EXPOSITION INTERNAT.; DISTRIBITION DES RÉCOMPENSES
<|ualrç mille, qui est celui des personnes comptées^ ne saurait être beaucoup au-dessous de la vérité.
Quoi qu il en soit, Tassistance, au dedans, présentait à coup sur un spectacle que ne faisait pas espérer le calme aspect du dehors. Ainsi qu*il arrive en ces occasions, les dames étaient là en grande force, et comme TAngletcrre est un des pays du monde où réclat de la beauté, chez les femmes, se marie le mieux à Tédat de la parure, nul, je suppose, n'aura été tenté de se plaindre du rôle que jouait cette fois la curiosité des filles d'Eve. La galanterie de la commission leur avait ménagé, le lotig de la nef, le plaisir de tout voir et de bien voir, sur de longues rangées de chaises, derrière lesquelles se pressaient, montés sur des bancs ou se hissant sur leurs talons, ceux du sexe fort. Le chemin, passablement tortueux, (pie devait suivre la procession des gens h costumes avait été protégé d'avance par des espèces de barricades. Était-ce bien nécessaire? 11 faut le croire. Durant notre première Révolution, celle qui fut si terrible, pour empêcher le ])euple de franchir la limite vou* lue, dans les cérémonies publiques, on tendait devant lui un ruban tricolore, et il parait que cette frêle barricre fut toujours respectée. J'avais pris position dans les galeries, où l'affluence était grande, et c'est de là que j'ai assisté au défilé de la procession, c'est-à-dire à la fêle ; car — pour ce qui est des yeux — la fête, c'était la procession... Mais non, je me trompe : la fête véritable, c'éuit la foule élégante et joyeuse qui inondait l'intérieur de réditice; le spectacle, c'était les spectateurs.
Quant à la procession, j'avoue franchement qu'elle est de ces choses qui n'ont jamais été de mon goût. En dépit que yen aie, je trouve un peu ridicule que de graves personnages, des hommes d'État, des ministres, des penseurs, en cheveux
124 LETTRES SUR L* ANGLETERRE (l862)
blancs, viennent, à un momenl donné, faire pompeusement le tour d'un édifice, affublés de toutes sortes d'uniformes pittoresques, quelques-uns beaucoup trop pittoresques» et semblent dire aux badauds de bon ton et de bonne compagnie, réunis pour les voir passer : « N'est-ce pas que nous payons de mine dans ce costume ? » D'autant qu'à plusieurs d'entre eux on serait tenté de répoudre, n'étaient les lois du respect: ,^ « Mais, pas du tout, croyez-le bien. :» Les processions du^^^ grand Opéra sont préférables, et de beaucoup, parce que il est de rigueur que l'habit fasse le moine. Encore si messieurs avaient eu des masques ! Hais une mascarade sa masques!
Je sais bien que les peuples, en thèse générale, ne so^^roi pas prêts à sortir de l'enfance : il leur faut des joujou^n^i, quelque chose qui les amuse, qui parle aux yeux. Fort bie^^sj cependant, s'il est une nation qui soit en droit de se croî^fii^ majeure, c'est l'Angleterre, la grave Angleterre: pourqizzzsaj donc y condamner des hommes d'un mérite éminent à ^ss'j donner de la sorte en spectacle? J'ai aperçu plus d'un s(^ urire malin sur de bien douces lèvres.
Ici, toutefois, la procession, puisque procession il y a, avait du moins un but qu'on eût cherché vainement le j ^3ur de rouverture : c'était de se rendre successivement smux diverses stations où il était convenu que les récompeases seraient assignées, et qui se recommandaient aux regaivis par de jolis trophées de guirlandes et de drapeaux, sstns compter l'étalage environnant d'objets précieux, caractéristiques des diverses nationalités. Dans ce déploiement de ressources, rAutriche s'est distinguée par la richesse, et k France par le bon goût, cette distinction de l'esprit.
Avant de pénétrer dans le palais, le duc de Cambridge, le duc d'Argyle, le duc de Newcastle, sir Cornewall Lewis, sir