LA C LAND TAX
Les rachats opérés par les propriétaires auxquels iî a plu de profiler de la faculté qui leur était offerte s'élevaient, le S5 mars 1864, à la somme de 779,819 liv. sL
CoDséquemment, la < Land Tax » u'est aujourd'hui représentée que parle chiffre très-minime de 1,257,808 liv. st. (31,445,200 fr.)
Maintenant, comparons, si vous voulez bien, les charges qui pèsent directement sur la terre en France avec celles auxquelles la terre est sujette en Angleterre.
Je prendrai Tannée 1859, parce que j'ai sous les yeux, pour Tun et l'autre pays, tous les chiffires qui se rapportent à cette année; et, comme il est juste de tenir compte de ce qui a été racheté, je supposerai que la <r Land Tax 2> est aujourd'hui aussi élevée qu'en 1799.
Eh bien, même ceci accordé, les résultats de la comparaison sont les suivants :
France. — 1859.
Budget des recettes. .
Contribution foncière. .
Angleterre
Budget des recettes. .
« Land Tax ......
1,773,919,114 fr.
279,347,660 fr.
1,636,932,100 fr.
50,940,675 fr.
Ce qui signifie que la terre, qui en France paye environ la sixième partie des impôts, n'en paye que la trentedeuxième partie en Angleterre !
Autre rapprochement bien digne d'être médité : la « Land Tax Jit est à peu près aujourd'hui ce qu'elle était du temps de Guillaume III (il y a plus d'un siècle et demi). Or, depuis ce temps-làs le reveau public en Angleterre s'est élevé de
848 LETTRES SUE L*A!(GLETEBEE (l864)
3,895,904 liv. st. à 70,683,860 liv. st., et le reveno des c landlords » de 9,724,000 liv. st. à 54,678,412 li?. st. !
Vous le voyez, raristocratie anglaise a fait bon usage de son pouvoir parlementaire, et nul ne l'accusera d'avoir négligé ses intérêts.
Cependant que demanderait la justice? « Je suppose, » écrit John Stuart Mill, c qu'il y ait un genre de revenu dont la tendance soit de s'accroître indéfiniment, sans aucun effort ou sacrifice de la part des possesseurs, ces possesseurs formant une classe que le cours naturel des choses suffit pour enrichir d'une manière progressive : l'État ne violerait pas les principes sur lesquels se base le droit de propriété privée, s'il s'appropriait ce surplus de richesse à mesure qu'il se produit. Ce ne serait pas, à proprement parler, prendre quoi que ce soit à qui que ce soit : ce serait seulement faire profiter la société d'un accroissement de richesses créé par les circonstances, au lieu de souffrir que, sans avoir été gagné, il s'additionne à l'opulence d'une classe particulière. Eh bien, tel est le cas, à propos de la rente (1). j»
La vérité est que, selon l'expression du même John Stuart Mill, « les landlords s'enrichissent pendant leur sommeil en quelque sorte, sans rien faire, rien risquer, rien économiser. »
Et le grand penseur que je viens de citer n'a certes pas été le premier à pousser ce cri.
Non content d'appeler la rente un prix de monopole, Adam Smith dit : <r On peut considérer la rente comme le produit de la puissance de la nature dont le propriétaire prête l'usage. »
n dit encore : c Toute augmentation dans la richesse
(1) Prmdplêi ofFoUUaU EcotMmy, book Y, cbapter 2.