EXPOSITION INTERNAT. ; DISTRIBUTION DES RECOMPENSES
Charles Wood, le prince de Carignaii, le pacha d'iigypte, lord Palmerston , M. Disraeli, M. Gladstone, le comte Kussell, le cortège ofticiel eoHn dans tout ce ipii constituait sa splendeur, avaient traversé le jardin d*horticulture entre deux haies de visiteurs sympathiques et de charmantes visiteuses, jusqu*à Textrémité du jardin, où s'élevait le dais sous lequel devait se jouer l'acte le plus important du drame. Yous trouverez dans tons les journaux anglais , d'où vous pouvez l'extraire, si le cœur vous en dit, l'allocution, d'ailleurs très-courle, prononcée par lord Granville, et la réponse, très-courte aussi, lue par le duc de Cambridge.
Rien de remarquable, soit dans Tun, soit dans l'autre discours : lieux communs rédigés en termes convenables, et relatifs tous les deux à l'alTaire du jour. Mais entre le premier et le second se place un rapport lu par lord Taunton comme président du conseil des jurés, et ce rapport mérite d'être mentionné. Il constate ([ue les jurys étaient au nombre de 65, groupés de façon h former 36 catégories, correspondant aux 36 classes industrielles, entre lesquelles se divisent les objets exposés; que ces objets ont été soumis à rexamen de 615 jurés, dont 328 Anglais; que leurs travaux ont duré deux mois, et que la tâche a été aussi rude que consciencieusement remplie, le nombre des exposants dont il a fallu peser les mérites comparatifs ne s'élevant pas i\ moins de 25,000. Du même rapport il résulte que le nombre des médailles volées par le jury est de 7,000, et celui des « mentions honorables » d'environ 5,300. C'est plus qu'en 1851 et moins qu'en 1855.
Dans la liste officielle des médailles accordées figurent, en ce qui concerne la France, beaucoup de noms dont je ne citerai aucun, ne pouvant les citer tous. Qu'il me suffise de
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dire que notre cher et grand pays occupe ici , comme |>ar. tout, une place qui attire et fasciuc le regard.
En somme, la cérémonie d'hier a été fort intéressante, ne fût-ce que par l'idée qu'elle avait pour but d'exprimer, «i sa place est marquée d'avance dans Tbistoire des triompb pacifiques.
31 juUlct.
Comment la guerre amérieaine est envisagée
en Angleterre
Une autre grande bataille s'est livrée, vendredi sur un champ de bataille non moins en vue que celui ^^ Riclimond : la Chambre des Communes d'Angleterre. Amn^ du glaive de la parole, les Saxons du Nord et ceux du Sud en sont venus aux mains; mais, cette fois, ce sont les hommes du Sud qui ont été mis en déroute. Combien * morLs? combien de blessés? Hélas! la question est plus sérieuse qu'elle n'en a l'air. De tel mot, follement hincé ^>jourd'hui, la mort peut sortir demain, et, dans le vocabiï* lairc des peuples — malheur h qui l'ignore! — il est des phrases chargées à mitraille.
« Les Américains du Nord sont piqués de « la tarentule, » s'est écrié M. Gi égoiy, dans la séance d'avant-hier. Mais d
COVMB!rr LA GUERBE AMÉRICAINE EST ENVISAGÉE 127
M. Grégory, et M. Lindsay, et lord A. Vane Tempest, et S. Fitzgerald, n'étaient pas piqués de la tarentule, au- Bt-ils soulevé une discussion dont le moindre défaut est jpe inopportune, et où risquent de germer tant de haines? "aient-ils plaidé la cause de la paix dans un langage qui
le tambour ? Auraient-ils insisté sur la nécessité d*une liation en termes qui doivent rendre toute idée de média- . odieuse à Tune des deux parties? Auraient-ils jeté à la t du Nord, comme insulte, comme menace et comme défi, mots : € Reconnaissance de Tindépendance du Sud par irope? » Il n*y aura fibre d'homme qui ne tressaille à v-York le jour où cette nouvelle arrivera sur les ailes du graphe : c Dans la patrie de Wilberforce, dans la imbre des Communes d'Angleterre, des voix ont été endues et applaudies qui proclamaient souverainement juste
cause déshonorée par l'esclavage. »
jd raisonnement de M. Lindsay est celui-ci. — Il faut le naître; car il résume fidèlement ce qu'on va disant ici, iiis plusieurs mois, dans la plupart des journaux, dans dfàbs, dans les salons, partout; et il a, d'ailleurs, cela remarquable, qu'il montre jusqu'à quel point les parti- » du Sud ont peur de passer pour les avocats de Tesclae.
l y a en Amérique, scion M. Lindsay, deux intérêts bien incts : celui du Nord, pays manufacturier, et celui du , jpays agricole. Le Nord a besoin ou croit avoir besoin arifs prohibitifs pour protéger ses manufactures ; le Sud esoin du libre échange pour écouler ses produits. En 0, les États-Unis ont exporté jusqu'à concurrence de
millions de dollars; les ex|)ortations du Sud, en coton, tc et autres articles, figuraient dans ce chiffre pour
millions, et les exportations du Nord pour 100 millions
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seulement. Or, comme un pays paye ses exportations avei* ses importations, il en résulte que, soit d'une manière directe^ soit d'une manière indirecte, le Sud, qui exporte davantage, ne peut manquer d'élre plus lourdement chargé que le Nord dans la répartition des taxes levées par le gouvernement fédéral. C'est peu : le but avoué d*une partie d( ces taxes étant d'encourager les maîtres de foires de Pensylvanie et les manufacturiers de la Nouvelle-Angleterre, quelle était la position du Sud avant la séparation? B'ud^ part, il avait à payer plus que son contingent prnprrîiirn"r'^ j en matière d'impôts, et, d'autre part, il se trouvait foi (l'acheter cher dans le Nord ce qu'il aurait pu avoir de l'I rope à bon marché. Ses intérêts étaient donc lésés doubh ujeut. Et où était son recours? Aux termes de la Constîtutii (les États-Unis, chacun des trente-quatre États dont se coi posait l'Union envoyait deux membres au Sénat, et, quao la seconde Ciiambre, elle se recrutait d'après un systèi i|ui donnait la population pour base à la représentatic^^}. L)e là cette conséquence inévitable que, la population 4a Nord ne cessant d'être grossie par le torrent des émiganations européennes, rinfluence politique du Sud devait diianinuer de jour en jour; de sorte que ses intérêts étaient aft laqués sans qu'il fût armé de suffisants moyens pour les défendre. Telle est la vraie cause de la séparation. Elle a été fatalement amenée par des circonstances commerciales, rien de plus. L'esclavage n'a pas été, il ne pouvait pas être en (|uestion. Est-ce que le gouvernement de Lincoln ne l'a p^s dit au monde en termes assez clairs? Est-ce que le programme du cabinet de Washington n'a pas, dès l'abord, porté en Icte ces mots, impossibles à eflacer désormais du livre de l'histoire : « Le but de celte guerre est, non pas l'abolition de l'esclavage, mais le rétablissement de l'Union.»