LES ÉLECTIONS DE PARIS ET LES ANGLAIS
peut comprendre, assure-t-il, que Ton se soit abusé sur le caractère et les tendances du peuple français au point d'imaginer qu'on n'avait qu'à lui donner, pour qu'il consentit à se laisser éternellement mener par les lisières, panem et circenses. Oubliant combien de fois il avait dit lui-même qu'il importait de tenir la France en bride si l'on ne voulait pas voir un beau matin le cheval emporter le cavalier, le Titnes^ à l'heure qu'il est, ne tarit pas sur ce qu'il y a, selon lui, de remarquable dans le résultat des élections parisiennes. II se représente une belle église vide. La nefj dit-il, est d'une largeur imposante; les colonnes sont d'une imposante hauteur ; il y a profusion d'exquises peintures ; la sculpture ne laisse rien à désirer ; l'autel est paré ; les flambeaux brûlent; les sièges destinés à recevoir les fidèles sont prêts. Mais, hélas! une chose manque, quand l'heure du sen'ice divin a sonné : les fidèles ! la cloche les appelle en vain : ils sont ailleurs. Leurs encens et leurs prières montent vers d'autres dieux.
Il n'y a vraiment que le Times pour se donner à luimême de pareils démentis!
Inutile de vous faire remarquer que les Anglais n'attachent aucune espèce d'importance à la victoire du gouvernement dans les provinces. Ce qui les frappe , c'est le jugement rendu par cette ville de Paris, qui est — ils ne l'ignorent pas — le cœur et le cerveau de la France ; par cette ville de Paris pour laquelle on a dépensé tant d'argent; dans laquelle on a attiré tant d'étrangers, et oiïi les ouvriers ont tant à faire.
Convenons, du reste, qu'il y a là de quoi frapper les esprits, dans une contrée ou, comme dans celle-ci, les intérêts matériels sont l'aune avec laquelle on mesure en général les principes.
li» IMTOLm SD» L^AMUfnU (iMi)
Vk Msmrtf fef< es
i'éla» ea AiigleUsne lois ds grud soiilèfcina»! des lod^. je ft» daM étU(dîer de près ï'mipiesma qu'il pf»dnîiît su Lea Ab^Ms. Pemettezr-moi de eonaifDer ki m»
Il va aans dire fse les Jk&^îs lress»yirent à kprasière ifpwliM d« grès nuage nwr qri^ à trcMs Mlle lie«es de l€wr tie. Triait crever wr lev ei^f^ire îadieB. Mais Rcnk, ayite kl bataiUe de Ganaesv féUcîUit Varron de n'srar p» désespéré du saiul de la peirie. les Ajighns sosi trep or* gueilleux pour laisser percer, aux jm% des étrangers^ le secret de leurs abnnea, ei^ de tous les ocgames de repiiik>n publique, le Times fut celui par qui ce secret fut le plus oc- 9ieSktt9em«it gardé.
€k)iiMiie il le prit de baul en parlant de rinswreetiM èe Tannée du Bengale ! Qad étalagpe il fit de cette sup^iorilé de race qui a mis aux pieds de quelques Eur^^éens de sang aangk^-saxoD deux cents milUons d'Indeus, et avec queUe confiance superbe dans Tavenir ils' écria : < An moyen de quarante mille Européens, chiffre moyen de la population de nos villes de second ordre, nous tenons plus du septième de toute la race humaine ! » Qu'importait au TiwtM cette eolèreett£anlîne des cipayes? L'Angleterre n'avait-elle pa^^ des bras qiâ, par dessuslesocéanset leurs abiniesdoBplés,attesgnaîenta«E* extrémités de la terre? Que deviendrait cet imbécile.truupeaa
tu HEGAUD JETÉ EN ÂRRTfcltE !«$:
dtuSoiB eftrés dès qn'effe les aurait toocliés de sa hmdefte d'airain? Qnani à yons, penples rivaux, qui seriez tentés dn YVn désAf de dîqpaler i rAngleterre la proie conquise, paraissez, die vous défie ! EHe est si natordlemeot, si inrind- Uemeiit propriétaire des Inde^, que, Tint-dle par impossibleà se les laisser prendre, il ne hû faudrait pas dix ans pour lesramener sous sa lei. Les nations jalouses de tant de gran» denr nNml qnli s'aeconUimer an chagrin de la savoir immortelle ! Ayant la fin du mois, quatorze mille soldats de la race anglo-saxonne auront quitté les rivages de la Orande-^etagne. D*aflleurs, le commandait en clief dans les Indes, marche déjà sur le foyer de la rébellton, en concentrant se» forces. On ne parie pas de viclmre. C*est le code même de l'humanité, que les auteurs des massacres de DéRiy ont outragée, qui tonmira.contre eux la justification d*nu appareil de vengeances à faire, pour des siècles, pâlir TOrient!
Totlà, Monsieur, avec quelle indifférence dédaigneuse^ avec quelle habileté romaine à voiler ou k nier les revers,. paria le Times.
Et pourtant c'était avec des soldats tirés de son propre sein et campés au milieu des peuples conquis que Rome maintenait ses conquêtes. Mais l'Inde, tombée sous la domination d'une compagnie de marchands transformés en souverains par un fabuleux concours de circonstances, l'Inde ne^ pouvait être conservée aux mêmes conditions; et ce n'est pas une des moindres merveilles de son asservissement,, qu^elle-même ait été amenée h livrer aux vainqueurs h force: militaire qui sert de base à leur empire ! Le fait est que l'armée anglo-indoue était composée de trois sortes de troupes : troupes européennes appartenant à farmée royale» troupes européennes appartenant à farmée de la Compagnie,, troupes indigènes commandées par des officiers européens..
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Maisque Tannée recrutée parmi les indigènes fût de beaitcoup la plus nombreuse et constituât le fond même des forces britanniques dans les Indes, c'est ce que les chiffres suiTaots vous mettront en état de juger. En 4830, — j'extrais ces chiffres du livre de Mac Culloch, — Tarmée anglaise proprement dite des Indes s'élevait à 26,582 hommes; celle des indigènes à 157,753; celle des indigènes auxiliaires à 111 ,500. Depuis, les chiffres s'enflèrent de manière à rendre la proportion encore plus frappante, et en 1857 on n'estimait pas à moins de 300,000 hommes Fensemble des soldats indous, ou cipayes, répandus dans les trois présidences qui forment, aux Indes, les grandes divisions de la domination anglaise, savoir : la présidence du Bengale, celle de Madras et celle de Bombay.
Ainsi, l'Angleterre aux Indes, singularité menaçante, était protégée par les baïonnettes d'un peuple qu'elle avait vaincu et qu'elle opprimait ! Est-il besoin de dire, après cela, que l'obéissance des cipayes, et une obéissance absolue, était pour rempfre indou-britanuique une question de vie ou de mort? Dans son livre du GouvernemetU de rinde^ Malcolm a écrit : « Appuyés sur le courage et la fidélité jusqu'à présent inébranlables de l'armée indigène, nous pouvons procéder avec hardiesse à toute reforme; maisque ce point d'appui vienne à nous manquer, l'édifice tout entier (le notre pouvoir s'écroule. » Lors de Tinsurrection de Vélore, c'en était fait de la domination anglaise dans Tlnde, si un régiment de cavalerie indigène, par attachement pour le colonel Gillepsie, ne se fut décidé à charger les rebelles. Qu est-ce qu un empire dont la destinée a pu tenir «^ la conduite d'un seul régiment, et la conduite de ce régiment, aux sympathies qu'un seul homme se trouvait lui avoir inspirées !
Eh bieiï, qu'arriva-t-il en 4857? Voilà que, dans la plus importante des trois présidences, celle du Bengale, les cil>ayes s'emportent aux derniers excès de la révolte; ils massacrent leurs officiers; ils égorgent des femmes et des enfants; ils renouvellent les scènes de fureur qui épouvantèrent et ensanglantèrent Saint-Domingue. Il n'y a plus à en douter : cet esprit de désaffection doilt on s'entretenait depuis longtemps à voix basse et sans vouloir y croire, il éclate en violences terri];)les. Et ce ne sont pas les Indous seulement qui se soulèvent, ce sont les Musulmans, ce sont les descen« dânts de ces guerriers du Prophète qui précédèrent les Anglais dans la conquête des Indes. Ce n'est pas tout encore. Est-il vrai que dans les districts embrasés par la révolte, la population a fait cause commune avec les soldats; que les affaires y sont arrêtées; qu'on y refuse le payement de l'impôt; qu'h Calcutta, on a saisi entre les mains d'un officier indigène du 3*" d'infanterie une correspondance attestant l'existence d'un complot dont le but aurait été de soulever toute l'armée? Vainement chercherait-on des motifs de se rassurer dans les offres de service venues, eu cette circonstance critique, de certains princes indiens, le Maharajah de Gvvalior, par exemple, le rajah de Jindh, etc., on en cite quelques-uns, mais les autres? Et d'ailleurs, comment savoir si ces princes n'attendent pas que la rébellion s'étende pour s'y joindre, comme firent les nobles dans la Vendée pendant la Révolution française? Est-il supposable qu'ils nourrissent dans Aur cœur des sentiments d'affection bien sincère à l'égard de ces fiers étrangers qui ont renversé dans l'Inde tant de trônes, humilié ou dépossédé tant de petits potentats, et fait acheter si cher ii ceux qu'ils ont laissés debout, l'aumône de leur tyrannique protection? Que de douleurs jusqu'ici muettes, que de colères jusqu'ici cachées, risquent
IM LETTM» SUR L*AllCLETEnK {I868)
àt fsiiK twfiofàm, h jour rà il devieidra bies évUni i|«e les drien» se swt retouniés eonlre Its chasseurs !
El n'était-ce doM rie» (pie eettè eoiockleiice lalale eacre les IroiAIes de rinde et k guerre déclarée à la dnoe? L» ndcesaité de oombattre les Ghiiiûb n*élaîl-elle pas de Mtare k aCûMir les ressources que réelamait la néœaski de ooinpriner la révolte des cîpfffes? Une chose (pi*il eoBTeuait de M point perdre de vue, c'est cpe la Ghnie et Ilade élaîeot séparées par un Toyage d'uoe senaiiie tout au. ph», ef que, de Cakulta h Cantoii, les nouvelles arrivaîeiU eu quatre fois meîns de temps qu'il n'^ea Mait pour qu'elles parviussent e» Aogleterre. Quel effet ne produirait pas eu Chine le rédtdes scènes sanglantes de Ddhy?
Hais TAnf leterre est dbuée de ce génie qui ajoute tat de force à la force : la ccmstance; elle aurait droit de se parer de cette belle derise d'un de ses régiments : Nous sommes dmrs à mourir. Elle ne s*effraya donc pas outre mesure des tragédies du Bengale :. elle sentait qu'elle sortirait triom* phante de cette épreuve. Mais ce qui était inquiétant dan^ rinsorrettion des cipayes, c'était moins le fait que le sympiAme. L'incendie éteint, qui empêcherait le feu de couver sous la cendre? et s'il était vrai que là constitution même de l'empire indou-britannique portât en elle des gennes de mort, leur développement ne serait-il pas puissamment activé par la rupture du lien moral qui avait jusqu'à ce jour uni aux officiers européens l'armée indigène des Indes?
Là était la vraie question, et on le comprit si bien m An- 0eterre que tous les esprits sérieux s'y occupèrent de la recherche des causes générales auxquelles ces tristes événements avaient dû naissance.
Prétendre qu'ils étaient le produit éphémère d'une circonstance purement accidentelle, c'est-à-dire l'idée répan-
is EifiM» iffuL SU ÈMKiÈmt iti
dHfr panni 1m» dpajFCs 91c lews caitovdMft aifaMU été flottées aYie me (CMse saciBéy» ci qu'ea 7 touebant ib encouraieut Tirréparable malheur d'être déchus de leur caste, eela était bon pour masquer h gravité de la situation, voilà tout.
Ce n'est pas qu'aune pareffle idée, si les dpayes Favaienf eue réellement, ne fût de nature à les soulever, car la caste est Télément intégrant de la sociélé indone» 11 n'y a rien de comparable à Findomptable fanatisme qui enchaîne Tlndou aux usages et aux préjugés propres à Fa caste dont il fait partie. Les violer en quoi que ce soit, plutôt la mort. Et maAenr i qm perd sa plaee dans sa caste! il perd sa j^ee dans ht vie. Nulle porte net s'ouvrira plus sur son passage; ses ans craindnmt son approche eonime eelle d'un pestiféré ; ses frères et ses sœurs MronC ses embraBsemenls; sa mère même a«ra peur de faimer! Noi doute que des hommes disposés à redouter de telles conséquences, si senoètables aux tfets de l'excommunieatiofi an moyen âge, ne soient capables de tout pour les ériter.
Mats il faut remarquer que, dans ta drcoastance dont il s*agit, c'est Ir peine si les dpayes pouvaient avoir sérieusenient h crainte qu^on leur supposait. Est-ce qu'Qs n'avaient pas reçu de leurs officiers, i cet égard, les assurances les pTus formelles, les plus solennelles? Et si Ton voulait absolument que le refus de croire à ces assurances edt seul engendré ta révolte, comment expliquer la part qu'y avaient prise les soldats mahométaus? Aussi bien, l'esprit d'insubordination qui s^était révélé à Heernt avec tant de violence avait depuis longtemps déjà envahi l'armée; plusieurs rapports en avakftt dénoncé les progrès; le govremement centnd éuit averti, et la nature radkale des réformes que proposèrent,. eal8Sl, ccu-ià mêmes qm cherchaient à montrer l'événe*
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ment sous son moindre côté, prouva de reste que le mal tenait à d'autres causes, très-générales et très-profondes.
C'est qu'en effet, il faut bien le dire, les Anglais, en s'emparant des Indes et en les gardant, n'avaient eu d'abord d'autre objet que d'en tirer de gros revenus. Il n'y avait eu là ni mélange des civilisations, ni mélange des races, ni rapprochement des croyances religieuses; et Tlndou, sous le poids d'un impôt territorial écrasant, était entre les mains de la compagnie des Indes ce qu'est la canne soumise au pressoir. ^
Le !•' juillet 1857, le Bomfcqj/ Times publiait la liste des régiments en rébellion ou désarmés : le seul aspect de cette liste émeut. Jamais chiffres ne parlèrent un langage plus tragique. Troupes mutinées : 37 régiments d'infanterie indigène, 3 régiments d'infanterie irrégulière, 5 régiments de cavalerie légère, 3 régiments de cavalerie irrégulière; plus, 5 compagnies d'artillerie, le corps entier des sapeurs et mineurs à Roorkee, la moitié du corps des sapeurs et mineurs à Meerut, le contingent de Mslwak (artillerie et cavalerie), les « Body guards, » contingent de Gwalior (artillerie, cavalerie et infanterie). Troupes désarmées : 16 régiments d'infanterie indigène, 3 régiments de cavalerie légère, 1 régiment de cavalerie irrégulière. Troupes licenciées : 1 régiment d'infanterie indigène, celui de Barrackpore. Le nombre des régiments qui avaient cessé de figurer sur le tableau de l'effectif de l'armée du Bengale était donc de 70, sans compter les divers corps énumérés ci-dessus : sapeurs, mineurs artilleurs, gardes du corps.
Aussi, de quelle conclusion le Bombay Times faisait-îl suivre la sinistre énumération? The Bengal native armthas CEASED To exist! Et ces mots, lancés par dessus les mers.
reteDtirent dans chaque cœur anglais comme le son d'une . cloche funéraire.
Qu'on médite ces lignes, écrites sur le théâtre même des événements : « We hâve got to ihe end ofihis terrible Ust, and feeï that any altempt lo heigten ils stgnificance by comment tcauld be misplaced, The empire is passivg ihrough a most terrible crisis in its hislory, and we are . ïooking with muàh anxiety for reinforcements of European troops. — Nous voici à la fin de cette liste terrible, et nous sentons combien serait déplacée tpute tentative pour en faire ressortir la signification par des commentaires. L'empire traverse une crise formidable, et nous attendons avec une vive anxiété des renforts de troupes européennes. »
N'y eût-il eu d'engagé que l'élémeiat militaire, c'était beaucoup. Et cet élément militaire dompté, le problème était loin d'être résolu ; car on ne pouvait perdre de vue que le soulèvement des cipayes, quelle qu en fût l'issue, changeait de fond en comble les conditions du maintien de l'empire indou-britaunique ; qu'une tentation bien dangereuse venait d'être offerte à l'ambition russe; que les Anglais, perdus et comme noyés, à trois mille lieues de leur pays, au sein d'une population immense, ne devaient désormais se flatter de la tenir assujettie qu'au moyen d'une masse considérable de troupes européennes; que ces troupes, soumises à l'action d'un climat.dévorant, auraient besoin d'être sans cesse renouvelées; que de tels transport^ à de telles distances n'auraient pas lieu sans entraîner des dépenses énormes, et que, si la Compagnie des Indes était déjà obérée, un gouffre d'une effroyable profondeur menaçait de s'ouvrir.
Mais quoi! était-il possible de ne voir qu'une simple mutinerie militaire dans une insurrection qui, en quelques jours, s'était déclarée sur tant de points divers, avait poussé au-
190 LETTRBS SDR L^AlIGLElBMfi {l-Ses)
élevant ée h manUÉtétmrBkn <fWMi»,€ittesi animés d*unerage inapaisable? Plus on sMfeiilf«eles«i- ]Mye6 éUîeM bien pajés €l qse lew imiM« supérieure a «de des sutres Iiéwc, phn ilde?eBaîtaéeeisahre 4e dmndier «ne eiipUcation prefmdeii 4eifireBis é«t il D*7 avait (TeseBiple, 4aD« riifsteire, qve là «ii elles awÎMt pa toe eageiKiréeft, soit par fînpafseiiee et briser «jevg noralemeBt odien^ sait ytr ba ertraliifèiH fiMtîipe. Or, dans Tm on Faii^ eas, il était diffiefle de eoaeevtir fne ie seiiU««ikt qm avait ëéchaifié les c^ayes fit arfièpeflieat étrai^er à «m pofniatim an «ifiai 4e lafsriie is s'étaient fermés, «t i hqmeUe les attaebaîait Ims les fiess du sang, de fédiicaden, 'des préfBgés, 4e8 ambur, 4e la mligiOD, de b QSftioflddité.
Que le gros de Is popMliftiOT qe se #t pasinaédhcleaeaf levé, cela se coMemût, d« resie, ée fat part ée paysass «us armes, sans orgamati^H, sans point de «alKeneat, «m îmtiative, sans dicfs, ^fepersés par petits gravpes sur use Taaie étendse 4e territoire, façomés de fougue fliain â Tsibéîssance^ et seiinis encore 1 Fempire -de ee souvenn prestige ipn, depmisdeuxfiièdes, eifCoiireeaOriratleimBetbpwsanfee des Âirg^Hs. Et toutefins, néme à «t'evrisager^pie €e e6té ée la qoestiofi, que de sig&es alarasaiits! Si le soulèiwment n*avait rien de nationad, pourquoi done avaitril fAi imposer sSence 1 tovte la presse indientBe? Pourqusî ia révolte des soldats indigènes s'ét«t-^He étesèue toit J'ahwà à la totafité ées emip-fiHotMr« «t 4i baxtuar p^êfêet Pourquoi les domestiques mêmes des officiers s'étâieol^4s sur-le-champ tournés contre en? Pourqaoî mi finaiA nombre de courriers et de baleUers du Gange av»eai*ils fait cause commune avec TinsiirrectiMi? Pourquoi, oéb, les troupes anglaises avaient-belles <}éjà mis le feu à |
UN ftECiAB JETÉ EU IKKABE Iftl
iriUagesT H B*y avait donc {ms i <e fiûre ilknou, ai sur la natare da sMlèveoidiiit, û sur sa partée.
le B*aubiîeraî jamais l*efet prodait ea Aii|;l8lef*e par raoBABce fue le gàiéral Haifdad^ le lieras du jasr, le aaadesle at iatrépide fuemer à qui la reine Teaât de conférer Fétaile et le nAaii de cfaeyalîer-commaadear de Tordre du Bain, avait été forcé de battre une aa- •coude fois eu retraite vers Cawnpore... ûu'imagiiier, en «iet^ de plus alarmant? Car, enfin, il était là, aux partes de Luckuow, à la tête de viagt-dnq mitte Hahrattes uiélés aïK rebelles d*Oude^ ce Naua-Saib, qui ne s'Àak pas mjé^ 4»mme aa le disait, avec toute sa £awâlle, et qu'on s*âait trop kité d'envoyer cuver aux eo&rs le sang dont il s^était «nivré. Qu'allait-il advenir, ou, plutAt, qu'ëtait-il advenu des malbeureus hâdUtants de LackMw? Lorsipie, le 2 juillet, sk Henri Lawrence traça la dépêche qui, pour lui, devait être la demîère, il infurma lord Csaning qu'il ne pouvait pas tenir au delà de vingHpuire jours. Les miracles qu'en- Sautent le désir de vivre et la nécessité avaient peraûs k la garnison de Lucknvw de dépasser de qiinie jours le délai fatal : la settoode halle du géaéral Havelock n'aurjût-eUe pas «été un arrêt de mort? Et dans te cas... les ombres des vietîmes de Cawnporé se dresseront devant les imaginations épouvantées!
Autre sujet de douleur : le 8^ r^paœnt de Madras-cavalerie avait refiisé net de prendre la route du Bengale, et il avait fallu le désarmer. Sombre nomnelle, qui prouvait que la mine était ouverte maintenant sous les trois présidences !
De plus, on apprit que, le 20 juillet, à Lahore, qui est, CMUOBtt vous savez, la principale viUe du Punjaub, le 28^ d'infinterie indigène s'ét^ mutiné et avait égorgé l'officier cobh mandant, le.flDUijor Spencer.
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Ajoutez h cela que les dépêches eu question étalent presque aussi inquiélantes par ce qu'elles ne disaient point que parce qu'elles disaient. La mort du maharajah Goolab-Sing, dont elles parlaient, était déjà connue depuis -trois semaines, et, d'autre part, sur Arrah et Dinapore, sur Agra et Benarès, sur les mouvements du major Eyre, sur ceux de George Neill, rien, absolument rien.
Le seul rayon de soleil qui perçât ces noirs nuages, c'était la présence du général Nicliolson ii Delhi avec des renforts. Le 12 du mois d'août, il était à une journée de marche dé la ville assiégée, et si son arrivée ne mettait pas les Anglais en état de tenter immédiatement l'assaut, elle devait les sauver du moins des sorties continuelles dont ils avaient eu jusqu'alors à souffrir.
En attendant, on invoqua le ciel. Un décret de la reine ordonna que la journée du 7 octobre fût employée par la nation à jeûner, à s'humilier, à prier, avec injonction aux archevêques et évoques d'Angleterre de composer la formule des prières à dire dans toutes les églises, chapelles ou places saintes relevant de la juridiction de l'État. Ainsi, le décret ne s'adressait point aux millions de dissidents et de catholiques que l'Angleterre compte dans son sein. Mais c'était là son moindre défaut. Le 7 octobre était un jour de la semaine, un jour de travail. Pourquoi n'avait-on pas choisi un dimanche? Pour les lords, les heureux du monde, les riches advisers de la reine , une journée de dévot loisir est un très-supportable fardeau. Ils peuvent faire somptueusement . maigre; ils peuvent jeûner d'une manière exquise; ils peuvent passer, s'ils veulent, de longues heures en prières, sans que leurs enfants s'en trouvent plus mal. Mais ^()u^Tie^ n'a pas moins besoin de son salaire le 7 octobre que les autres jours, et les rédacteurs du royal décret auraient bien
dA se rappeler que, pour les pauvres gens, la prière par excellence est celle-ci, hélas ! < Donnez-nous notre pain quotidien ! »
Ed même temps que le décret protestaot (le la reine, paraissait le manifeste catholique du cardinal Wisemaun. Cette lettre pastorale exhalait je ne sais quel acre parfum de polémique, eu dépit de ses périodes arrondies, de ses métaphores onctueuses, et contenait des passages où le cardinal appuyait, conotme avec un fer chaud, sur les cruautés commises par les cipayes.
Tout ceci vous donne la couleur de ce qu'était la situation : elle était ce qu'avaient dû naturellement la faire le deuil où tant de familles étaient plongées, les calamités que Ton connaissait, celles qu'on prévoyait ou qu'on redoutait, et, pardessus tout, la conviction que des fautes immenses étaient à l'origine de cet immense désastre. De là un mécontentement sourd qui ne perdit aucune occasion de s'épancher. Les attaques contre lord Ganning se multiplièrent; on allait disant : Lequel vaudrait mieux de son rappel ou de la prise de Nana-* Salb? Jugez! Quant à la Compagnie des Indes, vous pensez bien qu'on ne l'épargna pas, quoique, en toute conscience, on dût s*en prendre beaucoup moins à la Cour des directeurs qu'au Bureau de contrôley la responsabilité de la première de ces deux autorités n'étant qu'un pâle reflet de celle de la seconde. Il est vrai qu'il venait de se passer un fait qui fournit aux adversaires de la Compagnie des armes légitimes. Une assemblée des propriétaires avait été convoquée, et bien que, pour former une cour, la présence de vingt membres suffit, on n'avait pas eu le nombre requis. Cette marque extraordinaire d'indifférence, de la part d'hommes spécialement intéressés dans une question qui faisait battre tant de cœurs, avait paru un scandale. D'autant que le résultat du
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ineeliDg était TéritableiDeiit misérable. Quel adoucissemait aux douleurs de Topinion que de lui apprendre comme quai les directeurs n'étaient encore « arrivés à aucune solution! » fit quel éclat jeté sur la générosité de la Compagnie par l'assurance pompeuse que lord Canning avait reçu d'elle ^invitation de ne laisser mourir de faim ou manquer d*asile aucun de ceux qui lui viendraient housdess and naked frmn Ae upper cauntry ! Ne taisons pas, pour élre justes, que la Compagnie, se donuant à elle-même chaque année une fête 011 s'engloutissaient des sommes considérables, elle avait bien voulu promettre qu'il n'y aurait pas de dîner cette annéej
La critique avait donc à mordre, et elle n'eut garde d'y -manquer. Une chose vous donnera une idée de ce fonds de mauvaise humeur qui se mariait à la tristesse publique. On reprocha amèrement à la reine de visiter TÉcosse; au prince Albert, de se livrer à trop d'ardeur pour la chasse; au duc de Cambridge, d'avoir cédé à l'attrait des évolutions militaires de Chàlons ; au ministre de la guerre, d'être en vacances. C'est au point qu'un journal très-grave, écho fidèle et sonore des rumeurs qui couraient dan^ le parti libéral, ne craignit pas de rappeler, à cette occasion..., quoi? Néron chantant à la lueur de Rome incendiée. Exagérations que tout cela, sans doute ! Et le Globe eut raison de faire observer que, si les ministres se donnaient un peu de bon temps, c'était après avoir pourvu h tout, et que, dans un pays constitutionnel comme l'Angleterre, la machine gouvernementale ne demandait pas, pour aller, que la reine fût continuellement à Londres. Toutefois, les susceptibilités partaient d'un sentiment respectable et naturel. Avoir l'air de rire devant une personne qui pleure ressemblera toujours à un manque de délicatesse, et, lorsqu'une grande nation est en deuil, elle est certes bien en droit d'exiger de ceux qui la gouver-
nent qu'ils renoncent aux distractions d'usage et qu'ils ajournent la joie jusqu'après le péril.
% Le péril passa. La rébellion fut domptée, et les Anglais affirmèrent leur supériorité sur le peuple conquis, non-seulement par un courage héroïque, mais par cet ensemble de . qualités fortes qui constituent les races dominantes. Heureux s'ils n'avaient point vengé, par des barbaries indignes d'un peuple civilisé, Texécrable massacre de Gawnpore et le sang que les sauvages cipayes versèrent en trahison !
Voici ce que le Times écrivait comme conclusion d'un^ article où, après avoir établi que le soulèvement des Indous n'avait rien de national, il sonnait l'hallali contre les rebelles : c Qu'on sache bien que l'Angleterre soutiendra les officiers^ dans l'œuvre de la répression et du châtiment, quelque terribles que soient les mesures qu'ils jugeront à propos de prendre. >
Était-il donc absolument nécessaire de prémunir les An-» glais qui combattaient dans l'Inde contre les inspirations d'une humanité béte, « maudlin humanily? j» Vous allez en juger.
Dans une des dernières lettres, envoyées de l'Inde, on lisait : Sir Henry Latorence is grindy busy hanging the mutineers^ al Lucknow, « Sir Henry Lawrence va rudement en besogne, à Lucknow, dans la question de pendre les rebelles. » Autre lettre : Sir Henry Lawrence is Aonging ihe fellotcs^ al Lucknow^ as fasi as he ean, « Sir Henry Lawrence est en train de pendre nos drôles, à Lucknow, aussi vite qu'il peut. » On écrivait de Peshawur, à la date du It juin, — et remarquez qifà Peshawur il y avait eu, non soulèvement, mais simple tentative de désertion : «i Le canon a fait justice de quarante rebelles, en présence de toute la force armée. Les trois côtés d'un carré avaient
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été formés : on a fait avancer dix pièces de canon. La sentence ayant été lue, on a lié un prisonnier à la gueule de chaque canon. Puis le signal a été donné... Quelle scène! # J'espère n'être plus appelé à en voir de semblable... Des troncs, des têtes, des bras, des jambes, lancés çà et là dans toutes les directions... Ces hommes ont subi leur sort avec fermeté, à l'exception de deux qui n'ont pas voulu se laisser attacher. Pour économiser le temps, on les a jetés par terre, et on leur a fait sauter la cervelle à bout portant. » La veille, on avait écrit de Ferozepore : « Ce matin, les rebelles ont été amenés (au nombre de vingt-quatre, je crois) sur le lieu de l'exécution... Un d'eux, qui avait eu le bras amputé par suite d'une blessure, était porté dans une civière. Le lieutenant Hoggan a lu aux troupes et au peuple rassemblés ia sentence rendue par ia cour martiale. Ensuite il a averti les rebelles que si quelques-uns d'entre eux avaient des déclarations à faire, il serait sursis à leur exécution. Douze, si je ne me trompe, ont accepté Toffre et ont été conduits derrière l'artillerie. Des douze qui restaient, deux, parmi lesquels l'homme dont le bras avait été amputé, ont été livrés i la potence. L'un et l'autre ont monté à l'échelle d'un pas résolu, et sans donner la moindre marque de frayeur. Arrivés sur la plate-forme, ils ont ajusté le nœud coulant deT leurs propres mains; on leur a bandé les y^eux; on leur a lié les bras, et ils ont été lancés dans l'éternité... Les dix autres ont été menés au canon... Comme il y en avait qui criaient : « Ne sacritiez pas l'innoceut pour le coupable! » deux d'entre eux leur ont dit : « Allons! pas de pleurnicheries! Mourez en hommes et non pas en lâches. Vous défendiez votre religion, qu'avez-vous à implorer la vie? Nos maîtres! Ce ne sont pas nos maîtres, ce sont des chiens. » On les a attachés à la bouche des canons, qu'on avait chargés avec
des cartouches sans balle. Ready ! « Tire ! » Et le drame a été joué. Il y avait quelque chose d'opprimant (ot^rpotoering) dans cette scène de carnage et dans la puanteur qui s*en exhalait. Je me suis senti tout bouleversé. Les nombreux indigènes présents étaient dans Tépouvante; ils tremblaient comme des feuilles de peuplier, et leurs visages présentaient des teintes étranges... La leçon, je Fespère, ne sera pas perdue pour eux. On n*avait pas pris la précaution d* écarter du voisinage des pièces ceux qui avaient à en faire le service. Il en est résulté qu'ils ont été couverts de sang, et que l'un d'eux a été frappé d'une manière terrible par un bras séparé du tronc. »
Vous vous rappelez ce qui arriva dans la ville de Lyon pendant la Révolution française? Au moment où un immense incendie élait allumé en Vendée, où le mouvement de la coalition enveloppait notre pays, où la France semblait h l'agonie, une partie de la population lyonnaise s'était insurgée, avait jeté en défi à l'Assemblée souveraine cette tête de Chalier que le bourreau n'abattit qu'après l'avoir mutilée trois fois, et mettant en défense la ville dont elle s'était rendue inaitresse, avait soutenu contre les représentants du peuplé un siège long et meurtrier. C'éuiit pire qu'une tentative de désertion, ou même qu'un soulèvement dirigé contre une domination étrangère. Et cependant combien n'a pas été perçante la protestation qui , sortie des profondeurs de la conscience humaine, s'est élevée contre les mitraillades de Collot-d'Herbois et de Fouché !
Dieu me préserve de vouloir, en aucune façon, voiler ou atténuer ce qu'on raconte des horreurs qui furent commises par les sicaires de Nana-Saîb ! Tout mon cœur en est saisi. Mais est-il juste d'oublier que si, de la part des insurgés indous, il y eut des actes de convoitise et dé barbarie
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absolument horribles, il y en eut aussi quelques-uns de protection touchaute et d'humanité? < Ne sacrifiez pas les innocents pour les coupables ! y> Yoilh le cri qu'il était de Thonneur dé TAngleterre de recueillir avec un soin religieux, et l'y inviter, an nom de la civilisation, au nom de l'Europe, au nom du Christ, valait certes mieux que de la pousser dans les voies sanglantes de la justice sommaire et des exécutions en masse ! N'était-ce donc pas assez de ces lambeaux humains vomis par la bouche des canons, et de ces aspersions de sang, et de l'effroi de ces spectateurs indigènes, trem^ blant comme des feuilles de peuplier, — et de l'effet produit sur l'auteur du récit lui-même, qui, tout en exprimant l'espoir que la leçon ne serait pas perdue, ne peut s'empêcher de dire : « Iwas myself terribly convulsed? > Ah! où la haine a une foi^ mis la main, les colères de la victoire n'ont nul besoin qu'oncles aiguillonne.
Il est juste d'ajouter que, parmi les Anglais, il yen eut beaucoup, et des plus distingués, sur qui les brutales exhortations que je signale firent la plus fâcheuse impression, et c'est avec un vrai plaisir que je citerai, en terminant, le passage suivant d'une adresse électorale de M. Brighl : « IJ est de l'intérêt de l'Inde que l'ordre y soit rétabli. Mais, c^ résultat obtenu, notre pays serait singulièrement coupable de négliger désormais le bien-être de tant de millions d'hommes. J'espère que les actes du gouvernement ne se ressentiront pas de cet esprit vindicatif et sanguinaire que respirent certaines lettres publiées par les journaux. J'espère que loi-sque la crise sera passée, tout ce qu'il y a en Angleterre de science politique sera employé à tirer d'un si grand mal le plus de bien possible. » Nobles paroles, dignes d'une âme élevée 6t d'un véritable homme d'État!