‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 2)Chapitre 148 sur 186 · UN MANIFESTE · texte numérisé non relu

UN MANIFESTE

toutes les condilions de la guerre nous sont défavornblcs. Que serait-il arrivé de l'Espagne en l'année 1808 si elle s'était mise à considérer le nombre et la valeur des armées françaises avant de commencer son glorieux soulèvement ? Que serait-il arrivé du Mexique, si le père de Tindépendance s'était mis à calculer les immenses ressources de la couronne d'Espagne, et la misère dans laquelle il se trouvait au moment de proclamer notre émancipation?

« Je suis très-loin de la jactance qui annonce des triomphes et énumère des forces imaginaires. Notre faiblesse est un fait, c'est le fait même qui a motivé l'invasion. Hais notre devoir est de nous défendre, et quand il y a un devoir à accomplir, on ne doit pas compter le nombre de ses adversaires, ni peser les difficultés. Nous ne pouvons perdre avec honneur l'indépendance qu'après l'avoir défendue avec les armes jusqu'à la dernière extrémité. Alors, seulement alors, nous aurons droit à la considération du monde ; nous transmettrons à nos fils le droit de s'insurger contre des oppresseurs toutes les fois qu'ils pourront le faire ; et nous aurons lavé de notre sang la tache faite au drapeau national par ce petit nombre de Mexicains avilis qui, par haine de parti, par faim ou par égoïsme, se sont prêtés à servir d'instrument aux conquérants, jouant des rôles qui révèlent le dernier degré de l'abjection.

< Habitants de Guanajuato, la Providence nous a destinés à vivre à une époque d'épreuves. Mettons-nous à la hauteur de la situation ; soyons grands au jour de la lutte, puisque nos discordes domestiques nous ont montrés petits auparavant. Montrons à nos ennemis que nous ne sommes pas indignes de former une nation indépendante. Faisonsleur toucher du doigt la différence qui existe entre cette troupe de mendiants, chevaliers d'industrie politiques, qui

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soDt allés demander secours à l'Empereur, et rimmeose najorité de la uation, en qui dominent avec un développemeBt énergique et puissant Tamour-propre national et le noUe orgueil qu'entretiennent le sentiment de la patrie et ratUK ch^meat sacré et inépuisable à la iM>Dservation de rindépeu-dance

c Notre destinée est de combattre. Allons donc à la kttte avec la dignité d'hommes libres, avec la résolution de Mexicains iiidépendanis, et la foi en Dieu, qui jamais n*abandenne la cause de la justice. L'avenir est sombre, cest un avenir de sacrifices; mais la récompense en est impérissable, c'est la gloire d'Hidalgo et d'burbide.

c La postérité nous jugera tous» et quand cette époque de passions et de haines sera passée, elle distinguera les Mes»cains qui seront morts en défendant rindépendan^e de leur pairie des traîtres qui l'ont lâchement livrée.

< Vive l'indépendance ! Vive la république! Vive le gou^ vernemenl constitutionnel mexicain!

ff Guaiiajuato, le 28 juillet 1863.

« Signé : Manuel Doblado, »

ATTITtlDE DE L ANGLETERRE îll

Allltnde de l'Angleterre dans In question dn Congrès européen.

Très-décidément, la proposition d'un coAfrès n'a ici aucvn succès. Les uns la dénoncent comme Finspiration d'nne politique à bout d'expédients; les mtpes n*y voient qu'un projet irréaliraMe, qu'uu rêve enspronté des hallucinations de M. Cobden, qu'un plagiat prématuré des théories de l'abbé de Saint-Pierre, qu'un effort pour rejeter dans TcMnbre rinili:^iye hardie prise dernièrement par François-Joseph ; quelqae»-<ns croient que e^est, de la part de Femperenr des Français, un moyen de couvrir son embarras h l'égard de la RoBsie, d'échaj^er k Tattemative par lui-ménre définie le silènes mi la guerre^ et de déjouer l'attention de l'Europe; il en est qui dans cette brusqne évolution croient découvrir Famour du bruit, la crainte de n'être pas assez vu de la terre; tons se demandent ce que le monde en général et VEnrope en particulier auraient à gagner an conflit de tant de proUènMs soulevés, de tant d'intérêts alarmés, de tant de dH>ses nnses en question, de tant de prétentions inconciliables mises en présence.

U faut dire aussi que les Anglais se défient du souverain qui, le lendemain de la perre de Crimée, coqiiettait avec h Russie, et qui les attira dans son expédition du Mexiipie. Us s'obstinent à ne pas croire au désintéressement du

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prince qai, disent-ils, fit aboutir a raoneiûoD de Nice et i: la Saroie cette guerre d'Italie entreprise « pamr twr idée, i

Ils se rappellent comment les mots célèbres r Empire etsi la paix furent le préInde de la guerre.

U leur paraît improbable que celui qui doit son sceptre à la force soit décidé à divorcer avec elle.

Un abbé de Saint-Pierre sur un trône, un M. CobdcD à b (été de six cent mille soldats, leur semblent un phéoomine qui demande explication. I

Bref, c'est en bochant la tête qu'ils ont accueilli la propo- ' sitioD d*un cxingrès.

Et certes, si quelque chose pouvait effacer cette première impression, ce n'était pas la lettre que l'empereur des Français vient d'adresser aux souverains de l'Europe. On a trouvé ici que cette lettre ne man(|uait pas de dignité; qu'il y avait un habile orgueil à rapprocher de l'éclat de sa position présente le souvenir d'un passé obscur ou troublé. Cette fière humilité dont parlait Burke (proiid humility), elle respire, c'est certain, dans la lettre aux très-hauts et très-illustres princes souverains et villes libres composant la sérénissime Confédération germanique; et, sous ce rapportâtes Anglais ne sont pas gens à chercher querelle au vaincu (it? Strasbourg et de Boulogne. Mais ce qui les frappe désagréablement dans Tépître itnpériale, c'est l'aveu har^' des prétentions personnelles dont elle témoigne. L'i»*cation de Paris comme point de réunion du conclave, et b nécessité de décerner, dans ce cas, la présidence au sou^^ raiii dont les autres potentats recevraient l'hospitalité, cest plus qu'il n'en faut, à les entendre, pour mettre en ptei«^ lumière les intentions et le but de l'auteur du projet. Ce qu'il veut, c'est que, aux yeux du monde, sa prépondérance dans les conseils de l'Europe soit clairement établie. Or, s »

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