OBJECTIONS AU PROJET D UN CONGRÈS EUROPEEN
LDI. — Ed partie, oui; mais ce qui en reste est certes assez considérable pour qu'où y regarde. Dans l'énuméralion des peuples qui ont lire avantage des brèches faites aux traités de 1815,. vous n'avez pas nommé l'Angleterre. Comme le monde n'a pas atteint le bienheureux millentum, et que les peuples ne sont pas tout à fait prêts, monsieur ' l'utopiste, i terminer leurs différends par un baiser Lamourette, permettez k mon égoïsme d'Anglais, en attendant que l'égoïsme national soit passé de mode, une réflexion assez naturelle. Je vous accorderai, pour que nous restions bons amis, que la France bail les traités de 1815, d'une haine toute cosmopolite; mais avouez que, cette fois, il se trouve y avoir au fond de son cosmopolitisme une forte dose d'intérêt national. Par rapport aux traités de 181S, il y a entre l'Angleterre et la France cette différence essentielle, qu'Us ont été en grande parlie voulus et faits par la première, tandis qu'ils ont été subis par la seconde ; que la première y a cherché une garantie d'équilibre européen, tandis que la seconde y a vu, en même temps qu'une insulte à son honneur, une atteinte à son pouvoir. Lors donc que vous proposez à l'Angleterre de concourir avec vous îi la destruction radicale des traités de 1813, vous ne lui donnez rien, et vous lui demandez beaucoup !
MOI. — D'oii vous concluez, je pense, que le concours de l'Angleterre est peu probable.
LUI. -~ Précisément.
HOi. — Il ferait beau voir l'Angleterre s'isoler dans une question semblable I
LUI. — Et qui vous a dit qu'elle aurait à s'isoler ? Croyezvous, de bonne foi, l'Autriche très-disposée à soumettre ses prétentions sur Venise au jugement de la Russie, qui a tant de griefs contre elle; à celui de la France, qui lui a enlevé
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ItO LETTKES «JS t'AXGLlTKHB (llSt)
h Lombardie; à celui de l'Àngletecre, qiiiasaàiéd'atcri de j<He l'unificatioD ée ritaiie? Et la Prasse, emyez-nu qu'elle coure de gaielé de cœur au-devairt d'ine diseissisa où la possession des pravinces rhénanes sa^, peilr^tn, qui sail! au nombre des questions, débatmesï
Hoi. — J'admeU q«e cliaque ■ation a des ntéréts particuliers qu'elle peut craindre de compromeltre, «u ne se sHcie pas de laisser discuter; mais la questimi est de saroir si elles it'uBt pas toutes un intérêt cominnn, — et eebn-ll d'un ordre Hipérieur, — à mettre m terme k cette sitailio» incef taine, provisoire, agitée, qui reaftnne Cusies sort» de périls, force l'Europe k faire pacte avec l'inipréru, et m permet h personne de s'endormir le soir sans la crainte de s'éveiller le lendemain au bruit du canon. Voua parlez de l'Angleterre? Serait-ce d'aventure qu'elle c'a aucim istërét à ce que la paix gésérale soit assise enfin mr des bases fixes et solides, elle, la nation industrielle et cownerçaale par escellence?
LUI. — En vérité, il seioUe, k vous entendre, que la gouvernements n'aient qu'à se réuitir en congrès peur que le germe de Icnites les quereUe» soU à jamais extirpé. Mail soBgei doue, de grâce, que les questions U résoudre sont des questions énormes; que prétendre les résoudre toutes i la fois d'une manière théorique, à l'avance, en vertu d'un accord supposé entre des gouvernements dont chacun i sa solution qui, à ses yeux, est la bonne, c'est se plonger dans un océan de connplications. Le roi de Danemark, qui, l'autre jour, se déclarait bien résolu h proclamer la république ea Danemark plutôt que de céder sur la queslkm du SIesvig, et qui est sûr de l'appui de l'Angleterre, se moatreraiL-il plus accomiuodaDt que l' Allemagne, ourAllemagae se mni- Jrerail-elle plus accommodante que lui ? Oùproidre les con-
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ODJECTtONS jIU PROJET D'uM COHGRÊS EUROPEEN' MSI
{MsasUions à dooner k l'Autriche pour ia eession de Venise et findépendaiice de la HoiigrieT Si l'on jmiclamait la me gauche du Rhin française, est-il on dédommagement ivai- ^able qw ta Prusse censentlt k accepter, si ijinl est qu'on ■en eAt an ^ lui offrir? et vo«s parait-il probable que le ueven de Napoléon 1^'' consente à ce qu'on prociaine la rive gauche du RbÎD allemande il perpétuité? L'oceupation de Rome, que le gouverneiDeni impérial a eu sans doute ses raisons pour prolonger d'une manière indéRnie, au grand désespoir de la COUT de Turin et au grand mécontenlement de nos hommes d'État de Downing Slreel, cette occupation cessera-t-elle soudain d'être molîvée parce qu'on se sera réuni autour d'un tapis vert? El tout cela, ce n'est rien encore It côté des questions de Pologne et d'Orient. De l'immense difficulté de eonctiier te respect dû au droit avec les ménagements dus k la force, nous avons une preuve assez frappante dans le Iriste résultat des négociations que vous savez. Quelle probabilité y a-t-il, je vous prie, que la Russie accorde k un congrès ce ■qu'elle a si péremptoirement *refusé aux sollicitations unies, oa pourrait presque dire aux sommations concertées de trois puissances telles que ta France, l'Angleterre et l'Autriche! Supposons nn refus; la situation serait après ce qu'elle était avant. Supposons, an contraire, que la Russie soit prête k faire preuve de bon vouloir , son bon vouloir pourra être mis h l'une «u à l'autre de ces deux épreuves : ou bien on lui demandera .pour les Polonais une représentation nationale, un régime siacërement paternel, des garanties; — ou bien on lui demandera pour eux l'indépendance. Dans le premier cas, les Polonais, qui connaissent par expérience la valeur des garanties, se croiront sacrifiés, et le feu continuera de couver sous la cendre. Dans le second cas, il est certain que la Russie ne fera pas gratuitement la concession exigée. 11 lui fau-
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dra une compensation : laquelle? Lui offrira-t-on Constantiuople en échange de Varsovie? Avant de souscrire a ud pareil échange, l'Angleterre dépenserait, pour l'empéctierT son dernier homme et son dernier écu. La question de Pologne et celle d'Orient ont des affinités redoutables! Ne le senlez-vouspas?.,.
Hoi. — Si vous tenez à me bien convaincre que la besogne ne sera point aisée, vous prenez une peine inutile: j'en suis convaincu d'avance. Mais faut-il donc ne tenter que ce qui s'accomplit sans effort? Un congrès est-il donc chose si extraordinaire? N'est-ce point par un congrès que fut réglé, en 1815, l'étal de l'Europe?
LUI. — L'exemple est mal choisi comme preuve de l'efficacité des congrès, puisque celui de 181S n'a, selon vqus> même, rien établi de durable, rien qu'il soit ou convenable DU possible de maintenir. Et puis quelle différence entre les deux époquesl Ed 1815, on sortait d'uue conllagralian générale-, l'esprit de révolution avait donné tout ce qu'il contient d'agitations et de secousses; la guerre avait donné tout ce qu'elle contient de fureurs ; il y avait eu des souverains dépossédés, des territoires démembrés, des peuples partagés; le sol de l'Europe, au moins dans l'opinion des divers cabinets, était jonché de ruines qu'il fallait à tout prix déblayer; la fatigue était universelle, le besoin de repofe immense ; Napoléon avait fait peur à tous les gouveruemcuts; et la crainte qu'avait inspirée le danger de tomber sous la domination d'uo seul, la nécessité de se prémunir contre le retour d'un tel danger créaient à toutes les grandes puissances européennes, la France exceptée, un intérêt commun, leur assignaient un but commun, les poussaient irrésistiblement à faire cause «ommune. D'autant qu'elles n'avaient pour cela qu'à continuer de s'entendre. Leur concert pendant la guerre les menait par
OBJECTIONS AU PROJET d'uN CONGRES EUftOP^EH ISS
une pente naturelle au coucert qui devait la clore. Le congrès de 1815 ne fut que la coalition passant du champ de bataille danslactiarabre du conseil. Arranger ce qui avait été violemment dérangé, voilà ce que l'Europe se proposa en 181S;aujourd'hui, ce qu'on lui propose est de déranger, au contraire, ce qui se trouve arrangé taut bien que mal.
MOI. — CeLi vous plait à dire. Quoi ! l'union contre nature de la Pologne ii la Russie et de Venise à l'Autriche sont des arrangements que nous devions craindre de troubler?
LUI. — Remarquez qu'à cet égard, il ne s'agit ni de votre appréciation ni de la mienne, dont le congrès n'aura pas à se préoccuper. 11 nous est assurément fort permis de ne pas trouver de notre goût ce que vous appelez une union contre nature. Mais il est douteux que la Russie, que l'Autriche, soient ici de notre avis. Et c'est là la difficulté, there is the rub, comme disait Shakspeare. Je conçois qu'on accueille avec transport à Turin l'idée d'un congrès, mais si ou l'accueillait à Vienne sans froncer le sourcil, cela m' étonnerait fort.
■oi. — Serait-ce, par hasard, sur ua refiis de l'Autriche que l'Angleterre compte?
LOI. — A quoi bon cette question?
HOi. — C'est que je suis frappé du langage équivoque de quelques-uns de vos journaux importants, le Times, par exemple, et le Moming-Post. Il est clair qu'au fond, la proposition d'un congrès leur déplaît souverainement; et néanmoins, ils affectent à cet endroit une sorte de résignation philosophique vraiment exemplaire. Après avoir nettement donné à entendre qu'une semblable tentative n'a guère chance de réussir, ils déclarent n'avoir pas d'objection à ce que, le congrès une fois formé, l'Angleterre y prenne place. Si, comme je le soupçonne, c'est là une tactique, elle est
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184 lETTBES MIS L'AHGLETBIUtB (l8U)
h^ile. L'Angleterre, tout e« se donDUtt le mérite de J» booae Tolonté, se ^mettrait d'abriter son f e&B derrière le nefiiE prévii de l'Autriche. Ai~fc devisé juste T
LDI. — C'est poaùbk. Et quand même cela senit!
MOI. — Dans ce cis, l'Angletarre n'aurait pas le droit de se plaindre s'il arrivait que, dite de pouvoir dé^re le lUMiâ gordien, on le tnuKhfltd'uo eotp d'épée.
LUI, ~Si le coup doit être frappé, mon impressiou est qu'un congrès ne le détournerait pas. Aussi bien, iam im congrès comme ailleurs, hélas ! ce cpii fait loi, ce u'«st pas la raison, c'est la force. Le poids de chaque vote y est pn^twtionné au nombre des caftons dont dispose chaque rcrtant. Au con{^ de Vienne, quand H. de Talleyrand voidat dissuader l'empereur Alexandre de garder sa proie, la Potogae, Alexandre répondit qu'il avait 200,000 bowmes dans te duebé de Varsovie. L'argument pant irréfiitible.
Hoi. — Ainsi, selon tok, le congrès c'est la gaerre!
LU. — Je ne dis pas cela.
MOI. — Et que dites-vous donc?
un, — Qm ce n'est poiEt nécessairemoit la paix.
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I iriOCaNB TAKT MEDX DU PARTI LIBÉRAL l
it mIcbx » dn parti
Le p^li libéral en Angteterre a, comme le parti coneerntear, ees optimisles.
Ce qui le prouve, c'est l'extrême héoignité des commenlaîres auxquels donne lieu, de la part de CMlaîns organes accrédités de la presse libérale, le discours que le roi de Prusse a naguère adressé au nouveau parlemeat ppissieu. . C'est merveille de voir comme les eboxs se peignent en bean dans rimagifiation des optimistes dont je parie.
A les entendre, si le prince royal a élé rappelé d'Angleterre i la bdte, c'est parce qne le roi voidait l'avoir à sa droite torsqu'il haranguerait ses fidèles coumuoes, et mtntrer par Ui son déâr de rapprocher sa politique des vues, |dns acceptables, de son fils.
Du reste, disMiMb, est-ce que le discours même du roi ■'aaooDce pas uae tendance Si la conciliation? DérJarer qu'on souhaite ardemment le terme de discussions désagréables n'a , rien es soi qui équivaille, 'strictement parlant, à tendre la branche d'olivier. Le sonhait est asset banal ponr qu'on s'absiierine de le trouver significatif ou pour qu'on le soupçonne de n'être pas sincère. Et toutefois, si l'on considère que ces paroles ont été soufflées par un raiabtre arrogant i l'excès; qu'elles sont toatbées des lèvres d'un mouarque entiché de son droit divin, et que la théorie de l'obéissance
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)8S LETTRES SUR L' ANGLETERRE (iSas)
passive est natureUement la seule qui soil du goût d'un souverain duol la famille rampte cent soixante-trob ans de grandeur princière, on devra convenir qu'il y a là une espérance au moins lointaine de compromis. De quelle manière, d'ailleurs, s'exprime le discours sur les points en litige! Que M. de Bismark et ses collègues n'aillent pas jusqu'à r«C0Dnallre à la Chambre le droit de refuser les subsides, c'est tout simple : en réalité, ce droit n'est pas écrit clairement dans la Coostitution ; les taxes en Prusse ont un caractère de permanence; elles ne sont pas votées pour l'année; le parlement peut refuser sa sanction à des impôts additionna mais non abolir ceux qui ont été déjà votés ; et , de quelque façon qu'on juge le mérite de cette pratique, toujours est-il qu'elle s'appuie sur une interprétation assez admissible du . pacte octroyé à la Prusse. Cela étant, n'est-ce donc rien, de la part de M. de Bismark et de son maître, que d'admettre le droit des représentants de la nation à exercer sur le mouvement des' fonds de l'État un rantrdle, sinon absolu, du moins partie} et déterminé? Et l'ordonnance sur la presse, n'est-ce rien que d'en être venu à la présenter comme une mesure temporaire, une mesure à modifier? Reste la question de l'armée, sur laquelle le roi paraît bien résolu k ne pas céder. Mais, franchement, est-ce le moment pour la Prusse de diminuer ses moyens de défense? Sur ce point, le parti libéral pouvait avoir raison pendant les deux sessions précédentes; mais est-il sûr qu'il eût raison aujourd'hui, quand la Prusse a derrière elle le congrès de Francfort et devant elle le congrès de Paris?
Ainsi pensent nos médecins Tantmieu-X. Singulières illusions que les leurs!
El tout d'abord, qui leur répond que , si le prince royal a été rappelé à Berlin, ce n'est pas pour qu'il paraisse com-
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LES ■ «iOEClNS TANT MIEUX DU PARTt UBÉBAL » IST
plice de la politique qu'il a semblé condamoer, ou, parce que, en la condamuant, il n'a fait que jouer le jeu de tons les héritiers présomptifs de la couronne, passés, présents et futurs? Les libéraux anglais n'en sont pas, je suppose, k ignorer que leur George IV, avant d'être George IV, était le protecteur, l'ami, l'allié politique de Fox et de Shéridan.
En ce qui toucbe le budget, oii voit-on que le discours du roi de Prusse fasse, je ne dirai pas une concession, mais l'ombre d'une concession? H. de Bismark invite la Chambre à s'unir à lui pour reconnaître que son interprétation des clauses financières de la constitution est la bonne. Quel effort d'humilité ! Quel pas vers le Embrassons'tiout el que ça finisse !
L'ordonnance sur la presse est à modifier, fort bien; mais dans quel sens? Tout est U. J'ai sous les yeux le projet que nous apporte , aujourd'hui même, une feuille alleuiande , el les premières lignes m'apprennent que si un journal, après avoir été condamné pour un délit, se rend, dans le délai de dnq ans, coupable de récidive, ce journal cesse par ce seul fait d'exister. Si c'est de c«tte sorte que H. de Bismark entend ta paix, comment donc entend-il la guerre, juste ciel i
Quant- à la question de l'armée, nul doute que les événements récents ne lui donuasseut un nouvel aspect, si la véritable force de la Prusse consistait dans l'importance de son armée permanente et d'une organisation militaire modelée sur ce qui constitue ailleurs le malfaisant pouvoir de l'esprit de conquête. Mais la Prusse ne songe pas, que je sache, à conquérir; ce qu'elle veut, c'est qu'on la respecte. Elle ne convoite pas les frontières de ses voisins; ce qu'il lui faut, c'est qu'on n'envahisse pas les siennes. Or, une puissante landwehr, voilà le moyen dont la nature est appropriée i celle du but. Tout ce qu'où 6terait à In landwehr pour te
)«B UTTtlBS SDR l'uWLETEMC (lOTl)
donnera j'atmAe pemaBcsite, on l'Atentttd'iiMird i la IftMé pwir ie doBiMr aadespoUsne, eteiaààt ifadéfenae Aelt PnBse par reatfa«uBimne au patriotisnie , pour le rionner ï la défense de la Prisse par les gros balMÛans , lesquels se valent ip.'k la conditiei de n'avoir pas afiàire à des batailhns plus gros eDCore. A-t-^n oofalié ce qui renversa Napolto et Allemagoe? Ce fat l'énergique élan des popaUtioos aroiées!
La Chambre prussienne fera doK bien d'être fer»e, a elle tient à remplir sa missioD, et â die en est digie. Le peuple, en nettant en face de M. de Bisnark une najorité, bien umpfée, de :i60 voix, a proclamé assez bsit a wloBté et montré 9ssei clairement de quel c/ité d«it tàl ou taid pencher la balance.
Il est «urieux de rapprocher des piles appréciatîoss de certains iournaox anglais la pièce swvaote, exprenîM vivante des sentimenls d'un bomme d'une haute intdligenoe et d'un grand cœur, qui honore soi pa^ par la Maniire dont it le défend et le représente à l'étraDger: j'â lonaié Karl Blind. Ce qui élait à faire, seton lui, se rédaisait à eo quatre pMttto :
* 1<* Ne pas a[^udir le roi et ëoeoter en silrace le oessage du govrerDCHMnt;
■ S° Déclarer sans relard que l'ordonnance de la pRM est un attentat contre la ronstitutiMi ; qu'administrer aas budget revient k voter le trésor avec exaction, et que ceux-là doivent être aocosés de violattw du pacte eanslilaticnnel et de trabûoD qui 6e rendraient coupables de pireib actes;
« 3* Décider que, dans ce cas, il est du droit et dn devmr de tout bon citoyen de rtfuier te pa/ement des iwifAti et quelesmembresdelaChambres'eagageatvÎE-à-vislni de ramre à en donner l'exen^;
WttT DE raÉD^UC VU ISO
■ 4° S'ajonrner voloatairemeDt, au cri de « Vivent ^ ■ m dtfàîs du pfinple 1 >
Je TOUS ai fait conaattre l'opinioD des médecins Tant Aieuz du parti libéral anglais ; mais n'allez pas croire que ce parli ne renferme aucun médecin Tant pis. Beaucoup d'Anglais, de ma coonaissance, gens d'ailleurs très-peu friands de mesures révolutîonuaires, estiment Déannioins ^'aux grands maux il tant les grands remèdes*, qu'on n'évite pas bxijours le choc en prenant la fuite; que l'énCTgie, loin d'appeler le péril, l'éloigné^ que les révolutions, après tout, doivent être mises sur le ccHnpte non de ceux qui les font, mais de ceax qui les rendent nécessaires; et que plus on aura l'air de craindre H. de Bismariî, plus il sera lente de faire dire à son maître : t Le roi ne rendra pas
Mwt de Frëiérie Vn i le D)u*eMU-k at l'&HcMftgMe ea
La mort de Frédéiic VII, r<H de itaDetBark, a causé une nve seasalion en Angleterre.
Povr ce qui louche la personne du monarque décédé, la presse anglaise a été unanime dans l'expression de ses sympa^ques regrets. Journaux libà^ux et joamaux coKerva-
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.140 UTTRES SUR L'ANGLETERRE (iSes)
«t^urs se soDt accordés à louer, dans le défunt, un esprit ouvert aux idées généreuses, une Ame ferme, un caraclfere résolu, et l'inébranlable volonté de défendre à tout prii, wntre l'Allemagne, ce que le Danemark coasidère comme son domaine.
Il était difRcile, en parlant de Frédéric VU, de passer entièrement sous silence les aveulures de sa vie privée, te scandale de ses amours, ses querelles avec sa première ' femme, tîUe cadelle du roi Frédéric VI ; son empiisonnemeat dans la forteresse de Frédéricia, par ordre royal; son divorce, son second mariage, qu'un second divorce brisa, et enfin sa liaison avec cette Louise-Christine Rasmussen, qu'il tira d'un magasin de modes pour en faire, sous le nom de comtesse de Danoer, sa souveraine. Mais il est convenu que certaines faiblesses comptent de droit parmi les privilèges du rang suprême. Si nos gros péchés, à nous, simples mortels, n'étaient réputés peccadilles chez les dieux, serait-ce la peine d'habiter l'Olympe î
Remarquons, d'ailleurs, que les faiblesses de Frédéric VII, loin de le rendre impropre i l'accomplissement du r41e que lui assignaient les dangers du Danemark, lui créèrent la nécessité de jouer ce rôle sans hésitation, sans arrière-pensée, bravement et bien. L'impopularité qu'elles étaient de nature à lui attirer, et dont l'incendie d'un de ses châteaux ne fat que le plus dramatique symptôme, lui fit une loi de s'identifier tellement avec la capse du Danemark qu'il falUt li frapper pour arriver jusqu'à lui. -
Danois dans l'âme, il le fut doublement à cause de ce qu'il avait k se faire pardonner. L'année oii il ceignit la couronue (1848) fut celle où Louise Rasmussen devint favorite en titre, et ce fut celle aussi où, appelé h combattre l'insurrection des habitants du Slesvig et du Holstein, qn'ap-
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MORT DE FB^DëRIC Vit 141-
payaient les armes de la Prusse, Frédéric VII eut l'occasion de personnifier en lui celte grande passion du peuple danois menacé par l'Allemagne : la haine de l'Allemagne.
C'est justement de cela que les Anglais lui savent gré. Ils regrettent en lui un prince vraiment danois, c'est-à-dire anti-allemand jusqu'à la moelle des os.
Et pourquoi î D'où vient que l'Augleterrc, dans cette question du Slesvig-Holsteiu, met tant de passion à prendre parti pour le Danemark contre l'Allemagne? Est-ce par amour platonique du droit? J'avoue qu'envisagée au point ' de vue du droit, la question ne me paraît pas aussi facile à résoudre que beaucoup de gens ici l'imaginent.
Le Holstein, il ne faut pas l'oublier, est allemand, nonseulement parce qu'il appartient h la Confédération germanique, mais parce tout en lui est allemand : son histoire, ses institutions, sa langue, ses habitudes sociales, ses aspirations politiques.
Quant au Slesvig, il ne fait point, il est vrai, comme le Holstein, partie de la Confédération germanique, et l'on ne peut nier que l'élément .danois ne'domine dans les districts du Nord; mais, même dans le Slesvig, c'est In langue allemande que parle la majorité des habitants; c'est la pensée allemande qui règne dans tes villes et dans tous les grands centres; c'est l'âme de l' Allemagne qui respire, depuis des siècles, dans les lois et les usages du pays; c'est au parti de l'Allemagne qu'appartient, dans la Diète provinciale du Slesvig, la majorité des députés, et c'est en allemand que leurs vœux s'expriment.
De l'énergie du mouTement qui éloigne du Danemark le Slesvig etleHobitein, il existe no témoiguage irrécusable: l'insurrection populaire de 1848. Vainement Frédéric VII, k peine sur le trône, essaya-t-il de gagner les duchés par
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l«t LETTRES SDR l'AKCLBTERRB (i863)
l'offre d'une ConsUtutiou nouTelle qtù semblait les mettre sur no pied d'égalité avec te Danemark : cela Htéme les effraya, tant ils triaient à ee qui leur restait eocore d'indépendance. Et Imrsqne, ai 1848, le parti libéral, à Copenhague, mêla parmi ses vœnx révolutionnaires, nés dn contrecDup moral de la RéTolution de (évrier, le vœu que te Slesvig fût transformé définilivemeot en provinee Ainoise, qu'arrîra-t-ilT Le feu prit aux duchés : une guerre sortit d'une rérolte ; un gouvernement provisoire fut étabK, et l'on vit des doutés du SIesvig siéger dans un Parlement allemand. On sait combien la lutte que je rappelle fut acharnée; elle dura près de trois ans, de 1848 k 1851. A la vérité, te courage des Danois fut mis k nne rude épreuve, la révolution qui éclata au mois de mars à Beriiii j aifant rendu le séjour de la garnison pen désiré^ peu désirable, et la Pmsse ayant envoyé les troupes demeurées sans emploi au secours des insurgés. Mais ce qu'on ignore généralement, c'est que si (es habitants des duchés eurent pour eux les soldats prussiens, le roi de Danemark eut pour loi, chose presque incroyable et pourtant certaine, qui? Le roi de Prusse, lequel faisait savoir secrètement au gouvemeroeot de Copenhague, par M. de Wildenbmch, que * le Danemaii n'avait rien à craindre, et que les troupes prussiennes n'avaient été envoyées par lui dans les duchés que pour y déjouer l'influence du parti républicain el les conserver I leur monarque légitime. ■ La guerre, ducàté delà Prusse, fut conduite en conséquence. Les dépositaires de Ea pensée secrète du roi mirent, à un succès dont il ne voulait pas, tons les empêchements nécessaires : on rappela les troupes prussiennes juste an moment où elles étaient exposées an malhenr de vaincre; et cefutaui bons offices des cours de Vienne et de Berlin ellfjs-mâmes que le Danemark dut de reprendre,
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Wttl. 9t n^BÉHIC VU Ut
sur k,Sles.vig et leHolstein, ooe domiiulion si mdeiwnt contestée.
Le fut esl que les diiebé? de Sfesvig-Hoktein ont leur Magna Charta, à laquelle ils sont tout aussi escnsable» de tenir que &'îls avaicot du sang saioD âaos les veines. Cetje Magfta CAorts est celle que jura, en {460, Christian V^, loesque les duchés l'acceptèrent pov rai, non en qvalilé de utffiutrqBe danois, mais CMnme dtef du Slesvig-HutsleiD.
La convealioa de 1460 portait :
Que le SIesviget le HeUttio ne formeraient janai» deux pays séparés i
Que les habilauls ae sernent pas obligés au seivice mililaire, en dehors des timites de leur territoire ;
Qu'aucune guerre ne uratt entreprise s^s l' assentiment et t'avis des Étals du SIesvig et du Holslein;
Qu'aucune taxe ne serait levée sans leur consentement;
Que la monniie enployéc dans le pays serait celle qai alon avait cours ii Lubeck. et ^ Hamboui^;
Que des gens élra^ers au pays ne seraient reçus ni à y rendre la justice ni ï y dirigerradministrafion.
Aiifêi était conçu le pacte foHdanEientïl de 1460. 11 affir- DKiit, oB le v(Ht, l'union du Slesvîg et du Holsteis, leur indivisibilité;' il déterminait l'étendue de leur souveraineté locale; il leur reconnaissait une existence à part; il établissait entre ces pays et le Danemark un ordre de relations assez semblable à iielni «lui existait, avant 1831, entre l'Angleterre et le Hanovre : deux contrées gouvernées par le même monarque, mais à des titres divers, et sons des conditioDs différentes.
Cet état de clioses a subi des modifications successives qu' out rendues possibles, sinon faciles, l'espritd' empiétement, d'une pari, et, d'autre part, l'action corruptrice de l'^oïsme
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144 LETTRES SUR l'aMGLETBHRE (iSes)
et de la peur. Hais le$ sentiments qui inspirèreot la cooTention de 1460 sont restés vivants dnDS le cœur de la populition allemande qui couvre le Holsteio et une partie considérable du SIesvig.
. Le 16 février 1860, en faisant passer de Copenha^^e, à lord ]Q^o Russell, la liste des griefs du SIesvig, telle que la majorité de la Diète de ce pays l'avait dressée dans une pétilioo au roi, H. Paget écrivait : < Votre Seigneurie remarquera que les principaux objets indiqués sont : l'enseignement forcé delà langue danoise; l'usage du danois dans les églises, en des districts où on ne le comprend pas; U suppression de plusieurs sociétés scîentiGques ; les restrictions apportées ii la liberté de la presse *, la prohibiiion de tout meeting, et le désir qu'a le SIesvig d'être uoi poliliquement au Holstein (1). >
Voilà, en effet, sous une. forme très-adoucie, le résumé des plaintes qui éveillent en Allemagne tant et de si formidables échos. Encore ce résumé n'est-il pas complet. Il ne dit pas qu'un vaste réseau d'espionnage est jeté sur les duchés; que les troupes qu'ils fournissent sont condamnées à servir, sous des officiers danois, hors de leur terre natale, dans une sorte d'exil ; que les bannières des duchés soot proscrites; qite les mots Sletvig-Hohtein sont traités de séditieux ; que, dans la levée des taxes, on ne tient nul cDinpie du droit de contrôle des Étals; qu'aucune pétition ne peut porter plus d'une signature; enfin qu'on poursuit l'expression du sentiment public jusque sur le bord des fosses ouvertes pour recevoir les morts.
Si l'on objecte que ces mesures sont absolument néces-
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