IXTÉRËT ANGLAIS ET INTERET ALLEMAND EN OPPOSITION 1E
iX qve valent les coups d'Etat successifs par lesquels le gouvernement de Copenhague s'est efforcé , à diverses reprises, de mettre ces conditions à néant, — ou de quel droit, la ligne mâle venant de s'éteindre en Danemark , on prétendrait perpétuer son union dynastique avec le Slesvig-Holslein que gouverne la loi salique... si, dis-je, tout se bornait là, nul doute que l'embrasement de l'Europe entière ne fût un moyeu peu proportionné au but. Dans ce cas, c'est certain, le drame serait trop grand pour le théâtre ; et nous aurions devant nous le spectacle d'une énorme locomotive employée à mouvoir une de ces machines où l'on enferme les enfants pour leur apprendre à marcher. Hais, je le répète, il s'agit, dans l'opinion des gouvernements européens , de toute autre chose que de ce que les Slesvig-Holsteinois veulent et ont droit de vouloir.
En réalité, les deux grands intérêts en présence dans cette affaire sont l'intérêt allemand et l'intérêt anglais. L'émotion de l'Allemagne et celle de l'Angleterre le disent assez. La germanisation, si je puis parier ainsi, de la mer Baltique et la transformation graduelle de l'Allemagne en puissance maritime, voilà ce que les Allemands désirent avec passion et ce que les Anglais redoutent.
Aussi le protocole de Londres, que ceux-ci réussirent à faire signer, en 1832, dans Londres, par la France, la Russie, la Suède, même par la Prusse et l'Aulriche, eut-il pour objet spécial d'assurer l'intégrité de la monarchie danoise, au moyen d'un arrangement qui maintint sous le même sceptre le Danemark et les duchés. On prévoyait alors ce qui vient d'arriver, c'est-fi-rdire que Frédéric VII mourrait saos enfants, que le royaume de Danemark tomberait en quenouille. Or, les monarques danois n'étant, dans l'origine, devenus ducs du Slesvig et du Holstein qu'en vertu d'une
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JS4 LETTRES Stilt l'aNGLETERHE (i663)
élection et à la condition que la succession d«s denx ducbés ne sortirait pas de la ligne mâle, il était manifeste (jue, Frédéric VII mort, la réunion des duchés à la couronne danoise devait cesser. Hais qu'advieudrait-il alors! Le Slesvig, qui est plus qu'à moitié allemand, et le H(ristein, qui l'est tout à fait, ne se jeitemient-ils pas sans relard et sans réserve dans les bras de l'Allemagne? L'accession du SIesvig h la confédération germanique n'assurerail-clie pas à l'Allemagne la possession tranquille du port de Kiel, possession aujourd'hui plus ou moins troublée par te voisinage des Danois? En un mot, ce que ces derniers, dont l'Angleterre n'a nul sujet de prendre ombrage, viendraient à perdre de la sorte, ne serait-ce pas la puissante Allemagne qui le gagnerait? Ce fut pour empêcher tout cela que l'Angleterre eut l'idée de désigner d'avance comme successeur de Frédéric VU, dans sa double qualité de roi de Danemarïc et de duc des États de Slesvtg et Holslein, le prince qui vient d'être couronné à Copeuhague et qu'on a nommé depuis 48S3 le prince-pro(oco(«, ■
Hab le successeur légitime, en ee qui concernait les duchés, ce n'était pas Christian; et ce fait que la diplomatie européenne jugeait à propos de lui servir de marraine oe suffisait pas pour annuler du coup les droits, incontestables et incontestés, du duc d'Augustenbourg i la succession da Slesvig-Holsteîn.
Les choses éunt ainsi, vous demanderez, peut-être, pourquoi le choix de la diplomatie ne tomba pas sur le second plutôt que sur le premier ? La raison en est simple. I>ans les démêlés du Danemark avec les duchés, qui avait pns parti pour le Danemark? Christian. Qui avait pris parti pour le Sles^'ig-Holstein? Le duc d'Augustenfoourg. Il entrait donc daus les vues de nos faiseurs de protocoles de choisir
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