‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 2)Chapitre 61 sur 186 · L EXPEDITION FRANÇAISE AU MEXIQUE ET LE TIMBS · texte numérisé non relu

L EXPEDITION FRANÇAISE AU MEXIQUE ET LE TIMBS

déshonneur, mais en faisant de la victoire un généreux usage qui Teunoblirait. Est-il donc si difficile d'étrê juste, quand on est le plus fort? La politique de la générosité et de la justice serait d'ailleurs, en cette occasion comme toujours» celle de Tintelligence. Ce n*est pas «du côté de Mexico que les regards de la France aiment à se tourner, c'est du côté de la Pologne. Si le second Empire veut le salut du peuple qui, sous le premier Empire, mêla son sang au nôtre sur tant de champs de bataille, sa fortune et l'indomptable valeur des soldats français le rendent maître de ses résolutions. Qu'il coupe court à une expédition lointaine et aventureuse; qu'il redevienne libre de ses mouvements, et la prise de Puebla se trouvera peut-être avoir marqué sur le cadran de l'histoire l'heure de la délivrance de Varsovie.

C'est par ce lien surtout que la question mexicaine se rattache à* l'ensemble des événements qui préoccupent l'Europe. Il est donc essentiel que cette question soit envisagée sous son vrai jour.

Un des correspondants de Y Europe, écrivain de beaucoup de mérite, fort bien renseigné d'ordinaire et avec lequel je serais heureux de pouvoir me trouver toujours d'accord, écrivait naguère que le public anglais s'intéressait au succès des armes françaises par delà l'Atlantique, leur souhaitant du fond de l'âme un succès prompt et complet.

Dans le même article, il accusait Juarez d'avoir, entre autres délits, fait violer jadis le domicile du consul général d'Angleterre à Mexico et de s'être emparé d'une somme de six cent mille dollars, contenus dans des coffres qu'y avaient déposés les compagnies minières.

Enfin, il présentait les dissentiments qui mirent fin à l'action commune de la France, de l'Angleterre et de l'Espagne au Mexique, comme un prétexte habilement saisi par

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k cabinet anglais pour éviter une rupture a?ee les États- Unis.

Si, par eeux qui s*intéressent en Angleterre an succès des armes françaises,^ réerivain dont il s'agît avait voulu seule* méat désigner les détenteurs des titres mexicains, il' aurait eu parfaitement raison. Ceux-I^ en effet désirent voir le plus tAt possible les Français h Mexico, parce que, selon la remarque de M. James L. Hart, ils comptent, dans cette hypothèse, sur la reprise des payements qui se trouvent aujourd'hui suspendus : pure affaire de dividendes. De leur part, ce désir n'a rien que de fort naturel, et je ne le leur reprodie pas. Mais les détenteurs de titres mexicains ne sont pas la nation anglaise. Ce;, n'est pas dans le Money-Morhel qu'est placé le thermomètre à consulter quand on tient à counaftre les sympathies ou les antipathies d^un grand peuple. A Paris, la rente fut en hausse quand on y reçut la nouvelle du dé* sastre de Waterloo. Qu'on n'applique pas aux détenteurs de titres mexicains le nom de spéculateurs et qu'on ne les prenne pas à partie comme tels, soit; mais il n'en esl pas moins vrai que leur opinion, dans une affaire à laquelle ils out un intérêt personnel si puissant, ne fait pas loi et ne fournit en aucune façon la mesure dessentûnents de tout ua pays. Si jamais il fallut se garder de conclure du partieuMer au général, c'est dans ce cas.

Une fois le succès bien constaté, il est possible que, ooflnne le Daily T^nph d'aujourd'hui, certaines gen jugent à propos d'y applaudir. Le fait ace&mpli manqua-i-il jamais d'adorateurs? Mais ce qui est certain, c'est qu'il n'j avait eu jusqu'à ce jour qu'une voix en Angleterre contre U gueire faite au Mexique après la séparation des trois puissances primitivement unies. Qu'on prenne les journaux anglais, depuis le Mommg Foêt jaqu'an Momimg Aéûtni^

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