‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 2)Chapitre 134 sur 186 · LES « MEDECINS TANT MIEUX DU PARTI LIBERAL · texte numérisé non relu

LES « MEDECINS TANT MIEUX DU PARTI LIBERAL

plice de la politique qu'il a semblé condamner, ou, parce que, en la condamnant, il n'a fait que jouer le jeu de tous^ les héritiers présomptifs de la couronne, passés, présents et futurs? Les libéraux anglais n'en sont pas, je suppose, à ignorer que leur George IV, avant d'être George IV, était le protecteur, l'ami, l'allié politique de Fox et de Shéridan.

En ce qui louche le budget, où voit-on que le discours' du roi de Prusse fasse, je ne dirai pas une concession, mais l'ombre d'une concession? M. de Bismark invite la Chambre à s'unir à lui pour reconnaître que son interprétation des clauses financières de la constitution est la bonne. Quel eflfort d'humilité ! Quel pas vers le Emhrassons-nous et que ça finisse !

L'ordonnance sur la presse est à modifier, fort bien; mais dans quel sens? Tout est là. J'ai sous les yeux le projet que nous apporte , aujourd'hui même, une feuille allemande , et les premières lignes m'apprennent que si un journal, après avoir été condamné pour un délit, se rend, dans le délai de cinq ans, coupable de récidive, ce journal cesse par ce seul fait d'exister. Si c'est de cette sorte que H. de Bismark entend la paix, comment donc entend-il la guerre, juste ciel !

Quant à la question de l'armée, nul doute que les événements récents ne lui donnassent un nouvel aspect, si la véritable force de la Prusse consistait dans l'importance de son armée permanente et d'une organisation militaire modelée sur ce qui constitue ailleurs le malfaisant pouvoir de l'esprit de conquête. Mais la Prusse ne songe pas, que je sache, à conquérir; ce qu'elle veut, c'est qu'on la respecte. Elle ne convoite pas les frontières de ses voisins; ce qu'il lui faut, c'est qu'on n'envahisse pas les siennes. Or, une puissante landwehr, voilà le moyen dont la nature est appropriée à celle du but. Tout ce qu'on ôterait à la landwehr pour le

donner à l*arniée permanente, on TôteraUd'abord à la liberté pour le donner au despotisme , et ensuite à la défense de U Prusse par Tenthousiasme du patriotisme, pour le donner à la défense de la Prusse par les gros bataillons , lesquels ne valent qu*à la condition de n*avoir pas affaire à des bataillons plas gros encore. A*t-on oublié ce qui renversa Napoléon en Allemagne? Ce fiit Ténergique élan des populations armées !

La Chambre prussienne fera donc bien d'être ferme, â elle tient à remplir sa mission, et si elle en est dipe. Le peuple, en mettant en face de M. de Bismark une majorité, bien comptée, de â60 voix, a proclamé assez haut sa volonté et montré assez clairement de quel côté doit tôt ou tard pencher la balance.

Il est curieux de rapprocher des pâles appréciations de certains journaux anglais la pièce suivante, expression vivante des sentiments d'un homme d'une haute intelligence et d'un grand cœur, qui honore son pays par la manière dont il le défend et le représente à l'étranger : j'ai nommé Karl Blifid. Ce qui était à faire, selon lui, se réduisait à ces quatre points :

c {o Ne pas appUudir le roi et écouter en silence* le message du gouyemement;

« 3^ Déclarer sans retard que l'ordonnance de la presse est un attentat contre la constitution; qu'administrer sans budget revient à voler le trésor avec effraction, et que ceux-lh doivent être accusés de violation du pacte constitationnel et de trahison qui se rendraient coupables de pareils actes ;

c 3^ Décider que, dans ce cas, il est du droit et du devoir de tout bon citoyen de' refuser le payement des impôts et que les membres de la Chambre s'engagent vis-à-vis l'an de l'autre à en donner l'exemple,

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