‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 2)Chapitre 95 sur 186 · INTÉRÊTS RUSSES SERTIS PAR LES OSCILUTIONS ANGLAISES S · texte numérisé non relu

INTÉRÊTS RUSSES SERTIS PAR LES OSCILUTIONS ANGLAISES S

traité de 1815 que la Pologne abhorre, que la Pologne se devait de repousser et qu'elle repousse.

Vous rappelez-vous ce que je vous disais naguère de l'imnieuse intérêt qu*avait la Russie à accepter la question dans les termes noémes où la diplomatie des trois cours la posaient? Vous rappelez-vous la crainte que j'exprimais de voir la Russie, par Tacceptation pure et simple des six points, ynettre les Polonais dans leur tort aux yeux de VEurope^ et forcer, au nom du bon sens, les puissances intervenantes h se poser comme adversaires de leurs propres protégés? Je ne m'attendais guère à lire, dans une dépêche du prince Gortschakoflf, une confirmation complète de la justesse d'une aussi douloureuse appréciation. Cette confirmation, elle est dans le passage suivant de la dépêche russe, et elle ne laisse assurément rien à désirer comme clarté : « Si le cabinet impérial ne répudiait pas de ses traditions politiques la mauvaise foi et les voies détournées, t7 y aurait peuU-ilre eu quelque habUelé de sa part à accepter catégoriquement les six points , afin de fair$ retomber sur les insurgés la responsabilité de leur rejet , aux yeux des puissances qui les appuient, d

Eh ! sans doute, cela eût été fort habile ; et il est assez plaisant que les puissances en lutte avec la Russie se trouvent devoir de la reconnaissance à la Russie pour sa repu-* gnance chevaleresque à abuser de ses avantages! Quelle condamnation à la fois triste et bouffoniïe de cette politique des six points, le nec plus, ultra de la sagesse diplomatique, selon lord Russell!

400 LETTHES SUR L ANGLETERRE (l863)

16 août.

Lm nouvelle de l'arrestation de Nana Sahlli.

Quelque paradoxale que cette assertion, puisse paraître» l'arrestation de Nana Sahib, qui a causé en Angleterre tant de joie, sans qu'on sache encore si la nouvelle est vraie (1), aurait dû, au contraire, par les circonstances qui Font précédée, y éveiller de sérieuses inquiétudes.

Que s'est-il passé, en effet, si cette nouvelle est vraie ?

Le maître de Bithoor, le fils adoptif de Tex-Peishwah de Poonah, l'implacable auteur du massacre de Cawnpore, le plus terrible ennemi que la puissance anglaise eût jamais rencontré dans les Indes, Thomme barbare dont les Anglo- Indiens ne prononcent jamais le nom sans frémir d'horreur, Nana Sahib enfin, n'avait disparu de la scène, il y a six ans. . . qu'aux yeux des Anglais. Oui, pendant qu'ils le croyaient ii^ort et cuvant aux enfers le sang dont il s'était enivré, oit bien traînant au loin, dans quelque impénétrable refuge, les restes d'une vie pleine d'épouvante, U vivait pour la vengeance et pour les complots ; loin de courir après la solitude et les ténèbres, il traversait le royaume de Népaul, il traversait le royaume d'Oude, il traversait les Étals du rajah de €\valior, il allait jusqu'à Poonah essayer ce que pourrait

(I) On a su depais qu*eUe ne I*éUIt pas.

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