UNE QUERELLE ENTRE M. COBDEN ET LE TUIES
la presse anglaise, et c'est H. Cobden qui se trouve avoir allumé rinceodie.
Si entre lui et le Times il n'était question que d'une querelle ordinaire, la mentionner suffirait; mais elle touche, la querelle que je vous signale, h un point qui mérite d'être éclairci pour l'honneur du journalisme et dans l'intérêt du public, inséparables l'un et l'autre du respect de la justice et des droits, bien compris, de la liberté.
Les faits, d'abord :
Jl y a quelque temps, H. Cobden et H. Bright prononcèrent à Rochdale des discours à l'occasion desquels ils furent accusés par le Times de pousser au partage des propriétés des riches entre les pauvres. L'accusation était meurtrière. Cependant elle ne fut point relevée. M. Cobden a expliqué, depuis, que ni lui ni son ami M. Bright ne font au Times l'honneur de le lire habituellement. Le Times conclut ou fit semblant de conclure de leur silence qu'ils acceptaient Tanathème, et, à quelques jours de là, il revint à la charge contre M. Bright, lui imputant d'avoir pour doctrine le partage des terres. Et cela fut dit négligemment, incidemment, comme s'il se fût agi d'un fait bien établi, incontesté, connu de tous.
L'article étant tombé par hasard sous les yeux de M. Cobden, celui-ci ne se posséda plus. Ami de M. Bright, compagnon de ses travaux, conGdent de ses pensées, il savait mieux que personne combien l'assertion était fausse, et il comprenait h merveille tout ce qu'elle contenait de venin. Inspiré par l'amitié, mais aveuglé par la colère, il écrivit au Times une lettre violente, dans laquelle, non content de protester avec indignation contre ce qu'il appelait mie abominable calomnie, il reprochait à l'éditeur du Times de porter un masque, et de ne le porter que pour le public, de ma*
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nière k recueillir le frén de raiioR>iie, saots rien perdre comme individu de ce que pouvaient lui rapporter ses c<i»plaisances. Le not corruptioR était prononeë, et il était donné claireiBe&t à entendre que c était le devoir de eeux qui connaissaient le derrière des coulisses de mettre au fait les non-initiés.
Le premier moaTement de l'éditeur du Timet^ ea recevant une lettre de M. Cobden, fut d'en promettre, et il en promit effectivement Tinsertion pour le lendemai», soit qu'il ne l'eût pas lue, soit qu'il n'eût vu tout d'abord aucun inconvénient à la publier. Mais, le lendemain, il se ravisa, et il écrivit ï M. Cobden, dans une lettre particulière^ où. il parlait à la troisième personne, et qui n'était point signée, les motifs àt son refus. M. Cobden envoya aussitôt aux autres journaux la réponse dont le Times refusait l'insertion, sans faire mention de la lettre particulière qu'il avait reçue, et en se bornant à constater le refus du Timea. Ni le Morning Fosi^ ni le Morniug Advertiser, ni le Daii^ Telegraph, ne J4i* gèrent à propos de donner à M. Cobden, s'attaquant aa Tim€êy rhospitalité de lairs colonnes. Le Daily Niws comprit autrement son devoir. Quant au Morning Sêar^ qui est eu quelque sorte le Moniteur de Técolede MaBcbester, la chose allait de soi.
Il est bien rare, en Angleterre, qu'on mette les rieurs de son côté, quand on perd son sang-froid. C'est ce qui était arrivé à M. Cobden. Sa lettre fut trouvée trop personneUe, passionnée à l'excès, injurieuse. Pourquoi, d'ailleurs, prenait-il parti pour M. Bright?Si le Times avait présenté sow un faux jour les idées de M. Bright, calomnié ses doctrises, à qui appartenait le droit de protester, sinon k H. Brigkt lui-même? Et certes, il n'était pas besoin qu'un homme qui n'avait pas il beaucoup près sa vigueur et ses muscles com^