‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 62 sur 97 · A PROPOS DE LA CONSTRDCTION DE L ALABAMA · texte numérisé non relu

A PROPOS DE LA CONSTRDCTION DE L ALABAMA

s'allier h une puissance belligérante était reconnu libre; quoique appartenant à une nation neutre, de construire une flotte dans un port de cette natioo, de couvrir des vaisseaux d'une cuirasse de fer, de les envoyer eu mer àla distance de quelque trois milles, de les faire suivre de leur équipement, et alors, sans autre forme de procès, de poursuivre, de couler bas, d'incendier les vaisseaux de la puissance adverse..., l'Angleterre se trouverait avoir admis un principe, autorisé une pratique, aussi funestes à son pouvoir naval que destruc- Uves des bases sur lesquelles repose, cliez elle comme partout ailleurs, la souveraineté *nationale.

Pour comprendre l'absurdité vraiment monstrueuse de la tolérance dont M. Laird et ses pareils osent réclamer le bé- Détïce, il sufRl d'observer qu'elle a exposé l'Angleterre au danger d'une guerre affreuse avec les États-Unis. Ainsi, la nation anglaise avait eu beau déclarer, par l'organe de son gouvernement, sa ferme résolution de rester neutre, elle aurait pu, [Jai* te fait d'un coustructeur de vaisseaux, partisan intéressé ou désintéressé du Sud, se voir accusée de mauvaise foi et engagée dans les plus sinistres complications! Elle aurait eu beau vouloir la paix, il aurait dépendu d'un simple particulier de l'eutraÏDer dans la guerre! La volonté d'un seul aurait pesé iVun poids plus lourd que la volonté de tous dans la balance des destinées de tous !

Fatales à un point de vue général, les conséquences le seraient doublement à un point de vue anglais. L'Angleterre, qui possède l'Australie, le Canada et les Indes, qui a la bouille et le fer en abondance, qui dispose des meilleurs bois de construction, et à qui la mer, sa flottante ceinture, permet de former de nombreux; d'habiles et de hardis matelots, l'Angleterre est autorisée aujourd'hui à regarder une guerre maritime comme un jeu où le gain de la partie lui est presque

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114 LETTHeS STTR t'AitCUTBME (iSOs)

Bsstiré. Mitis que devleodraient les avmUges qui liri tout propres, le Jour où, dans iiae 1irt(e eonlre fEcpagoCjpv exemple, elle aurait & eompler avec les ebarpeatien de FensjWanie; le jour où les ressources martlÎDies en poitfoir qu'elle aurait i combaltre poorralent être doublées, b^pléei, quadniplées , quiotnplées par des raisseaux qu'amlent construits dans des ports neutres et que laaeeraieiit à la loer t^ ou tels riches constructeurs de naTires, enoemis de a grandeur ou avides de ses dépouilles? Il y a quelque tpinpt, le Spectator, k l'appui de ces gfrarea considérations, supposait l'Angleterre, qui est » forte sur mer, aux prises arec l'Anemagne, qui l'est si peu, et, comoie conséquence du principe en question, it montrait des vaisseaux de guerre se eonfitruisant p\>Br ]e compte de TAIlemagne dan« ebiqK port américain, couvrant l'Océan, courant sut an oonacrK de la Grande-Bretagne, ravageafit les cOtes de Tlode, faK sant monter le pris du fret et de fassarance It de« efaiiret ruineux, nécessitant pour les vaisseaux narchands l'iDce»sante protection des vaisseaux de guerre, et fintssaot par rendre inévitable une guerre avec l'Amérique. Ce t*H««t est-Il exagéré? Que l'Angleterre adopte, «l le cœnr taJ eD dit, la doctrine que recommandent les partisans du Sud, (t elle reira!

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LA PBATUJOE DES TRAKSfERTS

La pr«tlqne des lrM>ferla< '

Vos lecteurs saveot-Us rorigtoe da fanetfx mot échit^âitr (eccfc«fN«r)? S'il «d faut croire ceitaios éplucheurs d'étymologies, ce mot viendrait de l'étoCe bigarrée (cAecibr«d) qui couvrait ta table autour de laquelle, du temps des rois sormauds, le monarque et les « barous de l'Échiquier > se réu- ■issaieitt périodiquement pour discnier, ea audience Bolen* ndle, toutes les questions intéressant l'État et relatives a« rereou. C'était là q«e, deux fois par au, ou recevait les coMpies et le Benaent des shérifs, lesquels, sons te gouverneaiNitde la coaquéte, étaient Ji la fois cMflmandaots militaires ei tempe de guerre^ administrateurs des domaines royaux, el officiers dv revenu.

J'ignore, ea vérité, posrquoi on a tant dit et répété q«e l'argent était le nerf de la guerre : il me semble qu'on poorrail le nommer, avec autant de raison, le nerf de la paix. Qn'il Boit le aerf du gonvememeot, ce n'est pas en Angleterre, où le vole des subsides est l'alpba et l'oméga de h politiipie, qu'on sera toilé de le nier. Aussi la dignité du fràorùr y est-^ nalui^ltement devenue la plus importante du ropume. Anjourd'bui, a vous demandez qnd est Gdû des senriteu^ imbiics qui a missîoa d'être l'ime et le cerveaa du gouverneiarat, — sur qui repose la foratation da eabiuel, — qui Eût la distribution des soixante places

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lis LETTRES SUR l' ANGLETERRE (ISS»)

qu'embrassent les divers déparlements du second degré, — s qui nomme les juges chargés de présider à Weslmlnster, ■ — qui contrôle la Dominalioudeshauls fonctionnaires teisque les ambassadeurs, — de qui dépend la uomiuation des archevêques, et des évéques, — à la recommandalioa de qui la reine désigne de nouveaux pairs, — qui enfiD a le litre pompeux de t premier >, on vous répondra que c'est le chef des < lords commissaires de la trésorerie \ ■ que c'est le < premier lord de la trésorerie. »

Non qu'il soit nécessairement tenu, en cette qualité, de remplir les fonctions de ministre des finances, les fonctions de ■ chancelier de l'Ëcbiquier > : il en a été quelquefois ainsi, notanameat en 1841, mais cela n'est nullement de rigueur.

C'est donc, en thèse générale, le second lord commissaire de la Trésorerie qui, sous le nom de < chancelier de l'Ediiquier, > a le maniement spécial des finances^ c'est lui qui propose le budget; et comme c'est la Chambre des Communes qui le vote, il faut que le lord chancelier soit un I commoner. > Parmi ses privilèges, et ils ne sont pas à dédaigner, figure celui de disposer de 700 bénéfices, ce qui est beaucoup, si l'on songe que la couronne elle-même n'en a pas à sa disposition plus de 950. Hais, pour dictateur financier, il ne l'est certes pas.

En premier lieu, la Chambre des Communes, nul ne l'ignore, tient et tient bien les cordons de la Bourse.

En second lieu, la plus notable portion du revenu, soit intérieur, soit eïtérieur, est versée, pour le compte de l'Échiquier, dans la Banque d'Angleterre, d'où les ordres de la Trésorerie ne peuvent pas faire sortir un farthing sans que «es ordres aient été sanctionnés par le < contrôleur de l'Échiquier, > dont l'affaire est de veilier à ce qu'ils soient

LA PRATIQUE WS TRANSFERTS Itl

en conrormité parraite avec les prescriptions parlementaires, le contrôleur général jouant de la sorte, ainsi que l'observe le Daily Telegraph, le rAle du dragon qui gardait les pommes d'or du jardin des Hespérides.

Jusque-là, rien de mieux. Hais voici où l'abus commence. ^

Pour les payements ii effectuer, les choses se pa.ssent comme suit :

La trésorerie s'adresse au contrôleur général pour qu'il ait à autoriser la Banque à mettre au crédit du payeur général une certaine somme affectée il un certain service. Sur ce, le contrôleur général vérifie ce qui a été dépensé pour ce service, et examine si la somme demandée n'excède pas re que le Parlement a voté. Une fois rassuré à cet ^ard, il donne l'autorisation requise. Mais, cela fait, son droit de contrôle cesse. Sa surveillance ne s'étend point à la ma- DÎère dont les payements s'effectuent, à l'office du payeur général. Il sait que celui-ci doit recevoir tant pour tel service, mais il n'a aucuu moyen d'empêcher que l'argent destiné & ce service soit appliqué à un autre ; que l'argent destiné à l'armée, par exemple, soit appliqué à la marine.

Il en résulte que la pratique des t transferts i tend k s'établir de plus en plus. L'argent voté par le Parlement ne va pas oii le Parlement a par ses votes décidé qu'il irait; il ne se distribue pas entre les diverses branches du service public conformément aux règles de la souveraineté parlementaire ; en un mol, la < clause d'appropriation » , sur laquelle U Pariement croit devoir insister chaque année, est comme si elle u'était pas.

Cette < clause d'appropriation > remonte, paralt-il, au

118 LETTRES SUB L'ilKLBTBBHE (iSCS)

règne de Charles II, el fut introiluile dans no biU des aAsiAesr Don-seulement sur U denunde «spresse de tt nonarque, mais malgré les remMUances fennelles de- ses ininislres.

Charles II voulant k tout prix reculer, eu matière de dépenses publiques, les bornes du contrôle parlementaire ! Is fait, i coup sûr, est trop étrange pour ne pas mériter qu'on Texplique. Lord Clarendou en donne l'expIicatiDO que voici: Charles II s'était fait prêter de l'argent par divers ban- ^ters; et, s'il attacha tant d'importance à l'adoption de la clause d'approprialioD, ce Ait afin de n'avoir pas k einl^yer au remboursement de ee qo^ avait empnmté les subsides que le bid lui accordait. Que TOilà bien le libéralisme des despotes !

Quoi qu'il en soit, puisque la dause a été maintenue, Q faut OB s'en départir en principe, ou s'y eonforraer dans la pratique. S'y conformer peut n'être pas très-facile, mjoor^ d'hai que les services sont centralisés entre les mains ihi payeur général ; cl lorsqu'on réfléchit que, fe premier jour ^e chaque qnartier, des milliers de persoBnes passent par roFBce de ce fonctionnaire, on comprend qu'il ne smt pas ■fort aisé d'acquitter les branches, si divCTSCS, des dépenses publiques, sans perdre un seul instant de vue le principe strici de l'appropriation. Hais la diflicutté est-elle înmirnioDl;d>le t II y a quelque trente ans, la nécesdilé d'eœpticber que les fonds volés par le Parlement posr certains scrvioes ■e fiisEenl détournés de leur destination profm fit créer la « Bureai des comptes > {Andit Beard)', qui est cfcM'gc de vérifier l'emploi des fonds, en ce qui concernait t» m»riite. PIbs tard, en i84d, ce-systëRiefutétevdaauxcin^ptet de l'armée. M'y a-t-it donc aucune poBsibiilé de i'éludii aux servines civilst La question vaut la peinti qu'on s'y

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OBJECTMH ad MWIT »tH CMCat» ESnOPEBX iif

jwréle. Ette lonebe k t'hennenr de us iastiuirioBs yaile- ■mUtres dont h» AagUi» se VMteat à'»oir iMrni m KwAele mvikm ■odMe.

Parnû Is» bemnie» poliivqœs de ce )»;&, il ea est nn don Ve^io» sw k» ^véoeawris qise chaque jiowr ain«ne a pour HMÎ la valeiw et l'iililité d'H Ihernonètre. Doué d'm ùogilier taleot d'observatiOB^ d'uM sagadté pea ceeMBune, à'va esyril tris-fin,, il » surtdulr à' mes ;euXf ce néril« qtt'il /Ê^ an y«Mt de vue ao^aiS' Aerif» question qui se préseote. Aussi est-«e à lu qtte je m'adresse le plus volontiers Isfaqwe, aprèsi avoir p»aouni toute la (famaie des appréciatioM- éUfiomatifm» et des eonsientaires aOculi* que la .piesse anf^aiae peut fourairy je désire avoir une idée lùei nette de l'inprsssioa que tel ou lei foitykel o»tel diseouiE sMtd«: iMhire ^prodwre en iingletem.

Hier, je hù fi» visite, e^ èb- retMv chez nai, jp m« hâtai ■ At jet«r sur le papisr les résultats^ de ma confersatim avec hi. ^tsMoMOriaM' d'en fw« partager )• profit !» vk lecteurs.

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ISO LETTRES SUH L' ANGLETERRE (iSSS)

MOI. — Eh bieo, mon cher ami , que i>ensez-vous et que vont, seton vous, penser vos compatriotes, du discours par lequel Napoléon III rient d'ouvrir en France la ses»0D législative î

LUI. — Que pensez-voust que pensez-vous? Cela est bien aisé h dire. Hais la réponse n'est pas aussi facile que la demande.

MOI. — Est-ce que par hasard vous hésiteriez k être satisfait? Si je ne me trompe, le grand ennui et le grand souci de l'Angleterre étaient la pais qui n'est pas la pais., le repos qui n'est pas le repos. Vous regardiez sans cesse du côté de la France avec inquiétude. Vous aviez toujours présent i l'esprit ce mot de Chateaubriand qu'elle est un ntd de guerriers. Quelles que fussent vos sympathies pour la Pologne, toutes les fois qu'on parlait d'affranchir la Vistule, vous vous imaginiez voir l'aigle prendre son vol vers le Rhin. Le mâle orgueil que vous inspirait l'attitude de vos volontaires n'était pas sans mélange d'amertume. Vous accusiez d'imprudence, luéme de folie, les doctrines uitrapacifiqiies de l'école de Manchester; mais, au fond, vous auriez bien voulu que l'état violent de l'Europe ne vous donnât point tant raison contre HH. Cobden et Bright. Vous approuviez lord Palmerston de jeter l'argent par les fen^ très, dans son empressement à construire des forteresses flottantes, h eii élever d'immuables, k remplir vos arsenaux, i mettre vos cAtes en état de défense, à avoir, en un mot, UDe paix aussi coâteuse que la guerre \ mais lorsque H. C(^ den lui faisait un crime de tout cela , c'était en gémissant ' que vous donniez tort à H. Cubden, et il vous paraissait dur que lefardeau, déjà si lourd, de vos taxes fût rradu plus lourd enr^re, parce qu'il plaisait à la France d'entretenir sur pied nu demi-miUion de soldats.

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OUECTIOSS AU PROJET D'DN CONCRÈS EUROPEEN 131

LUI. — Rien de plus vrai. Et qu'ea concluez-vous?

MOI. — Ce que j'eo conclus? Mais vous n'avez donc pas lu le discours dont je vous parte? 11 m'a semblé y entendre s(Hiner l'heure du désarmement généraL Les jalousies aationales y sont dénoncées comme funestes et folles; l'ostentation de la force y est signalée comme une cause d'épuisement : une ère nouvelle d'apaisement et d'ordre y est sinon prédite, au moins désirée. Quel plus pacifique langage est-il donc permis d'attendre d'un homme qui est à la tête de tant de vaillantes légions ?

LUI. — Oui, j'en conviens, te discours peut s'interpréter ainsi, et je vois dans la Presse que c'est ainsi qu'il est interprété par un émiuent publiciste français, peu disposé à se payer de mois, et accoutumé à aller au fond des choses, H. Emile de Girardin. Mais que voulez-vous? on est défiant de ce cité du détroit; et vous avouerez que le discours eût gagné en clarté par l'omission de la phrase qae voici : < Deux voies sont ouvertes : l'une conduit au progrès par la conciliation et la paix ; l'autre, tôt ^m tard, mène fatalement à la guerre, par Vobttination à maintenir uD' passé qui s'écroule. > Si vous avez entendu sonner l'heure du désarmement général, ce ne peut pas être, pn tout cas, dans cette phrase. Ce que j'y «iteods, pour mon compte, c'est le grondement lointain du canon.

HOi. — M. Emile de Girardin, que vous citiez tout à l'heure, répond à cela en excellents termes, quand il s'écrie : « Ett-il donc défendu à la paix cf être virile ? >

LUI. — La paix n'a nul besoin d'être virile, lorsque la nain qu'elle tend ne trouve que des mains prêtes k la serrer : c'est quand le contraire a lieu que la paix sent le besoin d'êb'e virile, et, dans ce cas, elle touche à la guerre. Quand uue offre est enveloppée dans une menace, tout

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m tiTT«» se» (.'AScLerKME (19m)

dépeiid : <* d» iefré ie peur ifat cMuen h> memace; ^ te drânees que l'offre a d'éln atenfUèe. Atam te Tt'nir*, ^oi air»l cMimeMé par «ttuer daie 1« (feenun d'oiiKrM! ne espénoce de pan, fi«e-it pa* afenxrmr derriire h pkiae

«01. — D'abord ce que vous appelez une menace a'» est pas nue. Constater d'une manière générale quet'obsânatioa ft ne rien feire de ce qui assm-eraît Ta paix mène lit ou tard fatalement h ta perre, c'est rappeler une vérité qu trop de gens oublient; ce n'est pas menacer, c*est avertir.

LUI. — Vous auriez par&ùtemenl raison s'il s'agissait iti d'uie vérité énoncée dans lut recueil de maxlmei fit u pbtlosoplie ennemi de la guerre , â^'ivaut au coin de wa feu. Hais quand de telles paroles so^tprontMieées du haildc lai tribune française par un souverain ^i , d'un signe , jM mellFe en nivuvemeat cbit} ou six cent mille hommes, n qà déclare parler au nom de b première oatîsn militaire (fi soit au monde, cela donne à penser. Nous n'avons pas uiUit comment la guerre d'Italie sertit de quelques mots adressé», eu guise d'averiisseinent à un ambassadeur.

■ou — Que Twlà bien la logicfHe de ladéfiaiieef Qorif 3 snflit de deux ou trois expressions oà la gserre e^^^téseaSibt comme' conséquence, ma pa» certaine, iHai» peaaible, d'ut «bstination déraisonnaMe it maintenu ce qvt ne sanrat* ^v& exister, poor hiasqser à ms yeux h scn» d'un disMUfs dont chaque ligne respire la paix ? Car' eafi», est-ce' que M. C«b- 4to lui-même auraic pu riea dire de phis sensé, de plus fcrl, de plus ilécisif , sir la Mit àex armements exagérés, sur ks désasSren résailals d« la paix annén, sur l'intérêt qu'ont le souverains ausn bien que les peuple» à en finir avec Ib lieifc «t absurde politise des jalouses mutuelles» de ï

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OBJEGTVIS Air nWIT D.'(I5 CMGMS EUROPÉEN IM

exrhnvre et éis rancnw»? Ile qu^ bagage fbul-tl dose se scrm pe» tcws cMiraiiKre, pow tcbs rassare* ?

un. — Pardon î je crains gac ?o«b ne m'ayez pas cobïpris. Ce ,B'e9l pas la sneérité de r«itipeveur des Français ^ esl ki en qMstioD.U veut b paix, sMl^ïoBre lia neyei de Kelitear et de la iumaaaei,^est eertiOfl. Mais jusqu'sè va l'eftit^acité du moyeu qu'il propose ? Vous \oyei Meo qa^ a. k»-ntee ées éMies à cet églfd : la ptirase qae nous dis- «Mois te praïuc.

■OL. — £t quel aotre moyen d'éviterl» gaerr» a«rieï-vBiis À iudiqB», je vous prie, qui sHt[^férablfrà la eonvwatin d'un coDgrès pacitûfie àts ^ovcnieneius? SiAetHuer le foiia, de la rasun au traKhant de ïépée ; appeler les Mléréta divers à eheraher de baaae foi ce qa'Ss dot entre etu de coHi^., an Iwu de cecwirii au brutal el aveugle arbi- Irage da uhim, ■' est-ce pas là aie idée- larçe et saine, te»t k fait conforve au géoie de la eiviiisftiioD Bséerae , et «pf, venant du clief d'ua peuple énÛDeroment gverrier, est uu magnifique bommage rendu à la supériiffilé de l'esprit sur lafatcc?

LUI. — B'accord. Tonte appliealioQ, même restreinte et accideBtefle, du beau systciae de Vahbé de Sainl-Pierre aei»l un bieBfait poar le- monde. Si dione vous désirez aa<«flir ce que je pense de la v^eur philosopliique et morale de l'idée éoàse, je vohs dirai ^me , loin d'y eectredÏFe, je la voudrais plus large encore, pltis nHDpIèËc, telle enfin qu'elle gema dans le bienveillant cerveau d« l'auteur du Prtjel de faix perfétutitg. Quel jour que celot oh tedles les querelles ineasées tpà, anjoard'liHiT eaBanglaMent la terre, et sont soBKiitaiHfimestesaaxvaiiutpeiirsqi/aaxvaiDcasvseraiett fcéfeiwes' par Tmiervevtien «fui» « tribuoid nipréme des peiq)(e9, » otgaae pennanevC, respeeSé, obéi, du dsoitintef-

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184 LETTRES SUR l' ANGLETERRE (ises)

naUoDal ! Halheureusement, là a'est point la questîOD. Le cardinal Dubois appelait les ihéories de l'abbé de Saint-f^me tes révei d'un honnéle homme; et c'est justement de la même manière que l'idée d'un cougrès européen, dans les circoaslaoces présentes est appréciée par le SpecMor, qui dit en propres termes, et non sans un soupir : Thaï û but adream. >

HOi. — Je vous avoue ipi'tine pareille objeclion me touche fort peu. L'esprit humain est ainsi fait qu'il est toujours porté à croire irréalisable ce qui n'a pas encore été réalisé. Vous souriez? A votre aise. Je suis quelque peu utopiste, je ne m'en cache pas, ou plutôt je m'en vante.

LUI. — Et moi, je suis très-Anglais, partant doué de quelque sens pratique , et j'en remercie Dieu. Or, i moD double point de rue d'Anglais et d'homme pratique, j'ai tant de considérations à faire valoir contre votre èûiideratum, — dans l'état actuel des choses, bien entendu, — que je ne sais par où commencer.

MOI. — Essayez.

LUI. — Premièrement, la théorie des congrès de la nature de celui qu'on désire suppose une certaine éducation des esprits qui me semble, hélas! très-loin d'être faite. Pour que les rivalités de peuple à peuple disparaissent, il ne suffit pas de les déclarer absurdes; pour que les rancunes nationales s'éteignent, il ne suffit pas de les gourmaader. Et tenez, moi qui vous parle, — et je me pique de preadre quelquefois des libertés avec la routine, les préjugés, etc., — j'ai tant de peine, en faitde susceptibilités nationales, à dépouiller le vieil homme, que l'éloge de l'empereur AleiUDdre II sur les lèvres de Napoléon III m'a fortement ému. Passe encore si, à côté de cet éloge , celui de l'Angleterre avait trouvé place ! Mais non : toutes les bonnes paroles sont

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