PETITE CULTURE ET GRANDE CULTURE
semble impérieusement réclamer Tintérét de Tagriculture; mais cet intérêt exige-t-il qu'à côté et au-dessus du cultivateur, il y ait un seigneur féodal , et que , dans la tenuré du sol, la propriété du produit soit distincte de celle du fonds ?
La France et l'Angleterre ont donné à ce problème deux solutions, non-seulement différentes, mais absolument contraires.
C'est le prepiier système que la France s'efforça de faire prévaloir, lorsqu'elle mit la main, en 89, sur les biens du clergé; lorsque, après avoir rompu tant de vastes domaines, elle en vendit à bas prix les lambeaux; lorsque, dans son empressement à faciliter les achats de terre et à précipiter la liquidation de la société féodale, elle créa tout exprès un papier- monnaie; lorsque, enfin, elle écrivit dans le Code : « Les libéralités, soit par acte entre vifs, soit par testament, ne peuvent excéder la moitié des biens du disposant, s'il ne laisse qu'un enfant légitime; le tiers, s'il laisse deux enfants ; le quart, s'il en laisse trois ou un plus grand nombre. — Un propriétaire ne peut disposer de plus de la moitié de ses terres si, à défaut d'enfants, il laisse un ou plusieurs ascendants dans chacune des lignes paternelle ou maternelle, mais il peut disposer des trois quarts s'il ne laisse d'ascendants que dans une seule ligne. — Les enfants ou leurs descendants succèdent par égales portions et par tête. » Ces dispositions législatives ont mis fin, en France, à la lenure monarchique et féodale des terres; elles ont inauguré le système qui tend a faire de la culture la condition du droit de propriété, qui tend à donner le sol au paysan.
En Angleterre, au contraire, l'opinion publique et la loi se sont unies pour concentrer la propriété du sol entre les
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mains d'un nombre Hmké de grandes fafnffles qni ne le possèdent ni comme té(?oinpense de lenr labeur ni comme rénibourse«>e'ftt de leur capital. 'Qnandim landowner mewt, (5* est son fils"at»é seul fpii 'hérite, «oit par la volonté du père, s'il fait un testament, soit conformément à la loi, s'il meurt inte^fal. H en résulte tpie h 9^ échappe m morcellement ; <pje h classe des opoflents ppopriétaires se maititient, et qu'a côté, au-dessus du cultivateur qui vit tta •produit de sou travail et de Tapplicalion de son \^pittfl à la culture, il y a le landowrher (fri vit de la Rente ^ue le pp^ mier lui paye.
De ces deux procédés, lequel est piéféralrfe ?
Chacun d'eux a des mc(Mîvé»ients très^graves : Ym, pl«s particulièrement au point de vue du développement de la richesse agricole; Taintre, plus particulièrement , au point de vue de la justice distribwtive et de la rémunération due au travail .
En France, la amltiplication des pr«pnéflfm>P5, qui est un bien, a eu pour effet la peîiPe cnUitre, qui est un mal.
En Angleterre, la dégradation dw travaiHeur, qui est un mal, a été le résifltat de la grmtde cnhurr, qui est uti bien.
L'association Ti'offrirail-elJe pas un moyen naturel de prendre h chacun de ces dewx sysfèfmes te qn'il a de bon, en écartant ce qu'il a de mauvais?