‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 2)Chapitre 37 sur 186 · PETITION DES OUVRIERS SAKS EMPLOI DE STALEYBRIDGE · texte numérisé non relu

PETITION DES OUVRIERS SAKS EMPLOI DE STALEYBRIDGE

avec délicatesse et de manière i ne pas leur faire saigner le cœur, ils en seraient singulièrement fatigués, à l'heure qu'il est ! Des hommes pratiques affirment qu*il s'écoulera bien des années avant que le Lancasbire se remette de cette crise, et il y a des gens qui craignent le paupérisme pour l^s ouvriers employés par rindustrie cotonnière; mais le paupérisnae, qui peut le craindre pour eux ])lu5 vivement qu'euxmêmes ?

c Les pétitionnaires s'adressent donc respectueusement, mais avec émotion, au gouveruement de Sa Majesté, le suppliant de s'occuper des moyens de leur procurer du travail, soit par le défrichement des terrçs non cultivées, soit de toute autre manière que sa sagesse avisera. Loin d'eux la pensée de dicter les conditions auxquelles ils exécuteraient ce travail. Seulement, ils ne peuvent s'empêcher d'insister sur la nécessité d'en confier la surveillance au gouvernement de Sa Majesté plutôt qu'à leurs autorités municipales. Ils demandent la permission de faire observer que les disputes auxquelles donnent lieu de temps en temps les questions relatives au travail, disputes dont le blâme doit revenir, tantôt i l'une des deux parties, tantôt h l'autre, et quelquefois aux deux, rendent les autorités locales moins capables que le gouvernement de Sa Majesté d'administrer de semblables travaux, de manière h ménager la dignité du travailleur, à aiguillonner son énergie et à féconder son activité, pour son propre bien comme pour celui de la nation tout ' entière. »

Que vous en semble. Monsieur ? Les ouvriers qui ont ces nobles sentiments, qui parient ce noble langage, ces ouvriers, qui ont tant souffert et à qui leur inaction forcée pèse autant que leur misère, ne niéritent-t-ils pas quelque peu d'avok voix au chapitre? Et, lorsqu'ils rangent au

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nombre des devoirs de rÉlat, non pas de donner à tous «r r^galité de la fortune » — ce qui ne lui a jamais été de^ mandé par personne — mais de ne pas abdiquer entre les mains du hasard, en présence de millions d'hommes placés dans ralternative ou de manger le pain si amer de l'aumône ou de mourir de faim, lorsque, dis-je, ils rangent cela au nombre des devoirs de l'État, pensez-vous que ce soit dans le but d'assurer « une prime à la paresse et à la bêtise » ?

Si l'auteur de l'article les Ouvriers et le Parti libéral en Allemagne avait plongé plus avant qu'il ne l'a fait au fond des doctrines que beaucoup de gens, hélas! n'ont étudiées que dans les libelles des sénateurs à gages de la Rue de Poitiers, il aurait lu ce qui suit dans les écrits d'un homme qu'il attaque, et qu'il attaque au moyen d'une dénomination transformée en épouvantai!, à l'usage de ceux, femmes, enfants ou ignorants, qui ont peur des fantômes :

« Dans une vraie démocratie, l'État n'est point le pouvoir exécutif, ou tel ministre tout-puissant, ou tel monarque absolu, ou tel dictateur, Lous XIV ou Cromwell. La confusion des idées sur ce point a servi à propager toutes sortes de sophismes. Dans une vraie démocratie, l'État, c'est la 5octVfe même agissant en.cetu qualité. Or, une Société ne sauraitelle sans despotisme améliorer sa constitution sociale aussi bien que sa constitution politique? Prétendra-t-on qu'un malade se comporte tyranniquement envers lui-même lorsqu'il pourvoit à sa guérison? Eh quoi! la nation agissant par ses mandataires peut améliorer le régime des prisons, et elle ne pourrait pas, sans despotisme, s'étudier à améliorer le régime du travail ? Il y aurait tyrannie à fonder, au nom de la volonté générale, des associations de travailleurs, et il n'y en a pas à fonder, au nom de quelques intérêts particuliers, des compagnies de capitalistes? Chose

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