‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 74 sur 97 · UN REGARD JETÉ EN ARRIÈRE · texte numérisé non relu

UN REGARD JETÉ EN ARRIÈRE

villages? Il n'y avait donc pas â se faire illusion, d! sur la nature du soutàveinent, ni sur sa portée.

Je n'oublierai jamais l'effet produit en Ari};leteiTe par raanoDce que le général Havelock, le héros du jour, le modesle et intrépide guerrier à qui la reine venait de couférer l'étoile et le ruban de clievalier-commandeur de l'ordre du Bain , avait été forcé de battr« une seconde fois en retraite vers Cawnpore-.. Qu'imaginer, en effet, de plus aL-irniant? Car, enfin, il était là, aux portes de Lucknow, à la tête de vingt-cinq mille Mahrattes mêlés aux rebelles d'Oude, ce Nana-Saib, qui ne s'était pas noyé, Ct>mn)e on le disait, avec toute sa famille, et <|u'od s'était trop hâté d'envoyer cuver aux enfers le sang dont il s'était enivré. Qu'allait-il advenir, ou, plutôt, qu'élalt-il advenu des malheuretix habitants de Luckuow? Lors4{ue, te â juillet, sir Henri i^iwreuce irava la dépêche qui, pour lui, devait être la dernière, il informa lord Canuing qu'il ne pouvait pas tenir au delà de vingt-quatre jours. Les miracles qu' enfantent le désir de vivre et la uécessibi avaient permis à la garnison de Lucknow de dépasser de quinze jouis le délai fatal : la seconde balle du général Havelock n' aurait-elle pas été un arrêt de mort? Et dans ce cas... les ombres des vieiimes de Oawnpore se dresseront devant les imaginations épouvantées! .

Autre sujet de douleur : le 8^ régiment de Madras-cavalerie avait refusé net de prendre la route du Bengale, et il avait fallu le désarmer. Sombre nouvelle, qui prouvait que la mine était ouverte maintenant sous les trois présidences!

De plus, ou apprit que, le 20 juillet, â Laliore, qui est, c«mine vous savez, la principale ville duPunjaub, le :28^ d'infanterie indigène s'était mutiné et avait égorgi'; roflicier commandant, le major Spencer.

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Ajoutez i) cela que les dépêches eti question étaient presque aussi inquiétantes par ce qu'elles ne disaient point que par ce qu'elles disaient. La mon du maliarajah Goolab-Sing, dont elles parlaient, était déjà connue depuis trois semaines, et, d'autre part, sur Arrali et Dinapore, sur Agra et Benarès, sur les mourements du major EjTe, sur ceux de George Netll, rien, absolument rien.

Le seul rayuo de soleil qui perçât ces noirs ntiages, c'était la présence du général Nîcliolson à Delhi avec des renforts. Le 12 du mois d'août, il était à une journée de marche de la ville assiégée, et si son arrivée ne mettait pas les Anglais en état de tenter immédiatement l'assaut, elle devait les sauver du moins des sorties continuelles dont ils avaient eu jusqu'alors à souffrir.

En attendant, on invoqua le ciel. Un décret de la reine ordonna que la journée du 7 octobre fût employée par la n^ tion i jeûner, à s'humilier, k prier, avec injuoction aux archevêques et évéques d'Angleterre de composer la formule des prières k dire dans toutes les églises, chapelles ou places saintes relevant de la juridiction de l'État. Ainsi, le décret ne s'adressait point aux millions de dissidents et de catholiques que l'Angleterre compte dans son sein. Mais c'était li son moindre défaut. Le 7 octobre était un jour de la semaine, un jour de travail. Pourquoi. n'avait-on pas choisi un dimanche? Pour les lords, les heureux du monde, les riches advisers de la reine, une journée de dévot loisir est un très-supportable fardeau. Ils peuvent faire somptueusement maigre; ils peuvent jeûner d'une manitre exquise; ils peuvent passer, s'ils veulent, de longues heures en prières, sans que leurs enfants s'en trouvent plus mal. Mais l'ouMÏer n'a pas moins besoin de son salaire le 7 octobre que les autres jours, et les rédacteurs du royal décret auraient bien

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