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POLITIQUE DE LORO RUSSELL EXPUQUÉE PAR LUI-MÊME

par exemple, mais que, cela étant, le mieux est de laisser faire;

Que* l'empereur de Russie a grand tort de ne pas vouloir tenir son titre de roi de Pologne de la munificence des traités de Vienne, mais que, cela étant , il n'y a pas lieu de pousser plus loin la querelle ;

Que les fédéraux sont de singulières gens de parler de la rébellion du Sud dans le style du czar de toutes les Russies, ou du sultan de Constantinople, ou de Louis XIV, eux, le produit de trois rébellions successives : rébellion contre Charles P% rébellion contre Jacques II, rébellion contre George III, mais que, cela étant, il n'y a pas moyen de ne pas leur donner carte blanche ;

Que les confédérés ont un pouvoir qui repose sur le <r plus horrible des crimes de l'humanité, » mais que, cela étant, il n'y a pas à s'en mêler.

Ainsi, en fait de théories à l'usage des chancelleries qui se respectent, celle du comte Russell consiste à blâmer ce qu'on permet et à permettre ce qu'on blâme. La question, pour lui, est de penser bien, de parler d'or et de n'agir pas. Il ne lui déplaît point que la politique d'un ministre des affaires étrangères soit impuissante, pourvu qu'elle le soit honnêtement et qu'elle se dédommage de son maction par sa franchise.

Reste à savoir si cet étrange compromis suffit à la gloire d'un grand ministre, représentant d'un grand peuple. Pour moi, j'en doute. Pas plus en politique qu'en religion, je n'aime la foi sans les œuvres, et je trouve doublement regrettable qu'un homme tel que le comte Russell se soit fait l'organe de cette politique dont la sagesse ressemble si fort à l'impotence, dont la modération ressemble si fort à Tégoïsme. Que lord Pahnerston se fut exprimé de la sorte, à la bonne

CO LETTRES SUR L* ANGLETERRE (l863)

heure. Lord Palmerston a toujours pris les choses humaines par leur côté facile, et les principes sont un bagage dont il ne s'est jamais embarrassé outre mesure. Il est Anglais d'ailleurs dans le sens le plus anglais du mot, et il ne voit pas de raison pour avancer lorsque Tintérét présent de l'Angleterre lui paraît être de rester en place. Mais lord Russell? ' En vérité , il est difficile à ceux qui aimaient à admirer sa courageuse droiture et qui ont l'œil sur son passé de lire sans une sorte d'émotion pénible un discours comme celui de Blairgowrie.

D'autant qu'ici c'était l'homme qui parlait, et non plus le ministre.'

On avait pu supposer que , dans ses dépêches , il ne lui avait pas été donné d'être tout à fait lui ; mais à Blairgowrie, devant les tenanciers d'un domaine où il résidait temporairement, ce n'était pas la pensée collective du cabinet qu'il avait à exprimer, c'était la sienne propre; car il est d'usage en Angleterre que, pendant les vacances du Parlement, le ministre en tournée recouvre une partie de la liberté que les exigences de sa vie officielle lui enlèvent tant que le Parlement siège. Il cesse alors d'être responsable de ses paroles vis-à-vis de ses collègues, pour en devenir, d'une manière plus complète et plus directe, responsable vis-à-vis de l'opinion. C'est ainsi que souvent la lumière est tombée sur les divergences qui existaient au sein du conseil; c'est ainsi que le public a su , par exemple, à n'en pouvoir douter, que les sympathies de M. Gladstone, dans la question américaine, étaient pour le Sud , tandis que celles de son collègue, M. Milner Gibson, étaient pour le Nord.

Si les avantages de cette pratique l'emportent sur ses inconvénients, cela peut faire question aux yeux de ces diplomates de la vieille école qui, tenant l'humanité en petite

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