‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 120 sur 169 · LES AMIS DU SUD EN ANGLET.; LEUR EXTRÊME PARTIALITÉ · texte numérisé non relu

LES AMIS DU SUD EN ANGLET.; LEUR EXTRÊME PARTIALITÉ

et les cris de triomphe en cris de détresse. Mais comme ils deviennent crédules, les grands sceptiques, aussitôt que la balance penche du côté des confédérés ! Comme ils savent bien alors donner aux succès du Sud des proportions gigantesques! Comme ils s'entendent, dans ce cas, à manier Thyperbole ! Médecins tant pis k Tégard des fédéraux, ils sont ioTariablement des médecins tant mieux à Tégard des confédérés. Les victoires des premiers, ils les mutilent si bien, ;t ils étendent si bien les victoires des seconds, que c*en serait fait de Thistoire si elle devait se renseigner auprès Teax.

Mardi dernier, étant sorti de chez moi d'assez grand matin, e rencontrai dans la rue deux Anglais de ma connaissance, Murtisans du Sud Tun et Tautre. Ils avaient l'air extrêmement mimés. « Eh bien, » me crièrent-ils dès qu'ils m'aperçurent, )t cela d'une voix tremblante d*émotion, « avez-vous lu le rimes? — Non. — Comment, vous n'avez pas lu le Times Taujourd^hui? — Non. Qu'est-ce donc? — Ce que c'est? Une série d'horieurs à vous faire dresser les cheveux sur la éfe. Lisez ! lisez ! et après cela soyez pour le Nord, si roiis l'osez! » J^entrai à la hâte chez un « newsman »; 'achetai un numéro du Times, et j'y lus une lettre, non îgoée, qu'un « Englishman >» avait envoyée au journal comme ni ayant été écrite par une dame de la Nouvelle-Orlians. lelte lettre était ainsi datée : « 1" septembre 1862, ctnuième mois du règne de la Terreur. » Elle contenait une énonciation très-véhémente du général Butler, qui y était eprésenté comme un tyran, et auquel elle imputait effectiemeut des actes d'une rigueur outrée. Une dame avait été Dternée à Ship-Island pour avoir souri au moment où passait sous ses fenêtres le convoi du capitaine de Kay. Une lame créole, dénoncée par un de ses nègres comme ayant

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iks armes cachées dans sa maison, avait été condamnée â un an d* emprisonnement dans le lieu ci-dessus désigié, mais ensuite laissée libre, à condition que son iils prélenît serment de fidélité. Un juge, nommé Andrews, avait été condamné à deux ans de prison avec travail forcé pouraroir montré une agrafe en forme de croix et dit qu'elle était <f faite d*un os de Yankee. » Autres faites d'un caractère pi» général : pendant que Butler désarmait à la Xoovdie-' Orléans la population qui lui était hostile, il armait la po- , pulation de couleur; il imposait le serment de fidélité à quiconque demandait la permission de quitter la ville; il annonçait qu'avant de l'évacuer, si on l'y forçait, il la rcdairait en cendres; il faisait apprendre aux nègres le métier des armes; il encourageait les esclaves à se plaindre de lews maîtres, etc., etc...

Certes, je ne suis pas de ceux qui regardent la jtistice comme une affaire d'expédient, qui reconnaissent h la gnerre le droit d'être barbare, qui concèdent à la peur au dangerte privilège d'être implacable, qui partent enfin, dans leur appréciation des mesures adoptées pour sauver un peuple, de ce sophisme meurtrier : « Le salut du peuple est la suprême loi. » Je crois d'une foi profonde que tout ce qui est inique est inintelligent, et que les plus éclatantes victoires nesath raient compenser le mal que fait a une cause l'emploi ^

mesures brutales ou féroces. Mais encore faut-il, pour savoir quand la limite du juste rst dépassée, tenir compte de tons les éléments de la question qu'on examine. Or, que voyonsnous dans cette letire même qui a tant ému ici les partisan» du Sud? Est-ce qu'elle n'atteste pas, de la part de cenx dont elle représente les idées et les sentiments, unehaiB* sans mesure, une résistance furieuse, un parti pris de pro^ cations et d'insultes? Est-ce que la dame qui écrit ne faitp^s

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