M. B(EBD€K DANS LE ROLE DE CONFIDENT
M. Boebncl n'avait de coups de dents que pour les grands de la terre, les rois, les empereurs : c'était h vue de la pourpre «cpii TirritaiL II y avait tant de courage dans son ^e paj^ole quand elle tonnait contre cenx •que la terre ackre! U y a\'ait fuelque chose <de si frappant 4ans sa manière de porter la tête baute !
Autres temps, autres mœnrs. U est arrivé à M. Roebuck, par je ne sais quelle fatalité lamentable, de se risquer dans l'atmosphère des cours, et voilà que notre paysan du Danube n'est plus le même bomme. La seule partie de lui^-méme qai lui reste, ce&i Tâcreté. Mais l'honnête rudesse du tribuu, mais le fier mépris des grandeurs, mais Tamour saintemcot sauvage du droit et de la justice, adieu tout cela! Le M. Roebuck de rbeure présente partage la tendresse de la bonne compagnie pour les gefUlemen possesseurs d'escla>^es et son magnanime dédain pour la canaille démocratique des États* Unis. C'est peu : il aime à se faire introduire auprès des souverains; il ne lui déplait pas d'être dans les bonnes grâces des « Liisers » ; sa fierté, tout en tenaat bon, a si bien changé de caractère et d'objet, qu'elle n'est plus en qttéte maintenani que d'entrevues et de confidences augustes. na visité la cour de Vienne; il a réfléchi, h Paris, l'éclat des astres; et il ne veut pas que le monde l'ignore.
Mais, hélas ! on ne se métamorphose pas toujours avec succès. L'entrée de M. Roebuck dans le monde des idées aristocratiques et son commerce avec les souverains ne bii ottt pas porté bonheur. « Ne forcez pas votre talent, vous ne feriez rien avec grâce. » La séance de mardi dernier, rapprochée de celle d*bier, a prouvé sans réplique Texcellencede ce conseil.
Mardi dernier, pour donner plus de poids à la prc^sition faite par lui de reconnaître solennellement le Sud, M. Rœ-
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buck avait cru devoir mettre en jeu Tempereur des Français en donnant pour préface à ses communications" Tannonce pompeuse que voici : < Et maintenant, je dois dire que je connais quelque chose de Tétat d'esprit de l'empereur des Français, — quelque chose que je suis autorisé à communiquer à la Chambre. » Là-dessus, chacun de secouer la tête et de sourire. — Parlez, cependant; nous écoutons. — La version de H. Roebuck fut celle-ci : « Sachant que le gouvernement « de Sa Majesté la reine d'Angleterre avait présenté Tempe- « reur des Français comme ayant changé d'opinion sur ce c sujet (la reconnaissance du Sud) , et sachant en outre « que mon honorable ami, membre pour Sunderland, était c en position d* obtenir une audience quand il le désirerait, ff je lui proposai, comme moyen de connaître la vérité, de € passer avec moi le détroit, et d'aller poser la question à « l'empereur. » — Ici, rires ironiques. — « Mon ami écrivit « en conséquence, et nous eûmes une audience. L'empereur « des Français nous informa que dès qu'il eut appris la ru- € meur répandue en Angleterre (et il m'autorisa à le dé- « clarer dans la Chambre des Communes), il chargea son « ambassadeur à Londres de démentir Tassertion, d'assurer « le gouvernement anglais que ses sentiments, loin d'avoir « changé, étaient plus fort que jamais en faveur d'une rea connaissance du Sud, et de lui demander s'il voulait se a joindre à lui pour cela. A cet égard, pas de doute pos- « sible : je réponds de la vérité du fait...
c Je le répète, je réponds de la vérité du fait, et je ne <r pense pas que le monde doute de ma parole. En outre, je «c traçai à Sa Majesté les deux lignes de conduite que, selon « moi, elle devait suivre dans celte occurrence. Je lui dis : € Votre Majesté peut adresser une demande formelle à TAn- « glelerre... A ce mot, l'empereur m'arrêta, observant