‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 2)Chapitre 162 sur 186 · T. VI · texte numérisé non relu

T. VI

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conTK)qtra son preimer pariement, <od ne put trouver dns toit le royaume que Tittgt-naïf paire letnparets. Et de cesTÎiigineuf pairs, comMen ont survécu ûsm ïmrs deâeendants? Pas cinq. George II avait coutume de dire que le meilleur geatîlhomme d'Angleterre étak lord Benbigfa, parce que odui- Ta descendait des comtes de liabsbonrg. Ce qw est sûr, c'est que les famiHes des grands barcms d'aafrefeis sont «jmirdTnii éteintes. !1 n y a pas, de nos jours, en Angleterre, de •noblesse qu'on puisse appeler noMesse d« sang; c'en est fait, en ce qui la concerne, des arbres géuéalogiqnes.

D*oii vient donc le prestige extraordinaire qw «Moore Taristocratie anglaise? Est-il dâ an nombre (rès-restreint de ses membres? S'expliqwe-t-il par ce fait que le nombre des pairies, dans le royaume, n'y excède pas le chiffre de 687, et celui des titulaires le chiffre de S70? Celte imposaoïe Chambre des Lords, où vont s'asseoir tous les lords anglais et gallois, dès qu'ils ont atteint l'âge de vingt et un ans, et où seize lords élus pour chaque session par la pairie écossaise représentent l'Ecosse, tandis que vingt-huit pairs nommés à vie par les lords irlandais y représentent l'Irlande, lire-t-elle sa considération de ce qu'elle ne compte dans son sein que 3 ducs royaux, 3 archevêques, 27 évéques, 20 ducs, ii marquis, 131 comtes, 28 vicomtes et 225 barons : en tout, 30 pairs spirituels et 429 pairs teniporekf Le^orcure, ce serait tomber dans une étrange erreur.

En Angleterre, on a compris, ce qui ne le fut jamais en France par la noblesse, quand il y avait en France une noblesse, que le principe aristocratique ne peut rien gagner à s'enfermer dans un cercle étrœt, jalensement tracé, inabordable ou presque inabordable. En Angleieire^ loin de tendre h se séparer du gros de la nation, l'aristaeraiie ne cesse d'y .plonger. C'est parmi les Twtabiliiés de tout genre et de fouie

SDR ttCBLLE aaUlS L AiUSIttGBAIIf REPOSE ^'Jflg^

coDâitioB cp] elle se reemle; h la dnae des riches, elia a deniaodé Toptileot persMinage qoi s'appelle aujourd'hui lord Ovej'.siioiie. A, la classa des gecs de kUres, elle a demandé rUlustre historien qui est mort iord Macuilay. Uû homme de beaucoup d'espril que j'ai connu pendant quinze ans sous le nem de MxmtkUm Mikies, ne «l'est {dus cm»u, depuis quelques mois, que sous le liCre de lord Houghton. Ainsi, et grâce au droit qu*s le souverain de créer des pairs d' Angler terre. Far islocratie est ue puissance qui se maintieult, s'ali-^ menle, se rajeunit perpétnelleneat, par Facoessiou de toutes les foroes vîtes du pays.

Encore si eeC «vamage était te seul ! Mais non : le sysième adofaé a pour eietd'ôfer à l'aristioeraléele caractère toujours odteiuc d'une eatk. Aecessîbie à chacun, elle n'est à personne vn sujet d*ojBeuse. Elle offre un but à Tanhition, ce qui l'empêche d'être le point de oure de l'envie.

La féodalité, d'ailleurs, n'a pas eu on Angleterre le inéoie canctère ^u'ett France. En Franee, où les seigneurs féo^ daux étaient quelquefois indépendants ou presque indépendants de la couronne, et où la puissance de la royauté fut souvent tenue eu édm. par celle des grands vassaux, la DéodaKté pesa rudement sur le paysan. En Angleterre, au coutraire, ce fut sur tes grands vassaux que pe^a la féodalité, par tes exactions auxquelles les soiunii la ooarontke, qu'ils n'étaient pas assez forts poor contenir. La féodalité a eu eo Angleterre un caractère fiscal, dont les riches sut tout ont eu à siiuffrir. Elle a été beaucoup moins oppressive qn* en France,, partant moins odieuse.

Aussi, quelles conquêtes que celles de l'esprit aristocratique en ce paysl Pas de classe où il n'ait pénétré, pas de condition qu'il né soit pan'enu à envahir. H est descendu, h travers les couches soccessives de la société, jusqu'en ses

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dernières profondeurs. On le respire dans le réduit où se cache la pauvreté, comme dans le palais où s'étale l'opulence. On le rencontre même dans le monde de la domesticité, qui a ses magnats et son étiquette. L'Angleterre le sue par tous les pores.

Il faut reconnaître, au surplus, qu'en Angleterre le principe de l'égalité devant la loi sert a déguiser jusqu'à un certain point le règne des inégalités sociales; je dis jusqu'à un certain point, car le régime de l'égalité devant la loi ne saurait exister dans toute son intégrité là où il est loisible au riche, en matière de délits correctionnels, d'échapper à la prison par l'amende, et où les lords ne peuvent être arrêtés pour dettes. Sous George II, lord Ferrers ayant commis un meurtre, on crut un moment qu'il ne serait pas pendu; mais le roi,jqui voulait populariser la dynastie nouvelle qu'il représentait, insistai On pendit conséquemment lord Ferrers, mais avec un cordon de soie ! Il est, en outre, à remarquer que les lords déposent, nou sur leur serment, nrais sur leur honneur.

N'importe! Que l'opinion publique s'accommode des inégalités sociales, c'est certain ; et ce qui ne l'est pas moins, c'est qu'elle les considère comme parfaitement compatibles avec la liberté. Milton n'a (ait qu'exprimer une idée trèsgénéralement répandue ici, lorsqu'il a écrit : « Si nous ne somn^s pas tous égaux, nous sommes tous libres, également libres, les ordres et la hiérarchie s'accordant très-bien avec la liberté, loin de lui être contraires. » Il est juste d'ajouter que Milton, républicain déterminé, a mis ce langage dans la bouche de Satan.

Ajoutez à tout cela les services réels rendus par l'aristocratie, l'activité politique de ses membres, l'initiative que plusieurs d'entre eux s'étudient à prendre dans les questions

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