LA DIPLOMATIE ANCUISE DA>S L EMBARRAS
(portant sur la réalisation pratique des m points) avec l'esprit et le texte du traité de Vienne.
La conséquence logique d'une stricte adhérence à h méthode suivie dans les traités de Vienne eût été que les résultats de la conférence limitée trouvassent place dans une cooTeotion générale h laquelle auraient été appelés k prendre part tous les pou voira liés parles engagements de 181$: tord Napier pria le vice-chancelier de dire sans ambiguïté si c'était bien de la sorte qu'il voyait la chose. Celui-ci, sans se prononcer absolument contre une pareille conclusion, refusa de l'accepter, et déclara k plusieurs reprises qu'il n'accéderait i rien de ce qui tendrait à reconnaître aux puissances occidentales le droit de s'ingérer dans les affaires intérieures de l'empire russe, dans lequel empire il sembla comprendre le royaume de Pologne, etc.
Quand on rapproche cette attitude hautaine et ce langage péremptoire des préparatifs militaires de la Russie et de l'enthousiasme sauvage qu'on assure s'y être emparé de la population, il est difficile de ne pas proclamer l'œuvre de la diplomatie un avortement. Et à quel antre résultat pouvait* elle abûutirî Comment concilier des intérêts radicalement inconciliables ? Comment croire que la Russie se laisserait contester ce que, depuis 1831 surtout, elle s'est plu à regarder comme lui étant acquis par droit de conquête ? Comment croire que les Polonais, au moment même où, saisis d'un désespoir héroïque , ils veulent l'indépendance ou la mort, se courberaient en silence sous le joug de ces traités de Vienne qui furent la part scandaleusement prise par la diplomatie européenne dans le crime de leur asservissement?
Aussi, pendant qu'on rédigeait des dépêches et qu'on rêvait de protocoles, la Polope redoublait d'énergie guer-
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306 LETTRES SDR l' ANGLETERRE (I863)
rière ; la Russie passait de la colère à la rage; le sang versé par l'assassinat se mêlait au MDg versé par les combats ; ks deux peuples ea&emis D'aspiraieut À s'^uhrasser i)ue peur s'étouffer, et il se creusait entre eux uu ahîtae impossiÛe à combler, impossible ii franchir.
Aujourd'hui, que^ passe-Ml ea Russie! Les rapports^ cet égard ne s'accdrdent que trop. Le peuple, transporté de fureur, cherche des armes ; les souscriptions belliqueuses affluent; tes volontaires accourent; les prêtres soufBeot dans les âmes le feu d'un patrïobsme farouche et prêchent la ■ guerre sainte > ; plusieurs milliers d'hommes soot employa k forUfier Cronstadt; l'élan est, dit-on, général; tes armements sont immcuses.
Tout cela, l'Angleterre le sait, eit tout cela lui cause m inexprimable tourment. Poussée par les dépêches de lud Itussell sur une voie où elle sent bleu qu'elle ne saurait reculer désormais qu'au prix de sa dignité, elle tremUe, d'an autre côté, d'être précipitée dans une guerre doat elle n'aperçoit pas Its avantages et dont elle ne mesure la portée qu'avec un violent battement de cœur. Qu'amëneraûréDe,' cette guerre, eu la supposant heureuse t L'abaissemeot de U Russie? Mais l'abaissement de la Russie, que les Anglais, depuis la chute de Sébastopol, ont cessé de craindre, serait l'éléraliou de la France, qui seule aujourd'hui inquiète les Anglais. Ils n'ignorent pas quel surcroit de force la Pologne reconstituée apporterait à cette France sous les drapeaux de laquelle elle a si longtemps combattu, dont elle a partagé si complétemeat les triomphes et les revers, qui l'appelle sa sœur et l'aime effectivement comme une sœur. Est-ce pour cela que l'Angleterre donnerait son sang et son «î Et s'il arrivait que la Prusse, «utraat dans la lice, o&ft ainsi à Napoléon l'occasion, tant désirée, de saisir la rive gaoeke
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LA DIPL6HATIE ANSIAISE DANS L EMBARRAS 961
du RbÎD ? 11 n'est pas ici ub haaime politique Jt l'esprit èwfad c«3 «msiitémiottii ne soient présentes. ■ L'ABgleterre n'a SHcuB iftiérél ù ne guerre de ce genre, et elle y courrait des nsqnes iiiealculables. » Voilà' le mot qui est sur toutes les . lèrres dus tes sakms, dans les dubs, pamnit oà la politiqae n'est pas affaire de pur seutiineBl. Fresea les journaux : tMÊbien en est-il qui soienl décid^nent à la gurareî C'est il pane si j'en pMurais noMMcr us ou deux: N'est-il pas remarquable qae, s(Nt à la Cbmabre des Lords, soit il h Ckambre des CouHanaes, pas an orateur n'ait osé jvsqu'ici «oadore ii la guerre d'une façon kies nette, nséine parmi een qm Mt aïs le i^us d'emportenent à dénoBCer les griefs de la Pologne, h fiétrir les tTuautés de b soldatesque russe, 1 UiiMir la lurche hésitante du miiislëre et ses confessions pusillanimes, à recommander enfin l'énergie comne «ne marque de sagesse?
n est vrai qu'il s'est tenu des meetings guerriers. Mercredi dernier, par exemple, Salnt-James'Hall a été le théâtre d'un enthousiasme dont on ne peut nier que )e caractère ait été betliqueun. Qu'on y eût applaudi avec ivresse l'apparitioD du général comte Zarooïski, cela eût été tout simple ; mais on a fait plus: Sir John Shellcy, membre du Parlement, occupait le fauteuil. Il a dit qu'on lui avait demandé à quoi servirait ce meeting, et s'il élait résolu à aller jus- ■qu'i la guerre. Or, à cette question le meeting a répondu par un oui formidable. Se trouvaient là six ouvriers fran- ^is, accourus de Paris pour associer au caractère de cette naufiestatiOR l'idée d'nne nttiance miKtaîre et populaire avec la France : MM. PiTmchon, menlenr en brooEe; Aubert, ■aécMircien: ToMn, ciseteur en bronse; Hurat, tisseur en soie; Bibai, chemisier; Coh»doB, maçon; et leur [wésence o'a fa^ peu cowtrihtié h TiflTel de ce »m, qui du cœur des
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assistants est monté si vite à leurs lèvres. Mais ce u'est p» le peuple proprement dit qui décide, en Angleterre, des destinées de l'Angleterre. La pensée de l'aristocratie et des hommes d'État, en qui s'incarne la volonté des < classes gouvernaotes », voilà le baromètre à consulter, quand OQ désire savoir si le temps est à l'orage.
Au reste, il y a des situations fatales. Si les classes gouvernantes en Angleterre ne veulent pas d'une guerre à entreprendre conjointemeot avec la France, elles ne venlent pas non plus d'une guerre qne Napoléon ferait sans l'Angleterre; et il ne serait pas impossible qu'elles fbsseni amenées à se résigner au premier inconvénient potir éviter le second. Ce qui me paraît sûr, c'est que, si le sigDai est donné, il faudra qu'il parte, uod de Downing-slreçl, mais des Tuileries.
^*«a ^pelait bsBovkble.
Vous souvenez-vous qu'il y a onze mois environ, je vous racontai ud drame affreux dont un certain iKTiitiam Roupell éuii le bérost Triste héros, en vérité! Ce William Roup^l, homme jeune encore, d'une intelligeace vive, et qui avait le rare privilège d'exercer un grand ascendant sur
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UN HOHHB ttU ON APPEUtT HONORABLE 309
quiconque rapprochait. H éblouissait la ville de l'éclat de ses dépenses : il avait maîtresses, chevaux et laquais ; il Taisait excelleute figure dans les salons et dans les clubs \ il occupait un siège au Parlement, ofi il représentait une des divisions électorales les plus considérables de Londres. Un beau jour, cet homme parut aux assises d'été de Guilfor4, volontairement, spontanément, pour dire ceci en substance :
« Je suis un voleur, je suis un faussaire. Quand mon père vivait, j'ai abusé d'une manière infâme de la confiance illimitée qu'il avait en moi. J'ai réussi, en imitant sa signature, à vendre ou h hypothéquer de riches domaines, dont j'ai pu de la sorte dévorer à mon aise le produit. Quand mon père agonisait, j'ai, à deux pas de son lit de mort, dérobé son testament, et, à l'aide d'un faux, je l'ai remplacé par un autre, où je donnais tout â ma mère.'parce que mon influence sur elle me garantissait la jouissance absolue de tout. Les biens que j'ai vendus ou hypothéqués ne m' appartenant pas, ceux qui aujourd'hui croient posséder des titres valables n'ont entre les mains que des chiffons de papier. Le propriétaire légitime de ce qu'ils s'imapnentavoir acquis, c'est Richard, mon frère, héritier de mon père, Patmer Roupell. >
Et en effet c'était à l'appui du droit réclamé par Richard sur un domaine hypothéqué par William que ce dernier venait lire aux juges, épouvantés, la longue liste de ses crimes.
Jamais, depuis qu'il y a des procès dans ce monde, on n'en avait vu nn qui fût plus étrange.
Pour que l'avocat de l'acheteur de bonne foi sauvât la fortune de son client, il lui fallait prouver que William Roupell n'était pas le faussaire qu'il prétendait être.
£t par coo^, il faUait, pour que Richard gagnât son pro-
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Mit l£TTKEi SUB. L'iKCI^raUtB (t«S3)
ces, 4ue WilliMB bwrau nue déttOBstrstÏH liiea f bire, biea CMcJuaDte, uae déaioitftratioD décûtfe, de soii iofanie. . Celte déaMMStratiofl. William Koupell luU i l'éuUir uik ardeur (»afiuos«ée. U iit prcave d'uae Mémoire éUuuuDiei iJ déploya pour se salir des ressources d'esjHÎt «1 hb laleai d'xfuaetusioa eiiraordiiuireB; il Tut d'uae ftéàmoetfroyii}4e; il ae laiftiii riea passer; il a'«abtiahei; icbfie déoégabosderavoeatadrerse, llspfosiUHprÊRve: ■Ah! vous prétendez que je ie suis pu un aàsénbk ? Eh IweB, qu'avei-voiis k répondre à te fait, et k cet awtreî et à cet autreî Ak! vMtf niee?eh bien, je jure I... »
Le ckiliaiiatf àmU ce malbeureu seatblaU avoir soif lui bit auwrdé ; m, eam regiel visible, sais émolioa apparente, il écltangea les bouoeurs de sa position pariemeotaire contre Les horreurs de U sét'viuide pénale, les plaisirs et les trinu- . pbes de l'boiame du uoade conlre l'opprobre d'usé vie de forçat.
Qndnolif l'avait citaduit i se livrer ainsi à la justice!
Le renwids d'avoir dépouillé les siens!! Hais il ne poaviil retoettre sa famille en poasessioD des biens dont il avait Irandideusemeot disposé, qu'à la condition de coMOffiBier U ruine de ceux qui avaient traité nvec lui. Ce n'était pis réparer ses vols, c'^it en déplacer leseffels; c'était cbaager de vicliaies. 11 est vni ^e, par là, il arradiait ses proches à U . raine, en ruinaat de» élraigers. Mais sat proebes, il STsit commencé par les tromper, il avait commencé par les voler: sens l'eapire de quel sealimeiit ou de quelle pensée eo élaitil venu, depuis, à vouloir réparer ses torts envers eux, en appelant sur sa t4le un cblliiaetit lerriUe, et ea courant à rigaoQiioiet Coiameat uo repeatir d'une énergie aassi prodigieuse, un dévouement aussi absolu, avaleat-ils pn trouver place dans le cœur d'ua égoïsie sans «traiUes?
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UN HOmiE QVÙS Ari>ELAIT HONORABLE 311
Falbitil cniire que, dans l'uiiiqBe bul de r«odre à sa famille me spleadeur évanouie, A a'étail accusé de torts iaugÎDiires, s'était chargé de faux «{tu s'avaient pas été tWQDiis.s'éUit noirci de toutes sortes de erûne&, ioveniés, eacàaiiiéB l'un à l'astre, encadrés, et readua vraisemblables avec Vart d'uB ronaocier de premier ordre! Hétne dans ce cas, ce hér«s de l'amour filial eAt été un odieux coquin ; ce frère héroïque eût été un scélérat, puisque son amovr filial et sou dévouement fraternel auraient consisté à dépouiller des tiers à force de mensonges et de parjures.
William Roupell avait-il, h agir comme il l'a fait, qudque intérêt puissant, eooùliable avec la supfwsition d'une nature profondément égoïste, profondément perverse, et que readraît seule impossible à deviner l'igoArance de certaiis faits qu'il serait nécessaire de conualtreî Du bien sa conduite n'étaib-elle qu'un diapitre déplus i «jouter i votre mysté- . rieuse btsloire, Ci coutradictions du cceur humain? On se perdit en conjectures.
Eh bien, William Roupell «ieat d'être ramené siu- la scène; et «e second procès, qui a disputé rattenliD& publique aux affaires de Pologne et aux luttes du niMiveau monde, ce second procès ne fait, sur le point à éclaircir, que rendre la nuit plus ooire.
Du vivant de son père, William Roupell, ayant besoiu de 42,000 liv. st., soagea, pour se les procurer, 4 hypothéquer deux domaines a|q>artenant au vieillard, et affermés, I'hi à 3S0 liv. st., l'autre k 70 liv. st. Prêter U-desdns une somme aussi considérable que 12,000 liv. st., persoukeo'y aurait consenti, ^i» lit William Roupelli li substitua d'abord aux baux véritables des baux forgés par lui, et dans lesquels H avait âevé les fermages en question de 2S0 liv. st. à SOO liv. st., et de 70 liv. st. à 170 liv. Restant à persuader
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31S LETTRES SUR L'ANGLETEnnE (lB63]
aux préleurs que les domaines destinés à garantir te prêt appartenaient bien réellement à l'emprunteur. Pour un homme de la trempe de William Roupell, cette difficulté D'en était pas une. Sur le tu d'une lettre, qui était censée venir de son père, que sa sœur écrivit et que lui-même dicta, un solîcîtor, nommé Wilaker, prépara un acte de donation, qui transférait au fils la propriété des biens à hypothéquer, et au bas duquel la signature du père figura. Quelque temps après, le vieillard mourut, et,'armé de l'acte de donation, William Roupell obtint de MH^Freeman les 13,000 liv. st. qu'il désirait.
Haintenatit, la question est de savoir si la »goature apposée au bas de l'acte de donation est véritable, auquel cas MM. Freeman ont des titres en règle; ou bien si elle est fausse, comme William Roupell l'affirme, auquel cas les domaines appartiennent à Richard, héritier de Palmer Roupell.
Ainsi s'est reproduite cette singulière interversion des râles dont nous avions eu déjà le spectacle. Appelé en qualité de témoin, William Roupell a juré qu'il avait commis un faux, et les intéressés ont àû s'étudier h prouver qu'il était innocent du crime dont il s'accusait. < Je suis un' faussaire et non pas un parjure > , tel a été le thème développé par le témoiu. ( Vous êtes un parjure et non pas un faussaire », tel a été le thème développé par la partie adverse.
Pendant ce débat, qui avait lieu à Cbelmsford, l'attitude de William Roupell n'a pas été moins inconcevable que tout le reste. Ce n'était plus à coup sûr l'homme brillant d'autrefois; barbe et moustaches étaient tombées sous le rasoir \ les mains avaient cessé d'être accoutumées aux gants ; l'élégant millionaaire avait disparu. Mais, sous le poids de sa honte, ce malheureux se tenait aussi droit que jadis; sou
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UX BONHE QU 0\ APPRLAIT HONOKABLE 3':3
visage ne trahissait aucuu trouble; la parole ne tremblait pas sur ses lèvres ; c'est avec ]e calnie-<j'une résolutioa indomptable qu'il a coDsommé l'œuvre de sou leut suicide. Il y a cit iinmomeot, unseul, où la force l'a abandonné. Quand Sarah, sa sœur, l'a efOeuré, en se rendant au siège des léipoins, il s'est évanoui et on a dil l'emporter. Jusqu'alors, la sympathie du public avait été toute pour la partie adverse : en cet instant, elle s'est trouvée comme combattue par un involontaire et rapide mouvement de pitié, que M. Bovil, avocat de JUM. Freeman, a prolongé plutôt que refroidi, en concluant de cette scène qu'il devait exister enire le frère et la sœur quelque noir secret.
Une autre scène, . émouvante et m}'sléneur,e aussi, a été celle de la belle-sœur du vieux. Palmer Roupell, mislress Watts, venant déclarer qu'elle était lière d'avoir des relations de parenté avec William Roupell, mâlg:ré ses * mdheurg » et tombant dans nue violente attaque de nerfs au moment oii elle s'écriait : < Son père avait coutume de dire qu'il serait un jour un grand homme; et c'est ce qu'il est, c'est ce qu'il est.... ■
De fait, rien n'a manqué au ténébreux intérêt de cette affaire, pas même l'indistincte, silencieuse et effrayante figure qui, dans certains drames, laisse deviner son action en laissant à peine entrevoir sa présence. Seulement, ce rAle ici a été partagé entre un M. Watts, oncle du témoin, qui D'était point là, et un soliciter, que les deux parties semblent avoir également craint de faire comparaître.
I) s'agissait de vérifier une signature. On a consulté des experts; on a interrogé les témoignages avec anxiété; on les a pesés avec soib : tout a été inutile, la vérité n'est pas sortie de son puits.
On se demande comment il se fait que le solicilor qui pré-
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:i-T4 LETTRES SUR L'ANGLETEHnB (iDCs)
para l'acte de donation n'ait pas eu l'idée, dans ce tenp»là, de s'assurer si la sigiuture était valable en allant troonr et en interro);e»iit le signataire, puisqu'il vivait eiicflre. On se demande, en outre, «juand m em&casse FeisieiiiUe des - dreonstances révélées antérJeurenwDt, eonvmeot il se f»t qae William RoupfH ait pu, dn vivant de son p^e, qui était du avare et devait avoir l'œil de ïyns d'un arvare, disposer, su moyen de fairx, de tant d'argent, sans (pie ce dernier en ml jamais en le moindre soupçon?
Quoi qu'il en soit, le jury, après une première eoftsatUIion de trots heures, est venu prodamer l'impossibilité absoloe oit il était d'arriver à une décision quelcom^ue. Invité par le juge à se^rctirer de nouveau dans la salle de ses délibérations, i! y est resté jusqa'au soir, et le résultat a été ceti* dédaratîon formelle, que les jnrés ne pouvaient tooiber d'accord, et qu'il n'y avait aucune chanee qu'ils towbnswnt d'accord, dftt-on les tenir «ufennés toute la mit. !t a fillo ïes renvoyer. Les choses en sont là,
A l'argent amassé par sou père d'une façon «urhipielle les paroles ambiguës d'un témoin ont paru répandre quelques nuages, William Roupell avait (W d'être accueilli et f«é tons te monde, d'avuir accès dans Be^^via, d'obtean' les suffrages du quartier de Lambelb, que sais-jcT Avant qa'il » fût fait l'historien de sa propre histoire, il avait rang parmi ïes «honorables ■.
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NOUVELLES d'aMÉIIIQCG COMNEM^ES EN ANGLETERRE S^f
L'émeute qui deraièrenoeat 2 ensangUmié New-York a nisËD verve pour quelques jours le parli qui, en Angleterre, déteste le Nord , appuie le Sud et soupire après la séparation comme moyen de rendre à jamais impossible la résurrection de h grande république des États-Unis. > Eh bien, disent-ils d'un air triomphant à ceux du parti contraire, préteodrez-vous encore que c'est dans l'intérêt de la race noire «pie rétendard de TUnion s'est déployé? Nierez-vous encore Taversion profonde ou plutôt l'iinplacable haine du Nord pour ces pauvres esclaves dont vous avez la naïveté de croire que les fédéraux poursuivent la délivrance, au pris de tant de sacrifices? Le mouvement populaire qui vient d'éclater à New-York, la ville unioniste par excellence , tranche la question. H est élair que )e peuple, dans le Nord, ne veut pas d'une guerre dirigée par les abolitiouaistes, puisqu'U s'arme contre la conscription, dont le bal est d'y mettre fin; il est dair que, dans le Nord, le peuple e^ contre les nègres, paisque c'est surtout dn sang des nègres que l'émeute, à New-York, a roagi le pavé. »
Une lettre que m'écrit d'Amérique un de mes amis, témoin oculaire des événements, se trouve précisément servir de réponse à cet argument des sadistes. Permettez-moi de
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9'9 LEIIRES SUR l'aNGLETBRRE (i863)
VOUS donner h substance de cette lettre , où les choses sont présentées sous leur vrai jour par un homme qui est sur les lieux, qui a tout vu et qui est capable de bien apprécier ce qu'il voit.
Lorsqu'il débarqua en Amérique, le 1" juillet, l'armée du Sud était campée dans une situation d'où elle menaçait k la fois Washington, Baltimore et Philadelphie. Les fédéraux venaient de passer sous le commandement de Meade, dont . nul De connaissait au juste la capacité comme général en chef et qui avait .h faire ses preuves. L'armée du Potomac, si souvent battue, pouvait essuyer une nouvelle défaite, et dans ce cas, nylheur au Nord! car quelle force arrêterait la marche de Leeî
Et toulefiùs, chose étrange ! on eût dit que New-York avait pris son parti de mourir gaiement, s'il fallait mourir. Comme les convives de la citadelle de Thèbes, New-York, la tête couronnée de (leurs, semblait dire : A demain les affaires sérieuses! Le peuple encombrait les théâtres; la ruche active des spéculateurs bourdonnait, plus ardente que jamais, dans Wall-Slreet.
Le 4 juillet, anniversaire du grand jour de ta déclaration d'indépendance, un put remarquer que, dans la 3^ avenue et autour, peu de drapeaux flottaient aux fenêtres. La foule avait envahi les parcs, en apparence absorbée par le plaisir d'entendre la musique. Le soir , dans la ville, des hommes, évidemment poussés par une inlIueDce hostile, se mirent it jeter çà et là des pétards, à faire partir des fusées, à tirer des coups de pistolet, qui n'eurent d'autre effet que de blesser des gens inoffensifs. Le visage des démocrates connus raj'onnail de joie. Une sombre tristesse régnait panai les républicains, hommes de sens et de réflexion, aux veux
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NOUVELLES D AHERIQUE COHHENTEES EN ANGLETERBE S'î
de qui une confiance présomptueuse ne voilait pas la gravité delà situation.
Arrivèrent des nouvelles saisissantes, inattendues. Meade était vainqueur; Lee avait battu en retraite, au moment ou il sentait la victoire lui échapper, laissant sur le champ de bataille une moutague de morts et de mourants; Graut tenait eufin cette forteresse de Vicksburg, si longtemps déclarée imprenable; la chute de Port-Uudson était annoncée comme certaine et imminente; l'armée de Bragg, démoralisée, se retirait devant Rosencrantz, abandonnant aux fédéraux Chattanooga et Knoxvilte, les clefs du pays, tl la défection de la Caroline du Nord paraissait inévitable.
La commotion fut immense. Le président Lincoln saisit l'occasion pour appliquer la loi sur le « Draft », votée depuis des mois par le Congrès. Le momeni sembla venu où l'on allait pouvoir couper la tête de l'hydre de Lerne.
C'en était fait de la faction des démocrates, s'ils ne tentaient un suprême effort ; la levée de trois cent mille hommes, c'était, selon toute apparence, la défaite décisive du Sud, et, le Sud une fois désarmé, les démocrates, comme parti, cessaient d'avoir leur raison d'être. Ils résolurent d'agir sans perdre un instant, et ils comptèrent, pour semer le désordre, sur l'élément irlandais.
Le nombre des Irlandais, k New- York, ne s'élève pas à moins de vingt mille. Grâce à cette loi de la naturalisation qui, en Amérique, appelle et absorbe tous les étrangers, ces vingt mille Irlandais ont droit de vote et constituent de la sorte une vraie puissance. Or, leur majorité est l'écume de la population au delà de l'Atlantique, comme elle l'était en deçà. Êtres ignorants, .brutaux, superstitieux, la haine du nègre est un des articles de leur Credo ; et cela pour deux raisons : la première, qu'ils craignent, dans les nègres affran-
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878 LETTRES 3Dlt l'AIfGLBTBItnK (laés)
chis, 4es concurrents incommodes sur la marché Sa tnnil; la seconde, que, se voyant à l'avaiit-derDier éehefoa de réchelle sociale, 3s ttenneiit k avoir au muins une classe mdessoits feux. Pour les démocrales oo, comme on les appelle en Amérique, pour les Copperheads, c'était Hne armée tonte trouvée que ce ramas d'Irtandais, k moitié sannges, et, malhenreusemeirt, la loi sur la conscription, en permellanl aux riches te racbat dn service personnel moyennavl trois eeols dollars, ne fournissait que trop anx instigateurs dn désordre le thème dont ils avaient besoin ! Quoi ! on proclamait chair h canon quiconque n'avait pas trois cents dollars dans sa poche, et cela dans le but de finir une guerre à laquelle les pauvres Irlandais devaient de n'avoir pas à Intter contre la concurrence de quatre millions de niggersfio^ s'il fut facile de Taire sauter ta mine.
Le tirage au sort avait co^tmencé te samedi 11 juillet, au milieu d'un ualme profond; mais ce calme était celui qui annonce la tempête : elle éclata le surlendemain. Oq sait le reste; ou sait comment les émeutiers protestèrent contre la loi par l'incendie , par le pillage, par regorgement , l'égor' gement des nègres surtout. Mais ce qu'il importe de bieo constater et ce qu'il ne faut pas qu'on oublie, c'est la conduite du gouverneur Seymour, haranguant les assassins, dans la journée du mardi, de sa voix la plus douce, et les appelant ses amis.
Maintenant que la sédition est étooffée et tpi'i) n'en rote que ledéshonnenr, les démocrates votidraieotbien faire croire qu'ib n'y étaient pour rien. Hais trop de faits les accusent pour qu'il tear soit possible de se soustraire h celle responsabilité sanglante. PTa-l-on pas entendu le cri de « TiTe lefferson Davis! > se m^er aux hnrlemmts de rémenlet
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NOUVELLES D'AMEniQCE COXafCNT^ES E5 ANGLETERRE 370
Toutes les ipaisons assaillies n' appartenaient-elles pas à des chefs du parti républicain?
La vérité est que les démocrates out un inlérél da parti considérable à entraver la vicloire du Nord. Jusqu'à l'élection de Lincoln, leur entente avec les délégués du Sud leur avait assuré une prééminence absolue , et il faudrait que le Sud rentrât dans l'Union en traitant de puissance à puissance, pour qu'ils eussent des chances de ressaisir le pouvoir et de s'en partager les dépouilles, dépouilles qui ne sont pas k dédaigner pour les égoïstes et les amlntieus, dans on pajs oh le parti triomphant fait tsWe rase de tont ce qui n'est pas lui , dès le lendemain même de son installation, et distribue à ses adhérents tous les emplois, depuis les plus hauts jusqu'aux plus infîmes.
De ce qui précède, que résulte-t-il? Deux choses : d'abord que l'émeule de New- York a eu pour instigateurs les complices que le Sud a dans le Nord, et ensuite que l'émeute n'a trosvé à se recruter qae parmi des gens étrangers ati pays. Qu'y a-t-il donc M dont les Anglais partisans du Sud puissent tirer avantage f
Que la conscription, entée sur le privilège de l'argent, fat de nature à mécontenter la popnlation irlandaise, il est juste de le reconnaître; mais la manirestalion de ce mécontentement par d'ignobles rapines et le meurtre de tant de personnes innocentes est tm de ces spectacles doDt l'histoire a horreur. Le souvenir en restera désormais lié d'une manière indissoltd^le i h câHse que défende»! les esctav^tes, m et aînenrs.
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LETTRES SUR l'aNGLETEBRB (i833)
Use lettre de 1» r«ln«.
Une queslioD curieuse, et qui se trouve intimement liée à la théorie du gouvernement constitutionnel, a élé soulevée en Angleterre par le fait d'une lettre que la reine vient d'écrire, uu, pour parler plus exactement, qu'un officier de sa maison vient d'écrire en son nom au maire de Binniogham.
Cette lettre a trait i un déplorable accident arrivé !i Birmingham, il y a quelques jours. Une danseuse do corde, M"* Gencive, s'était annoncée comme capable de renouveler les prodiges de sang-froid et d'agilité qui ont fait la fortune de Blondin. C'est au point qu'elle avait adopté le nom de > Female Blondin >. Et, de fait, elle paraissait appelée aux mêmes destinées que ce roi des acrobates, dont elle reproduisait les exploits avec une fidélité effrayante.
Malheureusement, dans ces sortes de défis jetés au péril, ni m courage extraordinaire ni une habileté surhumaine ne sont de suffisantes garanliesde succès. L'acrobate ne dépend pas de lui-même seulement. Il, dépend de la solidité de la corde sur laquelle il s'avance. Le triste sort de M™'^'GeDei(e ne l'a que trop prouvé. La corde, nécessaire instrumeoi de SCS brillants exercices,' s'élant rompue sous ses pieds, au moment oti elle marchait la' tête couverte du sac que VHomdin a rendu fameux, tout a élé dit. Et ce qu'il y a d'af'
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