‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 115 sur 169 · T. TU · texte numérisé non relu

T. TU

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nouvelle enquête, c'est-à-dire qui met rudement en question rinfaillibilité du juge I

L'enquête réclamée si vivement sera-t-elle ordonnée Une lumière inattendue viendra-t-elle éclairer ce di ténébreux ? En attendant, et c'est ce que je tiens à signaler, la décision du jury, la conduite du juge, 1'; les termes de l'arrêt, tout cela est librement examiné, lysé et commenté par la presse.

En France, nous nous figurons que la justice cesserait d'être respectée le jour où ses arrêts deviendraient matière i discussion. Oh ! que les Anglais ont une plus haute idée (/e la majesté de la justice et du pouvoir tutélaire de la liberté! Ils ne pensent pas, eux, qu'une puissance devienne infaiiiiUe par cela seul qu'on la proclame indiscutable ; ils ne peoseat pas, eux, qu il soit bon de mettre au-dessus de tout contrlie une autorité de laquelle dépend la fortune de chaque citoyen, et ce qui est plus que sa fortune : sa \ie, et ce qai est plus que sa vie : son honneur ! Leur Constitution place m nombre des droits de la couronne le droit de grâce; musik ont senti que Texercice du droit de grâce, pour être aatre chose qu'un caprice ou une faveur de la tyrannie, aniJ besoin d*êlre éclairé et sanctionné par la raison publique, fis se sont, en conséquence, réservé la faculté d'indiquer au droit de grâce les arrêts à réviser ou à casser. Ont-ils Cfi tort? Ah ! Monsieur, il serait difficile d'imaginer rien déplus utile et de plus noble ([ue la liberté de la presse étendue i l'examen des décisions judiciaires. C*est la souveraineté di peuple appliquée à la découverte de la vérité. C'est l'innocence niise sous la protection du suffrage universel. C'est la nation tout entière aidant la royauté à faire un bon usage de la plus belle, de la plus auguste des prérogatives, celle qni charge la miséricorde de rectifier les erreurs de la justice..

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