‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 91 sur 97 · THEORIE ANGLAISE DE U RENTB · texte numérisé non relu

THEORIE ANGLAISE DE U RENTB

donnée pour la première fois en 1801 par le docteur lames Anderson dans un livre intitulé : < Récréations en agricûliure. > On n'y fit pas alors grande attention; et la question sommeiila jusqu'en 1815, époque h laquelle elle fui reprise et très-savammeat développée dans deux ouvrages pi firent du bruit : l'un par un avocat nommé West, et l'autre par le célèbre Mallhus. Le litre du premier de ces deux ouvrages était : c Essai de rapplication du capital à la terre. » Le second avait pour titre : « Recherches sur ta nature et le progrès de la rente. > Puis vint, en 1817, une brochure dans laquelle Ricardo exposait d'une manière complète la théorie qu'avait émise, au commencement du siècle, James Anderson, et qui a été, depuis, adoptée par le monde des économistes.

Pour qu'un cultivateur ait intérêt à confier son capital à la terre, i! faut que dans la valeur du produit total il puisse trouver le remboursement de toutes ses avances, et, en outre, les profits ordinaires du commerce ; car,' sans cela, il est clair qu'il chercherait dans une autre branche d'industrie un emploi plus fructueux de son capital et de son activité.

De U celte conséquence, qu'il est une limite au-dessous de laquelle les prix ne sauraient descendre, sans que la production s'arrête. Mais si les prix ne peuvent tomber audessous de cette limite, ils peuvent fort bien s'élever au-dessus, de telle sorte qu'il y ait un excédant. C'est cet excédant qui, lorsque le propriétaire a le pouvoir de se l'approprier, constitue ce qu'on nomme la rente.

Ce pouvoir, le propriétaire le possède-t-il toujoursT Non. Et dans quel cas le possède-t-il? Seulement dans le cas où sa terre est d'une qualité supérieure à d'autres terres mises aussi en culture.

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En effet, le cultivateur de h terre qui est d'une qualité inférieure ou, ce qui revient au même, moins avantageusement située eu égard aux frais de transport, doit forcjmeat vendre ses produits à un taux qui lui permette, et de reit- 'trer dans le remboursement de ses avances, et de réaUser les proiils ordinaires du commerce. C'est donc le taux auquel il est forcé de vendre ses produits qui devant le taux régulateur, puisqu'il ne saurait ; avoir deux prix au marclié.flD d'autres termes, si, tentes choses égales pour ce ^ est du travail rais en mouvement et du capital dépensa, le cultivateur d'une terre n" 1 lui fait produire ce&t quarts de froment, tandis que le cidtivateur de la terre a" 2 u'eD obtient que quatre-vingt-dix, le premier vendra au marne taux que le second. 11 restera donc au premier, en sus du reaboursement de ses avances et des profits ordinaires du commerce, la valeur de dix quarts de froment, que le propriétaire ne manquera pas de réclamer et poiura réclamer avec succès, parce que, en cas de refos, il n'aurait pas de peine li trouver un autre capitaliste prêt à renoncer, pour avek la .préférmce, à ce qui n'est qu'un excédant de profils et ne lui impose pas un sacrifice ruineux. Voilà comment la renia prend naissance.

Que si maintenant la populalioB s'accroit au poiot qu'il faille mettre en culture une terre inférieure en qualité m n° 3 et ne produisant, par exemple, que quatre-vingtB quarts de froment par l'emploi du même b-avail et dufloénK capital qui en fout produire quatre-vingt^^ix à la tene a^ 2 et cent à la terre u" i, le taux régulatti» ^ piix de vente sera celui qui 4ail mettre le cidJJvateur de la terre n* 3 «n état de rea^^tUcer son ca|Htal el d'en tirer un profit éfpl k celui qu'offrent les -Mitres branches d'industrie. Le» cultivateurs des terres n*^ 1 et 2 vendani h ce prix, k pf»-

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TIlBOHiB «NGLAïaE DB U MN» 3^7

ma awa m sorplm de viigl quarte de îrtHBeni;, et h ^e^ onid un. sur^u» 4e dix.. LÀ premier sen.dcwc ams»£ à payer ise lantc deubU, el la second, qw u'eit pajmit pas, m payera une, le cnVtirateur de la terre a° 3 ne ]^ant rien ]iuqu'ï ce qs'uM.terre.dcrqualilé eat»De iaférieure,, sue teireitf ir Mit mise eit oiiltum.. Et ainsi de suite:.

VoB& le vojËz, il mesBiB ifue la popilaticm augnenta, il faut qae les moyens coirespowjaots ds: subuB(an«e soient écMaadés à' de» qualités de terre de plua an plus ioléiieiiisi ; et il Mesure que la nultwre s'étend % des tesras de qualité inférieure, la veste de» terres. de qualité supérieure maatê, monte, monte toujours. C'est-à-dire qu'un accroissement désordonné de la population, source de misère pour l'ensemble de la société, se trouve être pour le landlord une nouvelle source de richesse ! La table suivante indique d'une manière frappante dans quelles proportions le revenu annuel de la propriété s'est élevé en Angleterre, y compris le pays de Galles, depuis 1800 jusqu'en 1832 :

^fim m-.m^M^ "m. st.

#8Sa 41,H8,32&- —

Ainsi, de ISOO-à 1863', le revenu temtanti iea Îm4~ hrda aurait presque doublé !

Il est vrai que, dans ces rapproctiements, il faut tenir compte des variations qu'a subies la valeur de l'argent. Prenons donc une table ou les déductions voubies aient été

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faites, celle dans laquelle Mac Culloch compare les années 1814-15 et 1851-83. Elle nous apprend que la somme totale des rentes payées aux lanâlords s'élevait, pour l'Angleterre etlepaysdeGalles, à 30,897,416 liv. st. en 1814- 181K, et à 41,118,329 en 18S1-18I12, de sorte que, dans l'intervalle d'un petit nombre d'années, l'accroissement a été de 10,920,913 liv. st., ou 25S millions de francs.

Or, remarquez bien que.ces' chiffres me sont fournis par Mac CuUocb (1), l'avocat le plus ardent et le plus systématique du landlordisme. Convenons-en : ce sont d'heureux mortels que ceux à qui ■ le bien vient en dormant ! >

ObMaolM tt IK MvldlteftaMt ûm mI «m ABileter**.

L'idée de rendre la vente de la terre aussi facile que celle d'une montre, et un titre de propriété foncière aussi simple, aussi clair, aussi aisément négociable qu'un titre de rente, n'est pas une idée d'hier en ce pays. Dès 1837, elle s'était imposée à l'attention de la législature. Un biU ayant pour objet de la réaliser fut présenté en 18B9 par le gouvernement de lord Derby, et si ce bill fut rejeté, il n'en

(4) A àttertpUvt tmd tuMitieoi aceomt of the firittth finpirs. T. I, pp. S57 et S58.

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