‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sérChapitre 56 sur 88 · LA PROPRIETE TERRITORIALK ET M. BRIGHT · texte numérisé non relu

LA PROPRIETE TERRITORIALK ET M. BRIGHT

o j«ivrcr i864.

La constitntion de la propriété territoriale en Angleterre

et H. BrigM (i).

Emerson dit, en parlant de ceux que tounneAte 1» passidn il' acquérir : « Leurs désirs sont un gouffre que la possession de la terre entière ne comblerait pas. Volontiers ils empêcheraient le soleil de luire sur le monde, poar eu faire une propriété privée^ si cela leur était possible ; volontiers ils enfermeraient dans leur cabinet de Irara)) ou leur chambre à coucher l'étoile du matin et l'étoile du Nord. Ce qu'ils ne convoitent pas comme utilité, ils le convoitent comme ornement, et ce dont leur confort peut se passer, leur orgueil He le peut pas. » Vsmer sentiment exprimé par ces fortes paroles est celui qui respire dans les deux discours que prononcèrent, il n'y a pas longtemps, k Rochdale, M. Cobdan et M. l^igbt.

Voici un passage du discours de M. Gobâen :

a J'ai beaucoup voyagé ; j'ai voyagé dans la plupart des contrées civilisées, et je dis que b masse du peuple en et pays ne saurait être aussi favorablement comparée à la masse

(1) La querelle entre MM. Gobden et Bright d*uoe part, et le Tim$s d'autre part, m*ayant conduit à examiner Timportantc et intéressante question de la (enure des terres dans ce pays, j'ai cru tntn faire en rapprocîliaflt et «D pabtiaoit rune ^ la suite de Tautre diverses lettres que yai pcAMes I ce sujet et qui» ainsi rassemblée8> forment un tout

du peuple en d'autres pays que je le désirerais. En d'autres pays, je trouve un plus grand nombre de propriétaires qu'en Angleterre... Il n'y a pas sur la face du globe de contrée où les paysans soient ce qu'on les voit en Angleterre; il n'y en a pas où, comme en Angleterre, il existe un divorce complet entre les 'paysans et la terre; il n'y en a pas, l'Angleterre exceptée, où l'on ne rencontre des hommes traçant un sillon dans un champ^qui leyr appartient. Comme moyen de modifier cet état de choses, je ne demande ni révolution ni violences empruntées du système de la loi agraire ; mais j'estime qu'il y a là quelque chose de contraire a la nature humaine, et j'ai remarqué partout où je suis allé que le bien-être du peuple est en général proportionné au pouvoir qu'il a de s'occuper lui-même de ses intérêts. Là où une classe possède le pouvoir politique, ceux qui la composent seront toujours traités avec plus de considération, obtiendront de plus grands avantages, auront plus de chances de devenir propriétaires, que là où cette classe ne possède pas le pouvoir politique. »

Voici maintenfint un passage du discours de M. Bright : « On appelle l'Angleterre un pays riche, et il n'est pas douteux qu'il y a des hommes riches en Angleterre; mais, sans parler de la détresse, temporaire, je l'espère, qui règne dans le Lancashire, il y a aussi en Angleterre un million de pauvres à la charge de la paroisse, et un million au moins — beaucoup plus de deux millions, j'en ai peur — de créatures humaines, hommes, femmes, enfants, qui sont sans cesse à la veille de tomber dans le paupérisme. Or, si nous considérons la condition réelle de la masse du peuple; si nous jetons les yeux sur les maisons qu'elle habite ; si nous tenons compte de ce fait, qu'un si grand nombre de eitoyens n'ont pas de propriété; si nous regardons de

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