M. COBDBN ET LE DROIT DE BLOCUS
26 octobre.
X* Cobdeii et le droit de bloeus.
sodredi dernier, M. Cobden a prononcé, à Manchester, Dt un nombreux meeting, un discours destiné, je le , à faire époque.
objet du meeting était Texaraen de la loi internationale intime actuelle, dans ses rapports avec la situation des icts cotonniers en Angleterre.
Ile est terrible, cette situation. Sur 352,240 pères de Ile que la manufacture de coton nourrissait, 1 29,414 tra- 3Dt h peine, et 143,172 ne travaillent plus du tout, mes et enfants compris, c'est au moins un demi-million réatures humaines qui vivent, — si cela peut s'appeler I, — entre l'aumône et la faim. Environ trente sous par inne et par semaine, c'est tout ce que peut pour ces innés la charité paroissiale, telle que la régit la « loi des res » en Angleterre. Que de larmes renferment de pachiffres !
lilà pour les effets. Quant aux causes, qui les ignore 1 ai a ruiné, ce qui affame, ce qui réduit au désespoir, ce Lue d'une manière aussi sûre et peut-être plus cruelle le canon les pauvres ouvriers du Lancashire, c'est la re d'Amérique.
240 LETTRES SUR L'ANGLETERRE (l863)
Mais la guerre d'Amérique ne pouvait-elle éclater saos^ amener ce résultat lamentable ? Y avait-il ici connexion nécessaire, fatale, entre la cause et l'effet? Oui. Et pourquoi? Uniquement parce que le « droit international » aujourd'hui en vigueur est un reste des idées, des usages, des mœurs, qui ont constitué les époques de barbarie ; parce qu'il est encore reçu, malgré le progrès tant vanté des lumières, que, lorsqu'il plaît à deux nations d'entrer en guerre, toutes les autres nations doivent être condamnées à souffrir de celle querelle : parce qu'aujourd'hui encore, il semble juste,— chose monstrueuse! — que l'intérêt des belligérants remporte sur celui des peuples paisibles ; parce que, dans ce siècle de la vapeur, de l'électricité, de tout c^ qui tend i rapprocher les membres épars de la grande famille humaine, la force n'a pas encore cessé d'obtenir le respect qui est di et qui est refusé au travail ; parce qu'on n'en est pas encore venu il comprendre que la mer appartient à tous le^ peuples également, comme l'air et le soleil; parce que la question suprême de la liberté des mers attend encore sa solution déSnilive; parce qu'enfin les gouvernements n'ont pas encore eu la saii;esse de s'entendre pour rayer du code international le droit de blocus appliqué aux ports marchands.
A M. Cobden, qui déleste la guerre plus que son awi M. Milner Gibson, et presque autant (jue son ami M. Brighl, la détresse du Lancashire fournissait une occasion déplora- ])lement favorable de prouver jusqu'à quel point le droit de blocus, applKpK' p;ir les belligérants aux ports de commerce, est ruineux, iiii(|ue et insensé. Qui mieux que lui était en état de mettre un semblable sujet en pleine lumière ? Toutefois, s'il faut que je dise ma pensée, la démonstration na pas, à beaucoup près, répondu à mon attente. Quoique trèslong, sou discours est loin d'épuiser la matière. La question