‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 9 sur 97 · LA POLOGNE ABANDONNEE A DENI · texte numérisé non relu

LA POLOGNE ABANDONNEE A DENI

la lier à l'empire russe : est-ce qu'on croit de bonoe foi que le problème sera de la sorte résolu ? Est-ce qu'on sera parvenu atDsi à déraciner du cœur des Polonais cet impérissable amour de la patrie, qui s'est affirmé tant de fois, par tant d'héroïques sacrifices, avec une vigueur toujours nouvelle et en dépit de tant d'obstacles? Que faut-il donc pour démontrer l'impossibilité où la Pologne est de mourir, s'il ne suffit pas pour cela du spectads étonnant que donne aux hommes, depuis si longtemps, sa miraculeuse agonie? Quelles concessioDS lui fera-t-on qu'dle ne soit tentée de transformer et qu'elle n'ait le droit de transformer en moyens de délivrance? Qui effacera le souvenir des massacres, des assassinats, des pillages qui ont marqué ia présente guerre? Qui lavera tout ce sang! Conçoit-oQ l'existence d'un peuple de suspects?

On vante les bonnes intentions de l'empereur Alexandre. Quel allument en faveur du rétablissement de la Pologne pourrait-on imaginer qui soit plus frappant, plus décisif? Car enfin, si les bonnes intentions d'Alexandre ont di), par ia force des choses, engendrer les mêmes horreurs que la politique d'airain de son père; si les vues libérales, qui ont conduit le fils de Nicolas au d^ir d'émanciper les serfs en Russie, n'ont eu d'autre résultat en Pologne que de faire fouler aux pieds des chevaux une foule agenouillée devant un crucifix et degénéraliser la proscription sous le nom de conscription, que resie-l-il à démontrer?

J'admire que le Times et les journaux à la suite s'obsti- Qent .'i chercher le remède à tant de maux dans une prière diplomatique adressée au czar, pour que désormais il veuille bien observer un peu mieux, I) l'égard de ses sujeis polonais, les traités de 181 S, comme si ces traités, après avoir été tant de fois remaniés, tant de fois violés, taut de fois con-

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vaincus d'imprévoyance et d'iœpuissaacf, fonnaîent encore le droit public de l'Europe ! Au moins faudrait-il être décidé il soutenir la prière par une menace, dans le cas ofi la prière ne serait pas écoutée. Or, que répondit, hier encore, lord Palmerston à H. Hennessy, déclarant l'Angleterre »igagée d'honneur, comme signataire des traita de 1815, à empé«iber que la Pologne ne sou&it de leur violation? Il répoadait que l'Angleterre n'ayant rien garanti n'était à la ri^eur obligée à rien. Dès qu'on admet que le czar est très-légitimemeot maitre de la Pologne , de quel droit lui dicterailr-oD la manière de la gouverner? En octobre 1814, lord Castl»reagb ayant ^royé k Alexandre 1" des remontrances du genre de celles qu'on propose, il écrivit au donneur d'avis : < Quant à ce qui concerne les soins que je dois h mes propres sujets et mes devoirs envers eux, c'est il moi de les ciHiiuitre. *

La vérité est que, si l'on veut résoudre la question, il faut avoir le courage de l'envisager par son grand cAté, Le partage de la Pologne fut un crime, et la sanction de ce partage ou de ses suites un autre mme. Le crime ne fait pas droit.

Au surplus, je le répète, l'insurrection n'a pas encore dît son dernier mot. Samedi dernier, un vaisseau emportait d'Angleterre, — ceci est k ma connaissance persouoelle, — deux cents Polonais, qui allaient conquérir la patrie ou se faire tuer à son service. Hier, j'ai causé avec un des rcptéseotants de cette révolte héroïque. Son visage était calme; ses paroles respiraient une foi supérieure aux revers. Je lui ai parlé de Laogiewicz, de^ la gravité qu'on attribuait ici à sa défaite; il m'a répondu : ■ Voilà quelles trisliss conséquences entraîne toujours un faux pas. Langiewicz n'aurait pas dû se déclarer dictateur. Il a fait par là croire à l'Europe

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VSB iatmE a STALSnHlDGE «1

que la P^ogne, c'était lui. J'espère que nous détrompera l'Enrope. » Et il ATégété ce qatàisiilk Daây~Teïegr(^h: « La Pologne n'est pas morte avec Rosciudio; elle ne mourra pas arec Lingiewicz. >

« Tout est fini! > disent les oplioustes, en parlant de l'émeute de Staleybridge, émeute engendrée par la crise qui met les districts cotonniers de l'Angleteire aux abois.

Ah! tout est fini! Hélas 1 telle n'est pas mon opinion. Hais voyons d'abord les faits.

Lorsque, au mois de décembre de l'année dernière, il fut bien constaté que, sur 2,000,000 d'habitauts que contient le district de Manchester, le nombre des infortunés réduits à vivre de secoiu? s'élevait à près da 360,000, et qu'i ce chiffire navrant s' ajontait celui de 172,000 personoes nourries par les coiDiiés.locaux,etque, par conséquent, la charité publique avait k trouver le pain de 432,000 créatures humaines, ~- nne sur cinq , — il y eut , d'un bout à l'autre de l'Angleterre, une grande émotion suivie d'un grand

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eSoTt. Un IX comîté centra) de secours, * fut organisé promplement et se mit à l'tËuvre. Le lord-maire de Londres se fit en quelque sorte le banquier des affamés du Lancashire, et ils purent regarderavec espérance du côté de MansioD-House ; partout des so^uscriptions furent ouvertes : lords, boutiquiers, artisans , riches et - pauvres, tous répondirent à l'appel ; depuis la reine jusqu'au plus jeune membre de la < brigade des petits décrotteurs, > chacun envoya son ofTraude; les fonds affluèrent : l'Angleterre est si opulente ! En peu de temps, même le produit des listes de Hansion-House mis à part, il se trouva qu'on avait recueilli 340,000 livres sterling, — 13,500,000 francs.

C'était beaucoup certainement, et néanmoins c'était fort peu, tant ta plaie ouverte aux flancs da la nation était large et profonde ! Mais on en était n la période de l'enthousiasme, et la durée dt{ mal n'avait pas encore fatigué la constance du malade. Les ouvriers, à qui la crise était venue casser les bras, déployèrent une résignation qui fut universellement admirée. Les journaux retentirent d'éloges, L'Angleterre, par tous ses organes, se déclara fière d'avoir de tels enfants. Eux, soutenus, animés, encouragés par l'intérêt passionné qu'ils excitaient, ils montrèrent une noble répugnance h aller au-devant des secours qu'on leur offrait, ne les acceptèrent qu'à la dernière extrémité, et alors les acceptèrent avec reconnaissance.

Hais, dès cette époque, certains observateurs, — l'auteur de ces lignes était de ce nombre, — hochaient la tête d'un air attristé, s' étonnant que la nécessité de parer aux conséquences d'une calamité nationale ne fût pas considérée comme une affaire nationale, et que la prévoyance sociale, s'en remettant aux inspirations de la charité privée, abdiqu.1t ainsi devant l'imprévu.

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UNE BHGUTE A STALEYBRniGB 93

il est des maux , en effet , auxqueb on ae saurait appliquer l'aumADe comme remède sans s'exposer à de cruels mécomptes.

Dans les premiers momeots, tout est bieu : les dooatioDs abondent; pour les distribuer, c'est à qui offrira gratuite- Doent ses senices ; il s'établit un échange de bons sentiments entre celui qui donne et celui qui reçoit ; le premier rougirait de manquer de bienveillance, le second aurait honte d'encourir le reproche â'iugratltude. Hais, à mesure qje la crise se prolonge, l'aspect des choses va s' assombrissant de plus es plus. Le courage dont les malheureux avaient d'abord fait preuve, s'use'peu k peu contre la souffrance, comme la lime contre le fer. En cessant d'entendre le bruit des applaudissements un instant prodigués à leur résignation ; en s'apercevant que la charité publique, sollicitée par d'autres besoins et détournée vers d'autres objets, se ralentit k leur égard; en voyant s'allonger d'une manière indéfinie le rude chemin où ils ont Ji se traîner, le découragement les saisit. Puis, viennent les noirs soupçons ; puis les récriminations amères, que les agitateurs enflamment par leurs discours :

< Pourquoi la société, en tant que SDCîété,nous abandonnet-elle au point de nous forcer h tendre la main 1 Est-ce que nous n'avons aucuu droit à la sollicitude de ses représentants offirielsî Est-c« que devant une calamité, dont les causes sont si générales, dont les résultats sont si terribles et menacent de durer si longtemps, les pouvoirs publics n'ont rien à faire qu'à se croiser les bras et à nous regarder mourir? A quoi bon ces secours, tant vantés malgré leur insuffisance? lis ûe prolongent nos jours que pour prolonger nos maux. Ils nous humilient, d'ailleurs : ils attestent notre infériorité sociale ; ils nous écrasent du poids de notre dépeu-

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94 LETTBRS SOB l'aNCUTBEIE (lefls)

dance ; ils nous TxppeAeal qae, soos l'empire de lois Eûtes avant oous et ma nous, notre destinée flotte à la rneni de volontés qui ne sont pas les nôtres. Nous ne vout<ms pas du pan de l'anmAne, noos voulons le pain du travail : ft-l-on pensé nn seul moflient à bous assurer celui-U? Noo ! le soin d'empécber un denù-Bollion d'honmes, ou d'agoniser dJBS )a mendicité, ou de mourir de f&im, n'est pas digne de compter paroii les préoccupations de uos tégislatenrs et va contre la doctrine des économistes en vogne ! On aime mieux ooas faire sentir le peu que nous sommes et le peu que oous vahHis en nous condamnant k vivre des miettes tombées de la table du ricbe, quand il lui plaît d'en lais^r tomber, de telle sorte que notre détresse devienne tme occasion de vanter la bienfaisanee des heurenx de ce monde, bienfaisance qui ne sert qn'^ dorer notre chaîne ! >

Oui, voilà le lang^ qu'on les amène h parler; et bienldt ils arrivent à ne recevoir qu'avec colère, qu'avec menace, l'aumâne qu'ils avaientd 'abord reçue avec gratitude.

De leur c6té, les congés de secours se lassent, s'irritent. Rien, ail début, n'égalait leur activité, leur bienveilUKe, leur désir de rendre le bienfait plus acceptable h force de manières prévenantes et de douces paroles. Mais, pour eux aussi, le dégoût ne tarde pas à succéder au zèle. Les plaintes dont ils sont assiégés, le mécontentement dont ils sont témoins, les aspérités d'un contact de chaque jour avec des hommes que la misère aigrit et que leur dépendance prolongée outre mesure tend à dégrader, les actes de fraude et les habitudes de paresse qui «i résultent, les exigences des uos, les murmures des autres , tout contribue h nSaAn les coiùtés de secours de plus en plus soupçonneux, formalises et hautains. Les rapports s'^veuiment unsi jast^'à la fureur; et o(t la eharité avait semé, c'est la hûne qu'elle récolte.

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UNE ÉMEUTE A STALETBRIDeE 9B

Je viens d'écrire l'histoire des causes ^nér^les qui ont engendré l'émente de Staleybridge. Les causes particulières et immédiate» sunt celles-ci :

Le comité de secoure, faute de ftmds suffisants, avait pris . ie parti de diminuer la portion assignée à chaque ouvrier en détresse, de quatre pences par jour; et pour être bien sôr qne ceux à qui un secours était alloué n'iraient pas le boire, an lieu d'acheter du pain, ît avait décidé que ce secours serait donné désormais, non plus en argent, mais en bons échangeables contre du pain et des pommes de terre, dans certaines boutiques désignées.

Ces deux mesures combinées tendaient, comme on le voit, i rendre la position des personnes secourues, non-seulement phts pénible, mais humiliante. Le mécontentement fut extrême parmi les ouvriers. Ils protestèrent contre les précautions injurieuses dont ils étaient l'objet; ils ressentirent très-\Tvement Hnconvénient de ne pouvoir se procurer, au besoin, quelques gouttes de gin pour la vieille mère, ou une bagatelle pour Fenfant au maillot dont il fallait apaiser les cris; ils prélendirent, en outre, que les bons qu'ils avaient îi présenter ne leur laissant pas la faculté du choix, le marchand en profitait pour les forcer à prendre, non ce qu'il leur convenait d'avoir, mais ce dont il loi convenait, Jl lui, de se défaire. L'effervescence croissant d'heure en heure, il se tînt des meetings où la conduite des comités fut dénoncée avec beaucoup d'emportement et « l'indifférence du gouvernement • traitée de barbare. Entre antres précautions oSen- , santés prises par le comité de Staleybridge, il y en avait une consistant à marquer les vêtements envoyés par des personnes charitables, ce qui était supposer que ceux qui recevraient ces vêtements étaient capables d'aller les VCTidre et de s'enivrer avec Iç produit de la vente. « Le peaple, ■ s'é-

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S« LETTRES SUR l'aNCLETERRE (18S3)

cria du haut de ta cbaire un ministre mélhndisle nommé Stépheus , « fut-il jamais insulté d'une façon plus audacieuse ? £t quel droit ont donc les comités sur les dons qu'on leur envoie? N'appartienuent-ils pas à ceux auxquels le donateur les 3 destinés, à eux seub? > Un autre jour, ce même prédicateur déploya devant sa congrégation une paire de vieux pantatoQs en lambeaux, disant : < Voilh ce qu'on appelle secourir le peuple ! >

Une explo»on était à prévoir : elle a eu lieu. Dans la journée du 20 mars,, à Staleybridge, une foule furieuse, principalement composée d'Irlandais, se jeta sur les magasins de provisions du comité , fit main basse sur ce qu'ils contenaient, brisa les fenêtres, commît toutes sortes de désordres. Un détachement de cavalerie, stationné à Ashton, fut appelé en hâte, les rues furent balayées, et la ville, jusqu'à une heure très-avancée de la nuit, ne cessa d'être parcourue par des patrouilles. Le lendemùn, nouveaux rassemblements. Cette fois, l'émeute prit te chemin d'Ash ion, criant: ( Du pain 1 du pain ! » et pillant ou menaçant les boutiques de boulangers qui se trouvaient sur son passage. Lecture fut donnée du < Riot act, » et il fallut recourir à une chaire de dragons. Les émeutiers étaient au nombre d'environ trois mille, y compris femmes et enfants. Dispersés par les dragons, ils se rassemblèrent de nouveau et se dirigèrent vers Dukinfield. La police étant intervenue, elle se vit assaillie d'une grêle de pierres, dont une atteignit M. Mason, le magistrat. Les hussards accoururent, le sabre haut, et cliai^èreiit, sans frapper toutefois. Si l'on avait employé de l'infanterie, un massacre était inévitable. Heureusement , la foule, en Angleterre, comme le remarque irès-bieii le SpectalOTf a une peur effroyable de lacavalerie; et, grâce h celte circonstance, le peuple se dispersa sansessayerdedisputerle terrain.

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UNE ÉMEUTE A STALEYBRIDGE ' t^

Ajoutons que jusqu'à ce jour le mouvement ne s'est pas propagé dans les villes circonvoisines, ainsi qu'on pouvait le craindre. Hais ce qui est certain, c'est que partout, dans ces parages, i) y a comme un sourd frémissement de colère. A Stockport, à Wigan, dans plusieurs autres villes, des syinptAmes menaçants se sont déjà manifestés. Les magistrats sout sur le qui-vive. On tremble d'avoir encore à repuusser la révolte par la force. Ici se présente l'étemelle et tragique question : Que faire ? Vainement chercherait-on à se dissimuler l'étendue du mal : h l'heure qu'il est, on n'évalue pas il moins de 450,000 le nombre des ouvriers qui, pour leur subsistaace de chaque jour, dépendent entièrement, soit de la taxe pour les pauvres, soit des eiïorts de la cliarité privée. Hais la taxe pour les pauvres est levée en partie sur une classe qui aurait elle-même grandement besoin qu'on lui vint en aide ; et quant à la charité privée, elle a des bornes. Encore quelques mois , et ce qu'on nomme ■ the cha-itable rdief ' aura cessé d'être une ressource sur laquelle il soii prudent de compter. Pour comble d'infortune, |»as d'espoir que le sort des ouvriers, à qui le coton fournissait un emploi à lucratif, s'améliore d'ici à longtemps. Les juges compétents déclarent que, même dans le cas où tout le coton du Sud serait à Liverpool, il y aurait impui^ibilité d'occuper plus des trois quarts de la population einjiloyée avant la crise, et impossibilité de rémunérer le travail comme il l'était alors; car, sans parler des économies que les fabricanls seront forcés de faire , au sonir de la période ruineuse qu'ils traversent aujourd'hui, si l'on parvient à en sortir, la production du coton manufacturé devTa, sous peine d'amener . de nouveaux désastres, mesurer plus strictement son activité aux exigences de la consommation. C'est une erreur de croire que la crise dont souffre si cruellement le Laacasbire

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tS LEtTMBS SVR l'aNCLBTKRRE (iSAs)

est tiai^Denient le résultat de la guerre d'Amtoque. Longtemps Hant que la guerre d'Amérique éclatât, celte crise était prévue, comme devant être rinévilable effet d'une activité déréglée. Dans une lettre adressée au Times par M. Edmund Potier, on trouve le momement ascendant de l'ÏDdnstrie coloanière anf^ise .exprimé en chiffres, de la mauière svivanle. Il s'agit des exportations annuelles :

LiT. si. 19,418,855

L'unique raison qui fait croire ^ M. Edmund Potterque cet accroissement, quelque énorme qu'il soit, n'est pas exagéré, c'est qu'où peut citer d'antres industries dont la inarche n'a pas été moins rapide, luutile d'insister sur la faiblesse d'un pareil argument. Une industrie étant donnée, il n'y a qu'un genre de preuve à fournir pour établir qu'elle s'est maintenue dans des limites prudentes : y a-t-il eu équilibre entre la production et la consommation? La question est U et n'est que là. Or, de l'aveu de plusieurs fabricants de Manchester que j'ai eu occasion d'interroger à cet égard, l'essor pris en Angleterre par la production du coton conduisait, depuis longtemps et tout droit, fi l'engorgement dn marché.

Au surplus, la guerre d'Amérique n'est pas terminée. Et qui sait quand elle le sera? Doue, i supposer même qu'elle eAt seule à répondre de la crise cotonniiHt qui accable le Lanca^ire, l'avenir que les ouvriers sans emploi de ces districts, jadis ^ prospères, ont aujourd'hui devant mix, est

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