UN MEETING ALLEMAND A « LONDON TAVERX
pendance dupays^ former un gouvernement provisoire, appeler tous les patriotes allemands à prêter leur aide, procéder immédiatement à la formation de corps de volontaires, mais laisser au pays, — son indépendance une fois conquise, — le droit de se prononcer sur sa constitution future, par une Assemblée librement élue.
5<> Le meeting nomme une commission de douze membres avec mission de recueillir des souscriptions et d'obtenir tout autre genre de secours en faveur de la cause des Slesvig- Holsteinois.
Ces résolutions votées, il fut décidé que le meeting définitif serait présidé par le docteur Heintzmann, dont le frère périt dans la dernière guerre du Slesvig-Holslein contre le Danemark; et Freyligrath, Karl Blind, Kinkel et quelques autres furent désignés comme vice-présidents ou membres du bureau.
Hier, samedi, était le jour indiqué pour la tenue du graujd meeting; et en effet, c'est hier, dans la soirée, qu'il a eu lieu à London Tavern, Le concours était considérable, et Ton voyait assez à l'animation des visages de quelle émotion les cœurs étaient remplis. Les dames occupaient la galerie du fond. Elles aussi laissaient percer dans leur attitude l'intérêt passionné qu'elles prenaient à la question qui allait être exposée.
Les orateurs entendus ont été MM. Heintzmann, Kinkel, Beigel, Born, Thudichum, Karl Blind, Rubel (Holstein), Z'arffi, Weber et Schirges. Ai-je besoin de dire dans quel sens ils ont parlé? Les considérations sur lesquelles s'appuie le droit du Slesvig-Holstein à s'appartenir sont trop connues en Allemagne pour qu'il soit nécessaire de les développer ici : qu'il me suffise de constater qu'elles ont été présentées hier par les divers orateurs avec beaucoup de
force et une unanimité de conviction singulièrement frappante. Mais ce qu'il importe de noter, c*est l'esprit qui s'est manifesté dans l'assemblée, relativement à la candidature du duc d'Augustenbourg. Le docteur Kinkel a proponcé les mots de « légitimité pourrie. » Quant à Karl Blind, sa conclusion a été : pas de légitimité princière ! pas de prétendants! Il a montré comme quoi une intervention de ce genre n'était propre qu'à prolonger TAllemagne dans des guerres qui, en cas d'insuccès, feraient revivre la politique de la ligne rhénane.
Les applaudissements enthousiastes et prolongés que les paroles de MM. Kinkel et Karl Blind ont provoqués de la part du meeting ne permettent aucun doute sur la fidélité avec laquelle ils en ont rendu la pensée, exprimé les senti-" ments. Et ce qui complète la preuve, c'est le vole empressé de chacune des résolutions dont j'ai mis plus haut le texte sous vos yeux.
En résumé :
La souveraineté du peuple, au lieu du droit caduc des prétendants — une guerre d'indépendance, au lieu d'une guerre de succession — la spontanéité révolutionnaire, au Uieu de Tinteryention des gouvernements, voilà ce que le meeting allemand d'hier a déclaré vouloir.
Ces vues sont évidemment les seules que la démocratie puisse avouer, si tant est que le choc soit devenu inévitable; si tant est que les dispositions du Danemark d'une part çt, d*autre part, celles de l'Allemagne rendent toute autre issue impossible. Mais, dans ce cas, la marche indiquée aurait, de plus, l'avantage de dégager la responsabilité diplomatique de certains gouvernements, de déjouer les arrière-pensées que cacherait l'intervention de quelques-uns d^entre eux, de désarmer Topposition des Anglais, d'empêcher le roi de
Prusse de r<ire tourner au profit de son despotisme un grand mouvemeiji populaire, d'empêcher enfin la lutte de s'élever aux proportions redoutables d'un vaste embrasement de l'Europe.
ccxvn
s décembre.
HéMe miel.
c Mademoiselle, voulez-vous me faire l'honneur de danser avec moi? — Non, merci. Je ne connais pas bien les figures. »
Voilà le dialogue qu'un journal charivarique de Londres met dans la bouche de l'empereur des Français, transformé en galantin, et de l'Angleterre, représentée sous les traits d'une jeune beauté tant soit peu défiante et timide. Cette caricature est en quelques coups de crayon l'histoire du coiigiès proposé par Napoléon, pour ce qui touche le cabinet des Tuileries et celui de Saint-James. L'Angleterre n'a pas Youln.danser sans connaître les figures. Son refus ne signifie pas autre chose.
Crier à l'insulte, tonner contre l'égoïsme et la jalousie de la c perfide Albion », rêver d'une revanche de Waterloo et parler tout haut son rêve, cela peut convenir aux scribes et aux tralneurs de sabre qui hantent les antichambres de Fempire, mais cela n'est pas sérieux.
Eu vérité, j'adinire qu'on se soit attendu un seul instant à voir un peuple aussi grave, aussi pratique que le peuple anglais, se lancer tête baissée dans cette grande aventure : la reconstruction de TEurope. Et dans quel moment? Lorsque le dénoûmcnt des négociations entamées entre la Russie d'une part, et la France, l'Angleterre et rAutriclie d'autre part, vient de prouver d'une manière si douloureusemeot éclatante combien la diplomatie est impuissante et combien les prétentions à concilier sont inconciliables!
Encore, si l'Angleterre avait refusé net, sans demander des explications préalables! Mais non. Aux|(ndos, quand une armée en marche a un pont à passer, elle fait avancer les éléphants les premiers. Si le pont fléchit, les lourds animaux tombent dans la rivière; mais ils trouvent moyen, après tout, de gagner le bord, et l'armée, avertie h temps du danger, s'arrête. Eh bien, l'Angleterre, dans la question du congrès, a cru devoir s'assurer de la solidité du pont avant de s'y risquer : est-ce donc là un si grand crime? « Quel est votre programme? > a-t-elle demandé; et ce n'est pas sa faute si on n'a pas su ou voulu le lui dire.
Vous souvient-il de l'histoire du juge Bridoye dans Rabelais? Ce sage magistrat, pour terminer les démêlés de ses justiciables sans offenser personne, prit le parti de s'en remettre au sort du soin de décider entre les parties, et fit dépendre d'un coup de dé le gain ou la perte de chaque procès. La chose réussit, que c'était merveille, et notre juge acquit une réputation de Salomon. Sur ce, un homme de loi imberbe s'imagina, ayant découvert le procédé, qu'il n'avait qu'à l'employer pour se faire, lui aussi, un renom d'infailU* bilité. Hélas! ce fut tout le contraire. Non-seulement il ne contenta personne, mais il s'attira l'exécration universelle. Comment l'emploi du même procédé produisit-il deux résut-
UÈME SUiBT ni
tâts si différents? La raison en est que, des deux juges, le premier avait soin de n'intervenir que quand la querelle à terminer avait «duré assez longtemps pour fatiguer Tune et l'autre partie, les mettre sur les dents, et leur faire préférer une solution quelconque à la continuation de la lutte, tandis que le second prenait les choses à leur origine, sans attendre que la patience des combattants fût à bout. De tout quoi ie Morning-Post conclut, en rappelant cette histoire, que le congrès proposé ne pouvait aboutir h rien parce que les questions à résoudre ne sont pas assez mares, et que par conséquent l'Angleterre eût sottement agi en ne se récusant pas.
C'est, si je ne me trompe, plaider une bonne cause avec de bien mauvaises raisons. Quoi ! la question de la Pologne, par exemple, n*est pas assez mûre, et, après tant de violentes révoltes violemment comprimées, tant de cruels combats, tant de sang répandu, tant de familles plongées dans le deuil, elle n'a pas encore suffisamment mis à Tépreuve Tobstination barbare des oppresseurs et la constance des opprimés! Quoi! elle n'est pas assez mûre, cette question du Slesvig-Holstein qui, depuis tant d'années, harasse le Danemark, irrite TAllemagne, inquiète TEurope ! Et Venise? Ses gémissements sont-ils d'hier? Et l'empire ottoman? Est-ce hier seulement que la Russie s'est mise à convoiter la sucees»onde c l'homme malade de Constantinople ^ ? Ahl elles ne sont que trop mores les questions à résoudre, et si le remède était aussi sûr que la maladie est avancée, c'est Napoléon qui aurait raison et l'Angleterre qui aurait ton. La justification du refus de l'Angleterre par le Morning-Post est, tranchons le mot, parfaitement absurde ; si absurde, que je soupçonne le Morning-Post, journal de lord Palmerston, de défendre ici la politique de lord Russell à la façon de
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ces avocats qu on paye pour perdre les procès dont ils se chargent. La vraie justification de la politique de lord Russell — lequel n'est pas, comme lord Palmerston, le compère de l'empereur des Français — git dans son habitude de ''regarder au côté pratique des choses, et aussi dans l'impossibilité où il se trouve de régler sa conduite sur une connaissance exacte des dispositions et des sentiments d'une nation réduite, ou à parler par énigmes, ou à se taire.
Deux fois déjà le gouvernement anglais s'est aventuré sur la même barque que le gouvernement impérial : qu'y a-t-il gagné?
L'abandon du droit de visite au profit de la Russie, tel a été, pour l'Angleterre, le produit net de la guerre de Grimée, de cette guerre où elle a beaucoup dépensé en hommes et en argent, où elle a compromis son influence, et qu'elle s'est vue forcée de terminer juste au moment où elle avait chance d'en tirer avantage.
La conquête de Mexico par les zouaves, tel a été, pour l'Angleterre, le fruit d'une expédition entreprise en commun, sur la foi d*un engagement qui excluait toute idée d'agrandissement territorial et même d'intervention politique.
De semblables expériences autorisent de reste l'Angleterre à ne s'engager qu'à bon escient.
Elle lient à vivre en bons rapports avec la France, c'est certain; elle n'a garde de vouloir l'offenser, mais elle se croit obligée de prendre ses précautions.
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7 décembre.
Li'Ansleferre tnlastement attaquée.
Les Anglais ont-ils donc toujours tort quand ils s'écrient: « Voyez comme ces Français sont légers! » Vraiment, j'ai • quelque envie d'en douter. Quoi ! hier encore on ne parlait, on ne rêvait en France que de courir au secours de la Pologne; le nom de la Pologne était sur toutes les lèvres : son image, sanglante et mutilée, se dressait devant tous les regards; on comptait avec angoisse les heures de sa convulsive agonie; on brûlait d'en hâter le terme, et, pour cela, nul obstacle ne paraissait trop grand, nulle distance trop considérable, nul sacrifice trop lourd; il y avait des larmes dans les cœurs; les mains cherchaient des épées. Et voilà que, aujourd'hui, la Pologne, quoiqu'elle vive et combatte, est, pour beaucoup de gens en France, comme si elle était morte, enveloppée dans son linceul, ensevelie ! C'est à peine si l'on se croit obligé par la décence de penser à elle de temps en temps, et bientôt. Dieu me pardonne I ou accusera de rabâchage ceux qui s'aviseront d'invoquer encore en sa faveur le droit, la justice, l'humanité! En ce moment, la mode est ailleurs.
Et à l'égard de la Russie donc, quel changement à vue! Comme on est soudain devenu tendre envers elle ! Comme on a vite oublié le ton ironique des dépêches du prince
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GortscbakofF et le caractère odieux des exploits de Mourawieff!
Il n'y a pas à s'y tromper, ce qui a produit un revirement, presque inconcevable, c'est le réveil de cet orgueil militaire qu'irrite, en France, toute opposition ou, même, tout semblant d'opposition de la part des Anglais. Ainsi, parce que TAugleterre a pris un beau jour la liberté grande de n'être pas de l'avis du cabinet des Tuileries sur les conséquences probables du congrès; parce qu'elle a eu l'insolence d'être de son opinion, adieu les sympathies pour la Pologne ! adieu l'indignation excitée par une boucheiie sans nom! adieu la liberté recommandée^ par l'exemple d'un peuple libre! Journalistes des bords de la Seine, pressezvous, videz vos carquois : le point de mire, c'est ï Angleterre!
Il faut, en vérité, que toutes les têtes soient à l'envers, de l'autre côté du détroit, pour que le Journal des DelniU luimême, journal grave et sensé, en soit venu à mêler ses gémissements aux clameurs de V Opinion nationde et de tous ceux pour qui l'histoire commence à Crécy et finit à Waterloo !
Or ça! mais que prétendent ces messieurs? Est-ce que, d'aventure, une invitation est un ordre, dès qu'elle part des Tuik^ries? Est-ce qu'un gouvernement à qui un autre gouverm^naent fait une proposition n'a pas le droit de demander des édaircissemeots, d'examiner, de peser ec de se décider d'après ses propres lumières?
Serait-ce que, sur Tefficadté d'un congrès, il est impossible, absolument impossible, d'avoir deux avis différents; de telle sorte que le doute à cet égard ne se puisse expliquer que par l'excès de la mauvaise foi» les inspirations de U jalousie, le parti pris de la haine? Libre aux apciniisCes de
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tenir pour certain que rAulriche rendra Venise à Tltalie; que la Russie rendra la Pologne à elle-mênie ; que l'Espagne, ou ne réclamera point Gibraltar, ou l'obtiendra; que la Prusse fera bon marché du duché de Posen ; que le Danemark sera trop heureux de mériter le respect des duchés en se séparant d'eux, ou l'Allemagne trop heureuse de prouver son désintéressement en ne s'occupant plus des duchés; que te sultan sera bien aise de voir, au besoin, démembrer ses États, et que le pape donnera sa bénédiction à Victor- Emmanuel, en lui laissant une part des domaines de l'Eglise, et même Rome, s'il y a lieu, enfin que ces choses s'accompliront par le seul fait d'un certain nombre de princes allant, avec ou sans l'aveu des peuples, causer des affaires de l'Europe autour d'un tapis vert. Je ne trouve pas mauvais qu'il y ait des gens disposés à attribuer d'avance de tels effets à une telle cause, et je n'entends en aucune façon leur contester le droit de proclamer bien haut que c'est la foi qui sauve. Mais, en revanche, qu'il soit permis a ceux qui n'ont pas la foi de donner leurs raisons. Avant de prétendrequc le refus de l'Angleterre d'assister au congrès est une marque de vile jalousie, un acte bassement égoïste, une insulte à la France, etc., etc., il y a une chose à prouver : c'est que cette assertion : « la paix du monde sortirait d'un congrès » est un axiome aussi incontestable que celui-ci : < La ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre, » Tant qu'on n'aura pas prouvé cela, l'Angleterre sera fondée à demander en vertu de quel principe d'équité et de liberté on exige que, sur une question essentiellement controversable, elle n'ait pas d'autre opinion que celle du gouvernement impérial.
Et qu'on n'objecte pas la forme du refus. Les dépêches du eomte Russell sont d'un style ferme, mais qui n'a rien de
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brutal, rien de discourtois, rien de sec. Chaque point y est discuté avec un soin et une insistance qui témoignent d*un examen préalable de la question, très-sincère et très-attentif. Tout au plus pourrait-on dire qu'on y remarque Tabsence de ces phrases alambiquées et sottement mielleuses dans lesquelles Thypocrisie diplomatique a coutume de se draper. Mais, d'une part, remploi de ce style, digne sans arrogance et convenable sans fadeur, est caractéristique de la manière du comte Russell, qui n'a jamais écrit autrement; et, d'autre part, s'il s'agissait ici d'une question de forme, est-ce que le gouvernement anglais ne serait pas autorisé à repousser la plainte par la plainte?
Certes, je suis très-loin, quant à moi, de trouver k redire au caractère fier et direct de l'appel adressé par Napoléon III à l'opinion publique en Europe. Dieu me garde de protester contre cet hommage rendu au droit d'intervention intellectuelle des peuples. Le grand jour de la place publique vaut mieux que la nuit des chancelleries. Mais, justement, en ayant son franc parler, Napoléon III a donné un excellent exemple, que lord Russell a fort bien fait d'imiter. Ceux-là devraient s'en applaudir au lieu de s'en irriter, qui ont l'âme assez haute pour voir dans le langage autre chose qu'un moyen donné par Dieu à l'homme de cacher sa pensée.
Vainement chercherait-on h opposer à la cx)ndu!le de l'Angleterre celle des autres gouvernements. Si l'Angleterre, en cette occasion, a parlé sans ambages, c'est simplement parce que sa dignité n'avait aucun indispensable sacrifice à faire aux inspirations de sa prudence. Les acceptations dont se réjouit si fort la presse officielle ou officieuse en France ne sont-elles pas arrivées, en général, tout enveloppées de réserves, laissant deviner le si et le mais? Et n'est-il pas vrai à la lettre que, comme le Times le remarquait il y*a
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quelques jours, les puissances dont on n'a eu aucune peine h obtenir l'adhésion, sont précisément celles auxquelles le congrès offrait une chance de gain? L'Italie tend les bras h Venise et appelle Rome. L'Espagne n'a pas renoncé h Gibraltar. La Suède regarde du côté de la Finlande. Le Danemark veut qu'on lui assure une bonne fois la possession du Slesvig. La Suisse aspire à la neutralisation du territoire, qui confine à ses frontières. Le pape tient « a faire prévaloir le respect des droits, violés » (eu sa personne, bien entendu), et il promet son concours moral au congrès, avec l'intention de c revendiquer spécialement dans les pays catholiques la position prééminente qui appartient Ix la religion catholique, la seule véritable. » Si bien que ce congrès, d'où la paix devait sortir, comme conséquence d'un concours empressé de sacrifices, se trouvé être un jeu auquel nul ne prend part que dans l'espoir de gagner la partie. Est-il donc si extraordinaire qu'après un càlme examen des résultats probables de cette mise en présence de tant d'intéréls opposés, de tant de prétentions inconciliables, le cabinet de Saint-James ait jugé le remède pire que le mal? On conviendra, en tout cas, que, si quelque chose était de nature k l'entraîner vers la politique de l'optimisme, ce n'était pas le dénoûment des négociations entamées avec la Russie dans la question polonaise !
Je viens de citer la réponse du pape : se figure-t-ou la protestante Angleterre se rendant à un congrès pour y entendre affirmer la prééminence de la religion catholique, c qui est la seule véritable ! » Le congrès transformé en concile œcuménique, et l'àpreté des disputes théologiques se mêlant à l'ardeur des discussions soulevées par un remaniement de la carte ! Il ne manquait plus que ce trait !
De tout ceci, Monsieur, que conclure, sinon que le déchai-
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«ement d'une partie de b presse francaiise contre TAnf to* terre, à roccasion du congrès» est absurde au point de na^ sembler ï un accès de folie T
Certes, je ne prétends pas me conslitiier le déGowenr ^quand même de rAn^elenre. Français, et bon Français, je snis ttunns disposé que personne à me foire iibision sur lai défauts d'un peuple dont Faction a été plus d'une fois funeste 4 mon pays. Mais il a, ce peuple, des qualités sérieuses et fortes qu'il est injuste de nier, qu'il est dangereux demécon* naître* Et il a cela de grand, de très-^and, qu'il repré* : sente dans le monde le prtncq>e de liberté.
C'est pourquoi j'estime que ceux*là, en Fr»ice, doif ont ttre rangés, ou parmi les ennemis de la liberté, ou piuini ses amants aveugles, qui s'étudient à attiser eontre l'Angletore, -en l'état actuel de l'Europe, le feu des rivalités nationales «et des ressentiments militaires.
Qu'on r^rocbe aux Anglais de pousser trop loin le cotte des intérêts, de regarder plus aux faits qu'aux principes, de voir trop souvent les choses par leurs petits côtés, de trop s'aimer comme nation, soit Mais qu'on y prenne garde ! il n'est pas qu'un genre d'égoïsme. La passion de primer par la guerre n'est pas moins égoïste que la passion de primer par le commerce, et elle est plus désastreuse. Voitti ce que •sont tenus de dire bien haut à la France ceux de ses enfants qui, au profit qu'il peut y avoir à la flatter, préfèrent l'bonaeur et la fière satisfaction de la servir.
Oui, s'appuyer sur b vanité et les rancunes nationales pour exciter contre un peuple libre un peuple dont l'affiiive principale est de le devenir, c'est, qu'on le sache ou non, compromettre la cause de la liberté*
LES ^UECTIONS HE PiJUS £T LES ANGLAIS ITi
CCXJX
Les élccllMw êft Vtttis et lee Amfflmium
Le silenee ^ r^gioît e» Fraoee éqHÛs bffit d'améei et faqpparaite ÎMnobîlilé du pai^ le pitt reaMaat ée U tam rfÛBÊi, faU cnm aux Anglais 4|ae h Famée avait fMdu ses aspiratiens 4'aMrefeis; gne aes inatincte d'i^^Mwili» ravaieBiafeiDdoinée; qae sm pwls pelitique, dont m ae aaatait plus le bottenent, aval «a eiel eessé de baHiv; ^fÊt pfiHr elle il n'èûitaîl pk» ^écidémeal^ d'autre faiMao ^ne celle des aisàres. fls jH(;eaittitla lampe éteinte, panée ^*elie était longteaqpa i^stée suas le boisseau; ils m wm^ çoMuient pas le sauveaieiit de Feaa aoiia la i^aoe.
Disaaa tout : ee fésnltat ae les affligeait çae aiédîacre* ment. Ce n'était pas sans une sorte de sati«£KtÎQ& mai dâ»» aififtuiée qv'ils aasistaÛBt à ua apeetade ^ aai jieai du VBBnâe^ seaiUaît iéflM>ig»er de la aupéiîanté de la face saxoone anr use raee maie, en ee ^ concerne raptiteda à être likne. Avec fiiette oripaeilkuse affddalîen de pitié îb dîsaiefit : m La Franee n'est paa faite pour la vie palîlîqtte : elle est antvée à le coaspreôdre! • ûnel cflapressement ik mettaient à se réjouir de ce qu'on avait enfin découvert le aeeret degouferaer un peuple repaie îngewvernable! Seuls, les AagfaDfi étaient «m aiatian majealie : aux Fcascaîs, il fallait un Aiattre, parce qu'ila étalent des enfanta, — des eabnts pins TigaareuK et plus (orinîdablea que des liannes quelquefaîa» maîs^en fin de covpte^deaeniJBite.
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Oui, voilà de quelle façon la France ici était appréciée par TAngleterre. Et quand les Anglais qui étaient allés visiter Paris en revenaient émerveillés de sa splendeur extérieure; quand ils parlaient, en enflant la voix, de rues étroites et laides remplacées par de magnifiques boulevards, de mansardes remplacées par des palais, des jardins somptueux éclos comme sous la baguette d'une fée ; quand ils comparaient le Paris d'aujourd'hui à cette Rome des temps anciens qu'Auguste avait trouvée de brique et qu'il avait laissée de marbre, c'était pour en tirer la conclusion que la France ne désirait rien de plus. Volontiers ils rauraienl comparée à un prisonnier qui a des chaînes d'or et qui, à cause de leur éclat, les aiine. Le Daily Telegraph allait jusqu'à nous prendre à partie en ces termes : « Un squelette peut être vêtu de pourpre ; un mort est tout aussi mort dans un tombeau de marbre que dans un tombeau de pierre.» Londres n'a pas, ajoutaient nos censeurs, des boulevards étincelants, des monuments niniviens; elle n'a ni le Louvre achevé ni le bois de Boulogne métamorphosé ; mais TAngleterre esr libre.
Et ce qui portait les Anglais à estimer qu'il n'y avait plus de vivant en France que la France des affaires et celle des plaisirs, c'était le développement extraordinaire des préoccupations industrielles, la passion croissante de l'agiotage, le progrès de la richesse, un déploiement de luxe de jour en jour plus extraordinaire, la rage des spectacles et des fêtes.
Comment peindre leur surprise, à la nouvelle du résultai des élections de Paris? La résurrection de Lazare ne dut pas étonner davantage ceux qui en furent témoins.
Mais on ne veut jamais, s'avouer qu'on s'est trompé. Aussi le Times affecte-t-il de s'étonner en sens inverse. Il ne