‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 39 sur 97 · COTE EDBOPEBN ET A9GUIS DE L* QDESTIOV HE POLOGNE · texte numérisé non relu

COTE EDBOPEBN ET A9GUIS DE L* QDESTIOV HE POLOGNE

a marché; eo cette circonstance, sur les traces du cabinet de lord Aberdeen. Qu'on se rappelle combien fut faible, (l'abord, la protestation qne le vieux lord Aberdeen toussa, û je puis ui'exprÎBier ainsi, contre les empiétements de la Russie sur la route de Oonstastinople. La timidité de i^tte protestation prévint-elle la glierreî Non ; elle coniribua, au contraire, à l'enfanter. Ah ! t'est que les guerres naissent de la fatalité des (iitualions plus encore qne de la volonté des ^UTeroements, et ceux-là ne voient pas bien loin devant ew, qui ne comprt^nent pas ce qu'il y a de falal, — dans le seBS qne les anciens attachaient li ce mot, — au fond de cette insurrectioti polonaise, indomptée parce qu'elle est indanptable. iHus «n ajourne la crise eoropécnne qui doit en sortir, phts on doit s'attendre \ la snhir terrible. SiH.Gladstou ne cnNt pas cela, il anrait dA noos dn^ ses raisons, car c'était li) certainement le point i éclaircir.

CMé e«r«péeB et aB(laIs «le 1* qM«tlMi de r^lagif

La repense de la Rassie «uk notes des trais puissances ialArvenaDtes a nitoreltanent mécontenté «t hvmilié l'An- ^elerre.

Alors iBénK qne ia cour de Saint-Pétersbonrf avait ac-

n,gti7ccT:G00glc

852 LETTRES Sl!R l'aNGLETERRE (1863)

cordé de bonne grâce, sans réserve, tout ce qu'on lui demandait, le résultat n'.iurait eu œrtes rien de satisfaisant, unt la question avait été mal posée par la diplomatie !

Un armistice eût-il été praticable, en quoi aurait-il servi la .cause polonaise^ Est-ce qu'une révolution qui s'arrête n'est pas perdue! Pendant une suspension d'armes, la Russie aurait pu à loisir concentrer ses forces, mettre en jeu les puissants moyens d'organisation dont elle dispose, se préparer à porter un coup décisif; mais la Pologne? Comment, d'ailleurs, supposer que les Polonais, par l'acceptation des ax points, eussent renoncé à l'espoir de leur indépendance, abaissé leur drapeau devant une consécration nouvelle des traités qui consommèrent le grand crime de leur asservissement, et compromis, pour jamais peut-être, le fruit de tant d'efforts, de tant de sacrifices, de tant de sang héroïque héroïquement versé?

Quant à une conférence entre les divers pouvoirs signataires des traités de Vienne, dans le but de résoudre définitivement la question en prenant les six points pour base, on ne voit ni de quel avantage elle eût été aux Polonais, qu'elle aurait de nouveau livrés au czar moyennant certaines conditions déjà violées et toujours faciles à violer, ni ce-qu'elle aurait eu de bien désavantageux à la Russie, qui, forte de l'appui du roi de Prusse, et pouvant parler de la Hongrie, de Venise, toutes les fois que l'Autriche parlerait de la Pologne, aurait, au pis aller, retiré de ce second congrès de Vienne l'immense bénéfice d'une seconde et solennelle iuvesliture.

Oui, on avait fait à la Russie la partie assez belle pour qu'elle pût tout concéder sans inconvénient ; et si elle ne l'a pas fait, si elle n'a pas voulu d'une conférence, si elle n'a accepté les six points que comme' répétition des fîtes déjï exprimées par l'Empereur lui-même, il semble que ce soit

n,gti7cdT:G00glc

COTE EUROPÉEN ET ANGUIS DE LA QUESTION DE POLOGNE 8Sfl

uniquement par orgueil. Élever les Polonais rebelles à la digailé de belligérants, par une décIaradoD d'armistice! Jamais! Admettre des gouvernements étrangers à s'immiscer dans l'admisistration d'une province russe? Allons donc! C'est il ce degré d'arrogance que la Russie est arrivée, grâce k cette dédaratiou du comte Russell, répétée sur tous les tons, reproduite sous' toutes les formes : a Quelle que soit la réponse de la Russie, et quoi qu'il anive, l'Angleterre n'ira pas jusqu'à la guerre. * Jamais encouragement à l'insolence ne fut donné avec une légèreté plus folle et suivi d'effets plus faciles à prévoir.

L'Angleterre devait donc s'attendre à être humiliée, et elle s'y attendait. Elle n'a plus maintenant qu'à se résigner.

Et B0te2 qu'une modification dans les tendances pacifiques du cabinet de Saint-James est cbose fort peu probable. La séance de lundi dernier dans la Chambre des Communes le dU assez. Au discours énergique, véhément, passionné, dans lequel H. Horsman a comme embouché la trompette, qu'a répondu H. Gladstone, parlant au nom et pour le compte du gouvernement? Q a répondu qu'il s'agissait d'un problème dont la solution était difficile, très-difficile; que la restauraUon de la Pologne entraînait la cession de la Galliciepar l'Autriche, celle du duché de Posen par la Prusse, et l'émancipation de toutes les provinces russes qui, en 1815, ne faisaient point partie du duché de Varsovie; qu'un pareil remaniement de la carte était une < vision gigantesque »; qu'au bout d'une tentative de ce genre il y avait une guerre airopéenne, et que le comte Russell avait fidèlement exprimé la pensée du gouvernement lorsqu'il avait dit : ■ L'Angleterre ne fera pas la guerre pour la Pologne. >

Il est curieux de rapprocher ce langage des préoccupa-

T. Bl. »

n,gti7cdT:G00glc

■S4 LETTRES SUD L'AIfCLETERIlE (iBSS)

tioK et de la pofitiqoe de lord Castlereagh «i congrès ée VieaBe..On les treuve révélées dans la correspondance qui Tient d'être présentée »u Parlement, et qui est rehitiTe «ix n^gocistioKs secrètes de 1814 et 18IS.

Al congru de Vîeiwe, le plus ardent des déàrs inanife^és par lord Casttereagti fM celui de TOir praclunitir l'indépendance de la Pnlugne, tetle gn'elle exitiait avant h premitr fortagt. CoBYsiDcu qne les eispiétetnents de la Russie ne pouvaient rencontrer de plus solide barrière el que l'AHemagne ne pouvait avoir de meitlenr boulevard, il »'épai^a rien pour amener à ses vues l'Autriche et la Prusse. Soutena par Talleyrand, il y rénssit d'abord à ce point, qu'il se fit autoriser à parler en leor nom. Aussi bieo, le prince de Hettereieh n'était pas difficile \ persua^, lui qui avait eoutume d'appeler wne Pologne indépendante fe tontsin néeesiaire. Malheureusement, l'empereur AtexaiHlre était h la tète d'une armée imnense et victorieuse ; il le savait de reste, le disait snns cesse, ne se montrait nullement effrayé de la guerre, et paraissait plein de confiance dans la logique des coups de canon : à la poli^qne de lord Castlereagli , il opposa une résistance hautaine, invincible. Le résumé de ses arguments fut : < JesnisU,el}'y reste; n'en fasse sortir qui l'ose! ■ Lord Castlereagh dut renoncer à son projet favori, et ce fut alors qtié, pour deradère ressource, il se rabattit sur une division du ibiché de V»sovie en trois porlioMs, dont l'une eAt été donnée k la Rnsàe, l'antre & la Prusse, et la iroisitoe i l'Autriche.

Le traité de Reichenbach du 27 jmo 1S15, et cdui d« T(£plitz,du9 septembre 1813, eorent cet arraagvment pour objet, mais non pour conséqoence. Le czar, qni le croyait assez fort pour garder le tout, n'entendait pas se oonlenler -d'une partie. De un cdté, le prîaoe de Helti^Bicfa se laissa

n,gti7ccT:G00glc

Page 1