UNE QUERELLE E19TRB M. GOBI^BN ET LE TIMES S$S
battit son combat, à lui, niomme de la tatte par excetlence, Hncomparable jouteur. Et puis, je ne sh» pas bien sûr qu'en cherekant à avilir le Tintes^ M. Cobden n'ait pas froissé dans beaucoup d'Anglais quelqne chose qui resseivible fort à un sentiment national. Je connais des gens ici qui, dans l'humiliation du TimeSy ne seraient pas éloignés de TO?r rbumiiiation de TAngleterre. Cela vous paraîtra peut-être singulier ; mais cela est.
Il y avait donc toutes sortes de raisons pour qve la sortie de M. Cobden fût mal accueillie du public, quelque fondé, d'ailleurs, qu'il pût être h repousser une imputation aussi préjudiciable qu'injuste.
De son c6té, la presse anglaise avait un intérêt manifeste à se ranger, en cette occasion, sons la bannière du Timeg. M. Cobden avait eu la généreuse maladresse de mettre en (juestion la moralité des attaques anonymes : en fallait-fl davantage? Bien différente en cela de la presse française, la presse anglaise se croirait perdue, le jour oili le bénéfice de l'anonyme lui serait enlevé. La loi des signatures lui fait horreur. Combattre sans visière? Jamais! autant vaudrait combattre sans épée. Voilà sa théorie, et il n^est pas de rédactanr en chef ici de qui Ton soit autorisé à dire :
Il aurait YolonUers écrit sur son chapeau :
« C*est moi qui suis Gnillot, beri^er de ce troupeau. *
Ainsi^ en demandant au Times de baisser la visière^ M. Cobden ne pouvait guère manquer de donner à son adversaire des alliés ardents. De fait, le Momtng Poêiy 1$ Morning Advertùerj le Globe^ Y Economiste la Saturdstj/ Ameto, etc., etc.^ se sont prononcés contre M. Cob^^
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dans cette affaire, avec un ensemble qui témoigne assez de la puissance de Tesprit de corps.
Oh! s'ils s'étaient bornés aie bllmerde Femportement de son langage, rien de mieux; mais ils sont allés plus loin, et l'on a vu se produire, à cette occasion, je ne sais quelles monstrueuses théories sur le monopole de la publicité par les journaux; sur l'irresponsabilité personnelle de leurs rédacteurs, sur le droit d'étouffer la voix de la défense après avoir sonné le clairon de l'attaque, sur la légitimité du système qui consiste à transformer en un fait bien établi le résultat des déductions les plus arbitraires, et enfin, sur le prétendu danger de faire passer Timportance sociale de la presse, des mains des propriétaires de journaux aux mains des rédacteurs de journaux, en attachant le succès d*une feuille à la popularité des noms qui brillent au bas des articles.
Une circonstance vous aura frappé, je suppose, dans le récit qui précède. Il vous aura paru sans doute étrange que le Times se soit cru le droit et ait eu légalement le droit de refuser l'insertion d'une réponse provoquée par ses accusations, réponse violente, il est vrai, mais en réalité moins venimeuse, peut-être, que l'attaque. Et ce qui vous aura paru plus étrange encore, c'est qu'un homme tel que M. Cobden, après tant d'éclatants services rendus à son pays et dans le cours d'une aussi illustre carrière, n'ait pas pu obtenir de plus de deux journaux le pouvoir de faire le j)ublic juge entre le Times et lui. Mais ce que vous ne comprendrez pas, j'en suis sûr, c'est que le Daily News ait été vivement pris à partie par quelques-uns de ses confrères, pour avoir loyalement, impartialement, mis devant ses lecteurs les diverses pièces du procès, sans rien exagérer, sans rien atténuer, sans rien cacher, et en abandonnant le soin de pro-