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SO LËITilBB BDR l'aHOLETSUE (1668)
HaUteureusement le czar avait deui cent mille h le. graBd-duché de Varaane, et il n'eut qu'i dire : <0à je suis, je Teste. • Oii eut doae, ftu lieD d'uae Pologne iaàif»dante, une Pologne aeservie. Vais, oiâine ea cet état, fâpilante, foulée aux pieds, elle était ua obstacle sur le che- ■uin de la Russie : qu'amvera-4-il, lorsqne, pour péaétiv au eentpe de l'Euro^, ^passer BerliD, frapper aux partes de Vienne, la Au&sie n'aura plus ^'à poussar du pied u cadavre étendu devant «lie ?
Écarter à jamais ce péril «tait b! facile, après l'alicntil -CMumie à Varsovie! Pour faire, en 1863, ce que n'avaiett pu, enlSlK, T»lleyraad, Castlereagh et tietterokfa, quelle oocasÏDO adaûrablei iLa Ruseie, vaincue i SébusK^ol, abaissée, htUBiliée, portait les stigmates d'osé débile ipù lui arrachait uu semblait Iw arracher l'Orient, OMdanuéem outre à «e débattre contre les difficultés intérieives que loi «réait l'iéauBe^tion des serfe, la Russie venait de déihoatrer son fiouvoir par «a acte de violmce dont l'Europe entière était indignée.
Va désespoir épique s'éLiît emparé de la Pologne; elle frémissait sous les armes. Pas un pmnt du globe d'oà oe s'élevit, contre Stiiat-Péterslwurg, le cri de la cooscieiKe fanmaioe Mtragée. En Frmce, l'asaur passiaiHié de U Pologne et le diâr ardent de U rendre à la vie réuniKiiail tous les partis, pirOls ii sarcher au premier lump de tambour. Ici, bien qu'es général on ne voiMt point la gnarre, l'en»tiMi était si vive qu'il a'tAl pas été impossiUe de la dtanger en colère belliqueuse par une itnpulHon énergique venue de huit. L'^lrieàe, convertie depuis peu au libéralisme et depuis bmgtemps alarmée des progrès de la puissance rm^, applaudissait à l'idée d'une craisade et tenait à bonnev q« l'on comptlt sur elle. Le <3ar n'' avait qu'un ilbé, un seol.
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ATORTEVBNT DE LA On-LOSATIB 51
le roi de Prusse, et ce pamre moDarque, compnmits par im piiirre ministre, paraissait ^ ta veille d'avoir me révolution sur les bras.
Ob ne dira plus, i*e«;>ire, qne la guerre de Crimée a défi- BÎIiTenieDt alâiSEé la pmssance de la Rusâe. Si tel 'a été in nstast le résnitat des victoires de l'Aima et d'Inkerman, la diplomatie a mis une boorte grâce tout k fait toti- •chanle Ji fournir' aux vaincus le moyen de prendre leur revanche. Sommée de lâcher prise, morigénée, gourmandée, la Russie s'est moquée de ceux qui, comme cet excellent comte Russell, la menaçaient en la rassurant, et elle n'a cédé rien, n'a cédé sur rien. Il n'est pas jusqu'à cette concession en maoïère de projet de réforme constitutionnelle, dont certains journaux nous disaient merveille, qu'elle n'ait fait ^ésaveoer par son organe officiel avec une hauteur évidemment systématique. Ce désaveu signifie : < Nous ne courtisons pas l'approbation de l'Europe; ses conseils et ses exemples nous sont de peu. S'il nous plaît jamais de donner dans le libéralisme, ce n'est pas votre affaire; c'est !an<ître. »
Voilà donc la Rossie plus arrogante que jamais, parce qu'elle se sent plus forte que jamais. Jusqu'à présent, on ne pent se dissimulËr qu'elle tient le haut du pavé. L'antorité moride on phitAt immorale que luî donne Favorlemcnt de la diplomatie, qui prétendait la mettre à la raison, est incalculable. C'est précisément parce qu'elle a contre elle, dans cette affaire, la raison, la jnstice, l'humanité, Tinlérét manifeste de l'Europe, le sentiment des peuples, uni, cette fois, à la politique des gouTemements; om, c'est précisément à cause 4e cela que son triomphe définitif serait désastreux. Jusqu'à présent, elle a vatncu là où la victoire paraissait aussi impossible qu'elle était déplorable. Qu'importe cette protestation
U LETTRES SUR l'aNGLETERRE (IMS)
universelle qui s'est élevée, si elle n'est suivie de faits édataDts? Elle De ferait que rendre la défaite de la justice plus accablante. La Pologne assassinée, au dix-neuvième siècle.ï la face de l'Europe inutilemeot indignée, serait un spectacle plus iiavraiit, un plus horrible scandale que la Pologne mise en lambeaux, au dix-huitième siècle, en présence de l'Europe indifférente et distraite... .
Une réMnl«B »cp]e«le.
Hier a eu lieu, dans le Hertfordshire, ofi je me trouve en ce moment, une des fêtes annuelles de l'agriculture. Ah! si notre excellent collaborateur M. Juîgneaiix avait été là, que volontiers, dans l'intérêt de vos lecteurs, je lui aurais cédé la plume! L'espèce particulière d'exhibition qui est venue donner k la petite ville d'Hitchin quelques heures d'aaimation aurai! trouvé en lui un historien compétent et accrédité. Il l'aurait non-seulement bien décrite, mais bien jugée. H aurait expliqué en vertu de quelles causes générales ou locales, le spectacle était plus remarquable par la qualité que par le .nombre des acteurs, je veux dire les taureau, les vaches, les chevaux, tes porc» et les moulons qui composaient ta troupe. Moi, de quoi piiis-je vous parler, si ce
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UNE RÉDNION ACHICOLE B3
n'est du banquet qui a suivi et des discours qui y oat été proDoncésî
C'est autour de la table splendide dressée dans le Gorn- Exchange par les soins de M. Hitl, de l'aubei^e du Soleil (San Inn), que le meeting s'est montré dans toute sa pompe et au grand complet. Tels qui étaient arrivés trop tard pour passer en revue les besiiaus du comté se sont arrangés de façon à ne pas arriver tro)) tard pour le festin.
Parmi ces derniers, j'allais vous dénoncer le marquis de Salisbury, lorsque je me suis souvenu que le marquis de Salisbury n'était plus un jeune homme. Que dis-je? il a, je «rois, l'âge qu'avait atteint Fontenelle, quand, à une trèsvieille dame qui se félicitait devant lui de la faveur que la mort leur avait faite de les oublier, il répondit, le doigt sur les lèvres : « Chut! > A cette époque de la vie, on est bien excusable de manquer à un rendez-vous de bestiaux, surtout 4)tiand on a été retenu chez soi par une averse , comme le marquis de Salibsury l'a expliqué lui-même avec infiniment de grâce, infiniment d'humour , au milieu des applaudissements et du rire approbateur des convives.
Mais je tarde trop Ji déclarer que ce qui les attirait, c'était, non pas le diner, mais le désir, bien naturel, d'entendre les bonnes, les nobles et éloquentes paroles qu'on savait devoir y être dites.
Par qui croyez-vous qu'était présidé ce banquet d*agriculteurs, où le toast principal devait avoir pour sujet l'agriculturet Par un grand propriétaire du comté? Oui, sans duute, mais un propriétaire qui est un poète d'élite, un romancier fameux, un administrateur habile, un philosophe, un orateur, un homme d'État dans un homme charmant, sir Ëdoudrd Bulwer Lytton, enBn.
L'événement de la soirée a été son discours. Rien de
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i (isee)
pUs pratiqK ât de fins élevé i Li fois. ToW «■ noml i^e, sous le rapport de la quantité, le bétail du eoMlé de HeitCxd M EaisaU pas précàaéiiujnt bMtw Sgure,air ËdMBrd a a^naé *a& utisfaction patrioiiqiK, toaàée sur ce ip'â a';avaU«dHii»iBs, neai redire à U qualité; et il esljiarli de Ut pow jeter nu cou^ d'(Bil sar t'aisaid^ de l'agtioilture ea Angleterre.
En ce qui tout^ la prodBClÎMi des pâu, U y avait u fait i constater tout d'abord : c'est qse la récotte, cette asBée, a été admirable, — circoDstaDce aussi beureose, ta &a de compte, pour le utaoufacturier, le comBerçaDt, l'antsaa que pour ragriculteur lui^aëiQe; car» ainsi que l'a lort hiea fait remarqu» sir Éd. Bulwer Lytton, ua peâjple, qadfe (pie soit la diversité des intérêts et des oceupatitta» eatrelesqftàs sou activité se partage, a'est jamaU, à l'égard des autres peuples^ qu'ua coDsommatew iodividiwl. Ce qu'il a de moÏDs ji dépeaser pour achats de grains, quand la nature net à sa dispoeitiM d'une main pins [H-adigue ies trésors delà terre, se trouve former un sarplvs de cajpttal aatioaal, qui, appliqué à toutes les branebes de l'industrie, les vinfie et les féconde.
Mais l'abondanee de la recolle, celte année, a'est pas due sealaneat à ce que la saisoa a été propice, et la prare, c'est que, comparée i la récolte donnée par des années aitérienres oè le àel n'avait pas été moios clément, elle préeeite un eicédmt dont la source ne peat Atre que le travaU de l'homme, éclairé par son inleUigeace. Au Bombre des causes auxquâles il est juste d'attribuer ce surcroît de fectmté, sii Éd. Bulwer Lyttoa a signalé un plu» libéral emploi des «igrais artificiels, un recours plus hardi i l'iDtervenliaA des machines, un choix plus soigneux des a^Mnees, aa OMillenr silène d'assolement ; enfin, « par la suppressioa des clA-
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UNE RBDEUM AGRIGOLB 55-
Uves ioutilea, le fiit dJoufrir leS' champs k e«s deux puissances fécondantes, l'air et le sokil ■. Comaie indication de ce qu'il est peEDHs.Â'atteidie du pn^ès, riaolànent poursnin, Vonileiir 2 cité loe eécente brncfanre de Liebig, qK piéroit le mosest où I09 Tras^oyausies, en mati^e de gxaîQS, n'aoEoat pin rien k demander à l'étranger. Je n'ai pas besoin de vous dire que tout le monde a répondu ;
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Quant h cet autre côté de l'agriculture, l'élève des bestiaux, c*ËSt surtout en Angleterre qu'il impurtait qu'on pût, à cet égard, constater de grands progrès. Le climat et lesol de PAngleterre sont en effet plus propres encore à l'élève des bestiaux qu'à la culture du grain; sans compter que sa constitution territoriale se prèle merveilleusement à ce que la nature de son sol et de son climat semblent lui conseiller^ la propriété n'étant point soumise ici, comme en France, à cette loi du morcellement indéfini, qui tend Ji opérer entre le capital e( l'agriculture un divorce ruineux, à ralentir le développement du règne animal et à substituer les champs aux prairies. Cependant la viande est chère en Angleterre, et, quoique la condition du travailleur pauvre y soit meilleure qu'en France, le rêve de la poule au pot est loin d'y être réah'sé pour tous. D'où cela vient-ilî
Le fait admet, à coup sAr, plus d'une explicaUon; mais qa'ii puisse être attribué en partie i un défaut de sais et marne de coBttaiasances pratiques, parmi les habitants des caapognes, c'est ce que plusiears ciEconatances seraMeat indiquer. J'ai été, par exempte, très-frappé d'un passage du diacMTS de sir Éd. B«lwer Lytton, eu la pratique de mâler du wl k la Bourritnre des animaux est vivement recommandée, et recommandée comme une chose que ceux-ci oégli-
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BC LETTRES SUR L'ANGtETERRE (1863)
gent, que ceux-là ignoreut. En France, le reproche serait sans application et le conseil superflu.
S'il est besoin de moilrer par des chiffres jusqu'à qud point l'Aagleterre est intéressée à ne rien négliger de ce qui se rapporte à la conservation du bétail, ces chiffres , le discours de sir Edouard nous les fouroirait. Pendant les six années hnissant à 1860, la valeur tolaie du bétail détruit par la maladie, dans les trois royaumes-uais d'Angleterre, d'Irlande et d'Ecosse, est de 34,000,000 liv. st., tandis que la valeur du bétail importé durant cet intervalle est seulement de 4,SOO,000 liv. st. *, c'esl-h-dire qu'en six ans l'Angleterre n'a reçu du dehors que le quart de ce qu'elle a perdu au dedans.
L>e ce que je viens de dire, je m'attends à vous voir mndure qu'on peut être en même temps un grand poëte et un homme éminemment pratique. Pour moi, si j'en avais jamais douté, je n'en douterais plus après ce discours de sir Éd. Bul* wer Lytion. Il est vrai, s'il faut ne rien cacher, que l'illustre auteur de la Famille Caxton, des Derniers Jours de Poni' péies, à' Eugène Âram, de Rùnzt et de tant d'œnvres poétiques moins connues que ses romans, quoique d'un plus haut mérite encore, peut-être, a fini par se sentir comme mal h l'aise au milieu des vaches et s'est, avant la péroraison, échappé de l'étahle. Dans la première partie de son dLicours, c'était le seigneur terrien qui avait parlé ; dans la seconde, c'a été l'ex-ministre. Parmi plusieurs considérations élevées, j'ai particulièrement remarqué celle-ci : que le mélange de lenteur et de sûreté qui, en Angleterre, caractéiise la inarche du progrès, tient à ce que nulle part l'action des villes, où le frottement des esprits leur fait prendre feu , n'est mieux balancée par la prudence et le sang-froid des campagnes.
Vous le voyez, sir Éd. B. Lytton n'est pas près de définir
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UNE HéUNIOS AGRICOLE 57
les agriculteurs à la façoii de cet étincelanl abbé Galiani, qui, dans son Dialogue sur le commerce des grains, écrivant avec UD épi de blé la théorie de la science des richesses et son histoire, regardait les nations agricoles comme des nations de joueurs qui, soumis aux caprices de ta pluie et du soleil, sont sans cesse h jeter un rouleau de louis sur une table de pharaon, qui est la terre.
tfais ces deux opinions, contradictoires en apparence, sont-elles donc inconciliables? Nul doute que l'agriculture, dans ses rapports avec le baromètre, ne soit un peu un jeu de hasard et ne suppose, par conséquent, dans l'homme qui s'y abandonne, un certain degré de hardiesse ; mais cela même lui rend la prudence d'autant plus nécessaire , dès qu'il s'agit d'affronter les vicissitudes de la politique. L'agriculteur veut jouer tranquillemejit sa partie avec le ciel. S'il se laissait gagner par la pétulance politique des villes , il ftiirak il courir trop d'aventures it la fois.
LETTHES sur. L'AH£LETBaRE (iBSS)