‹ Lettres sur l'AngleterreChapitre 9 sur 12 · LETTRE XIV · texte numérisé non relu

LETTRE XIV

■ Suite du inéme sujet.

JM ous; nous sonupoes entretenus , dans' ma dernière lettre^ des électiotts.ptÀlîcjùes'ét popidaires des comtés^^^ et dés 'grandes vîlles. H me reste maintenant à vous parler des deux dernières classes d'élections que, je vous ai indiquées ; celles des villes soumises à Tinfluence d'une corporation , et celles des bourgs dos, à lojdiâposition d'une famille ou d'un individu.

Cette distinction , quoique fondée d^une manière générale , n'est pourtant pas d'une exactitude rigoureuse. Rien en Angleterre ne se laisse soumettre à une classification si méthodique. Je me plaignais un jour à un homme d'esprit des irrégularités sans nombre de la langue anglaise. — Vous vous

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trompez, nie répondit-il plaisamment, notre langue est très régulière; mais il y a une règle particulière pour chaque mot. — Ce qui est vrai du langage , ne l'est pas moins des différens faits de l'ordre social et politique. Quoiqu'ils soient liés entre eux par de certains caractères communs, il n'en est guère qu'il ne faille étudier séparément.

Ainsi Ton pourrait citer mainte ville où l'influence électorale se partage entre un riche propriétaire et une petite aristocratie bourgeoise qui lui vend ses suffrages par une sorte de convention tacite et permanente. De ce nombre sont la plupart de ces quarante-quatre bourgs de Cornouaille , qui depuis long-temps excitent le blâme des publicisles et les plaisanteries des hommes d'esprit*, aussi-bien que les plaintes de la population du comté même , l'un des plus fiers et des plus indépendans qu'il y ait en Angleterre.

Telle autre ville qui compte plusieurs

centaines de votans, et où le droit électoral appartient indistinctement à tous les contribuables , n'en est pas moins uti bourg clos, parce que des circonstances particulières la mettent dans la dépendance absolue d'un grand propriétaire. Telle autre, au contraire, où le droit électoral est concentré dans une petite corporation , ne reconnaît d'autre influence que celle de Fargent , et la députation en est accessible à quiconque veut payer le prix convenu.

C'est incontestablement dans les élections de petites villes que la corruption est le plus fréquente, je dirai^ presque le plus naïve.

Un des amis de Sheridan s'occupait de le faire élire dans la ville de Hereford , autant que je puis m'en souvenir ; il allait de maison en maison , recueillant des promesses de vote , et faisant tout ce travail préparatoire de la candidature, que l'on désigne en aïiglais sous le nom de cam^ass. Après avoir vanté le talent de son illustre ami , il

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faisait valoir ses principes politiques, et surtout sou attachement à la doctrine de la reforme parlementaire. — Ah ! monsieur, s'écrie ufi des électeur3 en l'interrompant, quç vous avez bien raison , et que M. Sheri^dan e^t un bravç homme ! Oui , certes , le Parlement a besoin de réforme; qui le sait mieux que nous ? Depuis quelque temps , le^CTpiriez-vous, ces messieurs de la Cham- ^^e des Communes sont devenus si avares , que bientôt les pauvres bourgeois ne pourront plus vivre ^ et qu'un honnête électeur sera obligé de donner son vote pour un morceau de pain.' —

Mais comment se fait-il , me demanderez-vpus peut-être , qu'un système si patent de corruption puisse se maintenir, en dépi|; des lois destinées à le réprimer , sous l'empire de la publicité, et ei;i présence d'une opinion publique si sévère sur d'autres po^ts ? A cela j| je n'ai rien à répondre, si ce n'est que c'est une bizarrerie entre mille ,

et que, chez les peuples même les plus avancés en liberté, les progrès dé la morale sont beaucoup plus lents dans Tordre politique que dans les relations privées.

Un défenseur acharné de tout ce qui existe ajouterait peut-être qu'il importe peu que les élections soient vénales, tant que personne ne réclame , et que les choix tombent sur des hommes dignes de siéger dàiis le parlement; que, d^ailleurs, dès qu'il y a plainte, dès que la corruption peut être prouvée , la Chambre exclut de son seiil le député dont l'élection est attaquée', etp'uhît le bourg coupable par la privation dé ses franchises.

Nous avons vu en effet deux exemples récens de ce châtiment mérité. Mais une pareille procédure, instruite devant des juges dont plusieurs n'ont pas de titres plus légitimes que ceux de l'accusé , n'en reste pas moins fort étrange.

Les bourgs soumis à une influence indi-

viduelle ou coUeotive peuvent se ranger sous trois catégories.

I ^. Ceux qui sont à vendre au plus offrant et dernier enchérisseur;

2®. Ceux qui peuvent être achetés , mais seulement par des candidats du même parti politique que le vendeur ;

S'^.v Ceux que les grai;ids propriétaires distribuent gratuitement à leurs parens , à leurs amis , ou aux hommes de talent qui peuvent donner de l'éclat à leur cause.

Vous serez peut-être bien aise , à cette occasion , de pénétrer un peu avec moi dans les secrets de la tactique ministérielle.

Parmi les propriétaires de bourgs il en e$t plusieurs qui,. étant liés d'opinion ou d'intérêts avec le gouvernement , viennent hii offrir les voix qui leur appartiennent, soit gratuitement, soit en échange d'un certain nombre d'emplois publics à distribuer à leurs protégés , soit pour une somme inférieure à celle quils seraient en droit

SUR l'angleterre. iiSy

d'attendre de tout autre acheteur. Vous croirez sans peine que les ministres accueillent et sollicitent avec empressement de pareilles propositions. Cela fait , ils commencent jpar assurer Feutrée gratuite de la Chambre des Ck>mmunes à eux-mêmes et aux acteurs qui doivent figurer dans leur drame politique ; jmis ils revendent aVec bénéfice 9 à des hommes riches de leur parti , le reste des bourgs qu'ils ont accaparés, et en rachètent d'autres avec les profitàde ces premières reventes.

George in , m'a-t-on assuré , ne manquait jamais de contribuer de quelques milliers de livres sterling pris sur sa cassette , pour alimenter ce petit commerce électoral.

Il ne s'en est abstenu qu'en 1 806 , sous le . ministère de M. Fox, trouvant sans doute que l'occasion était belle pour faire des économies , et que c'était bien assez de se résigner à des ministres amis de la liberté , sans chercher encore à augmenter leur influence.

a88 LETTRES

Je m'âCteridà /de V(5tre part , à une objeelâcm ^dr«t«»ai^ilè.')¥cM patthz^ allez- VDia^imerdir^, ^ pibpeiS^^teà àé Êoùrgs, d'hoKfanaraTqui'teidl^t/qui âcUèteht', qm âésaBitt âf»>fpltl6k ^«ii>^Pai-IM'eiit. Mais ^udqUei iiik6oâi^«qiié>'âd!è!nt -<!è' '^réilles . «loelik»!|9k9f f OMftè'ëdhttidfùrtaïlit âèk êtres hwnaihi^ftdwi'tifégmte& doAëés'VÏ'Mtellî-

.maisiqpt'îlk^içaw tw^titettiëiM '} tr&è Vbfônté

i<|ii>Vm.>wut'}elii>f imposer t^ ' *'' •^i-n: . Cekl arnve^en eïfèt ^* quoiqtib 'î»ki*èAifent ; A^tiA 9sKde)Yinâiieme électofôle coiÀihe de rinfluence aristocratique en gériéraï r'fan Iqi^tvmi^e^ IV^èiiSàeréé^'et lèpeiiplc ang)^^ sy âO^mâf^folontifeMr; Akhtfèhtk la oaaddÂQH setdeiiéiit quW ne hèartërs, ni de ^emtaîns ^oits ni ' de^ ceitâiilis^ *&<$htiiiiens des coawenances'vitifâlcjis^' Pôill^'l^ii' t|ue Ton franchisas d»^]i^^ dto'pél^ltii'paraît légitime , on. ^rbit>repdr8litaH^t^«6'!^ fierté et toute son indépendance native.

SUR l'Angleterre. ^89

Je , pourrais voiis. ycillsr tel ' bourg , situé daii3 le pvç mêflpe d'iœgraidl Be^neur, dout y^v^ \^xsi9iMm bi apfsirbeimeiit , et dpjat Xiç\x^ \^^ vQtaite ^ qouiîqae timft sa d^penfi^LJi^pirfsqije »bMlfie^ H'etia^aôeiit p9ft.;p[iQiu»,si^^qi^le)^g.^)«oa influenoe,

pajvc^e qi:^'^ijUt4^^9PP^^ opm<m8«t

^^^ff^ff^^$j^^Ç^ i94w^99taM)(»nfe«té lamb'

^iés(^9u^;|:41e|gea9j»)f|lb ïMr

t;^nf:(:e^pc|urf^$sa^vya^tw^ grands

seignairs, au contraire ^n«<tralisHeCtrdmt pqiljijl^^l^ucs. hérftief^ti'îinin^rncrclkiiAelle q^ii, le^. iu^jouJi?dtlHtif soMmilb ;à I tonflfe» leurs yQlon|l(éspo]IJt]^pie$i.; .. !. » r ^ m» . .

. jV/gRis. yoyez? dpi^e <fae* i'«ii teominêttrail ufifî fTT^jui^ eofit perCant itor ki^uestâdir^ël bpifi^ «€]<if im jijtg^f Ht f«r l3>op iîb)s€)^> Cf^}^^ ,<|UQ»ltiteuDti . d'dîlkun^ tic ; sMMisë^ çf^ff^i^M toiil»^ le» . , autncs ^ è * ranptre de rqj^^^qpt pip^lîquité TdibMi^' obtiendrait r^^^^l^^i^riittg^lérolv en'dRrdtant à se-

'J,QO LETTRES

co^er le joug ; telfuutre ^ au contraire , encourrait 4ti ^l^vm^^t siesf )t^ntatiYe^ seraient co«si.d§r«^ comme., utkè.:espè€e deiirébel*

( Lg ^ijile d^ {^tflrborqugb mi^ une de^oeiles oùiW> 4roijt|d#, v^tfir Appartient À,tQusies cdtçy^p) p^yi^fi ^<^of #n(i loti i £Ue . a . de> (sâx à ,^t i^^t^ éikfit^m^ ,r plm par eo(nsé<fueaQ:t que maint ,4«j3iartei»€[ijiit .de lîi.EranoQ, fet pqur}Ai»t^Uetf$l Comptée par»aii les bourgs 4p,<U)rd jlfitoiviUiam , doit i paiioei qufelk œt ^tm¥( '4U ^i^eu de 1 ai^ 1 . terireii ^t e( : <{«e< la presque tofbaUté de^i BSAi^on^rluÂiapparliîeiU: , 9CMtti pwoe qu'une* longue lautte d'^etear de biei^Yieillanoe et de génévositérùnt attachée à la^maiflon (dç Wlenti^Korth. l^offs- de la dern^fire électîcmbi M. .Sq^l^tt f^t kjoaAdidat prfÇ^nté par lord Fit^^^ilUa;in aux éleetews de JietiBa:'borwgl>^»ÎJ«if»tçl choix, Tbioamlur du barreau |in^aj0^.de)\Ait9àxm qu'il aiemble , être accueilli d'une. voix» u«aiywe{ cepend^nt, cQnf;re t^oute.atte^/^f nm Qftpfosition

se déclara, Quelq»ed persoMies entreprirent cfce donner {ïour éoacftftirektàïMj Scar-

lett je ae sâi^ quehhosiii^tfe' obâfèUt^V'^^o^^ les talens et le caractl^é étâiferiit^ AiiU^ lieues de pouvoir soutenir le pàtyfèM: M Victoire he^^fut pasidiffîoîte eoMi'é'uï^ pfeireÔ a^dtfer- Mkre; néanmoins il y eu)?iUtleteispèi[5é de lutfie^ et M. Scarlett erat ckl^^i1^^ le peuple du haut 4m hmtitv^s} ' -^ (^ *m i

L'éleetîôflï'termitiée'r l'èlifeiN^sèiâilëë'ëal- «éevle$ hâbilanS'de P^tibùTbiigh | èetiîtlàiH^nirtenit qpii aTaievit été le pliikb proni^îicés da«i& l'opposirion^, nfe> tardèktefit>pa&^ à Concevoir de l'inquiétude] Qae ferait lond Fitzmlliam? Hausserait-^il le pri^^des loyers?

Rpiverait^il la ville d« telle <M. tdlé cohcessi€«» gratuite ? Bn un mot, quelle vengeance tirèïrait-il de Tinsurrectioft ? Mti âfentrment de vei«geance ne pouvait entrer dans une âmeailssiîélevéequfè celte de lord Fitzwilliam^ T^otefeiî^; le maintien de son influence ëlectorale kii paraissait d^tine trop grande

^gU LETTRES

importance pour qu'il tîrût pouvoir se dispeABëf >de «ébioigiàepiscmiiâéebntentemdn Il éte^a ûomude Kjmlqaes isôas >]e péàgd d'an canal^^misiin ^lia '^leden Petetborim^ , qu'il t i&fWLt eu- » la> (^énévùsiïé de >maiiUHiir ju$q«i'a]o9i& fà W3| tanmiort îiKférieiir àcccftui de tous les autres canaux de il? Angleterre ; et cette légèvd^augmttntatixm) «fie* droits vtjui n'aurait pettti^êtrajandiaisii^ lieu sans là circont^tanpe'derd^eeticMii^ produisit dans sa fetttune^ up aœtfoiœeilsentj ^ der {ikisi de âoo^oQtàrjàtide^rëvèwkjiàè ptinc^lair évolution de lrivd< FitsDwWiami fifk^eiUinoGailïae < que la ville lui^eiivoya iimei dépàlàtion jX)ur le pî?ier de la ^révoquer ; «miais^il' jitj' cofisentit pas. <!c MesH6ursi^ ; jdiWl auoLt^ioLépriirtés, en a <îfaerdhantr à repousser l'âUfistre ^candoidat a que je vous prqs^tais^ vous avez ujbàdt'un (c droit) ineontestaïUe , »et que j/e sxm la-pnBce mier à raeonaaîtrB.^ËaihaifiBaBtilelipribc (c de mon canal ^ j'iise eu mim^ious -ditmé ^r faculté légitime. iTaiit i|fie'inbu&;68F€ii|s

SUR I„'A/^Gl^.pTE^R)f j ?93

ccttomèTOi debdn^tofflôes ;.iiia!îfi dirVdtwslvous ai railermeai dan» «k da^naiéet rigoureui^ du c« idroit y aaa (vons létciiuieiEi pas jque^ je t$fûve

eKenbîtaistè dunst.losîieletiËiGilS} da liAngleteroe ^ - ef 6iiti ) nxf qnei js . br oi$; : impoœible .de cbnteif^jerjMbnest/ ^arateim qu'aujonitâ'luii tmiâiiièjbbindjfiTitq d^latClbarabrr djest 'Gom-

iia}( Lqw nei Jsiâèifcl) guiàre « à > plus . êe ^huit tmiik •persf>ni)iâisr'v^ doi^ila ^plupart isoht ^dastô <ime ddéfMriiidazitte |)FÊâque i absolue d'eavitrèni^oent cilaqualiteiiamilles^usoît du |)arti «mikiistériel'^ soit/ de 1 1 Wppo^ition. )|laÎ9 il xiîepti pasr iapL€Hii3 reertàob ; ^i^iM )k: nombre /total iAé9 («koyèns kctîfi' test <pki6 iCQUfiîîdé- >rable «ni Angkterretqnê dhuB ; aucoEi antre -pâyS'tleil'Burope ;tquè'toiitBâîiesi cksses du peuple participent au mouvement , à Fin-

térêt, à la Vie, dont le îibre exercice des^ droits civiques est la source J et qu'à l'époque solennelle des électiôtis , il n'est pas un esprit qui ne s'agite , pas un cœur qui ne batte pour le triomphe de sa cause. Comment expliquer cette contradiction apparente , si ce n'est par deux raisons fondamentales , la publicité des votes et la diversité dfes modes d'élection?

• Cette diversité , loin d'être ini' InbohVénient à tocs yeux , me parait au édîilCraîtie' le véritable remède des défauts' Vj[a*6h peut Veprocheraii système ëlèctorar de PAilgfeterre. Non seulement jy vôîs^Fîmage fiâSie de tous ces contractés de Tôifdï^ef social dont nous avons si souvent pàtlë y màîé ff ttt)ùVé encore la ferme assurance qu'aucuil'hoirtme vraiment digne de 'i^ié^er dans îé séAat'.

n'en sera jamais exclu. C*eàt là uîie vérité^ trop méconnue de ceux qui n'ont pas bien' étudié les faits. Ils voient des bizarrferîës , des injustices , de la corruption dans le sys-

SUR l'angleterre. 295

tèine ëlectoral a^iircl'J'^u^ en vigueur; ils entendlenjt diFe.,çpj^ ffn, en. çlçutwp^ ia réfpïîiwe, çj:, pv vflije, (Cp.n?4qweflÇÇ (3^96?? na-

leur^ . ,cçtnçil;çijy5ew,r ,Çn • «K)fit, rq^opssés, ,paf

Non 8euJ«iin绫^fHim»^A?*.gH®i?P ÇJ^ambre des Commîmes T^p^sc^^ d'iifi^ç^^D^afiière

partis^; ^f^ jfî, i»P,,9f ^0& jm*, ^'9%m^ f^ tout (at9yfi|i,?>pg;f^(&i.dp?i,t les, t^jj^^j^.les lumièçeîf iï^^.ri^p^i^,ifl[)^ p^^cî^ 4^, 1^ .Fjarlenueftt, çst,çert?^j^, 1^ l'.obtei^^ i'^H/laLdé-

à »e rqn4rÇ; .%n<^ <J?: V^tiï!»fi PHl'.feÇ.- , JL^ ,ii)^^-|^., dp, j;agricultu;^ç„ iCQpaBae

ecj^^ d]ui çoffflpecce, çt 4p l'indus^ie , les

▼ieijftes ^ïftbi;tïi(jl^^p>fl»;^^ le? idées oouvel-

l^^#o^t,a^^^4e^p]i(iyer.des orgues. Le

d«%];i$^r . <|es, .>^raj^|;^p^Sî j arj^^cjcratiques ,

l'ardent,. aini, 4çf . iw^^^**'"* libérales ,

^g6 I^ETTRES

rhomme spécial, dont l'activité est concentrée sur un seul objet, le publiciste philosophe qui embrasse d'un coup d'œil impartial l'ensemble des intérêts de la communauté , tous ont leur place marquée d'avance dans la chambre élective.

L'Amérique elle-même, la sage et libre Amérique n'offre pas à cet égard les mêmes garanties que l'Angleterre. En effet, la conséquence nécessaire d'un système uniforme d'élections , lors même qu'il est assis sur les bases les plus rationnelles , es\ de donner à la majorité , non pas seulement lai pwpondérance qui lui est due, mjajâ. k pomvoir.

absolu. Et l'on conçoit aî&éfmnt leoiameht telle aberration momentanéi^ i dans les opir nions d'un peuple pourrait , to^ut dus^i bien que telle combinaison > machiav^lîqu6 dams, les mesures d'un gouv^rnementv^i^^Qlw^îde la représentation nationale ,çfl* iwwnmesi,»

les premiers de tous dans l'^ardua tWHjt^lecH . tuel , poiir qui la recherche de la vérité est

SUR l'angleterre. QLgj

un besoin autaht qu'un devoir , et qui savent se tenir au-dessus des passions populaires , comme des séductions de Tautorité.

Or, les hommes de cette espèce, ceux qui débutent dans la carrière, aussi bien que ceux dont le nom s'est déjà illustré , trouvent, dans la grande diversité des élections , et dans Tinfluence d'une aristocratie éclairée^ la certitude de leur liomination.

C'est par cette influence que la plupart des grands^ hdmriies de l'Angleteri^ sont entrés pour là Jwpemiferefois au Parlement:

des^aimsipôi^ans*, discêtinànt de Bonne heure deâ tsàlem *enc6Pe inconnus du publiîo', lewr o^ ouvert utie tîamère qui , pendant l0ï^'-temp8,p^tMè!*iB, serait restée fermée pour^ eux,' s'ils avaient été obligés d'attendre que 4è«àr Héptitation eût conquis les duffraiges' dèleilts cmièirtoyens. C'est par cette même irtfluende ^ qu'aujourd'hui encorelës^ipemiei^s oràteurà de l'opposition, Mackintosh, '(Brou^amV Scarlett, Aber-

^gS^ LETtRES

cromhy , etc. , siègent dans la Chambre de^ Communes ; et Ton pourrait même scMitenir 9 sans tomber dans le paradoxe ^ que , pour le bien général de FAngleterçe^ il est préférable qu'ils y siègent à . 0ip litre , que s'ils y avaient été portés par unfe élection de comté ou de grande ville. Ge^ par la méditation ou par l'éloqu^ice ^e les hommes supérieurs sont appelés à B&rir leur patrie ; et des rapports joum>liiers avec un trop grand nombre de eonwnfettans , absorberaient un ten^ps préei^x que réclament des intérêts d'un ordre plus^ él^xfé. Ces détails' d'affaires sont plus ntilemimt placés entre les mains de grands proprié-^ taires , que la gestion même de lei^r iortixfie privée met en relation habituelle av^^ isae foule de citoyens , dont ils coni^aiss^nt tes intérêts^ les vœux et les habitudes.

N'ouUions pas ici une reinairq^ue essen-* tielle ; c'est que les meilleurs chajnpioli^ 4e la cause du peuple , . les véritables inter-

SUR l'àngleterre. 299

prêtes de ses sentimens , ce ne sont pas des députés sortis de son sein , mais de»

hommes qui , indépendans par leur fortune et par leur position sociale, se sentent animés dWe ardeur généreuse pour la défende des droits du faible , et d'une vive sympathie pour les souffrances du pauvre.

C'est sir Francis Burdett , c'est M. Bennet , ce sont des hommes issus des premières familles de l'Angleterre , qui élèvent la voix avec le plus de force pour la défense de la classe laborieuse'; ce sont eux qui , au sein même de fa ChàiAhte élective , protègent de pauvres jourhàlié^s cont/'e les rigueurs d'un maître absolu , ^ qui couvrent jusqu'à de malheureux râmfoneurs ' de l'égide toute- |)uissante du Parieïnent; Un député pris daiis les *rarigâ inférieurs de la société aurait-il la ttiêftie force , l^s même qu'il serait porté à là Chambre par l'élection la plus libre'P'Noi^ sans doute.

L'exempïte de la Suède est curieux en

3oo I. liBurpEs

ce poirit'.'feëi:paysàftis';*-fcolttittë diï'Bâit, y forment' Uft!'dt<d*ë "à' J)2trt' dàriè"fe' i^èprésenmtiènXMtiéhâief' et f&^ëêt-tmjmts 'des paysfeti«"é6ttlïÔe»'ëtiii'J^tfi*à WnfééAttà ' de choiftir >pd*t1 a^fësf^'!ttfM(é.'J^tfë« "i-é- 8ul!«!-tiil»P"G'è§ifM^';'d^I)rifaî4tii''(îlféi*eSdtJé- ^ieiidetlëâ a<lkit^&^ d^' tàlëht'dë Ù pàtdte , leurs délégués se voient en quelque ^dHë ftir- <3éà''4«iV<K;e« de «ôAftan(»"à^^ ïdiritofelesse, <à:'40 ke''làitee)i-i ditigët»' pà^' sôïi 'irtfltteAltie ; tfe'È)^ "(Jtife^dés déjyrités riche et'éfcîàli'fe'à»sut»*i«aient'au* àêihètà^iatièÛèiév^^Mre FiK*é|>fetidliri*ê d^'ftàt qiiii'leàr'ïiïari^lé; "Ûe'^il i'rtlpbrté"à« |)euf^ , ce ï/ést pas d^tne- représehté ' dàfis 'tellie ou- telle prb- JibMôb ' httàiéW(^Ue V ■ dti ^ des hointfies plùsl 6to'<ndîhs^tfe^p!rttfchés' de^M ' éfessë' i(ui lés 'iAôîsi't , iriàte "c^èyt (|aë 'à^»Tbii' ibit 'entendue; c'est surtout que quelqùlé^'iétectitttt^ dérrtocrsitiiqués , ' 'ëh' réwMssaht' de gt^lldëi' mïlsèëi kUi«itlWisëlil"|fJdi'ilt';Mitf fessent' âèntii* • 'èr fo«ëë , 'et' Vâ'^tieHferîif ! St' bèux

3gi

qui le gouTernent , qu'ils ne le braveraient pas impunément. Quant au plus ou moins grand nombre des réunions de ce genre, ç'e^t^une question que Ton peut trouver secQ^l^^^aj^e. Le mouvement salutaire d'une élect;i^(c)e Westminster n'est pas renfermé dafi^J(e^einte de la capitale; tout le peupi^ ,^, la Grande-Bretagne en ressent la vibF4f4fl|i.

,M^^ff^ prêtez pas pour cela , je vous prie, rii^jlj^^on de défendre en principe la prépoipi^fRnce de l'élément aristocratique dfip;L^Je^ élections anglaises ; rien n'est plus loiiji, ,d»^ . lïia pensée. Mais , en prenant les cl^çsfî^. telles qu'elles sont, il est juste d'en pjrjççen.ter les avantages comme les inconv^iexij^ ; çt il est prudent de se mettre en gftçdg ççTitire les généralités un peu bannfilles qu) , .abondent de l'autre côté delà qy,<pstion.

Vpps ^erez peut-être curieux de connalti^e; dan s quelle propprtion les opinions opposées se trouvent représentées par uu

3oâ LETTRES

système d'ëlebtions si bigairè. En Toici le tableau ^ d'après la composition ajctuelle de la Chaiabf 6 fies Communes. Vous remarquerez toutefois qu'un oalcul de ce genre , loiPS aaéiileiqueles données en scmt justes, n'est pi^ ^useeptÂbJe d'une exactitude timthématique, et que d'ailleurs il est antérieur auxi 4eriûèrai combinaisons ministérielles.

Aujourd'hui-, en effet, toute elasi^ificatioa d^J^ .GhgiBixre ,des Gammuaes ^r^^it, «en fl^^que jK>rt(ê> impossible. Ettil^leiUA huancas m i$pnt t conifoaftdtieai j< pl6Bi€brB Mli^nctions de pariî se^iqnt ef&M^éË» ; ^ et o'ei^t un teait fwt hoiiorabl^ du dàrsicltère^de^t^ c|ueJ'<inpre$sBiDtolL;a'ito leqti^ ffe^cmt^ëficouragé l'administeaftoan' par^ leurs 'suâ&âglQ^i dèstqutilstr^mt-yiké dâspi^sée»^ ad^ter , d^jR^JeSi (pestions éocmiômiquô&'Si^toiilt'^tÉae marche plus conforme aux intérêts^ d^^li^to^ pays, comme âus(|krJta)dipeâiuni<<^e#Àëlé^e la

; Q6$. . ù%s { cent cihquhnteuèMitt ittirmiMI^ qui composent la Chambre des Communes ,

SUR L ANGLETERRE. 3o3

deux caite environ votent habituellement avec r<>jppo^À£i)Qn ; . le nebte > appartient au mini^tène^ en y <^mpreiiAnt quinze ou vingt vQÎ^ j^eutr^ qmm portentîd'un;oôtéou de l'autrie \ t suiiiant leur < cbm^lctitin , < mais qui , le: pki$i ^^veiftt y^ soutie^iiieqt )e& mesniu^es de Vadminiistpation; > . .

Si wm^' analysons . maint^aant les différm^ gemtûs^ d'âeclikni , nou& f&cnMis que ^ur q^atl3e-^ûil^ihdouie députa ^dôg'cofaités id^j(VA»@tetfiite .'et <Ji4 payai de ^G^HeB,

cinqaipi^d^wt «ppeoitifiniaent ali minifitèfre ,

^t 4parÉmtei4<M*3t à Voppowtionvî - •

I^ps^vill^ 0t les boilrgfi fouiamteftt quatre ecnft ivin^tua f mkm^eki dcoat ttn% vingt^n y^S^^t *w« iy>;{Ç)QÉâ^^ . : , Les. éli$c£ioiifdia liÉcOsae ddnuent trente- $^<^tiv9i^. aâi. iipÂnistèce j ^et dir^si^uieineiit à

. 'IVjpjyK^sitiOlî^ f ' /;:.: >.îM. rp- î- -, ...

il n'y en a pas moins de soixante-dix-îieuf ^ SORt ^fifluÉud i II tKipflueiioe* du ministère.

,;•! • «1 i"jî '.7 1^'*' • » Ml it* M J» / i>i : '! * '■ . '

3ô4 LETTRES

En réduisant ces diverses fractions au même denQiQinat6u;r , oi> trouva laa rapports suivans: . .i.^ur- •->' '• ^ ' •'•'■• '"

Él«ctîoiu. Oppotttion. • "^ ■ < liAtûtéîre.

De cpmtés, /i^s .^i^Èfn ^ [ :/-/iqc:i> - Ux >u. . ' ■ '

terre sejale ^ . . 45,çeiijtièpaes. / . 55 çj^fijâièmeft.

D^îDatisrAnglelerreet le * r i

Pia>UesetjK»^rgsv)Çfi..f^,f|frr. »fvî Irte^*-^^*^^^^'^*^

De l'Ecosse. ^..,.., t..., j>^?;î ^îfiih T^/O*// à'^^''- De Ilrlande. .......,•. ai . . ^ *70 , ,x , , -,

.Vous FQmaçqij^^ .sîujis ^Hteycd'^wèfc cette écWle ^,propprtioi>.j,qife,fe;f 8|»pbirt:dû parti de ^Qppo^tion i^iÇQ^til^ djtihnttiis^t tère diminue' r;^pidepi^|:r à i^fi^uiKifmffih^ élections deyiennei^pl^ UUiiH>iiI<îs ^'

Deux calculs faite, ipî|r IprdiJobn^ Atcfairl etlorid M^ltc^ ^t^^i??j^t.j|H^,f«Jk'0»mHge ^ les bourgs dans l'ordre de leur popujatirauf le nombre des députés ministériels est en raison inverse de celui des électeurs; en sorte que , pour les bourgs au-dessous de cinq cents habitans, le rapport du parti

ministériel à l'opposition est de dix-neuf à un , tandis qu'il n'est plus que de trois à cinq dans les villes au-dessus de' cinq mille âmes.

Ces calculs approchent àé la vérité; mais je crois qu'oh aurait tort d'en conclure que le résultat immédiat , d'une néfbilfie parlementaire fut un grdnd aèerdfestetfieftt dû parti wlfig dans là^^Chaffibre des Ç^pmimes. Xlette réforme deyiendrait sans dvii^'ilaTdl«i^<^»'>Ia^aii^'dë la Fiberté; maifi|'feWdf^li!S%âft 'éh; ihôd^âiit les ràp- . pevtSf(de^dë|»ftÀ'!ivécr'Ia-hMbh; (jà'èn diéiigquwM-'^c^Di^HîôÏÏ -hiêmé'' de 'l'assemblée. .'<J»J<rëèlitaÉÈftore' 'èette idée *te ' sbBpiéiàt4oW&'^gtfëitê,'pafce qu'elle me pi^faîtii««ifeirânW*fe'Vi^î jioint nïè vue de la qucatiotaii\>>";

U» 'lî '

ao

LETTRE KVi

De\la tf^rme pqrémssntmre. '

l<>l ^^fl<t;l ••(' <*>r • ^ .• i t t

presque tpu^, J(es. ;g*ayi4s. homi»^ [d'état de rAîfgJeterre. on% ^pp plus m wf>iofi pçiTti- ^ans dçl^ réforate parlemei^take. Wypdham

ppi^r. jle ^u^iffitipp puf et .^^îjplej^s ff^tfir tig^s \ op plutôt^ d^, Wlîmmef <??^i^1^fi? , . et, qui ait défende, ^lî4^»CT,t^j^f^ dpi?,t)Qurgs cIqs , qojgcwe u^ droit dfj. propriété, Bij^k^e a;.T?afié dam Fexpressiou de ^es spntiïnens ^.çet.^gard. Dujreste, ftans parler des temps, dç ][^ r^ul;)lique ,. Qpus voyons , à diverses époques et à divers degrés, lord Çl^rendon, Ip^rd Chathaffi, ,/Pitt', Fox , etc. , récl^pier le çl^^ngeme;!»; %^ystèpie électoral, ^t^ sgi|$ plpyte , pui^\^;^pijès

SUR l'angleterre. 3o7

s'être relevé à la restauration , . ce système n'a pu être ébranlé dès lors par des autorités si imposantes ^^t! de ii 'grands talens, il faut croire que ses racines sont plus profondes qrfoa iiëApense\ oommûnéàient.

Aussi voyons-nous que la question de la

i^forftië 'p^rtémëAtdie; agitée avec l)Wît,

f dtftes lés' fôfe qftie ijÛëîcjué circHlistance ëx-

t^âbrdînàîre * 'ftlt éj^rouver' au peiiplè un

mùlàiie 'gériér^al où pattiëTj retohtbe' dans

Fksyôiiîiissémeht! aussitôt que le l)tén-^être

^reiiàît: Et ;'' parmi (^élik^là ttiêmé ^Vi^kn

bèbùjiërit habihiëMbméit, 'fl 4iy a^guère

(Tîlïtérthécli^'rîè ëhà^é' des utopies dëinago-

giijilè^ ,' fe* ^'^ ifeodiflcafiôns si timides,

. ijd'elïes Uiéritéiit' à peiné le iidm de ré-

îctrme', preuve ëettaine tpe lëâ Idées et les

'Vtiéuxtfb'htferiéo'refiëriiîé bien fixé à cet

ègârd. = '

' ■ *V<W«' àWz' sotalen't " 'éhténdu '' pàfler des

tâdî'ëahk ;"aëiëtli' îAfluehce sur l'esprit de •

mi pajfelàtie , des' feffbrts du' gouvernement

3o8 LETTRES

pour les étouffer ', et Vous avez pu croire alteWîrtiviÉA'eft^ laïnttfiàtcHié'meriacéie par leui^ àù«cê*ï, ôUià' JiBÉtftë'yditi^fdttifee par les îhéà"iki:** ' ifêpi-ëSiîi^e^ ' dbhï "il^ 'ôfit -été

Ceci mérite 'une exptiéaticwï. lia réforme radidafe^dii P«rlëmeilti»a>ïdes^'^a\b(WitfiJMe déni? espi^$>fbrt dAfféraïAèb.^edqki^^ ^ùtit des 'biiateirrB 'sidbeiteerireËriqtiïtpâiiveni'bli^'

le^ paBJÛon^ , Uattà rdqs/momeks^rtroiLblé ou [ de inéooulictitètiieiit , •biai&ffûbtiOfJ'ainibi^ ticm j dkns^ )é&>|emj[)s de^ealme kitébiéiti] v^e bornera colporter ^dq«ïMdiéà^4^mâri«imi de^ ï^épttblicanisftïe ; » idb'tine' ^té^jp^'popdk!^ laire ûotid ^ tottr • ^aiibre ,^ ef ài racttêllllr ' ded! appllwidis^meîfâ - par ime- pbintirm ' ^oèmsièfrë, mais quelqirefoiâ^ vm' efe'^dèdci dès abus de» radministratioÊ?. Je i^fiJfeMuai*»

donné un éclMfflrtiiteri» »<lan&» Ctofebèteç' f que son talent d'écrivain met hors?» die finir i Hunt et ses acolytes y 'ceux «qui rfgï^s6n« fle

SUR l'angleteriBE. 3oq

bonne fçi , iQ^mm^; ^3e^?, ^up l' ptt pçut. sQupçonnçr dp qjagJqwiifUflsïli^Ojce sefipète ^yec le^ go^vç^ofim^çf^fl, ne. Bp^^Uept paçxj^jç.nous nous arrêtions à discuter leurs opiniops*.

. JVfois .il/fist lina autoe dbâs^é dé réloBrtMtteu» FftdieaiÈL d'olteitotite autre poFf:é^ d W

JQ< H/hésite ijms)^ cf oirp que rinllueiieè: f^it dW iprcig»ès < Ja , 'veuK pbrler de la liouvjeUa éadl[enrpoU4)ique;rde :Banfehamr eoole'qui compte idanft 5€nl>;9eih<(|€» publieiâtbs duvr stmnt^^i (des' £ii&ei(jiç)1& . if xacts- ^ des léomcv mîfi^a^] diA pneiâsitîarfiur'drei , ^^i , proc^nt * d'a^rèi^fkksjpfincipes iteliemeat définis , a, suir.pl^îeitmid^ dcsmdyef sakesi ^ l'ais^smlage qpi/$) pbiâ$ède«une' tihéèiiç'icoiïiplète, lors même qu'eMe serait etranée , sur Teiiplication:>isol6d âefaitfi:^if<nSéiB(w rattach/és à

'Lâu trapiutatiqn xle Bjentham ^ eomme légiste, n'appartient point exclusivement à

3 1 LËlTTREft

r Angleterre;' le-'iitîMtitlëxit'pékit'e» (revende quei^ éa J>àrt ; «é{r on^iflterprclte tel -iliie «Dûment édl V W quelque 'sôï^Bcv ^nwé^d&viéân*

conAtf ,1 dbsP '^ftptièp à!*mt^*j tittï!i$ 841 jeunesse , dppiiqiié *f prôHigieuse forée ftha^lytiq«é d«<B&h ^ptit% d#d déthoiM^fmtioiiâi de jurisprudence v^iB^thâm^ 'ftid^stoblant d^dedt i^é{)ublieâiii€» v ' ^' ! ^^^ ' époque où W id^sf#ordre priédatoîïitertt' * kf^ittjê^e^ Hïetirf gur 'les seivtiihBifs^dtt iibel7tév eet»de^

presque dire ltidK^é»'d'u»p<sèat€(»pélifcilJtlO.' Gette méùe'à. pottrdogfaïÉ'fi^iiââmeiitâ} llntërét pi^rsôi^inél ^' qA^lqtidbisi * déguisé ' sous le nottl Ae prindpé ^titèèké, <eb «e îriàe^^i rien moihs qu'à ' ntm v^antê nm^urme 'de Tordre pdlitiqcte y * ccxiftDif^ l(k t la !lég»3ktioi} CFvile et ariminetie-f éàtiisUe i&eftdcl entiep*.

Je ne puis^san^r^^ ^ausi un^efioon^espoi^ danœ telle que k nâtre^ ^à kliscuter philo*^ sophîqaemenliles prqioiped moraux ih|f le&-

SUR LAKOLETERRE.

3ll

quels rfç^fMeol» )e^; thfâomasMjde^* 4>^îples de B6»«ha«. Lq^^ .m^ine» ^WB, «c^.tâqhe ne seiiaât p^|j:au'4€»9u^idb;qfve& fywe^^Qe n'mt ^pQkkt miU tUcw de llei»tfi<t^|)residre; niais }e ««rob devoîi? fHi^roôpjEiir ^eti- peu< de m^tay ume ¥oiii3^>U)i^éfXe' d^ déduQticms pwkf}ii»He>t}^ ém<e«t è-^^fléftra»* .d* syia-î

j ! Loi . ipi^triîiMirr rpj»iQdt|]»« y • ' difi^ -ÎH ^î .«jar lei|ij«riii]i9pbs&' timAe.^^^ les

àqticmii d^Jh^iBlmbs^^onft f»aR£b^ leurs

1 '. liai ^oofrélé toplwt)iei>fr«uae e&t éwtc e^e oèkidÈaïqa^lkïmmè joiiiiii;de lia* pliis grande part pos6ifala^dll^^pl>odiiltl^ de\S0h taraviaili MàW'CQiiixw tontbomme liVpé^àfluirmême

d^M^fidilfim^eirili^lAe^vp^^î^t^ mmAi^tt

pMT.kmi^ijbéiiét'é^ , il

ôrgmiîsâr idne fonte capable

d'empêdier rintér^' ipnrficilHep «d'empiéter

3 1 2 LETTaES

sur l'intérêt igén^al^><DU, ot d'autres termi^$^^.;4'^sur^rf<l^ plus, grand ibonkeiir du

/jTelf e^t,lft bi*l des r^uveirffiedpensi Le mvà

' gQii^^^ia&^tifiwi^ih ^"^ étairktpmtibaMe , s^{iij; ]^ f^^mo^rati^ puoire^ tpavoe qtie , «ktite ce pa^^ )ft .^eiétéi eatière ifbilkraît à la <pit>tec^^ d« ^sfffp|)!tQft intérékft. MaiiE>eoiihme daji;^ jiy^ içfHftiWft^tétkMdttaqttÉunemb^e sei;a^^f^^ii)^%t iQûciipéndiA 60ÎDOlud»&^ mh

la..4^qç^9(^4 )PI4tfe)^firiiiiirGai^^ m^fp^jd^ ^ je^rt*Qtldâsfl»auneà «ni soeiété.

P,ç^ 1^ ^9^t ^{>{>t^rt^ ^^ïttao^^

que]|fpP((Du^p 4j >u«i^|iûrtimai3ipieliu)nqu6 'dé* la içpipfiijiçftgjé^^joftléi^w^^ l'instaiiif ,^mâiiiKi^ ifi^ Jel eUé» âQtétiètÀ'

contraires à ceux du reste de8iaito5ieil»çîl faut4on^ïifiam>tr€ #p ddYoiodeiiii^rësbtei*.

loi se présente une -obje^^ftio» sans * réplique» S'il est néceiisadt<($i, poiir lé'^bbiibëur de la société, qu'elle se tiôrtStîïuë'^ii état de T^sistaace' fABraaanente à* là Âîlhôrité investie du potrroiir dé gowvèttiè* ; cette tésistaiD^e <lc^ toQS icontre quelques ttri^ sera d'ajfttfiBt «phiSLâuiile ;> m to^ cën^itidri âèAet soalété >S0ira . d'anttitt ' ae^hmb' (faè^Và^^^ nodtéigûuim^iafltnlleiâeraiméiH^

tiec^ €dbkiiiiinaawlâeabsé^h4e?sëi^^b^ ffvê^

fér|ibW^,'âm»>BevipliBii||l^ Âiim ^tëàâ ,'4ète

in|iéitetedeJimi(i]3^^

les iiit«ffêtot^)d'sia£seid'^îikttt^

arrivé, ne laisse pfiBî^rJe^^^emi^l^ éttàh^ à de&)publjicidiea3^abpréteiiâUM: , ik>n<^^râ!ite raiâpn , ràïiiiii^>iwdDD0'fiâQo^^dë ia^UBèHé; amsi ue tfi'y^ acroêtowl^iki|fe&;4ttto»*^li^^^

dale^j»iSfipi5émi8sèB/^J?'-ji ub znj* t f^^i i^>i Appès) aBsâBijniBiftiié cpûti^d^'i^isbhhé-

3i4 l¥:ttri&s

mw^ >&fHie«f ià« <efttiraYoir j^ ûomment la dénumc^tï^y raristowaAbx «t. ia iôiQnwçliie pures 80i|t é^aJeifiientimpomble» à réaliser, iU ! e&amiU^ent. i^i lu ^fréunioii de ces trois fopiiH)^ 4e ^ouYMnepd^Bt eirt praticable , et il«.36 proiiQ]3tç^£^t 4^i¥Xdre . pûur la nségative. QstiTfti.laiipQUWHra sont tégaiix v îi^sesotUien éliatdieiguerse); et $ iUs^ nont in^égau^K: ^ le plus fpEt n«.tardera^p»^à.<aii^Rlîr jkiplu&fa^ble , d'^px^àfi À'it:^iûwm^ lootisdbiit/ < qîKc •^^iM'que homme , lot nqpuL'il >n'«âst'f»ia^r«^iiiii'pi^ vme foixict lalijeuFfi^ potlr»wtijuid06o»m^ Tacn €KwnpUB6a»fcei;iti doives da^rs<^<fru détriment de,:tou»ise$'Sf$mbtiiklbs. , . ..: i , ...

La balaii^ i dl?s . pw^oii?$ n]mt , niwic qu^une î4éaobii9iériqiie;'fit ij[>n'est pas, vrai , contme on: l'a pjiéliQMJki ^ i|iue la coqâtitu&on anglaise tSoitiui^'l»^^u^!jm mélw^îdç&tB^ formes di9!g6^¥»it^4W9Pt ri. .m;.. . . j*

-IVUm© s'fl^s$j;«»pft»siW^ (jte^œettre» les pouvoirs t^opi lequilUiMTQ ,^ lai ^yManmnaul^peut d«i m<)iii^.)Qs cQii^Qiyfir. daus .d^ certaines

SUR l'Angleterre. 3i5

limites ; et o^e9t>le gouyePMment teptf ésm* tatîf qm offre la î 9ol«iibk)ii de oe problèmei

Toutefois rafiMiqbléé' ^cti^ve , pfiri? '^œkb seul qu^elle fomem'itti lebpps à part dani^ la nation , acquerra ,> ipm^fàetù > des diésirs et desi intérêts 'différeaisf de «eetiK de k géné^ ralifié des oitoyetis ; c^eMiip ^^nd^saal s^ns^ AovXfd ; : mm ^ étâHt ^ chaînée de réns^ei^ ' à' d'aiftlHPés^ uiipeHtfo 'paissaiiMs , il faùt^bien' qu'aie Bokinvbsde de po«m>irs sulfisqns pour ^0 sa^ )^é^istax)icer scât bffipattel r r : . i . > ; •

Nè|)Oi>rmtit!duiiiiitier lHn{;emieéides pou-^ voira t dû' corps- ngptésentfiltif y 011 dddit^ ^mi moins en réduire la -d^h^^^v^etles-ptlrifier fréqûeniiiielit è» là îkimf ce il^ine^ ^élection démocrati<|dé , afiki de muriiifleiiiir autant d'unie foriâîtë ^qu6 pôssiii^le entr^ les inl^^ des députés et b0£i«£ de \mm ^6é!ailil€fttanS'. ^

Les parlemens ser^i^tdônfè^ annuels.

•Mais, voitl imb* iittUVèllè difficidtei Si FoBf réélit habitueBèmMi»' te» mêmes personlie^ , élites eohstftûeifont bieiïtôt une

autocratie de foit j d(»t les intérêts deviendront opposés à ceux delà commtihauté.

Si,'ap coli4rrai«»e V ^(^ est «tenu '^ choisir des hQiiiiqe& nouveau» >, ciommeVavaitToulu dïea nous la constitution de* ïygi , ces hommes serois^t sans' expérience 'des affadie, »etlè»cotps^ ]:^sisl:ant se verra privé par- Jà de la force • qui lui ' est nécctesait'ef.

Dans ce dilemme , k bon sens pratique , dont' ^mmv(ê tiïéwie^'he» siaiitai* dépouiller entièreÂiettt des *4wyeffà'aftglAii ; fait pencher la ' bala&de , ' è*é ^i^ft ^ ' défeide^ pour la rééligibilité.»'*' *''' '»^ ^'^' '' '*' i/ "'" •'

MaiB par <jui «Sërfiait élus les rtttettibreS'du corps résistant? Ce 'corps devant •, autant q»è pttsalblèij aVÔîf îëâ ttiéWèS hitîéi^t^ que la<î;offlm\!uiÈfU«éVi^fe^àt^âtiderit'cf^^ ne doit pasétt^eélttpâi^Uhèittftrlarlté, puîs(Jùétdutè mittdrfté' a^>d€b'ttM!éi^«idîfférêh8'dé*k;ttii de l'fehséiribk ^m »èWolyWàè.' 'lî'faut doilc qu^lS'èbient^rtaiAttëS, VïtK'^àr làîîddbirirtinauté même , ou par des électeurs qui aient

SUR l'angleterre. 3ij

les mêmes intérêts que la communauté, c est-à-dire^ en/tcMAt oas p^ lai majovitédes

Icij après a^oirr^i âCMiv.^Puiii établi que la minioFit^ Qher Qba < touj oui^ f à. i oppriiner la maj orité f on. ; n'^o^e: i pus^ t précâsément nier que^fiio* la.»êïW/ipawQ», tW^majorité ne puiis^^ <Qh^>ch^rt aiisâul ài Qj^fr^iiiitr le. pai^ti^ le moûiL^aiQmbi^uK ( m^isi iiroici .cûm«fieiiLtt oa^^p^î^ç j;f>l)j«5tioiai. , ^^ mi h . • » i ; . . n

Bn I g^vçiposfmit . que, la ni^jwité i iconstitua

se»ki ^i.f^9rp^i:ssmf^ipm% y^^ ^'^^i soit

fortiw^rifipj?0»e<^ ^\çflil^çe li.AaiminOrité^ on trouve, par le calcul réduit à»$e* plus simple IçJi^ffi^^bflHe V^^jtqiH5,.pqurmit SLYQÎs, jçett^ flji^jpritp, À »l'é^blMw»^3Qt d'un régin^çpp^çs^çjftPp^ïiepflésftç^rait^l^ çIb^

Si ^^. jn^JQçil;44fitPi»^î^^¥^4ç I^^irwot rité,^|l<e fn^eiintfiî^ #ftrfipRésflfl^e^^^

pQiAr,fih?qw ^tP)îW ^lÂfraw?! la.mpiJtié du

pj^i^ir d'opprimier \m de ses semblables ; et danâ ce ca3 , le^, bienfaits d'im bwi gouvernepiçaty.dout Jlajouis^^TU^ e^.^Qnrnw^e à tQ\)A^à'i?jp(i^yf^mnXii^^hl^ de

lajD;i^}Wi^,j3)iff-,lfPftVia^)»^g^^ dont

ils aur^fitjft JQuiasaivcQrfl^qius^l*^:- ; Yoilà l'^gufflLfiRîv ,d««5 twta- m\ if aïveté : .dje\^p^HFr.dl!(te 4«»atoWWu'(j'^'«tn]^utë presque textuellement les paitOleaidûs or- ,gjap.çs , pffieid* . de 4a: çptwellei f sfecte ; i *nais

, î.pK?gp^4'9«L*^WW^«danLaltf'S)»lp

^a.ôc^vpr^9içt;é.»4p^^ |^^»iple^Jteai|ptete*de la p^îprji^ Pi'e^li qgLif^^li'0^^ in-

CQiïjtç?it:a,We,,a)p|v\,d# }a, foww :du.liorohre; at , q^pip . çç. iHystf ittft ,çm;Ofinaîtfdaîiri ittha- (jvi^^ .qitoyçn de» dpoite imï»ô5q^r|fta*kâ; inl^j^F^çii^. àjgi na^tnyç .mê«<e)ld^ilîboibme'v le rqiftèfl^, 4^^.a,ttqi?^t^$f ((^uffAaljn^ajjMritér voudrait, por^ter i^f^s dr0ifc|c^ct*bw«*ej(fcra3 la facilité laissée à fe jipi Afwité r de «uslépaner , et; de foriif^er <mve C9rntiimia(aDtû(n0tr9eltec

SUR l'angleterre. 3i9

Lorsqu'on fait remonter là souveraineté à sa véritabltt origine ', lorsqu'on là âétive de k -âourde étfefHeHè'dè là ràïêon et dé !a ju«ti€fey'lHîst«iihiësiori'd« tmià'fertix loià votées pak'ia'ttajotîté'éstlin htomriiagiè ï'èridu au principe'inêttie ide-'ltt'Stiufv'eHiïieté; elle présuppose i«mfe'<iN!skn}Mibn'<tib^é,'d^ils laque^ 'les fedniieiif-tiiséiik ï^nt'ënl)lôi!^té kur les-mauvteisesi "•• ■••-..i. .i:>.'. / -i ■•.!...■.•.;

Maiâ dart»iuA' -aystèhièf absbW ■dcTiVi'àtérialisnlG ipotttiqtte 'y crîr l'en:- éliSMt éh^jJiîiioi|ie) qUdf «MaqU^ 'k<:MâAë'fei<é^ iôttjbfii^ 1 ses Bembbèil«&tbu«l^ttïàl ^ohifiéV^Èti^^âa pafe de 'leur^fàire »/ 'g3^ \éi > ^rf uj^klii' ' de' la naitmihVLÏÊiàim-,^ ^ M'^^re^tiîf-Môtif'de crinftiHibrf i 00 < #httmillïé^ tfeVant 'DièU , dèvieH*lli( 4iaise^«*êtrt*J sûr là^ëîle oti'pr'éfèfh'd élevenlîédifi(î^d^l«30fcîété,Màn* Uïisyitërii^, «a'iàtiiin^evideiiïtil'iiiéijéi^t' pérsShn'él 'é^ le dagBbe)i«MwlÂmeiJ«^,>!à'^i!id tîth:^'éx't|^'ràt-K>B[jol^«te ibiàtffîté'quëlctoiiqtïê' ^d'elle' ke sotÉiBett»rattJ»*efili>'dU''plus '^rand hoiribré ?

A quelle loi en appellera-t-on pour Vy contraindre ? Est-ce au droit naturel ? On le nie. Est-ce à la loi morale ? On la sttppe par ses fondemens. Est-ce à la loi religieuse?

On la met hors de cause par un silence plus poli que respectueux.

Mais ne nous engageons pas dans cette discussion, et revenons à la composition du corps électoral.

Ici récole se divise. Les plus hardis et les plus conséquens réclament le suffrage universel , sans excepter même les femmes. D'autres, plus timides, ou plus amis des.

idées pratiques , apportent quelques restrictions à ce principe. Ils commencent par exclure les femmes et les jeunes gens audessous de vingt-un ans , en établissant gratuitement que leurs intérêts ne sauraient différer de ceux de leurs maris ou de leurs parens. Quelques uns même ne feraient pas difficulté de restreindre le droit de voter aux hommes de quarante ans , en

SUH l' ANGLETERRE. Sfîl

supposant , plus gratuitement eucore , que ce» ham))ib^9>tyantîdesipère& ^t dés enfâns, .ne f^r^^t4Ue!ëes'ilois'aîra>iitageuse^ pour 1iO^( lç^<fnfif{ilHie» Vle-ia IcoâiMtinkUtë /au -

très enfin , et de :m^Dk(MtàiH^ est 1b éb«f rhême ,^^^i^^^qi^9(^àgjtb^ des

4rp^jPftJi)ltif|xas qw^tes) citoyens Mthant lire et écrire ; mais les ar^;timènd sur: lesquels Us>çj5fpfli4?jït|à^«( égœrdij etqu«^ j -adapterais yQl^|;ie^ , t ii*^r Bônt «fB» > \m0ms incèiiséqwyçiïfH\à> »)l€W^nprâif» ^ibfttd^iïïeiltaux. Qyar^j[it9ju:si;(aQpi^tiQifii)péat]i»^f es , >tlk sont assfçz^é»éïl5j(Çfnj^ »de^ lës^fe{)bus-

ser , id,'4'pçèfi> se >naiâ6n»epî)enir y qu'u!né con^ 4^ti^,.>éteYfleMé$abKraitMlîarfetodrâtie ,' et ^'jjH(Ç!?P^ tfiès pwdiqoflii^oiîyiraït pas? plus d^ ^ g^jvail^ ^pne 4'ab*en«Q totale de' * conditi^ftfn ^ujol oî> /!»'»'» '>•* *' »'i M 1,0 m » j Y(9ii%î^jïfi(pwiS€edplsyA^

. die Içfic^wibfttftq^ «h «atoi|attnt5»bommê on

3i252 • LETTRES

le doit > le principe moral sur lequel il repose. Mais la tâche devient plus difficile , lorsqu'on accorde les préxnisâes , et qu'on ne conteste que le$ cotiséquences. De làf vient l'avantage qu'ont souvent les écrivains de l'école de Bentham sur ceux des publicistes anglais qui , en admettant le principe de l'utilité, défendent la constitution de leur pays , dans l'intérêt même du peuple.

Nous convenons, disent ceux-ci, que l'utilité du plus grand nombre est le but de toute institution politique; mais nous prétendons que les institutions actuelles sont plus utiles à la majorité que celles qui résulteraient du suffrage universel.

Vous êtes inconséquens , répondent les disciples de Bentham; car, s'il est vrai que les institutions dont vous prenez la défense soient les plus utiles à la majorité, la majorité ne manquera pas d'en demander le maintien : qu'avék - vous donc à redouter d'une élection démocratique ? Si vous vous .

SUR l' ANGLETERRE. 3^3

refosèz à cette épreuve*, ne sommes-nous pas en droit d'en conclure ou que vous vous trompez , ou que vous êtes de mauvaise foi ?

. Cette argumentation n'est certainement pas sans quelque force. Mais pourquoi ? Parce que les adversaires de la politique de Bentham ne remontent pas assez haut pour la combattre; et que, d'après les lois éternelles de l'esprit hiunain, une doctrine, même erronée , lorsqu'elle est liée dans son ensemble , doit l'emporter siu: l'absence de doctrine.

L'exemple des États-Unis est la réponse habituelle de Bentham et de ses disciples , k ceux qui , par un motif quelconque , repoussent leurs innovations , comme dangereuses ou impraticables. Mais sont*ils en droit de s'appuyer de cet exemple ? C'est ce dont je suis, pour ma part, d'autant moins disposé à (Convenir, que j'ai plus de respect et d'admiration pour les États-Unis.

Libre , forte et heureuse , l'Amérique s'oc-

cupe peu de théories politiques ; la démocratie est son élément naturel; elle jouit de la liberté sans contestation , comme de l'air qu'elle respire, comme du vaste territoire qui offre une carrière sans bornes à l'activité courageuse de ses enfans. Mais n'oublions pas que , préparée à la liberté par les mœurs et par les lois de l'Angleterre, lorsqu'elle a rompu le fil qui l'unissait à la métropole , elle n'a point eu à refondre son organisation sociale , d'après tel ou tel principe philosophique. Quand elle a réclamé l'indépendance , quand elle l'a conquise par une lutte sans pareille dans les annales du monde , le dogme aride de l'utilité n'a point été son étendard ; je doute qu'il fasse jamais des héros. C'est au nom des droits de l'homme qu'elle a combattu ; c'est le principe de la souveraineté du peuple qui a présidé à son organisation fédérale ; en un mot, ses doctrines -politiques sont les mêr mes qu'a adoptées plus tard l'Assemblée

SUR l'angleterre. 32S

constituante. Et , bien que je les croie attaquables sur plus d'un point, à Dieu ne plaise que je les confonde avec Fépicuréisme politique dont je vous ai signalé quelques traits.

L'école de Bentham n'a donc point de droit à citer l'autorité des États-Unis à l'appui de son système; mais en tant qu'elle recommande l'exemple de l'Amérique à l'attention des publicistes et des hommes d'état , en tant qu'dile combat les déplorables préjugés qui , sur ce point , sont encore si communs en Angleterre , elle fait un bien réel auquel tous les hommes impartiaux doivent rendre hommage.

LETTRE XVL

Réforme parlementaire. — Suite de la précédente.

Après vous avoir indiqué dans ma dernière lettre les traits principaux du système de Bentham , il me resterait à vous parler des moyens d'exécutioii par lesquels il se propose de le mettre en vigueur ; mais vous me dispenserez d'entrer dans beaucoup de détails à cet égard , quand vous saurez que le simple canevas de son projet de loi occupe plus de cinquante pages.

On retrouve dans cet écrit quelques traces de la sagacité énergique de son esprit , à côté de conceptions extravagantes ; #iais Ton est surtout frappé d'un contraste bizarre entre cette confiance théorique poiu?

qui la refonte de ï'ordre social semble n'être

SUR l'aNGLETERRE. 35^7

qu'un jeu , et des ptécautions minutieuses qui n'ont pu être dictées que par une préoccupation excessive des moeurs et des institutions de l'Angleterre ; tant les esprits les plus entreprenans sont dominés à leur insu par le pouvoir de l'habitude.

Il est un point du système de Bentham sur lequel je dois pourtant appeler votre attention, pMK^ qu'il coïncide avec une opinion malheureusement trop répandue en France chez certains amis de la liberté ; opinion qui , tant qu'elle ne sera pas détruite , ne saurait permettre que nos institutions politiques acquièrent aucune force , aucune vie réelle^ Aussi les amis du pouvoir se gardent-ils bien de la combattre , pour peu qu'ik soient avisés sur leurs intérêts.

Je veux parler du secret des votes.

L'élection au scrutin secret est une partie essentielle du système de Bentham, pour deux raisons. D'une part^ il redoute l'influence des supériorités sociales , celle des

propriétaires sur les fermiers , des maîtres

3ii8 LETTRES

sur les domestiquas , des magistrats sur leâ administrés. De l'autre, il veut épargner aux citoyens la peine de se rendre au lieu de rélection, et leur ménager la faculté d'envoyer leurs votes cachetés , par la poste ou autrement; car tout déplacement est une perte de temps et une gêne , et toute gêne répugne au principe de l'utilité.

A ceci il n'y a rien à i|||)ondre , si ce n'est que tout peuple qui considère l'élection de ses représentans comme une charge doit renoncer à la liberté. Si l'exercice de vos droits civiques vous pèse , s'il n'est pas pour vous un bonheur autant qiî'uh devoir, s'il ne fait pas battre votre cœur d'une émotion généreuse , courbez la tête sous le joug , vous ne manquerez pas de maîtres pour vous conduire ; ou réfugiez-vous dans le domaine des abstractions , étudiez les.mathématiques ; mais n'ayez pas le vain espoir de goûter les jouissances de la liberté :

multb majoris alapœ veneunt.

Il est juste au reste de reconnaître qu'il

y a chez les disciples de Bentham une heureuse inconséquence entre les doctrines et les sentimens : car peu d'hommes ont une ardeur plus sincère pour la liberté , et sont prêts à y faire plus de sacrifices.

En réclamant le secret des votes,Bentham ne se dissimule pas à quel point il est difficile de l'obtenir. Plusieurs de nos libéraux se figurent boxmement qu'il suffit pour cela d'un article de loi et d'un grand écran de carton entre le président du collège et l'électeur qui vient écrire le nom d'un candidat. Us se persuadent que tout est dit , lorsqu'on est parvenu à glisser adroitement son bulletin dans l'urne, sans que personne ait pu le lire derrière votre épaule. Mais Bentham , au milieu de ses utopies j n'est pas si étranger aux notions pratiques.

Il sait par quels moyens innombrables on peut s'assurer des votes avant, pendant et après l'élection ; il sait combien il est facile au pouvoir de rendre illusoires à cet égard

33o LETTRES

toutes les mesures législatives ; aussi au riezvous peine à croire toutes les précautions minutieuses auxquelles il a recours.

Il lui faut d'abord une boîte secrète où seront déposes les noms des candidats.

Cette boite sera semblable à une couche de jardin; elle aura deux pieds de long^ un pied de large , quinze pouces de profondeur dans un. sens , douze dans un autre.

Une des faces sera éclairée par une plaque de verre dépoli qui admettra le jour sans laisser distinguer les objets ; les faces latérales seront percées d'un trou assez ^and pour y passer la main et Tavant-bras. La face supérieure sera munie d'un petit verre transparent qui permettra à l'électeur de lire les noms des candidats inscrits d'avance sur. des bulletins renfermés dans divers compartimens. Ces bulletins seront composés de deux morceaux de carton d'égale grandeur , joints par une charnière ; le nom du candidat sera inscrit sur un de ces car-

tons, dont les surfaces extérieures seront noires ; en sorte que les deux cartons étant superposés , il n'y aura pas moyen d'apercevoir le nom écrit à Tintérieur.

Viennent ensuite ime boîte de fer-bltoc , pour recevoir les bulletins , puis des planches stéréotypes , puis des affiches de toutes couleurs , et je ne sais combien d'autres puérilités dont le respeèt qu'inspire le nom de Bentham aurait peine à vous empêcher de sotœire.

Après avoir élevé à grand'peine ce château de cartes , il ne se dissimule pas qu'un souffle peut le renverser , et que'rien n'est plus facile que • d'obtenir des électeurs la connaissance immédiate ou l'aveu détourné de leur vote. Mais il espère parer à cette difficulté en leur faisant signer une déclaration ainsi conçue :

« Je promets solennellement de ne jamais ce divulguer , de ne jamais faire connaître , ce directement ou indirectement , à qui que

a ce soit, pour ou contre quel candidat j'ai ce voté.

ce Si aucune parole m'était adressée , s'il ce m'était fait une question ou un signe , ce dtos la vue de connaître mon vote , je <c considérerai cette question , cette parole <c ou ce signe comme des tentatives d'opcc pression.

<c Je déclare donc par la présente , qu'étant « placé sous le coup d'une telle oppression, « on ne doit pas attacher plus de confiance « à rien de ce que je pourrais dire, qu'à la « réponse que j'adresserais à un voleur de « grand chemin , ou à un aliène ,^pour sauce ver d'une destruction immédiate ma vie ce ou celle d'une personne qui me serait ce chère.

oc Qu'importe , ajoute Bentham, ce que ce dit un homme , si aucime de ses paroles « ne peut faire impression sur l'esprit d'un <e autre ? Quand le vote d'un électeur n'est ce connu que de lui seul , il lui est non seu-

SUR l'angleterre. 333

« lement facile de le tenir secret, maisab- « solument impossible d'en transmettre la <c connaissance à qui que ce soit. Je puis (c bien dire à M. un tel : j'ai voté pour « vous , et je suppose même que ce soit «la vérité; mais comment ce M, un tel « saùra-t-il que j'ai dit vrai ? Il n'a pas « plus de moyen de s'en convaincre , qu'il ce n'en aurait de discerner la vérité , si j 'avais ce affirmé le contraire. »

Voilà de grandes pauvretés, me direzvous. Oui , sans doute ; mais ce qui est sérieux et funeste , c'est le sophisme qu'elles

recèlent ; c'est l'idée de faire du mensonge d'une paf t , et de la méfiance de l'autre , les garanties d'une constitution démocratique; c'est de croire qu'on puisse former les hommes à la liberté, en encourageant chez eux cette lâcheté politique, cette peur d'avouer son opinion à la face de ses semblables , qui est mille fois plus funeste à la liberté que les violences

dW conquérant, ouïes rusés d'un despote.

Remarquons ici , qu'en réclamant le secret des votes, les partisans du suffrage universel tombent dans la plus étrange contradiction , soit qu'ils se rangent aux doctrines de Bentham, soit qu'ils adoptent celle de la souveraineté du peuple. D'une part ils déifient le public, ils accordent à l'universalité des citoyens la suprême science , l'infaillibilité politique et morale ; de l'autre , ils déclarent ces mêmes citoyens incapables du moindre courage , de la plus petite résistance aux menaces ou aux intrigues du pouvoir. Aucun peuple ne mérite ni ce culte superstitieux , ni èette injurieuse méfiance.

Les partisans du vote secret oublient d'ailleurs que le grand bienfait d'une élection libre est moins de porter tel ou tel nom à la députation , que de mettre les citoyens en contact , que de ranimer leur patriotisme, que d'électriser, par l'entraîne-

SUR l'angleterre. , 335

ment de l'exemple , ceux qui , abandonnés à eux-mêmes , retomberaient sous Tempire de régoïsme et de l'apathie.

Attendez , ai-je oui dire à quelques uns , la nation n'est pas mûre pour ce que vous exigez d'elle. Un jour^ peut-être, die acquerra le courage civil qui lui manque; aujourd'hui le vote public serait trop favorable à l'influence déjà exorbitante du pouvoir. Certes , les dernières élections ont dû nous prouver du moins que le pouvoir s'accommodait fort bien du vote secret ; mais d'ailleurs ce courage civique , dont on attend la venuepour commencer à bien faire, quand p6ïïrra-t-il se développer , si jamais il n'est ^is à aucune épreuve , s'il ne trouve aucune occasion de se produire ? Que dirait-on d'un général qui , chargé de former de jeunes soldats au métier des armes, les enverrait se cacher dans les casemates , aussitôt que le feu de l'ennemi se ferait entendre ? C'est pourtant là ce qu'on nous propose.

D'ailleurs, et ceci tranche la question, le secret des votes , dans une élection politique, est une pure chimère. Lorsqu'il s'agit de quelque nomination sans importance et sans relation nécessaire avec l'ensemble des opinions des votans , je conçois , jusqu'à un certain point, que l'on puisse ignorer la couleur de la boule que chacun d'eux a déposée dans l'urne ; mais l'élection d'un représentant est le résumé des sentimens et des idées d'un électeur. Pour que son vote fût réellement secret, il faudrait qu'il pût s'interdire toute conversation , non seulement sur la politique , mais sur rien de ce qui s'y rattache de près ou de loîh. Ditesmoi ce que tel homme pense d'un seul des intérêts de sa patrie et de l'humanité , et je vous dirai s'il votera pour Brougham ou pour lord Lowther, pour Lafayette ou pour le candidat du ministère. Ce que je sais , le gouvernement a mille manières de le savoir , et la conscience des électeurs timides lui sera d'autant plus livrée qu'ils se

. SUR l'angleterre. 337

sentiront moins encouragés par les applau* dissemens , et moins contenus par la crainte du blâme de leurs concitoyens. Repoussons donc un préjugé absurde autant que funeste , et ne cessons de répéter que liberté et publicité sont deux mots, sont deux idées , sont deux seniimens inséparables.

Mais je dois prévenir un reprocKe auquel je m'attends de -votre part. Vous m'entretenez depuis long-temps, alle2>vous dire , des spéculations philosophiques de l'école de Bentham , et vous ne me dites rien des plans de réforme qui ont déjà été maintes fois l'objet d'une discussion réelle dans le Parlement. Après m'avoir indiqué les utqpies des radicaux , faites-moi connaître les idées pratiques des whigs.

A cet égard, je dois l'avouer, je ne lAe sens pas une entière liberté d'esprit, et j'ai peut-être à craindre d'être influencé à mon insu par l'amitié dont m'honorent quelques uns des hommes éminens de ce parti. Toute-

fois le goût de la vérité, pour pfeu qu'on Tait éprouvé , est une séduetibn plus puissante que toutes les autres j et je vous dirai franchement ma J)ensée.

Lord John Rùssel était doubleihent appelé , et par son nom et par son talent , à Se rendre Torgane des ^higs dans une question fle cette importance; On peut donc en quelque sorte considérer ses idées sur la réforme comtne Texpressièn officielle des vfaeux de son parti.

Le plan tjui porte aujourd'hui son îiotti consisterait à réduire à urt seul itietilbre la députation des cent plus petits bourgs qui maintenant en nomment deux , et à transférer ces cent nonilnations aux électeurs de comtés, sans que le mode d'électiôh subît du reste aucun changeihent essentiel.

A quelques modification^ près , le même plan de réforme s'était déjà produit à différentes époques , et avait eu pour avocats des hbmrties d'opinions fort diverses. Crom^

SUR l'angleterre. 339

well , dans son Parlement , avait supprimé les petits botirgs , et considérablement augmenté le nombre des membres de comté ; et , ce qui est bizarre , c'est que lord Clarendon , dont les principes torys ne sont pas suspects, donne son approbation à cette réforme. Etait-ce inconséquence de sa part? ou faut-il croire que, guidé par *un instinct aristocratique, il soupçonnait quWe pareille innovation pourrait bien être moins favorable à la démocratie en réalité qu'en apparence ? J'avoue que cette dernière explication me paraît la plus probable.^ .

Plus tard , lord Ghatham et son fils après lui ont été d'avis d'ajouter à la Chambre des Communes cent membres de comtés. En 1790, Flood a proposé la même addition, en demandant que les nouveaux députés fussent élus par tous les propriétaires de maisons, quelle que fut la nature de leur titre. Et c'est toujours à une augmentation

34o LETTRES

des membres de comté que se sont attachés les hommes éminens du parti whig qui , dès lors jusqu'à aujourd'hui, ont réclamé la réforme parlementaire.

Une telle réforme atteindrait -elle son but ? A-t-elle même un but bien déterminé ?

C'est sur quoi les opinions peuvent différerl

Je conçois que l'on apporte de la prudence , de la timidité même à changer rien ♦ de ce qui existe depuis long-temps. Une institution , fut-elle vicieuse , fût-elle contraire à la raison , mérite quelques ménagemens, par cela seul qu'elle a duré. D'une part elle a donné naissance à des intérêts et I

à des droits qui veulent être respectés ; de l'autre on peut dire que le cours des choses parvient quelquefois à pallier dans la pratique les inconvéniens des plus mauvaises lois, et qu'il y a dans l'intelligence ' humaine , comme dans la nature , une sorte de force réparatrice qui corrige les vices des institutions. Je comprends donc , sans

SUR l'angleterre. 34 r

la partager , ropiniôri de cçux qui se prononcent pour le maintien des usages existans. Mais lorsqu'on veut opérer une réforme, il faut nécessairement açir d'après une théorie rationelle ; on peut bien faire des concessions aux circonstances , mais le principe ne doit pas cesser de nous servir de boussole. Or c'est précisément ce principe que j'ai peine à reconnaître dans le plaïf que je viens de vous indiquer.

D'une part les torys défendent les privilèges et les abus électoraux comme un droit de propriété; de l'autre les radicaux réclament le sufîfrage universel et la souveraineté^ du peuple. Les whigs repoussent à la fois ces deux systèmes , mais sans y en ^ulftFtituer un troisième ; ils se contentent de suivre une ligne intermédiaire , de faire, pour ainsi dire , une cote mal taillée entre les deux extrêmes. Ils ne contestent pas la souv^aineté du peuple ; ils l'adoptent même en principe , ou plutôt ils n'examinent pas

à quel principe cette doctrine se rattacha, ; mais , trop raisonnables ou trop peu hardis pour la suivre dans ses conséquences , ils se contententi d'un à peu près , et voient dans la réunion des électeurs de comté une sorte de suffrage universel au petit pied.

Mais ces quarante shellings de revenu qui constituent un électeur de comté , qu'est-ce qu'ils représentent ? Quelle est la force morale ou matérielle dont ils sont le signe visible ? Est-<îe la pix>priété foncière , par préférence à toute autre? est-^îe la propriété en général ? est-ce le nombre ? estce la capacité que fait présumer inr certain degré de fortune ? Voilà des questions qui vaudraient bien la peine d'être examinées , et je ne sache pas qu'elle l'aient été d|lme manière satisfaisante.

Personne n'a moins de goût que moi pour la mode trop commune chez; nous de faire de la métaphyique politique à tout propos , et de reprendre à chaque instant Tordre

SQcia) af} ùiio, Toutefois, lorsqu'il s'agit de piqdifîer Itessence mêmis du gouverne- ' ii^eut, encore &ut-il que la philosophie nous edaire sur le but et sur les moyens.

T^Ut qu'uu système représentatif répond aux ^esoiu^ de 1» SQqiété , pn peut bien le considérer leouinje un feit , sans m approfondir le^ prirwipes, et sans rçcbepiAer quelle est l'origine du droit 4'élire. Mais quand des réclamations s'élèvent, quand arrive le moment de détruire des privilèges abusifs, ou d^ (constata diss droits nouvpjaux , il deviient indispensable de remon- • t^^ à la soupfse du pouvoir politique, et de reconnaître en principe qu'il appartient légijtim^ment à ceux qui sont capables de l'exercer.

Djès qpie l'on a admis une vérité à la fois si simple et si féconde , il ne s'agit plus que d'exjaminer où la capacité se rencontre , et à quels caractères * extérieurs on peut ïa distinguer ou la présumer; car là où est

la capacité ," là est aussi le droit ; et là oii ' n'est point la capacité , le droit devient illusoire ou abusif. Ce qu'il «faut donc , avant tout , c'est de constater quels sont les portions de la communauté dont les progrès

et le développement méritent une part plus ample V^ la représentation nationale. En suivant n^rincipe , on pourra sans doute se tromperî^encore ; mais du moins on ne marchera pas à tâtons.

Toute réforme politique a pour but , ou d'échapper à un danger prochain, ou de satisfaire à des besoins durables et légitimes , c'est-à-dire , dans ce cas-ci , ou de se prémunir contre l'invasion violenté d'un parti révolutionnaire, ou de rendre plus équitable la représentation des intérêts et des vœux de toutes les classes de citoyens.

L'augmentation des députés de comté remplirait-elle l'une ou l'autre de ces ^çon-^ ditions? Je ne le crois pas, et la raison en est simple; c'est que, dans l'état ac-

Sl]R L^NGLETERRE. 34^

tuel des mœurâ et des propriétés en Angleterre , les élections de comté , bien que revêtues des formes de la démocratie , sont essentiellement aristocratiques, dans leur esprit comme dans leurs résultats. En vain me dirait-on que des mesures seraient prises dans le plan de réforme , pour rendre les élections moins dispendieuses, et par conséquent accessibles à un plus grand nombre de candidats ; je répondrais que ,• pendant long-temps , les habitudes et la mode resteraient à cet égard plus puissantes que les lois. Or , s'il est rfeconnu d'une part que l'assemblée représentative doit être, autant que possible , l'image fidèle du pays ; et si , ' de l'autre, on doit convenir que le progrès des lumières et de la richesse est beaucoup plus rapide dans les classes moyennes que dans la noblesse , et que , même en Angleterre, l'aristocratie n'échappe pas à l'espèce de stérilité dont eUe est frappée dans le monde entier, il demeurera çon-

stàjit qu'une réforme parlementaire qui accroîtrait Tinfluence aristocratique , ^u lieu de faire une part plqs large au commerça et èi l'industrie , serait Ipjn 'de répondre 4UX besoins réels de la nation* ' U y aurait de ma part une présomption puérile à tracer .ici un plan de réforme d'après mes propres idées; mais, ce qije je crois pouvoir dire avec assurance , c'e^t que 1^ bi)t veis lequel on doit tendre en Angleterre , est d'augmenter l'influence politique des çl^ss^s moyennes.

Et , spus ce rapport , sans rien changer aux droits dont jouissent aujourd'hui les électeurjsi 4e K^omté, les nouvelles nomina tipns qui seraient à f^ire dans l'hypothèse de 1» réduction du npmbre des bpnrgs y me paraîtraient pouvoir être utilement confiées à des électeurs dont on exigerait un cens plus élevé 9 dans lequel la richesse mobilière serait admise en concuri:ence avec la propriété foncière. Cette innovation semble

SUR l'Angleterre. ' 347

indiquée dans un pays où les capitaux forment une si grande portion de la fortune publique ; et , en plaçant le pouvoir électoral entre les mains de citoyens plus riches et plus éclairés , elle offrirait , je crois , un moyen simple, aussi bien qu'efficace, de détruire la corruption , et de diminuer les dépensél exorbitantes qu'entraînent les élections actuelles.

Une réforme de ce genre serait non seulementla plus équitable en temps de c^lme ; elle serait encore la plu3 prudente en temps

.de révolution. Car si jamais, ce qu'à Dieu ne plaise , des factions turbulentes mena-

■ çaient l'ordre public en Angleterre ; si les classes pauvres , poussées par une fureur démagogique , se précipitaient à la dépouille des premiers rangs , l'aristocratie serait iror puissante pour se déf^dre par ses propres armes , et la classe moyenne pourrait seule parler au peuple , avec autorité , le langage de la justice et de la raison.

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