‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 77 sur 97 · UN MANIFESTE 20T · texte numérisé non relu

UN MANIFESTE 20T

le droit (le noits faire des reproches. L'étranger n'a pas le droit àe s'immiscer dans nos dissensions domestiques, bien moiDs encore de nom adresser des récriminatiims pour les actes accomplis dans l'exercice de noire souveraineté naliouale.

€ L'envahisseur a conscieiiee de ces vérités, et c'est pour C£la qu'à chaque pas qu'il fait dans le pays il répète la consigoe de son maUre : « A'oiu ne sommes pas venus pour imposer un gouvernement au Mexique; nous venons pour protéger le libre cImix de celui que le» Mexicains veulent ' te donner. > Ceci ne mérite pas d'être réfuté...

« Le bon sens des liabitants du pays a compris qu'il ue peut y avoir de liherlé là où la force domiae; ^ue ces phrases avec lesquelles on prétendjlatter les peuple» sont des phrases d'estampille que tous les conquérants ont de tous temps répétées; des iBoyeus politiques inventés pour neutraliser les résistances; des aveux involontaires, mais très-significatifs, du droit que nous avons de nous gouverner sans l'intervenùoB d'aucun élrajiger.

< La question politique étant établie, et le droit qu'a le Mexique de refuser la protection qu'on lui offre à la pointe ÙÉS baïonnettes françaises étant clair comme la lumière du jour, la route que tout Mexicain doit suivre est déjà naturellement tracée. Nous battre jusqu'au dernier soupir contre les envahisseurs; épuiser jusqu'à la dernière ressource du pays pour que la guerre soit fructueuse; repousser toute idée de transaction comme moyen impossible, quand il s'agit de l'indépendance et de la souveraineté de la nation, qui de leur propre nature sont indivisibles et inaliénables, et mourir, s'il le faut, avec li conscience que l'honneur du Mexique est sauvé.

■ Cette route est celle que va suivre le gouvernement de

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208 LETTRES SUR L'ANGLETERRE (iHSS)

Ciranajnslo, pour répondre à la coofiance que les rcpréseomnls du peuple ont montrée dans la personne qui le dirige. Pour une entreprise aussi grande et aussi sainte, aucune coopération ne doit être refusée, aucune individualité ne doit être méprisée. Sous l'étendard de l'indépendance que pour la première fois arbora, à DoIorÈs, le vénérable prêtre don Miguel Hidalgo, il y a place pour toutes les couleurs politiques, parce que son ombre ne nuit qu'aux traîtres. Je fais aujourd'hui un appel solennel. à tous les babilanls de l'Élat, conservateurs, modérés et libéraux, pour guc chacun |)ré[e ses services à la cause de l'indépendance, dans la ' sphère qui lui est propre. La question des partis est terminée. Aujourd'hui doivent disparaître, avec les haines polillques, les funestes dénominations nées de la guerre civile

I Ce n'est pas le danger qui më porte h faire celte iovoration à la fraternité. Durant les trois années de mon gouvernement, la tolérance a été une vérité pratique dans l'ÉUt de Guanajuato, oîi les hommes de toutes les opinions et de tous les étals ont vécu en pleine jouissance des mêmes respccK et des mêmes garanties. S'il n'était indigne d'un gouvernement de faire son propre panégyrique, je vous rappellerais raille faits qui prouvent que l'idée de la fusion universelle a formé une des bases fondamentales de mon administration.

■ Ce n'est pas non plus la crainte du grand pouvoir âe l'empire français qui me dicte cet appel à la réconciliation. Le pouvoir de la Franc« est grand. Ce fait incontestable fera plus lard notre gloire. Mais il ne s'agit pas, quant à présent, de savoir laquelle des deux nations a le plus de pouvoir, mais bien laquelle a le plus de justice. Nous, maîtres du droit, avons l'obligation de le défendre, lors même que

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UN HVSlFESTfi 2l)il

toutes les condilions de la guerre nous Ront défavor-iblos. Que serait-il arrivé de l'Espagne en l'annôc ^808 si elle s'était mise à considérer le nombre et la valeur dt-s années françaises avant de commencer son glorieux soulèvement? Que serait-il arrivé du Mexique, si le père de l'indépendance s'était mis it calculer les immenses ressources de la couronne d'Espagne, et la misère dans laquelle il se trouvait an moment de prodamer noire émancipation ?

< Je suis très-loin de la jactance qui annonce des triomphes et éiiumère des forces imaginaires. Notre faiblesse est un fait, c'est le fait même qui a motivé l'invasion. Mais notre devoir est de nous défendre, et quand it y a un devuir h accomplir, on ne doit pas compter le nombre de ses adversaires, ni peser les difiicultés. Nous ne pouvons perdre avec honneur l'indépendance qu'après l'avoir défendue avec les armes jusqu'à la.dernière extrémité. Alors, seulement alors, nous aurons droit à la considération du monde ; nous transmettrons à nos fils le droit de s'insurger contre des oppresseurs toutes les fois qu'ils pourront le faire ; et nous aurons lavé de notre sang la lâche faite au drapeau national par ce petit nombre de Mexicains avKis qui, par haine de parti, par faim ou par égoïsme, se sont prêtés fi servir d'instrument aux conquérants, jouant des nlles qui révèlent le dernier degré de l'abjection.

< Habitants de Guanajuato, la Providence nous a de»^ linés à vivre à une époque d'épreuves. Mettons-nous à la hauteur de la situation ; soyons grands au jour de la lutte, puisque nos discordes domestiques nous ont montrés petits auparavant. Montrons à nos ennemis que nous ne sommes pas indignes de former une nation indépendante. Faisonsleur toucher du doigt la différence qui existe entre cette troupe de mendiants, chevaliei's d'industrie politiques, qui

t. IV. H

210 LETTRES SL'II l'aNGLETEHRE (iRCs)

sont allés demander secours à l'Empereur, et l'immense aajorité de la nation, en qui duminent avec un développement énergique et puissant l'amour-propre national et le noble orgueil qu'entreliennent le sentiment de la patrie et l'attachement sacré et inépuisable à la conservation de l'indépendance

c Notre destinée est de combattre. Allons donc à la lutte avec la dignité d'hommes libres, avec la résolutioi de Mexicains indépendants, et la foi en Dieu, qui jamais n'abandonne la cause de la justice. L'aveuir est sombre, c'est un avenir de sacrifices', mais la récompense eii est-impéris* sable, c'est la gloire d'Hidalgo et d'Iturbide.

« La postérité nous jugera tous, et quand celle époque de passions et de haines sera passée, elle distinguera les Meitcains qui seront morts en défendant l'indépendance de leur patrie des traîtres qui l'ont lâchement livrée.

« Vive l'indépendance ! Vive la république! Vive le gou- ' vemement constitutionnel mexicainl

< Guanijoalo, le Î8 juillet 1863.

« Signé ; Manup-L Doblado. »

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ATTITDDE DE L ASCLETERBE

Très-décidément, la proposition d'un congrès n'a ici aucun snccès. Les uns la dénoncent comme l'iiiRpiratiou d'uoe politique à boat d'expédients; les autres n'y voient qu'un projet irréalisable, qu'un rêve emprunté des hullucinations de a. Cobden , <qu'im plagiat prématuié des théories àe l'abbédeSaiuWierre, qu'un flffort.pour rejeter dans l'ombre l'initifrtive hardie prise dernièremenf par François-Joseph; -quelques-'uns croient que c'est, de la part de l'empereur des 'Français, un moyen de couvrir son embarras a ré;^ard de la Russie, d'échapper à l'alternative par lui-même définie le sHenoe ou la guerre, et de déjouer l'attention de l'Europe-, il en^est qui dans cette brusque évolution croient découvrir l'amour du bruit, la crainte de n'ôtre pas assez vu de la terre; tous se demandent ce que le monde en généra! et l'Europe ^ particulier auraient à ga^er an conflit de tant de problèmes soulevés, de tant d'intérêts alarmés, de tant (le choses mises en question, de tant de prétentions inconciliables mises an présence.

It faut dire aussi que les Anglais se défient du souverain qui, le lendemain ^e la guerre de Crimée, coqnellait avec lu .Russie, otqui les attira dans son expédition du Mexique. Ils s'obstinent là ne pas croire au désintéressement du

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S12 LETTRES SUB l'aNCUTEBUE (i883)

prince qui, disent-ils, fit aboutir à l'annexion de Nice et de la Savoie rette guerre d'Italie entreprise « pour unt idée. »

lis se rappellent comment les mots célèbres l'Empire c'est la paix furent le prélude de la guerre.

!l leur paraît improbable que celui qui doit son sceptre à la force soît décidé à divorcer avec elle.

Un abbé de Saint-Pierre sur un trône, un M. Cobden à la tétc de six cent mille soldats, leur semblent un phénomène qui demande explication.

Bref, c'est en hochant la tête qu'ils ont accueilli la proposition d'un congrès.

Et certes, si quelque chose pouvait effacer cette première impression, ce n'était pas la lettre que l'empereur des Français vient d'adresser aux souverains de l'Europe. On a trouvé ici que cette lettre ne m3n(|uait pas de dignité ; qu'il y avait im habile orgueil à rapprocher de l'éclat de sa position présente le souvenir d'im passé obscur ou troublé. Celte fière humilité dont parlait Burke (proud humilily), elle respire, c'est certain, dans la lettre aux très-hauts et trësnllustres princes souverains et villes libres composant la sérénîssime Confédération germanique ^ et, sous ce rapport, les Anglais ne sont pas gens à chercher querelle au vaincu de Strasbourg et de Boulogne. Mais ce qui les frappe désagréablement dans l'ipitre impériale, c'est l'aveu hardi des prétentions p r^onnelles dont elle témoigne. L'indi- , cation de Paris comme point de réunion du conclave, et la nécessité de décerner, dans ce cas, la présidence au souverain dont les autres potentats recevraient l'hospitalité, c'est plus qu'il n'en faut, à les entendre, pour mettre en pleine lumière les intentions et le but de l'auteur du projet. Ce qu'il veut, c'est qut:, aux yeux du monde, sa prépondérance dans les conseils de l'Europe soit clairement établie. Or, s'il

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ATTITUDE DE L ANGLETEBRE 218

est naturel que cette prétention paraisse acceptable à la France, il est naturel aussi qu'elle ne soit pas du goût de l'Angleterre.

De t!( le langage ironique du Times, qui, h ce sujet, rappelle l'idée un jour émise par l'empereur Paul d'un tournois dans lequel auraient figuré les divers monarques de l'Europe, suivis de leurs premiers minisires transformés en écuyers.

Il n'est pas douteux que le Congrès proposé ne fût tout à l'avantage de l'empereur des Français. Si, par impossible, il en sortait quelques solutions désirables, seul celui-là en aurait l'honneur, de qui Vidée serait venue. Si, au conlraire, ainsi qu'il est probable, le choc des intérêts contraires, l'impossibibté de concilier des rivalités intraitables, l'aigreur née de débats sansissue, et l'énormité même de-s questions à résoudre pour remanier la carte, conduisaient à l'impuissance ou au chaos, il serait toujours facile de rejeter la responsabilité du résultai sur le mauvais vouloir et l'aveuglement de ceux qui n'auraient pas consenti, à être dépouillés; ei l'empereur des Français sorlirait de Ih dans l'altitude d'un sage égaré un instant parmi des fous.

Car il est à remarquer que, puisque le but assigné par Napoléon lui-même au Congrès est la itonsécration et le «amplement des atteintes portées aux traités de Vienne, la France, dans ce Congrès, aurait beaucoup à demander et rien à défendre. Personne, .'i coup .'^ûr, ut' proposerait qu'on la démembrât, qu'on rognât ses froniières, ou même qu'on mit en doute la légitimité de son droit sur la Savoie et Nice. Déjà, pour qa'on sût bien que l'annexion de Nice et de la Savoie ne courrait aucun risque d'être contestée avec succès, N3)>oléon a eu soin d'apprendre au monde qu'i cet égard l'empereur de Russie et lui étaient en parfait accord! Tout

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214 LETTRSS SUR L'AHGi.STBilRS ^ISes]

au plus pouLxait-oD expriiaer le désir i^m Home fiU enfia évacuée. Mais l'occupatioii'de Rome est un embarras pour l'empire, qu'elle place entre l'enclume des Italien» et le matteaudfis prêtres.

La vérité «st i^ue,. d« tout«s les puissances à convoquer^ il n'y en a que deux, auxquelles 1« Congrès offre ua héDéfice dès à. présent aj^préciable : 1» France et l'ilalie. Ânit autre» il s'annonce comme une menace. Il menace l'Angleterre ,. qiii a des comptas à rendre pour Malte et Gibraltim ; il menace: r Autriche, q,ui possède indÛBient. la^ Galicie et Venise. ; ' il menace L> ^usse, q^ n'a auciur droit fondé en j^etice sud le duché de Posen, et dont les possessioiis sur la rive gaacbe dU' Rhin rappellent des souvenirs irritants pour la France ^ iL menace le Sullan, dont les domaines risquent d'âlre considérés comme fouinissut la. matière des conipensatioas qu'on jugerait tadispeosables'; et il menacerait l'empire russe, si le sacrifice de l'infortunée Poiogos n'était, déjà , c(MBme il est permis de le craindre, le pri.<t auijuel le goavernemeat français s-'est assuré Le concours de ce puissant. UDuaique pour dominer les délibérations du congcès.

C'est assez dire que, s'il a jamais lisu, ce ne sera peint sans avoir rencontré une forte opposition. Ce i^i est sâr, c'est qu'en AogLsterre on dés^e aTMleniment que l'Aulricbe Refuse, et donne aiosi a.a gouvenumeut anglais lu prétexte hoonêtu de refuser à son tour.

Dans le cabinet, toutefois, si je suis bien ioformé, ua bomme serait pour le Congrès; et cet liomjna serait lord Palmerstoa, le iBêine qui fui le premier el, pendant un instant, le seul habitant de cette terre libre dont te coup d'État de décembre obtint l'approbatio*. Mais en beaucoup dft choses lord Palmerston a daas tord Russell- tm collègue d'uB libéralisme inoemmode. On m'assure que «e dernier s'est

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vivement déchré contre l'acceptation. Ceci expliquerait la déciâon presque annoBcée aujourd'hui par le Times et le Moming Post, dédsion qui ressemble fort att résultat tf un compromis entre deux 'opinioas contraires. L'Angleterre n'aurait hâte ni d'accepter ni d» refuser. Elle aurait déclaré ne pooTdir se prononcer qu'en connaissance de cause, c'est- &-dire après avoir reçu coumuirication précise des pmnts k disciter, et avoir été mise à mâne de juger s'il est raisonnable d'attendre de cette £seus«on des résultats avantageux.

' Le gouveruement auglais, vous le voyei, l'auttuid pM courir les aventures.

Plus on réfléchit en Angleterre sur les motifs probable^^ la nature, les conséquences logiques du projet présenté '»■ l'Eurt^ par l'Empereur, moins on croit h sa réalisation.

Qu'un pareil projet n'eût aucune chance d'être goûté par les bonmes d'Etat (tes divers cabinets européens, c'était à préveir : il lémoignait é'iin optimisme trop candide si on le sujqKisait sincère, et d'un égeïsme trop profond si l'on 7 Tojail m calcul ; il rompit trop violemment avec les habitudes invétérées et les vieilles traditions de la diplomatie;.

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%ie LICTTHES SLK l'aNCLF.TERKE (lR6d)

il remntt trnp d* choses ii )a foji;, menaçait de créer trop d« complications, et précipitait le monde vers une silualion tro)) nouvelle; il avait en6n un tour trop romanesque pour exciter dans le cœur des Neslors des chaflcelleries d'autres sentiments que ceux de l'étonnemeot et de la défiance.

Mais ce qui semblait naturel, c'est que les peuples, au moins, éprouvassent une sorLe de tressaillement. Car ils aiment tout, de la grandeur, jusqu'à ses apparences, et le» apparences de la candeur ne manquaient cenaineuient pas à une telle idée, lancée par un tel homme, du haut du premier trône de la terre.

Appeler tous les gouvernements k méditer ensemble sur leurs intérêts bien compris et associés au bien de l'humanité; sommer la force de comparaître devant la raison, et s'en remettre à la raison seule du droit de réparer les maux du passé, de rassurer le présent, de régler l'avenir, de rendre, en un mot, la paix durable, en l'appuyant sur la justice, qui est immortelle. . . , quoi de plus propre à provoquer les acclamations populaires? Eh bien, non : les peuples ont fait silence, ou n'ont murmuré, eux aussi, que des paroles de déSance. C'est en vain que, laissant là la routine diplomatique, Napoléon s'est tout d'abord adressé à eux pour mieux peser sur les gouvernements : ils sont restés froids.

Ce que je dis ici est en étrange désaccord, je le sais» avec ce que la presse ofdcielle et seini-officielle de France s'est efforcée de faire croire à son bénévole public. Couvaîncue que l'enlliousiasme est contagieux, elle a tout d'abord étourdi la place publique de ses fanfares ; elle a raconté ï ses lecteurs, qui dressaient l'oreille, comme quoi le langage si grandiose, si franc, si digne, si modeste, de l'empereur des Français, avait jeté le monde, y compris l'Angleterre, dans l'éblouissement de l'admiration ; et le journal la France

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a déclaré sans détour que celle admintlion Rvait éié unanime. Eh bieu ! iù ce qui touche l'Angleterre, doot je rf spire l'air et dont les impressiuas m'enveloppent, ce que je déclare sans détour, moi, c'est que la presse orficielle et semi-ofGcielle a trahi la vériié.

Et voici comment elle a procédé : elle a donné de quel* ques journaux anglais des citations tronquées, en ayant soin, bien entendu, de supprimer tes passages désapproliateufii, it elle a fait semblant d'ignorer tons les commentaires qui auraient mis à nu l'erreur qu'il s'agissait d'accréditer. C'est ainsi, par exemple, que le Daily News, im des organes les plus sincères, les plus graves, les plus respectés de l'opinion publique en ce pays, a été traité comme une marchandise de contrebaiide. Remarquez la bonne Un qui préside au mimitment de l'esprit public en France ! Les journaux ofticieux passent sous silence toute parole de blâme, et ih triomphent de ce qu'aucune parole de blâme ne s'est fait entendre ! 11 suppriment toutes les notes discordantes, et ils s'applaudissent de l'harmonie du concert! Puis, s'il arrive, comme cela est beureusement arrivé, que la vérité réussisse h percer, alors on entend des feuilles telles que le journal la France accuser l'Angleterre de revenir sur une impression qui ne fut jamais la sienne ; on les entend s'écrier : « L'Angleterre se repent du cri unanime d'admiration que In proposition d'un congrès lui avait arrachée. »

Non, Monsieur, non, les Anglais n'ont pas ballti des mains k l'idée d'un congrès, et, s'ils l'avaient fait, le gouvernement, soumis, comme il l'est, k l'impérieuse loi du sentiment public, n'aurait pas, pour toute réponse, demandé à Napoléon de s'expliquer — demande qui, eu égard à la situation actuelle de l'Europe, équivaut à une fia de nonrecevoir, ou même ressemble à un piège.

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31â LETTRES SUR l'aNCLBTERRE (lass)

Supposons, en efiet, que l'empereur des^Fran^ais vsfase de faire d'avance connaitre son programoKi TADglefêrre s'abstient sans qu'on soit en droit de l'atu^oser de mauvais vouloir ; car comment lui repracliftr de ne paa se lancer, les jeax baudés, dans une entreprise aussi hasardeuse que t&remaniemfiut de la carte de l'Europet Et si, aucontrairev Napoléon se résigne ^indiquer d'une mautèrs précise tes questions 3i poser A à résoudre, adieu les'avaatage»3ubataatiels.qu'il a pu se pnoiifiUpË de la^ léaUsatiwi de son. plao * Le' votià forcé de jouer cartea> sitr tabls'; lo milà fonte d'appreviir&anx p«n|rfu attenlife'Si son désiotéressemenH d« philoBo^fc» couronné va jusqu'à mettre eu bisur meCtre au nombre des points emtrovoisablea la reslitulîmi de Nice et de la Savoie, i'abaodoa inmé^t de.Roiiie, un désaveu' fonnel, absolu, irréroc^le, de toute prétenlion k donner le Rhin pour frontière k la ffrance. Si. oui, sa popularité en Prmce parmi la geut glle^ Myaaie el ultca-nationale' est eDtamée ; si rod^ sar^ntatioB d'utopiste humanitaire risque de perdre ce que gagwpatt sa réputation de politique délié.

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