LE6 « SETTLEMENTS
menacé d'être (ué par Ist faim s*arified*iin fusil; et opposant la joenace à la menace, la terreur à la terreur, Tassassioai à l'éviciion, donne bien souvent un meurtre pour dénoûment à ua contrai. Dès lors^ nulle sécurité pour les personoes; nulle sécurité pour les propriétés. Le capital s*effiraie, ii*ose s'approcher ou s*eafuit, sans que le flot de la population cesse pour cela de monter. La dispropoction entre le nombre des bouches à nourrir et les moyens de subsistance augmente avec une rapidité terrible. La concurrence devient de plus en plus forcenée; la rente hausse de plus belle; les engagements subis par nécessité sont violés de plus ea plus; les cas d'éviction se makiplieni, et aussi... les cas de meurtre. L'effroyable abime va se creusant de jour en jour.
Voilà réffîigration en masse des Irlandais suffisamment expliquée, n'est-ce pas? £t certes, il u'y a pas de raison pour que le Times s'en inquiète, tant qu'elle n'ira pas au delà de certaines limites. Mais s'il arrivait d'aventure que ces lijEnites fussent dépassées ! S'il arrivait que les rangs de la blême armée des travailleurs s'éclaircissent au point de faire que le travail, au lieu d'être, comaée aujourd'hui, plus offert que dema&dé, fût plus demandé qu'^^ffert, le « landlordisme » y trouverait-il soa compte, et le Times continuerait-îl de dire, sur ce ton d^gé qui semble lui coûter peu à prendre : Les'Irlandais s'en vont! Eh bien, bon voyage?
Mais revenons à l'iy&toire du c laodiordisme » dans l'Angleterre proprement dite.
Au nombre des nM)yeQs par lesquels les grandes propriétés se maintiennent intactes, il faut placer ce qu'on nomme « selUemetUi^, c'est-inlire l'acte en vertu duquel la persoane eu possession d'un domaine n'en jouit qu'à titre viager, son fils aine étant appdé à succéder par voie de subslitution.
329 LETTRES SUR L* ANGLETERRE (l864)
Le but des « settlemenis » est de paralyser entre les mains du possesseur Texercice du droit absolu de propriété; d'empêcher par conséquent l'aliénation de son bien, soit ec tout, soit en partie, et de mettre de la sorte obstacle à ce que ce bien sorte de la famille.
Ce n'est pas que le pouvoir reconnu par la loi d'immohîliser la terre au mayen des « seUlements » soit absolu et illimité ; non : la loi veut, au contraire, que tout domaine soit, dans certains cas donnés, sujet à l'aliénation.
Il suffit, par exemple, pour qu'une terre frappée de substitution puisse être vendue, que le propriétaire usufruitier, — c'est ordinairement le père, — obtienne à tel eflFct le consentement de l'héritier qui vient après lui, lequel est en général son fils aîné, techniquement nommé le « remainder in ^at7 ». Mais l'opinion et l'usage déjouent en ceci les prévissions de la loi. Elle donne un pouvoir dont ceux à qui elle le donne se croient intéressés à ne point user.
D'un autre côté, il est très-vrai que nul ne peut disposer de son bien de manière à paralyser le droit absolu de propriété pour une période de temps plus longue que la vie de la personne ou des personnes existant à Fépoque du c setl-lement*, en y ajoutant un intervalle de vingt et un slus. Telle est la loi. Mais, en fait de domaines seitled, voici ce qui se passe. Dès que le fils auquel le domaine est substitué a atteint sa majorité, ou bien lorsqu'il se marie, son père, qui a l'usufruit sa vie durant, et lui-même font les démarches requises pour obtenir la propriété absolue ; après quoi, un nouvel acte de seulement a lieu, le père redevient usufruitier sa vie durant, le fils est investi du même titre, et le domaine, qui antérieurement lui était substitué, l'est alors au fils aine qui naîtra de son mariage. Et ainsi de suite. De cette façon, grâce aux renouvellements successifs, systéraa-