‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sérChapitre 10 sur 88 · LES BOXEURS · texte numérisé non relu

LES BOXEURS

prouvent assez les protestations dont des feuilles telles que i le Spectator et le Morning Star sont l'écho. Mais que le culte du « prize ring » ait conservé beaucoup de son ancienne ferveur, c'est ce qui ne saurait être nié. Demandez au Times ce qu'il en pense. Il n'y a pas longtemps encore que h Revue du samedi {Saturday Review) déclarait « très -dur » de réduire les « patrons de ce divertissement » à veiller toute la nuit, quand le combat doit avoir lieu le lendemain, et, le matin venu, à se glisser de bonne heure, comme des malfaiteurs, à travers le brouillard, jusqu'à un endroit écarté, eu ils risquent, pour surcroît de malheur, d'avoir bientôt la police sur leurs talons. La Revue du sam^di^ cependant, n'est pas dans Thabitude de hanter les carrefours : elle représente un monde élégant et littéraire; elle a le verbe haut; elle a le ton gourmé; elle touche par l'intelligence à r aristocratie; elle est une des voix d'Oxford. Oui, Monsieur, des hommes du monde, des littérateurs à la mode, des écrivains fashionables , voilà ceux qui veillent ici sur le maintien des saines traditions dans Tart d'assommer les gens !

Ce qu'il y a de curieux, c'est que nulle part on n'est plus iumain qu'en Angleterre : les lois relatives à la protection des animaux eu témoignent. Mais ce pays-ci est décidément le pays des contradictions et des contrastes. Plus longtemps un étranger l'habite, moins, je crois, il arrive à le comprendre. Peut-être, au reste, les Anglais auraient-ils le droit d'en dire autant de la France. Est-il une nation qui soit logique en tout? Je crains que non. Homo duplex! Ceci pourrait bien être applicable aux peuples comme aux individus.

Page 1