LETTRE XIII
De ta composition de la Chambré des
Cdmmuhes.
On a tàxi% écrit sur I9 hî!ifttï*ç^rîe du *y*tètne ëlectoral de FAngtet^i^f e , que je n'^bii^çyai point de votre temp^ , çn entrant dans' beaucoup de détails àcërt égard/ L^ttaquer par des iraiâônneiliens généraux est une œuvré facile , oîii'ôn n'a d*àùtre ^cueil à éviter que les lîéuxcoinmuns. En prendre la défense , et dhér cher à rattacher à des théories ingénieuse* 'des résultats qu'aucune théorie ne pouvait prévoir et qu^aticune théorie ne saurait reproduire, c'est une entreprise qui peut paraître séduisante à de certains esprits , mais qui tient de trop près à ramoin' dut paradoxe. Je me bornerai donc à prendre les choses telles
SUR hUjfQJuJS^TEïiKE. aÔ^
qu'el^s $ont , et à vous donaer sur la composition du "patlement quelques notions bien incomplètes , sans doutç, mais plus pratiques que celles qui ont généralement cours parmi i^ous*
Les élections anglaises peuvent se ranger sous quatre classas.
i"". I#es cow2fés».t .. .... .., ., ...... .
a°. lieagraijd^ Till«i <>ù la yfi1»,^t f^ \ pulaine. j... • ,i .^r -
S""* Les.petiites villes çh te^dipoit^citor^' appai^tieutàuni^ corporation. •
4°. Le» bourg» .clw ( clo^e ho^iighs)^, expression plus généralejqiie oâh 4^ bourg»
pourris 9 ou plutôt v/Winauli», qui s'apptHquiS spécialement à oim^ dont las. électeurs, ont peu à peu disparu ^ et ou le droit d'élire est devenu une propriété privée.
Non seulement ces difS^rens ^nvm d'é^ lection ont des caractèreet distînels , mais chaque claase prise à pwt offre encore plu» d'une variété.
6 'est H^ri^ le^é\e(3fti^MS>Ae eomté que se diéV^p^ht â k^fb«$Itoattiécla^ de Faristoéthttië ^ tùMéf i'éâférgie) pqtôiqàerdt^peUple anglais. La richesse et rimpoDtaaice ^ des cdiididàts y it ^itômbue (eb isL^apeik^é de» électeursy la pt^blitité da> voW y «la lutte active des partis , la <S€(lenmté duitiÛQuiphe , tout tiôbcourt à donner» à ces-éleotions un ca- TMfsèfe éminemm^ttfl nationa). Aus^i Thonneur de l'eplp^senter sa ptovinoe e&t-il le plU^ haut -objet de l'aa»bitk)iiidâs «grands propriétaires; et, quoique les membres de cbnité n'aient aucune prérogative dans la Chapitre des Commur^es, quoique leur ¥oix me compte pas plu3 que. celle dé leurs collègues; cependant la ne^re même de leur élection; et la grande masse d'intéî'êts qu'Us, repr éseijtent, ïçwr donnent une prépondérance natiuseUei et liégitioie* Telle ou tdié cjûestiott pourt'a bien être décidée cQU^tr^ leur avis ; mais fine administration qui serait habituellement en lutte avec la
SUR l'angleterre. ^6g
majorité, des memhio^id^^lQQff^irWkifSiit peinera sè^ Ëouèemovjiaêitfiei kÂ'f^i^ftW assjeRM igrkiidfi)' ttlp4riQfi*é'>i>u«érî<pie, ti}^
autre» •v®tefiL.|i.'îi'I t^ ir-r-oiiiu ri <ii'^iiiii
électâoaidé odiptév ra$lrôîgnaâ!t<|e..n9inbr)e
de CQiifxi^fpii/pÉuifeiU^jyift^pirer '-• Ç<s jSRUt ordiiiaiBmiËintiiles^ fils.etila^tp£(re<i%4^ fjifj^
riches «pairfs dui^noj$raii9i«M>Wi dflfi^ gffttjlfr homiaes dont le^ famillea ont de viçiUe^ rac3ÎaiiQSëiansiik))i^0inté, e)^ ?qwt/? pour ^lip^
traînent les voyages des électeurs non résidens, que les candidats sont souvent obliges d'amener deloinet'a'grand'peine' sût le 'ctiatai^' 'dé IbaMlIé.' lie^'âUtHos 'ïlb|èfte âo^éé^
dans les journaux, les honoraires des gens de loi, la construction des hustings^ les bannières, les rubans, la musique, les festins après Sélection', eté.,*ettf.'^ èàns patlèr de ces grati^àtiôns qu0,''psir ei^héliiâKDQi J9 netdé^siigii^rai^ poii^l bous ui^ apitre jbod?.,( Vqyez à cet égard plusieurs articles de la Revue d*Édîmbourg, en particulier celui de juillet 1812, et Técrït très distingue de M! CÎ)ttu, smtT A'fninistratiofi de 'htjusîii^ crémtnéUe en Angleterre.)
4iiee y idientîfiées atteo > âH^s mliéfê^i L'in-- IMtH!^'^^ ;<^a gëntîfohoitf mes t reptoM^même
<f^ de;. la haute àTîstaec»tk\/3)eA eetmgth
grtiQil^ . sut deft^cofitiniri^fflis^
;Supél?îear3. par! leur /vaacig^ eb^pâi*n)«iif^ff<m^
£iiiR« feis?rJn€erii^eidiuBiisrlè^ct^
i|ui< Jtie^ jouîssaieiliili pksyd^Buttmt &^iiAnê&^t
; Si' les. éliec^né Mttb paux! » lè^* 'iiDntMeft grasY^s 1 un *des premiers ifevoir» et « (Ie3 premi^r$. îatérêSte dé la 'vie pu^>lique ,! dteslxleyicôptç^tquelq^iffoâs^ pour les hcMRiime&ïri- ^^^ un ob)^( de meda^4 <éQii»ni& inneiloge à rOpéra QU un pari •à'^NeW-Mairkôt: Maisf'il j^% raiPeque ces préténtioiis ne viennent pas lâfJîii^ii^i? deii^aiit l€^tb€fi'6ans>de8 âisptéorB, ^ qu'elka fukùit ^'antsné) ^résultat iquè kie folles dépenses. ' ' / •• » • =T -^ •''
.,^n géruéral^ les &aisidiHine iiectieni'sont d' alitant moms .eeoâkiëiHibW icpte» rie* <^n-
SUR li'AhFOïihtERRE. ayi
didat «St^JJiUB jwj^hritô , et Joili* 'de plus de conddiépationiperëokuidtei On «Ttfît'daÀ!; <ô6 cas i^JiialltIëlç(îtcta^ipâyèï* dfe sa prbpre luw*» lesKvèybgite et le»'dépeïlsei^ dfotït il s^iicroiilait>6n dpok^^êtt* éétrayé'âAAs toute auferie îCOTooilstaiU)^^» et dôfe » sduStetipi- ^tm^ mtpfUpnt s^vtsi ye^iôurceâ péôKrfiiâirê^
temps représenté le toftité de Ywkfeliiré*; is'wt f^his4i <|B« V dan^ le 'Westmdrîelahd , Sr^qri)gfeûiB pâï^^ti^^ tei*d à^bï^iitliet*
lâf dyïMaBtk juâ^u^ici 'absolue -deîs LëWtheit. ilmaékfùtio^k tontteste'é^'sont hi0é«^»ire- •fii^qtik^ueoup pkâsdiependièUsë^ cpit (aél^ où'le$* isantiîddf s n^ont à Itàxsdt contre dtiéùh
aàf «waâîfe^^et^le&^Érois^s'élèveM d'âutaii^ plte titwfci^iblei^ioQnimrrelLs^ônt plus redou-
«ibki^pliliilâiiles dâirnièbe^^eetiom de lof d
MiitMi ^ pour le Yorkshires n^ pas coûté
mc«9flft4friftfeo;0rtoilm^rL'V4)us'serez sans
doute âtii^is^l'diiet^l&^Oîiln^ mais vous
m flf ^€s^ ps^i Dttoîn^'.dbila juuîàsie dont
^^/étépay^'i ;. . , -.1. . . i ■ .1 .-
^ I^ ooia^ dc^ I^ipiWiUiaiii ^ fibe dèi4<|rd
. xffms de jl.'frUtA^n|ti«.> * cohiir qoi ,^brille>de Vé|df(tH F^i^ l^^r^^.^inîœtL^pM^iDitjbar de
] . jîpifXç et jlç |4Wf^airft4 Ii^&inibistètp de tord GA^^eçeagKt^'% ^tM^r^ti^i jamita enMXiura
l]a(^v«x^:,to^t(^.l%P9nv«waMè6/lBbraleali il ^f^pire ,de i ^^,çtf^^^^tfjff\t()Uiim<nïlitàimB )
SUR l'angleterre. 2^3
levée. Tandis que lord Fitz^lkiil 's'écëur .pki!klA»vf)ym»^'i(6^lttiét I» ^étte'dle son &»^i, seà Suttà^f '^hh a'^éctîôtf 'piôur leiUi ivieioi) taAtxt&;ècimâe Wkmchtttiént auK JEifbettés(]pild»liqtie&;>'>d6]lt'kà ^MSé est .^isbà>%)|iui» Hé^fôiiM»^ se' irétinii'ént
Us^^aaà^céatpmÀ^tâtiî Hihë'-ih^cTipûon , «H le qpéAdditaétil ^iîV'&ê^ié '1^'dëite
pcDkidnWM»9Q¥«l»q]lE-iiàdriuÀiM''dfè^la . .^toirenéteèl»irâlé''ii lyitp^Nfflë^s àvàï'èntj cÀn-
BBEnoaioic^dlQ ifti^kMiésârkft'iës'lëcili'baux pe]àdkm4À^f«^lfi»^iÀ^tl'ànhët^i'Mâis wdtë'iODttiiMàB^IIJàziëyèàfe bieh ku}^ Maéjkxailiismiealiî^ ^ lèM l^iwillmm ; c»4MftiH^ «Sihff#^^^ fiyifsMVÀit réduit
volontairement d'un tiers le prix de tous ses fermages , que la baisse des grains rendait peut-être trop onéreux ; et, en même temps , voulant compenser la dimiii^^on de revenu qu'il s'imposait par cet acte de générosité , il a ouvert un nouveau canal , qui est à la fois un bienffiit pour le pays et une source de riçhçsse pour lui-iuême*
Qu'après de pareils traits on attaque encqre l^a prépondérance <le Taristocratie anglaise , cela se peut ; je dirai même que cela se doit : mais qu'on ne lui fasse pas du moins l'injure d'appeler du même nom les prétentions de quelques gentillâtres , ou les vanités de quelques courtisans.
Sur les quarante comtés de l'Angleterre , qui envoient chacun deux chevaliers à la Chambre des Communes , il y en a aujourd'hui neuf où la députation est ministérielle , cinq où elle vote avec l'opposition , et vingt-six où les deux influences se balancent , et où là députation est partagée entrjç
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les torys et les whigs; en sorte que des quatre-vingts députés de comté , trente-six votent avec Toppôsition, et quarante-quatre avec le ministère. Cette proportion est, comme vous voyez , beaucoup plus avantageuse à l'opposition que celle qui se déduirait de la généralité des élections. Faut-il attribuer ce résultat à ce que, dans la haute aristocratie , les whigs ont une supériorité marquée de fortune, d'influence et de talent ; ou devons-nous croire simplement que les élections de comté sont Tirnage fidèle de Topinion des masses? C'est ce que je n'oserais décider.
Les douze comtés du pays de Galles sont représentés par douze députés , dont neuf votent avec le ministère et trois avec l'opposition.
Je ne vous parle pas des élections de l'Ecosse^ qui sont illusoires, ni de celles de la malheureuse Irlande , que l'on peut à peine comprendre dans la sphère de la constitution anglaise.
..jfyfl^içlpcfiQnfi d^ç.poinj^ï.ainsi^guç nous vpïioiji^, c^ç. le voir , . 3^^T^^^ent k la fois aq^iiAtér.êtsa^^cp|jes^t,^jrj^ c3L^ la
haute aristocratie. Le carac^çrje.répvWi^ç^in .pré^o^nine,, au qoj^i^tr^rfiy dfiiis ^e^ éjections
xl*&.gf{in4ç?'.yillep; et .çpl^,ppur 4eu?^ c?jispns,: dl&lwTd, paJrfiç,Q^'il,ç3^is]tç viije.aU^
jj^ï^ATeUe, entriç i^s , i^ée? . 4ç/fhqcrft tiquas et JflSy|i^ftér/êt?. du cpinweçrc^. et dq Tindustrie ; eosjaijtç,, iparcç quç k: presque universalité kJç, 1^ populatiou participç à des électionis de.,c^ gear^v En effet, dans, plus d'une vUl^ , la capacité électorale n'est pas attri- .bné^ aux seuls francs-tenanciers, elle appartient encore à tout individu payant une contribution quelconque {scot and lot); ojpk peut même dire à toute personne qui n'est pas assistée par la taxe des pauvres.
En un mot , c'est le peuple entier exerçant ses droits, comme dans Rome ou dans Athènes ; et , par un contraste qu'on ne peut assez remarquer , le même pays et le même temps offrent le rapprochement
SUR l'a*gleterre. ^77
unique dé la démricT^âtîe' dés tëpiibllcjues anciennes, dé lâTëôôalité du in&jréfil Age, et des lumlèrfei 'phîlbsobhiques^ dé Ik 'éif ilisation moderne. ' ' » ' • • î'
C'est sur là' place publique^ é'est ^tu milieu des htiiées de la popùlâcd,' cjucleà candidats tiennent cbnqtlétlif' 1^'jnlfFra^ès
parla franche profession de leùï*s' sèntîtfitens politiques, les capter pai* le diattAe'âëlëiii^ éloquencfé, ou les entraîner par là v^i?fe^de leurs sailliéà populaires- Nul n'ità^gittërâk déroger," en se conformant à cet usage :^Jb ne vous parle 'pas de Fox, de YhbMme 4u peuple^ faisant tétentir la voix de la liberté au milieu de M foiile assemblée danjs Westminster ; mais Burke lai-mêmé','Ddrfce, lé champion de Fàristocratie , a p!i*onoï#eé peu de discours phis remarquables qiie celui qu'il a adressé âù peuple de ' Bi^istôl' , réiînipôur sort éléétîon.' . • ^ . .
Sir Sàmiièl ïlbnlilly' e^ , je crois , le seul exemple d^ii candidat qui , dànà urte ëlec-
2j8 LETTRES
tion de Westminster, ait été dispensé de monter sur les hustings , de haranguer le peuple , et de subir les honnein^s de la promenade triomphale ( chairing ) , qui succède à l'élection. Cette exception est doublement honorable, et pour Romilly, et pour les électeurs de Londres, qui ont su ne pas attribuer ses refus à une froideur orgueilleuse , et discerner au contraire dans la calme réservé de ce grand citoyen un sentiment plus énergique et plus vrai de la dignité du peuple, que dans l'empressement qu'un autre aurait pu mettre à venir chaque jour solliciter des voix et recueillir les applaudissemens de la multitude.
On a souvent remarqué combien il est étrange que dans un pays tel que l'Angleterre , quelques unes des principales villes de manufactures ne soient pas représentées dans le parlement, et que, tandis qu'on voit de chétifs bourgs de quelques centaines d'habitans envoyer deux députés à la
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Chambre des Communes , des cités importantes , telles que Manchester, Birmingham, Leeds , Sheffield , n'aient pas même le droit d'en élire un seul. C'est là en effet une absurde anomalie qui ne saurait tenir longtemps contre les réclamations unanimes des gens de bon sens. Toutefois , telle est, en Angleterre même, la supériorité de la richesse agricole sur la richesse commerciale et manufacturière , qu'en 1 8 1 4 7 sous le régime de V income-tax , l'impôt sur les profits du négoce et de l'industrie ne s'élevait qu'à a,8oo,ooo liv. sterl., tandis que la taxe sur les revenus territoriaux en produisait plus de 7,700,000.
Il est donc assez légitime que les intérêts agricoles aient dans la représentation nationale la même, prépondérance que dans la nation même; et quoique la race des gentilshommes campagnards ne soit pas plus amie en Angleterre qu'ailleurs du perfectionnement des institutions et du pro-
â8o LETXHES
grès des lumières, on ne saurait nier cependant qu'elle n*aît quelque droit à former la base de la Chambre do? Gqmpiines. C'est elle, en tant que représentant le statu quo, que les partisai^ des ij^np:vat:ions doivent chercher à convaincre , et toute mesure qui passerait B^ans aycir été comprise et adoptée de J^ ma^se des propriétaires fonciers , n'aurait pas de véritables conditkms de force
SUR l'anoleterre.