‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 2)Chapitre 94 sur 186 · INTÉRÊTS RUSSES SERVIS PAR LES OSCILUTIONS ANGLAISES · texte numérisé non relu

INTÉRÊTS RUSSES SERVIS PAR LES OSCILUTIONS ANGLAISES

soutenir les Polonais. Ce fut TÂDgleterre qui paralysa son action.

En 1833, lorsque Méhémet-Ali envahit l'empire ottoman, le sultan demanda à l'Angleterre une protection qu'elle refusa et qu'elle invita la Russie à accorder. L'année suivante, TAngleterre menaça la Turquie, à raison du traité que la Porte avait été forcée de signer avec les Russes, comme prix de l'assistance reçue.

En 1838, un traité de commerce fut imposé à la Porte, lequel mettait un droit d'exportation très-élevé sur tous les articles de provenauce turque, en concurrence avec les produits de la Russie.

En 1840, à l'occasion d'une invasion nouvelle deMébémet- Ali, l'Angleterre signa un traité avec la Russie pour la défense de Constantinople et du sultan par les armes russes.

En 1841, elle signa un autre traité qui excluait de la mer Noire ses propres vaisseaux et enlevait au sultan son droit de souveraineté sur cette mer.

En 1843, k l'occasion d'une révolution en Servie, le gouvernement anglais reconnut la validité du traité d'Andrinople et déclara que la Russie pouvait l'interpréter comme il lui plaisait.

En 1844, le ministre anglais accepta du comte Nesselrode un mémorandum de communications verbales ayant trait à la manière dont il serait ultérieurement disposé de la Turquie, et garda le secret.

En 1849, l'Angleterre refusa son appui à la Porte contre ttn traité que lui imposa la Russie et qui avait pour obfet une occupation collective des principautés danubiennes pendant huit années.

En 1852, l'Angleterre refusa de soutenir la Turquie,

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forcée de déplacer son ninistre des affaires étrangères et le ministre de Servie.

En 1853, elle refusa d'appnyer le sullan contre Tiovasion des principautés dafinbiennes par la Russie. Là m&ne année, elle obtint passage dans les eaux fermées de la Turquie pour une force navale de nature à mettre en péril l'indépendance de Fempire ottoman.

Et pendant tout ce long espace de temps, le gouverne* ment anglais ne cessait de protester de sa profonde sollicitude pour la prospérité de la Turquie, estimant que sou indépendance était le plus sérieux de tous les intérêts de l'Angleterre au delà de ses rivages!

N'y a-t-il pas en tout ceci quelque chose de fort étrange? Et que dire de la guerre de Crimée, aboutissant, pour l'Angleterre, à l'abandon de ce droit de visite après l'annulation duquel la Russie soupirait depuis si longtemps? Et que dire de cette mémorable séance du 29 mai dernier, où là Chambre des Communes, par l'organe de tous ses orateurs, a comme condamné à mort l'empire turc et donné ainsi leur complément moral aux résultats matériels de cette victoire de Navarin que l'Angleterre eut l'extrême bonté de remporter pour le compte de la Russie?

Il ne faut donc pas s'étonner si, dans la question polonaise, le gouvernement anglais montre le même aveuglement dont témoignent les faits qui précèdent; il ne faut pas s'étonner si, sans Ite vouloir, sans le savoir, il sert les intérêts de la Russie, en intervenant de manière à dter tout effet à son intervention, et en déclarant d'avance, à ceux qu'il mSnace, sa ferme résolution- de ne point exécuter ses menaces; en ne se prêtant à Faction commune que dans la mesure requise pour paralyser à la fois l'action comorane et Faction isolée y en donnant pour base aux négociations ce

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