‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 63 sur 97 · OBJECTIONS AU PROJET U UN CONGRÈS SUROP^SN · texte numérisé non relu

OBJECTIONS AU PROJET U UN CONGRÈS SUROP^SN

à l'adresse d'un souverain qui n'a voulu rien accorder de ce que lui ont demandé la France et. l'Angleterre unies.

MOI. — Vous oubliez que, si elles n'ont rien obtenu, c'est préeisément la faute de l'Angleterre, qui s'est unie en effet à la France sur le parchemin des protocoles, mais après avoir fait sonner bien haut sa ferme résolution de ne pas s'unir à elle, le cas échéant, sur le terrain de l'action.

LUI. — Je ne vous dissimule pas que le brusque dénoùment donné, contre notre vœu, h la guerre de Crimée, et le tour donné, contre notre vœu aussi, à l'expédition du Mexique, nous ont inspiré beaucoup de répugnance pour les alliances actives. Nous voulons savoir où nous allons, et nous craignons d'être arrêtés trop têt ou menés trop loin. Il est possible que notre prudence vous paraisse excessive, peu fondée. Cependant, si vous réfléchissez que l'opinion publique en France est pour nous un livre à demi fermé; que nous ne pouvons juger d'avance des vues et des desseins de la France, sous le régime impérial, par aucun des indices que fournit la publicité d'une presse libre ; que vous êtes des voisins dont les mouvements dépendent d'une volonté qu'il ne nous est ni permis d'interroger ni possible de pénétrer lorsqu'il lui convient de rester sous le voile, et dont les décisions sont en général déclarées soudainement, de façon à prendre le monde par surprise; que, par conséquent, nous engager avec le gouvernement français, c'est nous risquer en pleine mer sans avoir de boussole... vous conviendrez que nous sommes excusables de pousser la prudence jusqu'à la timidité. Le jour où la France aurait des institutions analogues aux nôtres, notre alliance avec elle serait sans réserve. Jusque-là, il est dans la nature même des choses que notre rAle soit plutôt celui de l'observation que celui de la confiance. Maintenant, pour en revenir à ce passage du

n,gti7cdT:G00glc —

. IM IMTTÈES «n L'ARGLETEtSE (iKS)

disonits impérial dout l'enperesr de ftuBEie > BÎ fart njet d'être cmteat, remaniuez qae la Kissîe y est paitiodènuent ktoée k caise de l'appui sncère et cordial prêté par ■ elle à l'enpereur des Français dans l'affaire de l'annexiai àà oovté de Nice et de b St\'4»e. C'est «n cwnpliowBt, je le confesse, ^e nous n'arwis pas «ârité, nous, qu'on mbb adressât; mais il n'en est pas otmos vrai ^e, adresEéàh Russie, il doane hm Bignïleatioa peu Aatieuse an sJnce gardé k Vé^rA de l'Angleta-re. (1 y a, je crois, ua pmecfae oriental qui dît : La partie tH d'mrgml, le tileuee ett ffar. Le silence n'est pas loajours d'or po«r ceux i l'égard de»qnek on le garde. Lisez les cwniBentaires du Tima, vous Terrez que c'est son avis. C'est à coup sAr le mieu.

101. — Vous aviez bie« raison de reconniitre qoe nas D'avez pas dépouillé le -neil homme. Vos rfarques seateit la jalousie nalionale d'une lieue.

un. — JusteDienL,«t c'est là que je roulais «• v«Qir.Cette stucepâbilité ombrajease, que vous oondamnez eii noi, et qae vois éprouveriez Irès-probableneat à nu place, ToUâ, ta ce qui coacerne le projet de résoudre par nu oosgris des gouvÊraeioents eim^iéeDS les problèmes qui les divisent, lai première objeciion.

MOL — Et la secnaie, s'il vous plail?

un. — M* seconde objeciiau a irait à la oonposilioo nécessaire du «ougrës. Tout paiienwai, — ^ le coures l'iurait de signification que comme parlement diptoniatique, — tout parlement implique des maudai^ d'une part, et d'Kilre part des maudataires. <h', par qui les peuples serneat-ik r^seaiés dans volfe cou^T Par les gouverneoents? Ce serait tout un sans doute h, partout coauae ea Axiglelene, les hommes du pouvoir a'étaieut que des servileun publin {ftMie tenault). Eu n-Ml de la sorte? Croyez-vgas, pv

n,gti7cdT:G00glc

OBJECTIMifi AO PWWCT >'dH CMCCtC EIIKOPËEN tn

4BCMiple, que la fmsie m jigen biee rapréBentée par les envoyés de U. de Bismark, ou ^ M. de Bifiaurlln-iBéBet irais pMH-quoi noflower la PniBBe ! Voyet-vouE d'id la Rtissie ^piraDt ïaoB le eongrët {Mur le compte de la Polo^e, et rÂutricke j pariant tu ekmd 6e Veiiu ! Ce saiâeal de plû- «uts mandautree, que vow en semble f

MOI. — Vous ne prenez pas garde que, dans le eoogrèé.la Fojogse m eerait repéseoiée par la Russie, et Venise par l'Autriebe, ifMe nooinaleneat en qiielifw sorte, et aa poîst ^ vae éeotifà aùstt : au ^ut de vue de ce qi'il s'a^t prwâséacM de cbaDger, les vrais mandataires de la P»llfie, de I3 HMigrie. de VeaJEe seraient celles des puis- «asees de l'Europe qui associent au irioaipbe du dnût l'intérêt de l'ordre européen et la consolidalion de U paix dus le mosde.

LUI. — C'est-à-(Ure ^ue vous auriez une asseaablée 4aas laquelle les nasdaMs supposés n'auraient pas de plus r«doulaUes adverevres que leirs mandataires ofioels! La co«kinaisMi est singalière. Ifais passons. Le but do eoogris, dans l'acception la plus générale dii mot hmt^ serait, si j'ai Mes coapris le discears àe l'empereur des Français, d'aviser i un reHanienentdela carte, par coKcntemeal nulael, M, pour parler net, de Êiire laUe rase des traités de i8l8.

NM. — Ce n'est pas cela. Il s'agirait de ««bstita^ quelque cilOK ï rien ; je me Ironpe : il s'agirait de renplacer p»- ■B édifice daUc un édifice creabot de toutes paris, et qu'w H saar^t s'^stioer à swtenir sans CADdasmer l'Eanipe h ue désaslrevae alleraalive de révolutions violeaies et de (Mlre-réfolMtiMu oppresiivec.

LH. — Port Uea. Hais , tint d'abord , <tes-T0iis 6ir ^'aueuDe des puitsaices à oonvot^er ne trouvera les ioooo- Ténienls d'une pareille tentative plus considérables qu ses

138 LETTRES SUR l' ANGLETERRE ()f68)

avantages? La Russie, dont on mettra en question la souveraineté concernaiil la Pologne...

MOI. — Je vous arrête, et j'appelle votre attention sur u passage du discours de l'empereur : « La Russie l'a déjà déclaré, des conférences où toutes les autres questions qui agitent l'Europe seraient débattues ne blesseraient en ntst sa dignité. >

LUI. — A mon tour, je vous prie de vous rappeler qu'en ce qui touche la Pologne, le prince Gorisdiakotf n'a reconoD qu'aux trois puissances copartageantes, la Russie, la Prusse et rAutriche, le droit de conférer sur son sort. D'ailleurs, li Russie n'est pas la seule puissance dont nous ayons h éuidier les dispositions. Vous comptez l'Angleterre pour quelque chose, j'imagine.

MOI. — Sans doute; mais je ne vois pas pourquoi l'Angleterre ne se joindrait pas à celte pacifique croisade.

LUI. — Croisade! Et contre quoi? contre les traités de 1813, aujiquels elle a tant contribué elle-même î Vous nous supposez une abnégation bien grande, vous nous jugez capables de repentirs bien héroïques !

Hoi. — Pas du tout; je vous juge simplement capablesdc vous rendre à l'évidence. Est-ce que les traités de 1815 peuvent encol'e être regardés comme ayant en Europe forte de loi? Est-ce qu'ils n'ont pas été violés mainte et maiDle fois : violés, par la bataille de Navarin, au profit de la Russie ; violés, par le démembrement de la Hollande, au profit de la Belgique ; violés, par l'occupation de Cracovie, au profit de l'Autriche : violés, par la conquête de la Lombardie, au profit du Piémont; violés enfin, si vous le voulez, i notre profit, par l'annexion de Nice et de la Savoie? Le mot de l'empereur est vrai : ■ Les traités de 181S ont cessé d'exister. »

Page 1