‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sérChapitre 24 sur 88 · MORT DE LORD LYNDHURST · texte numérisé non relu

MORT DE LORD LYNDHURST

Ce fut par cette porte qu'il entra dans la carrière du pou- Toir. Lord Liverpool Tavait tout de suite deviné. Que fallaitil de plus? La réforme parlementaire n'avait pas encore balayé, en matière d'élections, les écuries d'Augias. On s'arrangea de manière à pourvoir John Copley d'un siège au parlement. Dès 1819, il était solicitor général, et en cette qualité, il eut à soutenir, à la suite de GiCford, la scandaleuse accusation d'adultère intentée par George IV contre la reine Caroline. Nommé attorney général en 1823 et maître de rôles en 1826, qu'une occasion favorable se présentât, et il devenait lord-chancelier. Il le devint par l'élévation de Canning à la dignité de premier en 1827. La veille, il n'était que sir John Copley : le lendemain, il fut lord Lyndhurst, ayant pris son titre du nom de l'endroit où il avait vu pour la première fois celle qui depuis fut sa femme.

Ici le caractère de l'homme va se dessiner.

La question vitale du moment était alors l'émancipation des catholiques. Dans le ministère précédent, un homme la voulait, c'était Canning, et un homme la repoussait, c'était le chef même du cabinet, lord Liverpool. Tant que celui-ci fut à la tête des affaires, sir John Copley, non content de repousser, lui aussi, l'émancipation des catholiques, prononça contre cette mesure des discours véhéments. Mais les rênes de l'État ne furent pas plus tôt passées des mains de lord Liverpool à celles de Canning, qu'on vit sir John Copley changer tout à coup, à l'égard des catholiques, d'attitude et de langage.

Il s'était prononcé contre eux quand le premier ministre, lord Liverpool, les combattait; il se prononça pour eux quand le premier ministre, Canning, crut devoir les soutenir. Serait-ce que, du jour au lendemain, la lumière s'était

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hke àâiM son esprit? 11 est/ hélas! une circonstaDee qui dément cette iwpfo&tàùn ebaritaUe. Cannisg avait besoin d'uD lord-chancdier, qui appuyât rénaDCipation des catholiques, et lord Eldon aimant mieux renoncer au sae de laine qte de imanquer de re^ect aux convïclk»s de sa lie entière, sir John Copley, pour le reujplaeer et deremr lord Lyudburst, eonseutit à brâler ce qu'il simi adoré et adora ee qu'il avait hrtàé. C'est peu : Canning étant mort l'a&née même de son avénen^ent, c'est-à-dire en 4827, le duc de de Wellington lui ayant succédé, et le cours des événements, le progrès des idées, ayant fait de Féfflancipation des catholiques une réforme désormais impossible à éluder, cette réforme trouva dans lord Lyndlmirst, resté lord-cbancelier, wn de ses plus chaleureux avocats. Il pari» pour, en 1829, avec autant de zèle qu'il avait parié contre, en 1826. On juge si ce fut impunément.

Lord Eldon avait présenté contre Témancipation des catholiques une pétition de la compagnie dès tailleurs de Glasgow. Lord Lyndhurst demandant ce que les tailleurs avaient à voir là : « Il est tout simple qu'ils interviennent, » répondit lord Eldon d'une voix amère et en jouant sur le mot turncoat, qui signifie à la fois en anglais un homme qui retourne son habit et un renégat, <r les tailleurs n'aiment pas les iurncoats. » La fureur contre le lord-chancelier si subitement converti à la tolérance, était grande parmi tous les pairs protestants, et ils applaudirent fort à ce rapprochement de lord Winchelsea : « Un jour, il arriva que, dans le comté de Kent, une femme accoucha de deux jumeaux, Tun blanc, l'autre noir. Eh bien, ee caprice de la nature n'a rien d^ausa extraordinaire que le fait des deux disco^urs dont le noble lord a accouché dans la question de rémancipation des catholiques. »

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