‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 66 sur 97 · COMPLICATIONS DE LA QUESTION DANOISE · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS DE LA QUESTION DANOISE

son joug? Frédéric Vil n'ayant pas laissé d'héritier mâle, le trône de Danemark est tombé en quenouille, et notre loi de succession, ^ nous, est la loi salique. Or l'union des duchés avec le Danemark n'ayant jamais été qu'une union dynastique, semblable i celle du Hanowe avec l'Angleterre avant l'avénement de la reine Victoria, et ce qui tendait à allérer ce caractère n'ayant jamais eu d'autre origine que les empiétemeuls de la force, le lien légal qui nous attachait au Danemark est rompu. La mort de Frédéric Vil nous fait indépendants et libres. Que nous importe ce traité de Londres, par lequel, prévoyant le cas qui vient de se réaliser et voulant en empêcher l'etfet, les grandes puissances de l'Europe désignèrent, en 1853, le prince Christian de Glucksbourg comme le roi futur des Danois et noire futur duc? En vertu àe quel droit ces puissances ont-elles substitué leur bon plaisir Ji la loi qui nous régissait, renversé l'ordre de succession établi dans notre pays, et disposé de notre sort sans nous, malgré nous, contre nous? Sommes-nous un bétail? Que les Danois acceptent, si cela leur convient, un monarque sacré par la diplomatie : ce monarque ne saurait être noire duc. «

Puis, voici venir le prince Frédf^ric d'AugusIenbourg, qui se )>()se comme le duc légitime du SIesvig-HoIstein, et qui l'est certainement, si l'ordre de succession reconnu dans ces contrées n'est pas mis à néani, au nom et par suite du traité de Londres de 1852. Cette can^lidature est-elle sérieuse, ayant pour elle le poids légal , et probablement )a majeure panie de la population des duchés, mais ayant contre elle les protocoles? Ah! si l'Allemagne tout entière n'était pas là pour l'appuyer! Ceci est le câté tragique de l'affaire.

Déjà le duc de Saxe-Gotha s'est prononcé. On le dit ambitieux, avide de popularité; et certes, l'initiative qu'il vient

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de preadre prouve qu'il s'entend fort bien i faire vibrer U corde sensible.' 11 n'est pas en effet de question qui pasâonneplus rAllemagne que celle de l'autonomie absolue du Holslein, lequel appartient à )a confédération germanique, et du Siesvig, lequel aspire k lui appartenir. Aussi la fermentation est-elle grande dans tous les États germaniques. Avec plus d'amertume que jamais, on y désigne le prince Christian sous la dédaigneuse appellation de prince~protocole. Avec plus d'amertume que jamais, on y insiste sur ce qu'il est Allemand et qu'il a déserté, dans la question des duchés, ce que l'Allemagne regarde comme sa cause propre ; sur ce qu'il doit sa fortune h celte désertion seule ; sur ce qu'il est la créature de l'Angleterre. On y parle du traité de 1882 comme d'une feuille de papier bonne à mettre au feu. A ceux qui font observer que ce traité porte, après tout, la »gnature de l'Autriclie et celle de la Prusse, on répond que ni la Pnisse ni l'Autriche n'ont signé en qualité de membres de la Confédération germanique; que, si elles avaient touché au mode d'existence du Holstein sans réserver l'assentiment de la Diète, elles auraient foulé aux pieds le pacte fédéral ; que, conséquemment, leur adhésion a été, a dA être conditionnelle, c'est-à-dire subordounée à la ratiScation ultérieure de la Diète, et que celte ratî^cation n'a pas été donnée.

Ce n'est pas tout. Comme si le problème n'était pas encore assez compliqué, voilà que l'avant-garde du parti démocratique allemand rejette du même coup et Christian de Glucksbourg et Frédéric d'Augustenbourg: le premier, parce qu'il est roi, et roi de Danemark; le second, parce qu'il invoque des titres plus ou moins empruntés de la théorie du droit divin, et parce qu'il est le fils d'un homme qui, après s'élre fait acheter par le Danemark l'abandon personnel Ac ses prétentions héréditaires, a servi, en Prusse, le despo-

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