LA MISERE A LONDRES
i(-il donc alors se faire un cœiir d* airain ! Faut-il, toutes i fois que le regard d'un auge couvert de haillons vous iplore^ avoir présent à Tesprit un coquin qui avale un verre \gint Faut-il trembler de devenir complice du. tyran dès i*Qû est touché par les pleurs de l'esclave? Faut-il se dé- Ddre de l'aumône comme d*un crime?
Oui, Monsieur, voilà ce qu'il faut ! Les choses en sont Dues à ce point, dans notre civilisation tant vantée, que la tié, la sainte pitié, est un sentiment béte, et Tacte qu'elle spire un acte presque coupable ! N'y a-t-il donc pas de mède à ce mal affreux? Ce qui est sûr, c'est que personne t semble se demander sérieusement s'il eu est un et où il igit de le chercher. On laisse passer.
^t pourtant, la misère n'intéresse pas exclusivement les isérables. On peut nier tant qu'on voudra la solidarité imaine, elle s'affirme, de temps en temps, par dos faits sez pcremploires pour constituer une démonstration en gle. Savez-vous ce que nous apprend le dernier rapport du icteur Letheby? 11 nous apprend que la grande maladie des iis qui viennent de s'écouler a été la fièvre; que le nombre s morts causées par elle, durant ce trimestre, s'est élevé 25 h 53 ; qu'elle a été apportée dans Londres par des rsonnes sans résidence fixe, des vagabonds; et, chose range, que le fléau, arrivé sur les ailes de la pauvreté , a ercé beaucoup plus de ravages dans la classe des riches te dans celle des pauvres.
Et quand je dis ceci, ne croyez pas que je veuille faire D procès à l'Angleterre. Certes, s'il suffisait h un peuple, >ur se délivrer de ce double chancre^ d'éire humain et chaâble, nul peuple au monde ne se trouverait dans des contions morales meilleures que le peuple anglais. Car ce est pas l'humanité, ce n'est pas la charité qui font ici dé-
158 LETTRES SUK L^ANGUBTERRE (l862)
faut, loin de là. Que d'actes de bienfaisance pratiqués sooi le voile de TanoDyne ! que d'hôpitaux fondés et emtrelems par des contributions Yolontaires ! que d'argent dépensé en.boiies actions! Mais la qoestion n*est point là. Il ne sert de rietée s'attaquer aux effets : le courage de rechercher les cano, voilà ce qui importe, et c'est ce courage qui nanque. Afwi bon recourir à des palliatifs oà il faudrait des remèdes? Ispossible d'imaginer rien de plus stérile, sous ce rapport, fK cette session du Parlement qui vient de finir. H est vrai qu'on s'y est beaucoup occupé du Monilar et du Mer-
rimac !
18 août.
L'Éi^ise et l'État en Aiijs;leterFe« à propos de la ^uestiM
des ehnreh rates.
Au moment où la situaliou de l'Italie pose forcément devant le monde attentif l'importante question de < l'Église libre dans l'État libre », peut-être ne trouverez-vous pas hors de propos que j'explique brièvement ce qui serapporte h Tunion de l'Église et de lÉtat eu Angleterre.
Dans ma précédente lettre, je vous signalais comme hb
LEGLISE BT l'eTAT A PROPOS DES CHURCH RATES 159
(tes fMts caractéristiques de la dernière session dn Parte- KBl le rejet d'ane pi opositioD de sir i. Trelawny, tendant 1 TabolitioB pure et simple des c ehurdi rates », c*est-à- Mre des taxes paroissiates, dont le produit est spécialeotent iffecté à l'entretien des églises.
E» réalité, de quoi s*agi$sait-4i ? Ob! nnon Dieu, d'une dMse bien ample, du moins en apparence. li s'agissait de unroîr s'il est juste, oui ou non, qu'une portkvn considérable ié la communauté soit contrainte de contribuer de son argent I l'entretieR d'églises où elle ne se soucie pas d'aller, où elle leva point, où l'on pratique un culte qui n'est pas le sien, ît que certains même, à tort ou à raison, estiment danjpefcvs.
Encore faut-il ajouter que la loi relative au payement des I ebnrrh rates », quoique la même pour toute T Angleterre lepuis des siècles, n'y est et n'y a jamais été observée que )artiellement. Son exécution dépend de la manière dont la najorité vote dans chaque assemblée de marguilliers. Il y a )eaucoup de paroisses où la majorité ne veut pas de la taxe, ^ il y en a d'autres où la minorité refuse de s'y soumettre, lanf à y être forcée. C'est donc là, pratiquement, une loi qui, XHir près de la moitié de TAngleterre, n'eu est pas une. De ihis, la peine attachée au refus consiste dans une censure sceiésiastique, ce qui équivaut à l'impunité, ou à peu près. Sjê8s\ nombre de paroisses se le tiennent-elles pour dit. [taos les grandes villes, il est fort peu question du payement obligatoire des « cburch rates i> ; il en est bien moins queskfù encore dans la métropole. J'en sais personnellement inelqQe chose; c^r, dans la liste de mes taxes, l'article. I chorch rates » n'est porté que pour mémoire.
Que si maintenant nous abordons l'examen de l'objet en Jtige, nous serons conduits à nous demander avec étonne-
leO LETTRES SUR L ANGLETERRE (iSes)
ment comment il peut y avoir à cet égard deux opinioDS. Quand un homme a sa manière de prier Dieu qu'il croit b bonne» il est étrange qu'on prétende le contraindre à délier les cordons de sa bourse pour aider son voisin à prier Dieu d*une manière différente.
Et notez bien que partout où Ton s'en fie à l'action des « church rates » du soin d'entretenir les églises, elles sont dans une condition pitoyable, humides, obscures, mal aérées,' et présentant, comme le disait fort bien sir J. Trelawny, un aspect aussi lugubre que l'est le son de voix avec lequel U plupart des prédicateurs annoncent h leurs ouailles la < bonne nouvelle. :» C'est là un fait si certain, si universellement reconnu, que, lorsque les habitants d'une paroisse sont honteux d'avoir une église de triste mine, ils disent comme excuse: «c Notre église est de celles qui sont entretenues au moyen des « church rates. » — Ours is only a church raU church. »
C'est bien la peine, pour en venir là, de paraître injuste, de l'être en effet !
Et quel intérêt si grand l'Église établie d'Angleterre peutelle donc avoir à exciter ainsi contre elle le sentiment public, en ayant l'air de vouloir mettre de force sa main dans la poche des gensï Qu'espère-t-elle y gagner en considération, en influence, en autorité morale? Que chaque habitant fût tenu de contribuer à Tentretien de l'église dans sa paroisse, à une époque où personne n'aurait osé professer des opinions contraires à celles de l'Église établie, on le conçoit ; mais il n'est pas aisé de comprendre que cette obligation ait survécu à l'acte du Parlement qui, sous Guillaume et Marie, consacra le droit de chacun d'adorer Dieu selon les inspirations de sa conscience. S'il est une conclusion logique à tirer du fameux « Acte de tolérance », c'est assurément que le
L*ÉGLISE ET l'eTAT A PROPOS DES CHURCH RATES 161
système des « eliurcii rates » doit être au plus vite aboli et remplacé par celui des contributions volontaires.
Mais ce n*est pas ainsi que {^entendent les conservateurs delà bonne école; ce n'est pas ainsi que Tentendent sir John Packington et M. Disraeli. Faites semblant de mettre en doute la popularité, la vitalité, la force de TÉglise établie; le rouge de Tindignation leur montera au visage. 3Iais de celle popularité, de cette vitalité, de cette force, tirez la conséquence, bien naturelle, que les offrandes volontaires ne Sauraient lui manquer, ils vous répondront comme si TÉglise établie d'Angleterre n'avait d'autre vie ([ue celle que la loi lui donne; comme si elle était destinée à mourir de faim le jour où elle ne serait plus autorisée à prendre le passant au collet; comme si sou existence, enfin, reposait sur le caractère obligatoire et comminatoire donné à des votes de marguiliiers !
Voilà pourtant, Monsieur, a quoi se réduit cette question des a church rates » qui, posée pour la première fois en 1834, n'a cessé depuis lors d'agiter le monde religieux en ce pays, a donné lieu à la présentation de vingt-trois bills différents, a fourni matière h un peu plus de cent discussions parlementaires, a été maintes et maintes fois prise en considération par la Chambre des Communes, maintes et maintes fois re- |>oussée par la Chambre des Lords, et n'est pas encore résolue.
Comment douter de l'importance ([ue les partis y attachent, quand on songe qu'il n'est sorte de compromis qu'on n'ait imaginé pour tourner l'obstacle ? Et d'abord on a proposé d'exempter les dissidents de la taxe, à la condition qu'ils exciperaient de leur qualité de dissidents ; mais à cela il a été objecté que beaucoup d'entre eux pourraient éprouver une répugnance invincible à être étiquetés comme brebis
T. II. Il
162 LETTRES SUR l' ANGLETERRE (I862).
galeuses. Alors on a parlé de recomiaitre à quiconque désirait se soustraire à la taxe le droit de le faire s^ms en dire la raison. Puis est venu sir G. C. Lewis, qui a émis Tidée de substituer aux < church rates > un impôt levé sur les places occupées dans l'église par les fidèles : sûr moyen, selon loi, de n'atteindre que ceux qu'il convient d'atteindre, tout eo évitant le scandale des classifications. Mais à chaque projet noineau ont été opposées des difficultés nouvelles, et Ton ne semble guère plus avancé aujourd'hui qu'il y a vingthuit ans.
Ne voilà-t-il pas une bien étrange histoire Y Et ne senrit-it pas que derrière cette question des « church rates », si simple vraiment qu'elle en paraît ridicule, il s'en cache une autre beaucoup plus grave, celle de la séparation de l'Église et de lÉtat ?
Il y a quelque temps, dans un meeting semi-ecclésiastique, tenu à Aylesbury sous la présidence de l'évëque d'Oxford, M. Disraeli s'écrwit :
c Comment nier que, dans ce pays, l'union de l'Etat et (lo l'Église ne soit assaillie et menacée ? Elle est assaillie dans le lieu le plus élevé du royaume, le Parlement ; elle est menacée dans une assemblée où la puissance de l'Église serait irrésistible, si les hommes d*église formaient faisceau... Que de biUs introduits dans la dernière sessioo du I^arlouu'iit, ayant tous, sous des formes diverses, un but unique : miner l'autorité de l'Église et les privilèges les plus précieux des c cliurclimen ! » Notre mode de distiibuerlesctorités est mis en question-, nos cimetières sont menacés d'être envahis; nos adversaires aspirent à changer notre loi du mariage, à faciliter notre culte public, comme ils disent, H à dépouiller de son caractère national la sainte cooslilution Je l'Église,.. Quant aux « church rates », mon opi-
l'église et l'état a propos des CU€RCiI HATES 103
nioD est bien connue : j'estime que leur abolition compR>te, incoDdttionnelle, serait un coup terrible porté à Talliance entre TÉglise et TÉtat, et que, dans aucune circonstance possible et imaginable, une telle concession ne doit être faite. »
Voilà rimportance attachée au maintien des « churclt raies » par le parti conservatiste, expliquée avec toute la netteté désirable. Seulement, il ne faut pas s'y tromper : ce qu'il plait à M. Disraeli d'appeler l'union de lËglise et de l'État ne signifie pas autre chose que l'appui prêté au parti tory par l'Église établie d'Angleterre. De ces deux genres d'alliance, la seconde seule est effective ; pour ce qui est de la première, elle n'existe plus, à proprembiit parler, qu'en théorie, si toutefois par le mot alliance on entend uui<m offensive et défensive.
Grâce au ciel, le temps est passé en Angleterre où la reine Anne ne pouvait se risquer hors de son palais sans voir aussitôt sa voiture entourée d'une foule ardente, criant à pleins poumons : c Nous espérons que Voire Majesté est pour le docteur Sacheverell et l'Église* » Les exécutions pieuses h Smithfield ne sont \àus de mode. On ne parle plus de rAlîr personne pour l'amour de Dieu. Quand on remonte an règne de Guillaume III, et qu'on se rappelle les interminables disputes religieuses auxquelles donnèrent lieu, dans le Parlement, le c Tolcration bill », le Compréhension bilU, la division du clergé en parti de la haute Église et de In baise Église, le serment -d'allégeance et de suprématie, etc., H seoable, en vérité, qu'à cette époque la Ghambre des GoDUDunes n'ait été composée que de « chui^chn^n. » Mais c'est là de l'histoire ancienne, et très-^ancienne. La Chambre des Communes, telle que l'a faite le progrès des temps, eu est venue à se préoccuper très-médiocrement de tbéo-
logie ; elle demande aux ministres, non pas à quelle secte ils appartiennent, mais quelles sont leurs idées sur les meilleurs moyens d'améliorer l'administration et d'équilibrer le budget; elle n'a aucune envie d'expliquer les trente-ueuf articles ; tracer la ligne exacte de démarcation qui doit exister entre l'orthodoxie et l'hétérodoxie est le moindre de ses soucis ; elle s'occupe de ses affaires, et laisse le cJergé s'occuper des siennes. Tendances profanes, dont il est naturel que les hommes de la trempe de M. Disraeli suivent d'im œil inquiet le développement! Mais qu'y faire? Le torrent coule dans cette direction.
«Unissez-vous, unissez-vous! » crie M. Disraëh aux churchmen, « et vous tiendrez le haut du pavé. > Le conseil serait admirable, à coup sur, s'il n'y avait qu'à le doDoer pour le voir suivi. Par malheur, ou plutôt par bonheur, le clergé, en Angleterre, n'est pas constitué aussi savamment qu'il Test en France, au point de vue de Tunité. Il n'a pas un pape à sa tète. 11 n'a pas un centre on aillent aboutir tous les fils formant le tissu de sa hiérarchie. Il ne part pas de ce principe absolu d'exclusivisme d'où le catholicisme tire une si grande force de cohésion.
Aussi, quelle que soit son influence sur l'éducation el celle que lui assurent les habitudes religieuses du peuple iiuglais, il n'y a pas à craindre qu'il en vienne désormais à dominer l'État, alors même que celte entente parfaite qu'on lai recommande serait moins difficile h réaliser. Le clergé catholique est une armée, une véritable armée, possédant ce ((ui constitue la force d'une armée : l'unité du (ommandément el la discipline; et c'est ce qui le rend, en ce qui louche l'Klat, un embarras et un danger. Le clergé ju'otesiiinl, heureusement pour lui et pour tous, ne saurait prétendre raisonnablement à cet excès d'honneur. Le proies-
l'ÉOLISE et l'état a l'UOPOS DES CHURCH UATKS Kîy
tantisme, quoi qu*il fasse, no saurait échapper à 1 impuissance où le retient la logique de son principe : le libre examen. Il a pu mentir à son origine, s'essayer à l'intolérance,. affecter des allures despotiques; mais tout cela ne pouvait avoir qu'un temps, parce qu'il n*y a pas moyen qu'un principe ne produise pas, tôt ou tard, les conséquences qu'il renferme.
Ce qui se passe en Angleterre le prouve de reste. Qui aurait jamais dit qu'un jour viendrait où la Bible y serait soumise par les plus savants, les plus renommés, les plus respectés des membres actifs de l'Église établie, à des commentaires où se retrouvent toutes les hardiesses de la crilique iliemande moderne? Il est vrai que l'esprit de persécution st entré en scène; que le cri : c L'Église est en danger! * a Sté poussé par l'évêque de Salisbury ; que la juridiction de la sourdes Arches a été invoquée contre tous les hérétiques des ï Essays and Revieics, » et que leur livre est à Tindex. ilaîs quel a été le résultat des anathèmos fulminés, à celte occasion, contre le libre examen? Lorsque le Trent fut irrété par le capitaine Wilkes, le commandant du vaisseau inglais était en train de lire un livre sur le tHlac : c'était les c Essays and Reviews, » Le fait est que jamais cette criique audacieuse de la Bible par des théologiens chargés de 'enseigner n'a été dévorée avec autant d'empressement que lepuis leur excommunication. Et ce ne sont pas les laïques «nlement qui s'émeuvent : plusieurs membres du clergé, hose remarquable, ont déjà donné l'exemple d'hommes qui imaient mieux renoncer à leurs bénéfices qu'abdiquer leurs Iroits de libres penseurs.
H. Davidson, la. plus haute autorité théologique parmi les ndépendants, est entré si vivement dans la voie ouverte j)ar es hérésiarques de l'Église établie, qu'il les a dépassés.
■s tt
66 LETTRES SLR l' ANGLETERRE (l8C2)
Voici en quels tenues pérempCoires il rejette b nécessilé rinspiration dans Tapostolat des vérités religieuses : « vérités, dit-il, ont une valeur tout à fait indépendante celui qui les énonce. Qu*importe que ce soit Moïse ou autre qui ait composé le Penialeuque? L^admirateir beautés poétiques de \' Iliade ne les admire-t-il qu'à (lition d'être édifié sur la question historique de Tiden xji^ d'Homère » ?
Je pourrais eker bien d'autres faits, tous eai-actéristicfim^ du mouvement qui se produit ici dans le domaine des idées religieuses. Il prouve que le protestantisme est fiancé i b libellé par la force même de son principe. Parti du fibn* examen, il ne dépend pas de lui de ne pas retonmer as Khre examen, et c'est sa gloire de n'avoir i>as les qualités c««tilutives de la Ivrannie.
Lxxxm
LoDdrcs, ^ août.
IVUliam. Roupell.
Les yeux de l'Angleterre, comme ceux du monde entieri sont en ce moment fixés sur le drame ilaHen, et je n'aoni garde de vous laisser ignorer sous quel aspect il apparaît au peuple anglais. Ma-is, d'une part, j'aurai tovjonrs fe teap de vous communiquer à cet égard mes impressions.^ te pre-
WILUÂ.V IlOUPELL 161
lème (les destinées de Tltalie n'étant pas, hélas ! près d*étre fsolu; et, d*autre part, votre journal contient chaque jour int de détails sur ce côté des affaires humaines, que vos cteursne me sauront peut-être pas mauvais gré d'offrir à ur curiosité un aliment nouveau, en leur rendant compte an procès qui, aussi bien, a partagé avec les mouvements s Garibaldi Thonneur de tenir le public anglais en haleine.
Si vous eussiez jeté un regard, il y a quelque temps, sur la ste des notabilités parlementaires de ce pays, vous y auriez oové, parmi d'autres noms plus ou moins fameux, celui de rilliâm Roupell.
Ce William Roupell était le fils d'un homme qui avait sqnîs par le commerce une fortune considérable; et, comme lus les nouveaux enrichis, il n'était pas plus tôt entré dans t monde, qu il avait brûlé d'y faire figure, il s'était mis à ivre en grand seigneur : il avait chevaux et laquais; pas e club élégant k la porte duquel on n'aperçût sa livrée; ans toute société où l'argent <Ionne accès, il était accueilli t fêté. J'ai lu je ne sais plus où que, lorsque les raffinés e BelgraVia consentaient à jouer contre lui gros jeu, c'était salement à la manière de ce lord écossais dont parle \YaI- T Scott, qui, faute de mieux, jouait sur le seuil de sa porte Mitre le premier mendiant venu : c'est possible, et qu'im-. orte ? L'essentiel était pour lui que Belgravia le reçût, et elgravia le recevait, lui donnant par cela seul son brevet 'homme à la mode. Il voulut être membre du Partencnt, et le fut. Comme il se piquait de libéralisme, tenait pour le rratin secret, se déclarait l'adversaire des c church rates » l promettait de voter, au besoin, en faveur de l'extension tt suffrage, les bonnes gens du quartier de Lambeth, c'est- -dire d'un des districts les plus nombreux et les plus déloeratiques de Londres, ne se sentirent pas de joie quand
168 LETTRES SCK l'aNGLETERRE (i862)
M. William Roupell consentit à les représenter. Bref, i S se trouva, pendant quelques années, avoir en partage toulK. lo bonheur qui, dans le meilleur des mondes possibles, est attaché à la jouissance d'un ample revenu.
S'il est vrai, ainsi que M. Disraeli le disait un jour, qu tf^ homme qui possède 8,000 livres sterling de rente en Aih glelerre, sans avoir ni famille h élever ni maison de cai»pagne à entretenir, possède la lampe d*Aladin, cette lam/e merveilleuse était le lot de William Roupell, et il pouvais, ce semble, s*en contenter. Mais non : il est des hommes dont le désir ressemble au tonneau des Danaïdes, et William Roupell était de ces hommes-là. Il advint donc qu'un beau jour, ses ressources étant épuisées, il s'enfuit en Espagne.
Là, dans le calme de la retraite, il découvrit qu'il avait une conscience. Il réfléchit que toute cette immense fortune qu'il avait dissipée ne lui appartenait pas; qu'il n'était parvenu à en jouir que par une effroyable série de vols et de faux : en trompant son père, sa mère, en trompant ses frères et ses sœurs, en forgeant des actes de donation et hypotliéquant des domaines sur présentation de faux titi^es, en forgeant un testament, en contrefaisant des signatures, en ruinant sa famille. Lh-dessus il prit son parti, quitta son asile, et, au moment oii je vous écris, les révélations inattendue^ qu'il est venu fîure sans que rien l'y forçat... si ce n'est le remords, font lo principal sujet des conversations de la cour et de la ville.
11 est peu (le romans qui vaillent cette histoire.
Le père de William Roupell, ayant été amené par des résistances de famille à entretenir un commerce illicite avec une femme qu'il voulait épouser, eut de cette femme plusieurs enfants, dont William était le second. Plus tani, il régularisa par un mariage en bonne forme la position de
>V1LL1AM ROLPEIX 1C9
le qu*il aimait, et eut un autre enfant nonnno Ricbaid. iprès la loi anglaise, qui n'admet pas la légitimation par riage subséquent des enfants nés avant mariage, — en >l la loi anglaise difiere étrangement, comme vous voyez, de la loi romaine, et de la loi française, et même de la loi ssaise, — Richard était le seul enfant légitime de la lille, et conséquemment Théritier légal.
tVilIiam Roupell fut-il, dès lors, poursuivi par l'idée que 1 père, en mourant, obéirait à cette loi des instincts et » habitudes, si respectée chez les Anglais, et laisserait le sa fortune à son fds légitime? c'est probable. Il ne gissait pas d'une propriété de mince importance, la* forte en question ne s' élevant pas à moins de 200,000 livres rling !
William Roupell céda aux suggestions du démon tentar et résolut de déjouer ce qu'il supposait être les intenas de son père. 11 se trouva précisément que William upell, étant un homme d'un caractère entreprenant, d'un >rit fin, un véritable homme d'affaires, avait de bonne ire captivé la confiance paternelle qui, à son égard, devint ntôt aveugle à l'excès et presque sans bornes. Voici ;age qu'il en fit.
Q persuada h son père d'acheter des terres, forgea les es et s'appropria l'argent, — vol h la Cartouche, moins ;prir. Il se fit ensuite remettre, sous un prétexte queliqiie, les titres de propriété d'un domaine à KingUm, les >îa, rendit à son père, qui n'y regardait pas de si près, copies au lieu des originaux, forgea un acte de donation r lequel la propriété dudit domaine était censée lui avoir ! transmise, et une fois armé de cet acte, qu'appuyaient titres originaux restés dans ses mains, il hypothéqua h* maine d'abord, le vendit ensuite, faisant croire à son
no LETTRES SUR l'aNGLETEBRE (I8G2)
père, pendant tout ce temps, que la terre était louée, et l'entretenant dans cette erreur par le service régidier de li rente, qu'il avait soin de lui payer. Que ce dernier eél donné une minute, rien qu'une minute d* attention à ses affaires, et la fraude était percée à jour; mais la coofiaoce du père égalait l'audace du fils, et c'est ce qui explique le mystère du succès qui couronna des vols aussi grossier».
En 1856, au mois de septembre, le vieux Boupell, setilâot sa dernière heure approcher, prie son fils de modifier m testament qui était déjà fait, de manière à assurer l'avenir (les divers membres de la famille sur les revenus d'un certain domaine confié à des cuniteurs nommés ad hoc. Ce domaine était justement celui que William Roupell s'éiail frauduleusement approprié. La peur le prend. Nul doole (|ue les curateurs ne découvrissent le vol. Comment aurait-il pu en être autrement? William Roupell n'avait qu'oft moyen de détourner le péril : c'était d'amener son père i ajourner la modification projetée : il y réussit, et quelques jours après le vieillard avait cessé de vivre.
Aux termes du testament, tel qu'il avait été d'abord rédigé et tel qu'il était, la niodilkalion désirée par le père n'ayant pas eu lieu, toute la fortune ap])artenait h Richard, Tonfant légitime. William Roupell parvient à dérober l'acte, on forge un autre au bas duquel il appose sa signature comme témoin à côté des signatures, parfaitement cootre* faites, de son père et d'un vieux domestique de quatre-vingtdix ans ; puis il se rend auprès de sa mère et lui dit : < Mon père, ne voulant pas proclamer dans un acte rillégitimité de plusieurs de ses enfants, a pensé que le mieux était de vous laisser, à vous, toute sa fortune, se fiant à votre tendresse du soin de faire à chacun sa part quand le moment sera venu. » L'artifice, cette fois, était habile. Par là, en efet,
WILLIAM ROUPELL Hl
lliam Roiipell écnrtait de lui tout soupçon, et comme, d'iui re côté, il exerçait sur l'esprit de sa mère une influence veraine, il ne perdait rien à lui doimer la possession DÎnale d'une fortune dont il savait à merveille qu'il aurait, la possession réelle. Il n'avait pas même h craindre les ards du frère qu'il dépouillait, parce que celui-ci n'était ore qu'un enfant. Voilà comment il se mit en état de 1er dans le monde. Le reste, je vous l'ai raconté en imençant.
!e qu'il y a d'extraordinaire dans cette histoire, c'est îUe n'a eu d'autre historien (pie celui qui en avait été le >s. Mais voyez un peu le malheur! Même son repentir a un vol. 11 a volé sa famille en faisant des faux, et, en STOuant, il a volé ceux qui avaient eu la mauvaise forî de contracter avec lui, le croyant im honnête homme. 'aurais d'utiles enseignements à tirer de tout ceci, si lis en humeur de moraliser. Mais vos lecteurs n'ont pas oio que je les mette sur la voie. La leçon n'est que trop re ! M. William Roupell avait été él» membre du Parleit, parce qu'en Angleterre on n'a pas de peine à se faire e M quand on a de quoi payer sufHsamment pour les aftlft et pour les pots A^ale t M. WiHîa« Roupell a conséiflunenl passé une partie de sa vie à s'entendre appeler ODorable ! i
1T2 LETTKES SLR l' ANGLETERRE (iSôâ)
2i août Les enfants natarels et la loi anglaise.
c Art. 331 du Code civil :
<c Les enfants nés hors mariage, autres que ceux nés d*on commerce adultérin ou incestueux, pourront être légitimés par le mariage subséquent de leurs père et mère, lorsque ceux-ci les auront légalement reconnus avant leur mariage, ou qu'ils les reconnaîtront dans Tacle même de célébration. »
« Art. 333. Les enfants légitimés par le mariage subsé* quent auront les mêmes droits que s*ils étaient nés de ce mariage. »
Quel dommage que la législation anglaise ne se soit pas inspirée de l'esprit qui a dicté ces deux articles de notre Code civil ! S'il en eût élé ainsi, toute la ville de Londres ne sérail pas en ce moment occupée du fait le plus lamentable à la lois et le plus extraordinaire auquel ait jamais donné lieu h situation faite, dans ce pays, aux enfants naturels.
11 y a quelques jours, un homme qui est dans la fleur df r.ige, qui est doué d'intelligence et d'esprit, qui possédait une fortune immense, qui était reçu et choyé dans le monde, qui naguère encore avait un siège au parlement d'Angleterre, qui y représentait une des divisions électorales les |»lus considérables de la capitale, cet homme comparaissait aux
LKS KXFAXTS NATUUELS KT LA LOI ANGLAIS!*: lia
«ishises d*été de Giiildford, pour dire, sans. autre accusateur que sa propre conscience, car seule sa conscience Tavait conduit lii :
« Je suis un voleur, je suis un faussaire. J*ai volé mon père, de son vivant; je Tai trompe, lorsqu'il était sur son lit de mort; j'ai dérobé son testament, que j-ai anéanti, et j'en ai fait un autre à l'aide d'un faux. Le faux m'a servi à hypothécjuer des terres qui ne m'appartenaient pas et que je savais ne pas m'appartenir. Pour sauver ma mère et mon frère d'une ruine qui est mon ouvrage, celte déclaration était nécessaire, et je la fais. Après l'épuisement de mes ressources, j'avais gagné un refuge sur. Hien ne me forçait d'en sortir, si ce n'est le remords, qui m'y avait suivi, et je suis venu. J'aurais pu cacher ma vie au monde, s'il m'avait été possible de mêla cacher à moi-même. C'est pourquoi je suis ici. >
Tel est, sinon le langage tenu littéralement par William RoupcU, du moins le sens <le .ses paroles, combiné avec la signification de la démarche, toute volontaire, toute s])onlanée, par laquelle il s'est placé sous le coup de l'opprobre et de la loi.
Oui, devant un auditoire aussi étonné qu'ému, devant son frère, qui le regardait et l'écoutait avec une anxiété douloureuse, à quelques pas de sa mère, dont le cœur était enproie h mille tortures, ce malheureux était là, détaillant rhistoire de ses crimes, ne cachant rien, n'oubliant rien, mettant à s'accuser la même sollicitude qu'en mettent les criminels ordinaires à se défendre, tremblant de n'être pas cru sur parole, appelant le serment à son aide, et luttant avec une sorte d'effrovable héroïsme contre les déchireluenfs de son âme, déchirements que révélaient néanmoins de temps en temps, en dépit de lui-même, la pression con-
1*74 LETTRES SLR l' ANGLETERRE (l8C2)
vulsive de ses doigts ferniés sur la barre^ les contractions de son visap^e, et ses longues pauses, plus tragiques eocore que ses aveux.
Voici en quelques mots T histoire de ce procès, digie à tous égards de figurer sur la liste des causes célèbres.
Un M. Richard Pahner Roupell, après avoir acquis ma fortune considérable, avait voulu épouser une femme de son dioix. La famille s' opposant au mariage, il prit le parti de vivre avec cette femme dans un commerce illégitime, et «i d'elle plusieurs enfants, parmi lesquels William, Je triste héros de cette histoire. Plus tard, les empêchements^ existaient h l'union légitime de Palmer Roupell avec b femme qu il aimait ayant disparu, le mariage eut lieu, et de ce mariap:e naquit un enfant nommé Richard.
Or, d'après la loi anglaise, tous les enfants nés avant mariage sont réputés bâtards; ils ne sauraient être légitimés; ils sont aussi incapables d*hériter, quoi qu'il arrive, que si leurs père et mère ne s'étaient jamais mariés, et, s'ils «il des frères nés après mariage, ces derniers seuls sont appelés a succéder, étant les seuls que la loi. reconnaisse comme légitimes. Sous ce rapport, la loi anglaise a toujours été en opposition et avec le droit civil romain et avec le droit canon, lesquels s'accordent à déclarer légitimes, par le seol fait du mariage subséquent des père et mère, les enfants nés avant mariage.
Cette disposition fut introduite dans la loi civile par Constantin, et confirmée par Jusiinien; elle fut introduite dansle droit canon par Alexandre III, en 1160. L'esprit qui la dicta est celui qui a prévalu, non-seulement en France, maiseii Ecosse. En Angleterre, au contraire, la légitimation des enfants naturels a toujours été repoussée, malgré maint effort tenté pour la faire admettre. Lorsqu'au Parlement de
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Merton, sous Henri III, le clergé en fit la proposition formelle, la réponse unanime des ooinlos et des barons fut qu'ils ne voulaient point changer les lois de TAngleteiTe : QÙod nolunl leges Anglice mutare, quœ hucusque usitakB sunt et approbaiœ.
Ainsi, l'héritier que la loi donnait à Paimer Roupell claîl Richard. Terribles ont été, dans le cas dont il s'agit, les conséquences du princij^e ; et c'est ce que nul journal anj^lais n*a fait ressortir, bien que toute la moralité de Taflaire s(Ht là. William Roupell se trouva être un homme intelligent, un esprit actif, une dmc sans scrupules. Ce fut sur lui que se concentrèrent les affections palernelles. Mais la faveur spéciale dont il jouissait dans la famille ne suffisant pas pour le rassurer sur les conséquences de la mort éventuelle de son père, il imagina de se faire h lui-même sa part, au moyen d'un faux; il fabriqua un acte de donation qui lui transférait la propriété de t Roupell Park x>, un des domaines dont la fortune de Paimer Roupell se composait, et il hypothéqua ce domaine pour la somme de 70,000 livr. st. Laîssons-lui Li parole :
« Quelques jours avant sa mort, mon père me dit, en présence de ma mère : « Allons, il faut que je mette de côté « toutes ces considérations de délicatesse, et que j'en prenne € mon parti. » Il me conduisit alors dans sa chambre. » — ( Id, la voix du témoin trembla; il s'arrêta, vaincu ])ar une émotion qu'il avait fait jusqu'alors dos efforts visibles pour dompter; sa main se ferma convulsivement, il pencha la lêle, et ne put reprendre la parole qu'après une longue pause. ) — c Mon père me conduisit dans sa chambre , ouvrît son bureau, y prit son testament, auquel était joint mi codicille, et me dit d'en écrire un autre sous sa dictée. « Il m'apprit alors qu'il avait d'abord songé à partager la
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propriété entre ma mère, mes frères et mes sœurs; mais qu'il avait réfléchi, depuis, que ces biens risquaient d*é(re mal administrés ; qu'en conséquence il avait résolu, connaissant mon habileté comme homme d'affaires, de m laisser la propriété tout entière, à la charge par moi de servir aux divers membres de la famille, sur le domaine de « Roupell Park, » une rente annuelle de 3,000 liv. st. A ces mots je Tarrétai, lui faisant observer qu'il était trop faible pour s'occuper de ces détails ; qu'il était fort tard en ce moment ; que les témoiiis requis pour la validité du codicille n'étaient pas là, et qu'il valait mieux ne pas toucher au testament. Mon motif pour couper court était que, mon père ayant choisi comme le domaine sur lequel la rcDle devait être servie celui-là même dont je me trouvais frauduleusement en possession, le codicille aurait amené la découverte du faux que j'avais commis. »
Le père mourut, et, à peine avait-il fermé les yeux, (joe William Roupell courut au tiroir dans lequel le testament se trouvait, et dont il avait dérobé la clef. Il s'empara de l'acte, le détruisit, en Çorgca un nouveau, auquel il apposa sa signature et la signature, adroitement contrefaite, d'un vieux domestique, après avoir, bien entendu, contrefait aussi la signature du père. Par ce faux, il faisait passer toute la fortune sur la léte de sa mère, qu'il savait aveugléinenl asservie à son influence, et à laquelle il n'eut pas de peine à persuader ce qu'il voulut. 11 lui dit que son père avait éprouvé uiui répugnance invincible à établir, dans un document publie, une distinction entre reux de ses enfants qui éiaieul légitimes et ceux qui ne l'étaient pas, et qu'il s'éLiit décidé, pour celle raison, à lui laisser la fortune à elle, bien sur (pfil serait facile de procéder, plus lard, à une distribution convenable sans que le public eut rien à y voir.
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Les choses ainsi comprises, William Roupell disposa souakiement, sous le nom de sa mère, et grâce à l'ascendant il avait sur elle, d*un bien qui ne lui appartenait pas; il assa hypothèques sur hypothèques, ventes sur ventes, faux faux. Et pendant ce temps il menait la vie grand train, ouïssait par son faste le quartier qu'il habitait, réunissait miffrages des électeurs de Lambeth, et devenait, au Parient, l'un des représentants de Londres. Malheureuse- Dt, quelque considérables que fussent les ressources dont [bposait, elles se trouvèrent ne pas suffire aux besoins et L folies d'une existence désordonnée. Un abime finit par Dtr*ouvrir sous ses pas ; il dut s'enfuir, il dut se cacher, lisparut. J*ai déjà dit par quelle puissance invincible et igeresse il fut arr<Tché de son asile et conduit à venir se loncer lui-même.
[mpossible d'imaginer rien de plus étrange que le procès se sont fait jour les révélations dont je viens de vous préiter un exposé sommaire. D*un côté, était un homme qui lit acheté à l'encan un domaine mis en vente par suite lue hypothèque, et évalué à 7,000 liv. st. D'un autre côté il Richard Roupell, réclamant ce domaine, en qualité léritier légitime de Palmer Roupell, et prétendant que ni ifpothèque ni la vente n'avaient été, n'avaient pu être ables. Pour que ce dernier gagnât son procès, il fallait e William, son frèn^ prouvât le faux dont il s'était rendu ipable, et c'est à bien établir l'existence de ce crime que sont employés les efforts du crimii^l lui-même, tandis 'au contraire l'avocat de l'acheteur de bonne foi épuisait is les artifices de sa profession pour jeter des doutes sur véracité du principal témoin. En résumé, le dialogue tre William Roupell et l'avocat de celui que son frère Riard avait pour partie adverse, a été celui-ci :