‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 2)Chapitre 107 sur 186 · L UNITE ALLEMANDE AUX YEUX DES ANGLAIS · texte numérisé non relu

L UNITE ALLEMANDE AUX YEUX DES ANGLAIS

d*hui la coDstitueot, elle n'est pas Allemande au même degré que la Prusse. Ainsi que YEconomist le remarquait dernièrement, TAutri^he, proprement dite, est moins étendue que le Hanovre, moins étendue que la Bavière, à peine plus étendue que le royaume de Wurtemberg et que le grandduché de Bade. L'Allemagne n'a rien à voir, comme telle, avec le dixième du territoire de l'Autriche, rien à voir avec le sixième de la population soumise à ses lois. Donc, si l'Autriche a pour elle l'histoire, elle a contre elle la carte et la statistique. Aussi n*est-ce pas dans la direction de Vienne, mais dans la direction de Berlin, qu'était, avant les folies de H. de Bismark, la pente des tendances du iVa^tona/verfin; et ce n'est pas non plus à l'action de l'Autriche que se rapporte l'établissement du ZoHverein, cet acheminement, tout pratique et tout moderne, vers l'unité. C'est au point que si, même aujourd'hui, le projet attribué à M. de Bismark se réalisait, c'est-à-dire s'il opposait au plan de l'Autriche un plan plus populaire, il n'est pas sûr que cette stratégie, quoique d'avance percée à jour, ne mi^ un gros atout dans le jeu de la Prusse.

Que l'Autriche y songe ! Elle a déjà fait beaucoup pour gagner les sympathies de l'Europe libérale, et je ne connais rien de plus frappant que le changement d'opinion qui s'est produit en sa faveur dans le pays d'où je date cette lettre. Mais il lui importe de ne pas laisser se perdre dans un avortement r4nitiative qui, prise tout à coup et si hardiment par l'empereur François-Joseph, avait éveillé tant d'espérances. L'Autriche n'a qu'un moyen d'établir et de légitimer sa suprématie en Allemagne : c'est de la conduire à l'unité vraie, en prenant appui sur le peuple.

C'est dans ce cas seulement que l'unité altemaude serait un bien pour la Germanie, sans être une menace pour d'au-

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très nations voisines. Car rien de plus redouUble que l'unité dans le despotisme : il n'y a de rassurant, il n'y a de conservateur et de progressif à la fois que Funité dans la liberté.

10 septembre.

Débat sur le sens du < Toreîgn Enllstmeiit Aet >.

Quel est donc ce mystérieux spéculateur français qui menace, dit-on, de mettre l'Angleterre entre l'enclume et le marteau? Quel est ce prévoyant homme d'affaires français qu'on prétend disposé à acheter, pour le compte des confédérés, mais en son propre nom, les deux formidables >^isseaux de guerre cuirassés mis au monde dans les chantiers de H. Laird, à Birkenhead? Si cet homme exista quel mobile est le sien? S'agit-il simplement pour lui de gagner le bon billet à la loterie du commerce? Est-ce une tendre sympathie à l'égard des propriétaires d*esclaves qui le conseille? Agit-il proprto motu^ ou n'est-il qu'une individualité mise en avant pour aider M. Laird à éluder la loi connue sous le nom de < Foreign Enlistment Act », et dont la clause septième porte : c II est défendu k tout Anglais d'équiper et d'armer soit des vaisseaux de transport, soit des vaisseaux de guerre, dans l'intention de commettre des hostilités contre un pouvoir en paix avec l'Angleterre, ou d'employer

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