plus-vivant, plus véritablement aciîul, que les mille commérages qoi sont le fsâs quotidien des désœuvrés.

Ceci entendu, je reprends mon récit an point où je l'avais laissé, sauf .'i en tirer ensuite les inductions qui sont applicables h la situation présente. Car — et ce point ne doit pas être perdu de vue — la principale figure du tableau que je trace est un homme qui vit encore, que dis-je ? c'est un homme qui est en ce moment premier ministre d'Angleterre, et en qui, à proprement parler, s'incarne la politiqne anglaise.

L'invasion de l'Afghanistan eut lieu en i839. Le chef du cabinet à cette époque était lord Melbourne ; mais lord Palinerslon était ministre des affaires étrangères, et jouissait, en cette qualité, d'une iniluence considérable, sinon prépondérante.

Pour savoir si Dost Mohammetl, chef des Afghans, était, oui ou non, l'ami des Anglais, favorisait, oui on non, les

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