‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 78 sur 97 · D» COMBAT DE BOXEUR · texte numérisé non relu

D» COMBAT DE BOXEUR

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MoHKvokiM tendemami da • kbataill&dss géants •.

Ce n'est pas que le grand choc eutre Vitmétc àe- II«aâft etceUe de Lee aideuilieu.; nou : les. farces wigaffées». cette fois, sont Les forces de l'Angleterre luttant contie rABii>- «que. La> bataille a été fonnidabler une vraie « luballe de géaota »y comme on la nomiDeT et rAngleicrre^ à l'heure qu'il esti, peut se livres, si bon lut semble, à dus transports de joie, car c'est eUfr qu'a- favorisés le puissant dieu éea combats.

GeUe nouvelle von» éteonera peut-être, tant ÎL esC vrai que, même sous le règne de l'électricité el de la vapeur, les plus notables événememt» éelatem »aoB>que ie& bsrames qui liveai au- leii> en' soient avertis d'avance:.

Ce n'est pas, du reste, U- faute dès habilués' de taverne s) le monde n'a- pas été tenu dans l'attente. Depuis longtemps, la Reaonuqiée faisait Le tour des « public-houses > de Lfuidres, enibouebant toutes ses trompettes, entre une bouleifle. d'o/e et une bouteille de gin. Depuis longtemps, le ffttf'i Life donnait la fièvre il ses lecteur», en leur aitnoaçant la. prochaine et titanienoe rencontre de l'iUiglelerce, personnifiée par le boxeur Tom King, deveiiu célèbre epu» là nom de < Sailor lad *, et l'Amérique, personnifiée parUeenan, le € Benicia boy >.

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220 LETTRES SUR l'aNGLETERRB (ises)

J'ai toujours fort admiré, comme moyen de terminer ï bon marché les querelles épiques, le système en vertu duquel Albe et Rome confièrent leurs destipées niix trois Guriaee et aux trois HDrace, système dont, plus récemment, Cbaiies Quint proclama l'excelleace m déBant François 1^''. Sous ce rapport, le « Sailor lad > et le ■ Benicia boy » ont droit à tous mes respects philosophiques. Pourquoi, je vous le demande, faire tuer cinq ou six cent mille pauvres diables pour l'honneur de deux nations, lorsque, grâce à une convention préalable, on pourrait décider la chose moyennant une côte brisée ou un œil mis hors de service?

C'est cette sage méthode qui a prévalu dans l'orcasioD dont il s'agit.

Heeoaniistle même homme qui, le i7 avril 1860, se mesurait avec Tom Sayers. La victoire, qui ne s'en souvient? demeura douteuse. L'Angleterre eut le bras droit cassé, ou peu s'en faut; mais, en revanche, l'Amérique reçut de tels coups de poing dans les yeux, qu'elle n'y voyait plus du tout vers la fin de la lutte. Toutefois, elle eut cette bonne fortune de parvenir k prendre l'Angleterre par le cou, et l'aurait étranglée net, si police et assistants ne se fussent prédpilés dans le ring (l'arène), selon les règles, disent les uns, et contre les règles, disent les autres.

A qui l'honneur? L'Angleterre et l'Amérique eurent, sur ce point, une polémitgue qui a duré depuis Ioes. Heeoao, ayiiRt regagné son pays, y reçut un triomphe tel qu'on n'en lit jamais à Washington. Quant Ji Tom Sayers, le Brifi Life, ce Moniteur du a Ring », rappelle aujourd'hui, arec un juste orgueil, que, lors de l'entrée triomphale de son héros dans Londres, l'emhousiasme de la foule était aussi grand qu'aurait pu le provoquer « la proctamation (fi« nouveau roi ».

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UX COUBAT DB BOXEURS Sîl

Aussi, quelques esprits arriérés s'étant avisés, dans h Chambre des Communes, de demander compte au -ministère de sa lolérance à l'égard d'un genre d'exercice que la loi défend, on ne sait trop pourquoi, lord Palmersîon, après avoir établi, en grand homme d'État qu'il est, que la qiiestiou de savoir si les combats de boxeurs sont une chose bonne ou mauvaise, doit être regardée comme pure s affaire de goût », lord Palmerston, dis-je, déclara le spectacle de deux hommes qui s'assomment l'un l'autre tout * aussi moral que celui de l'ascension d'un ballon >. Ceci, à la lettre. La Chambre des Communes trouva cette comparaison admirable : elle le prouva par un rire approbatif digne d'être h jamais mentionné dans ses annales ; et, en Angleterre, lord Palmerston mit ainsi le comble à sa popularité, parmi ceux dont l'âme est sensible à la gloire.

Trois ans s'écoulèrent; et, comme dans la lutte de Heonan et de Sayers, nul n'avait « jeté l'éponge », ce quLesl l'aveu de la défaite, on ne savait pas bien à quoi s'en tenir sur le mérite comparatif des deux grandes fractions de la race anglo-saxonne. Franchement, une pareille incertitude était-elle, tolérable? A qui, de Heenan ou de Tom Sayers, appartenait le droit de porter cette t ceinture > qui est le signe vénéré de la royauté dans le monde des pugiles? Faute de pouvoir s'entendre sur la solution de ce problème, non moins obscur que celui qui divisa les réalistes et les nominaux, on était convenu, pour en finir, d'offrir à chacun des deux combattants un fac-similé de la ceinture; et la présentation de ces deux trophées {style du BeU's Life) avait eu lieu le 20 mai à l'Alhambra. La question restait .donc entière.

Cependant Tom Sayers, enrichi par l'admiration publique, s'était comme qui dirait retiré des affaires ; Heenan était re<

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222 LETTRES SUB L'ANSLETEnnE (lB63}

venu chercher forluBe en Angleterri: ; et .ne lOotivel asire avait paru auTirmament du BeU's Life. Cet a.stre était Toni King, le redoutable Tom king, vainqueur de Mace, et d champiÔD d'Anglelarre. * Heenan, à ce qu'il parait, De ' demandait pas niieuii que de s'eutretenir la main. Toin Kiqg, au contraire, -salisCail de sa part d'immortalité, Dourrissait de vagues projets de retraite, et se montrait disposé à abaodonoer la ceiuture, au lieu de la défeadre tiëreiHenl ; au lieu de dire comme Gharlemagne, lorsqu'il ceigoit la couronoe de fer : < Gare à qui la touche ! > Heureusement, les hommes du sport étaient B. Les pMrons de iHsenan panlèreat d'un «njeu de i,000 liv. st., ^,CtOO fr~! Il y a doE gens qui irës-volonliers se font tuer à un sou par jour. La teotation était forte pour le < diaropion de l'Angleterre. • La perspective des 1,000 liv. st. lui fit venir l'eau h la bouche. Bref, lin arrangea l'aS'aire. Les publifisies du JteU's Life s'accupèçeut des préparatifs, choisirent un emplaceaiont, .désignèrentrarbitre (reftree), fixèrent le point de départ, firent avec une compagnie de diemin de fer les conventioris voulues^'marquëîent le jour — le tout fort mystérieusemeiilg moioG .pour dépister la police, je le soupçonne, .que pour l'aider à ne pas faire respecter la loi.

Ai-je besoin d'ajouter que, pendant une semaioe enU^ï, les cabarets appartenant aux boxeurs en renom, &. les bureaux du BeWs Life, ne cessèrent d'être assiégés par une frémissante tourbe de curieux de bas étage, alamés de détails, maifi surtout imiratients de connaître la station honorée par le choix du conclave ? Le mot d'ordre avait été donné de garder le secret, de manière à tenir à l'écart la mauvaise compagnie. Recommandation vaine! Jeudi, à quatre heures et demie du malin, moment fixé pour le départ du irain, la station de Loudon-Bridge se trouvait avoir attiré ,

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