MORT DE FRÉDÉRIC TU
« iP S'ajonrner volontairement, au cri de c Vivent les c droits du peuple! »
Je vous ai élit connaître l'opinion des médecins Tant mieux du parti libéral anglais ; mais n'allez pas croire que ce parti ne renferme aucun médecin Tant pis. Beaucoup d'Anglais de ma connaissance, gens d'ailleurs très-peu friands de mesures révolutionnaires, estiment néanmoins qu'aux grands maux il faut les grands remèdes; qu'on n'évite pas toujours le choc en prenant la fuite; que l'énergie, loin d'appeler le péril, Téloigne; que les révolutions, après tout, doivent être mises sur le compte non de ceux qui les font, mais de ceux qui les rendent nécessaires; et que plus on aura l'air de craindre M. de Bismark, plus il sera tenté de faire dire à son maître : c Le roi ne rendra pas êonépée. »
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17 novembre.
Mort de Fiédérie yil % le Danemark el l' JJlemaifiie < présenee.
La mort de Frédéric YIT, roi de Danemark, a causé une vive sensation en Angleterre.
Pour ce qui touche la personne du monarque décédé, la presse anglaise a été unanime dans l'expression de ses sympathiques regrets. Journaux libéraux et journaux conserva-
leurs se sont accordés à louçr, dans le défunt, un esprit ouvert aux idées généreuses, une âme ferme, un caractère résolu, et l'inébranlable volonté de défendre à tout prix, contre TAllemagne, ce que le Danemark considère comme son domaine.
Il était difficile, en parlant de Frédéric VII, de passer entièrement sous silence les aventures de sa vie privée, le scandale de ses amours, ses querelles avec sa première femme, fille cadette du roi Frédéric VI; son emprisonnement dans la forteresse de Frédéricia, par ordre royal-, son divorce, son second mariage, qu'un second divorce brisa, et enfin sa liaison avec cette Louise-Christine Rasmussen, qu'il tira d'un magasin de modes pour en faire, sous le nom de comtesse de Danner, sa souveraine. Hais il est convenu que certaines faiblesses comptent de droit parmi les privilèges du rang suprême. Si nos gros péchés, à nous, simples mortels, n'étaient réputés peccadilles chez les dieux, serait-ce la peine d'habiter rolympe?
Remarquons, d'ailleurs, que les faiblesses de Frédéric VII, loin de le rendre impropre à l'accomplissement du rôle que lui assignaient les dangers du Danemark, lui créèrent la nécessité de jouer ce rôle sans hésitation, sans arrière-pensée, bravement et bien. L'impopularité qu'elles étaient de nature à lui attirer, et dont l'incendie d*un de ses châteaux ne fut que le plus dramatique sjifnptôme, lui fit une loi de s'identifier tellement avec la cause du Danemark qu'il fallût la frapper pour arriver jusqu'à lui.
Danois dans l'âme, il le fut doublement à cause de ce qu'il avait à se faire pardonner. L'année où il ceignit la couronne (1848) fut celle où Louise Rasmussen devint favorite en titre, et ce fut celle aussi où, appelé à combattre l'insurrection des habitants du Slesvig et du Holstein, qu'ap-