‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 13 sur 169 · LES COURSES D*EPSOM · texte numérisé non relu

LES COURSES D*EPSOM

siblcqu'a des passions nobles, et de raoïiirer jusque dans le choix de ses amusements sa supériorité sur les autres peuples.

Quoi qu'il en soit, elle était attendue avec fièvre, cette heure suprême ! Depuis plus de huit jours, pas de boutique de bonnetier devant laquelle ne s'étalassent les voiles bleus et les voiles verts destinés à sauver des atteintes de la poussière et du soleil le teint des fashionables du comptoir ; depuis plusieurs jours, les costumes de rigueur pour les courses étaient une des tentations offertes par Nichols au regard des promeneurs de Regent's slreet.

Enfin, le soleil de mercredi s'est levé. Jusqu'à lundi, le temps avait été admirable; mardi, il était devenu menaçant; même mercredi matin, le v\e\ apparaissait chargé de nuages d'assez mauvais augure. Mais il y a une providence pour les courses; et, longtemps avant midi, le peuple anglais respirait à l'aise, se sachant à l'abri de cette effroyable calamité nationale : un derby pluvieux.

Londres, le jour des courses, n'étant plus dans Londres, je suis naturellement allé où il était, c'est-à-dire à Epsom, qui se trouve h 22 kilomètres de la ville-monslre.

Plus d'un chemin mène h Epsom : c'est absolument comme à Rome. Ceux qui font de l'art pour l'art, qui aiment les courses pour les courses, et ne sont pas en état d'apprécier les délices du grand pèlerinage national, ceux-là prennent le chemin de fer jusqu'à Kingston pour 7 sh. 6 d., et de là gagnent à travers champs la terre promise, soit en équipage, s'ils ont un équipage qu'ils aient envoyé les attendre là, soit dans un véhicule quelconque à la condition de le payer cher, soit à pied si un peu d'exercice convient à leur santé ou à leur bourse.

C'est à Kingston que les voyageurs des deuiiènie et troisième classes desceinient. poor faire bravement à pied deui lieues et plus, sur un chemin battu, d*aIiord, et ensuite, à travers champs. Vaillante entreprise en effet, quand le soleil et la poussière sont de la partie ï Sans compter que, pendant près d'une lieue, on e^t arrêté à chaque pas et mis eu joue par d'inexorables petits gars qui, la main grande ouverte, ' viennent vous lâcher à bout portant le traditionnel : Remember ihe races ! Une fuis dans les champs, on n'est pas encore au bout de ses peines. Lii veillent, des deux côtés du sentier, de rudes sentinelles en guêtres et armées de lougues gaules, gens absolument inaccessibles aux séductions de \otre sourire, et qui opposent aux traits légers que la foule leur décoche en passant les callosités d'une peau de vieux tenancier. X'allez pas vous écarter de la ligne, à la recherche d'un pissenlit, ou malheur à vous !

Aussi, pour jouir de cette jouniée s;ms égale, pour en savourer l'ivresse, pour en comprendre la grandeur, est-ce par la bonne vieille roule qu'il faut aller, par celle où roulent |)êle-mêle, à travers un océan de poussière et sons un ciel de mai, tout ce qui se meut et tout ce qui a peine à se mouvoir sur des roues : équipages à quatre chevaux, cabriolets, omnibus, fiacres, tilburys, phaétons fringauts. charrettes boiteuses, boutiques ambulantes du marchand de gingerbeer, lourdes pataches, mobiles magasins de comestibles, tapissières remplies île lurons à face épanouie et de jeunes commères en goguette.

Et il faut voir comme tout ce monde-là vit, chante, jure, agace le voisin, se moque de tout, oublie tout, se sent heureux ! C'est pour le coup que la démocratie triomphe. Dans l'échelle des niveleurs, je m'assure que le derby tient la troisième place, après l'amour, qui n'est qu'un niveleur d'occa-

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sioD, el. la mort. Sur la route di^Ëpsoiiu le char-à-bancs et la calèche sont en de tels rapports de bon vobittage^ et il y a fvelque cbese de si commun à tous les voyageurs et k toutes les voyageuses dans le spectacle qui les absorbe, qu'en passant h côté de cette plébéienne aux joues veriueilles„ qui^ du but de son trône roulant, la salue d'un geste fanûlier, la dwrhcsse de '" va sourire. Deux cboses, en ce bas monde, enseignent Tégalité : les grandes douleurs d'abord, et eosuite les grandes joies.

Eo pareille circonstance, le concours est toujours iii>ntense : cette année,, oa peut dire qu'il était formidable. Bien de plus imposant que Faspect de la plauie, passé midi. Je ne me rappelle pas avevr jamais mê^ dans un endroit donné,. une pareille foitimilière d*étres humains. Le nombre des têtes qui se pressaient des éeirx côtés du champ de course défiait tout eakul. Un droit d'entrée de 10 slteUings i pa}'er pour être admis dans le brillant sanctuaire connu spHS le Bom de « Grand Stand » étant une barrière trop faible, les salles de rafraichissements avaient été de bonne heure envahies et regorgeaient de gastronomes^ tandis qu'à l'extérieur les gradins pliaient sous le faix des speclateors et des spectatrices. En face, sur la colline, c'était une masse de voitures tcUe, qu'il me serait difficile de vous en donner une idée. Contemplé à distance, le tout était d'un pittoresque étrange: et véritablement grandiose.

rétais sur les gradins supérieurs du « Grand Stand b lorsqu'à eu lieu la première course , dans laquelle le vainqueur a été Wedding. — « Le cbeval du baron Nivière! » me snis-je écrié avec une faiblesse patriotique que vous conkprendriez si vous viviez a Tétranger. « La France ! vive la France! » Les Anglais dont j'étais entouré se sont dhs k sourire et m'ont félicité avec une politesse pleine de cordia-

fO LF.TTRFIS SUt L*A!CCLETER1F *>«l*t

lilé, DÎ plus Di moine que si feusse été I«^ propriétaire da rheval vainquenr.

Cette première course n'était, du reste* que la petite pièce en attendant la grande. Je suis descendu dans la plaine; et, taudis que les dileltanti du lieu se pressaient en groupes serrés vers l'endos où Ton venait d*amener les chevaux appelés à ronrourir pour le grand pri\, je suis allé rôder, comme un curieux désintéressé que j*étais, sur la colline opposée au € Grand Stand •, le long des files de voitures qui la cou^Taient. Sur ces voitures, dételées, découvertes pour la plupart, et déjà transformées en petites salles de banquet, des essaims de blondes filles d'Albion, servies par d'élégants cavaliers, se livraient déjà, pour se fortifier i*ontre les émotions de la course prochaine, à cette consommation pantagruélique de volaille froide, de p^'^tés de pigeon, de jambons, de salade, qui est un des traits caractéristiques des courses d'Epsom; c'était merveille de voir avec quelle rapidité se vidait partout le panier aux provisions, le fameux « bamper » ; merveille de voir avec quelle intrépidité la beauté attaquait le ^in de Champagne.

Autour de vous, péle-méle avec les chevaux en vacances, rinévitable bohémienne épiait , la tête enveloppée dans son mouchoir jaune et rouge, le moment où miss telle désirerait savoir le jour de sou mariage et combien elle aurait d'enfants. Ici un aveugle — était-ce par manière d*épigramme? — lisait l'Écriture sainte; là un faiseur de miracles avalait, sans qu'il y parût, des rames de papier : délicate allusion au récent sujet des débats du Parlement ; plus loin, deux boxeurs pour rire rappelaient, par un furieux échange de coups de poing, cette lutte de Snyer et d'Heenan, qui, il y a quelque temps, passionna d'une façon si scandaleuse l'Angleterre et l'Amérique.

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Pas de courses d*E{)som possibles sans un épouvantable charivari ; c'est la règle. Cette fois, le vacarme d'instruments divers était aussi assourdissant qu'on pouvait le désirer dans la circonstance. J'ai vu de pauvres petites Glies, âgées de sept ans tout au plus, souffler dans des clarinettes, et cela à rendre Tàme. Être si jeunes et être obligées de gagner sa vie! Un des sports favoris de l'endroit, en réalité le sport fashio- Qâble, consiste à jeter des bâtons à d'autres bâtons plantés en terre et surmontés d'une figure hideuse : cela s'appelle Auni Sally. Malheur à qui passe trop près de ceux qui s'adonoent à cet aimable divertissement! Mon chapeau a dû d'y recevoir un coup terrible, et j'avais naturellement la léte près du chapeau.

Parmi les personnes auxquelles j'ai pu serrer la main en passant, je citerai Thackeray, l'illustre auteur de VanilyFair. Que venait faire, dans ce tohu-bohu, le grand satiriste? Observer? Pans ce cas, la matière ne saurait lui avoir manqué; car toutes les variétés de notre espèce se trouvaient là, rapprochées, rassemblées sous le regard, comme confondues, depuis le jeune lord, admiré pour son attelage, jusqu'au jongleur, admiré pour ses tours de force; depuis la grande dame, étalant ses dentelles, jusqu'à la bohémienne, étalant ses haillons; depuis le parieur, tremblant de ne pas se coucher millionnaire, jusqu'au mendiant, heureux d'avoir fait une fortune dé quelques pence; depuis la femme galante à la joue fardée, jusqu'au nègre faux teint! Et la matière n aurait pas manqué, non plus, pour les réflexions douloureuses, si c'eut été le moment de philosopher, tant se montraient là en relief tous les poignants contrastes que présente la civilisation moderne ! . . .

Mais voici que la cloche sonne. On a pesé les jockeys. La grande course va commencer. Les concurrents se sont diri-

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gés, de l'eQclos où ils ont été passés eri rcMic par les amateurs, vers le point de départ. Ils soBt au nombre de dixhuit^ parmi lescpiels Royallien^ un cherat franrais, appartenant au conte de Lagrange. Mais, hélas! KoyaHien n*est ni le premier ni le second favori. C'est à Dundee y cest à IKopÂanCaïf, i Dundee surtout, que le suflrage des connais- -seurs et les sympathies de la feule assiguent d'avance la victoire^ C'est Dundee^ c'est Diephantus^ qui sont les deux acteurs en vue dais le drame des paris.

Une immense runieur s^élève. Les poficemen s'en vont chassant devant eux, pour faire place nette, Tincoramode troupeau de flâneurs fépandus sur le champ de course. On crie de tontes parts « Hast off! — Cha|>eau bas ! » Tous les regards s'attachent à un seul point. Le signal est donné. Les voilà qui partent ; ils sont partis.

Je ne vous dirai pas les divers accidents de cette course mémorable ; mais il en est un que mon amour-propre national me défend de taire. Pendant une partie de la course, notre compatriote Ro^lKen avait figuré parmi les plus agiles et soutenu vaillamment Thonnetir de la France, lorsque tout à coup, ô fatalité! à je ne sais quel toumanti Aîherstone, un de ses compagnons, le heurte, lui fait perdre pied, et le rejette sur Dundee^ qui suivait. Est-ce par suite de cette mésaventure que RoyaHien n'est pas arrivé le premier? Je n'oserais aller jusqu'à prétendre cela, mais il n*y a aucune exagération patriotique à supposer que, sans cet accident, RoyaHien ne serait pas arrivé le sixième. Au reste, le vainqueur a été... Dundee? Non. Diapkanlusf Pas davantage. Les deux favoris ne sont venus qu'après un cheval, très-vigoureux et très-beau, ma foi, mais qui avait élé colé fort bas daus l'échelle des parieurs. Telle est la fortune de la guerre!

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La surprise a été grande qvand on a su que la palme n'était pas à Dundee ; mais, le premier nMimait de sUipevr passé, le Dom de Kettledrum a été dans toutes les iMHiches, .61 le colonel Towneley, propriétaire de EeUledrum^ a reçu des félicitations d*autai!t pkis méritées que, nouveau. venu dans la carrière du c turf » , il s'y est distingué, entre tous les éleveurs, par i'ardeur et le désintéressement de son 2èle dafis l'amélioration de l'espèce chevaline. Le (ait est que It colonel Towneley n'a jamais parié que Irès-pen de chose, le fain n'étant pas son but. L'enjeu le plus fort qu'il ait jamais hasardé est celui que KeUledmm vient de lui faire gagner, et cela ne dépasse pas ^,000 liv« sterl., ce que les habitués dn c turf » regardent comme une misère.

Une particularité intéressante à noter, c'est que cette course a duré seulement daix minutes quarante-cinq secondes, deux secondes de moins que la célèbre course de 1857. Dans ce siècle des inventions, dont le but est de dévorer le temps et de supprimer Tespace, les chevaux, comme vous voyez, ne restent pas en arrière, et promettent de dignes émules à la vapeur.

Parmi les spectateurs démarque étaient le roi des Belges, le comte de Flandre, son second fils; le duc de Chartres, le duc de Cambridge, etc.. Quant à la reine, qui est trèsfriande des courses d'Ascot, il y a longtemps qu'elle a retiré, j'ignore pourquoi, son patronage aux courses d'Epsom,bien que celles-ci soient les seules qui aient un caractère vraiment national, et presque l'importance d'une institution.

Telle est, monsieur, l'histoire de ce « jotir des j9urs, day ofthe days ». Mais combien elle serait incomplète, si je ne vous disais pas deux mots du retour! Aller à Epsom, c'est admirable; en revenir, c'est bien antre chose encore! Une descente de la Courtille angbise, voSàconment je définirais

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le retour d'Epsom, si une définition élait possible. Que ceux qui croient les Anglais un peuple grave, froid, flegmatique, viennent donc en ce moment-là voir ce qui se passe sur la route, et ce que sont venus regarder tous les visages curieux collés aux vitres des maisons qui la bordent.

Quelle exubérance de vie ! quels tonnants éclats de gaieté I Quel débraillé prodigieux ! Quelle aptitude à suivre les inspirations les plus hardies du vin de Champagne ou du c mild aie • / On vous bouscule, on vous montre au doigt, on vous apostrophe, on vous jette fraternellement à la tête brocards et navets; on est absurde quand on n*est pas abruti, on est charmant quand on n*est pas ivre-mort.

Ah! j'allais oublier ce que j'aurais dû commencer par dire : il y a cela de remarquable dans les courses d'Epsom, qu elles disposent tout le monde à la bienveillance, et qu'elles ouvrent les cœurs comme les bourses. En rentrant chez moi, je me suis rappelé tout l'argent que j'avais vu donner aux damnés de la terre, et je me suis endormi avec cette pensée que, ce soir-là du moins, beaucoup de pauvres diables au* raient eu de quoi souper !

9 juin.

Admiration des Anglais pour le comte de Cavour.

L'impression produite ici par la mort du comte de Cavour a été immense, plus grande, je crois, qu'en France, et, s'il se peut, aussi grande qu'en Italie. Cette mort est le thème

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de toutes les conversations, le point de convergence de toutes les pensées. Le deuil des Anglais a pris des proportions bibliques : « A prince has falîen m Israël. — - Un prince est tombe dans Israét. •

Et comment se faii-il que la Providence ait laissé un tel flambeau s'éteindre dans Tobscurité qui couvre encore les destins de Fltalie? Quoniodo cecidil vir potens? Les uns appellent \t ministre défunt c l'homme des hommes». — This man of men. Les autres se demandent avec effroi ce que l'avenir garde à Thâlie» maintenant que son âme s'est envolée vers les régioi» inconnues.

Avant-hier encore, le Times écrivait : « Il y a eu des liommes d'État, il y a eu des diplomates, il y a eu de grands esprits, il y a eu des héros; mais on ne verra pas de sitôt un homme qui ail été tout cela à la fois, et plus que cela. » La Chambre des Lords a rendu à la mémoire de. celui qui n'est plus un hommage où se mêlait une émotion profonde, rendue plus profonde par ces mots insensés du marquis de Bath : c II a violé toutes les lois divines et humaines. »

Enfin, la Bourse, ce juge souverain des peuples et des rois, ce prophète dont les oracles sont plus sûrs que tous ceux de Calchas, ce baromètre qui marque avec une précision si tragique quel temps il fait dans l'esprit et dans le cœur des hommes; la Bourse a baissé considérablement, à Londres, disant ainsi à tous : « La mort de ce puissant Italien est peut-être une secousse donnée au monde. »

Ne trouvez-vous pas, monsieur, qu'il y a quelque chose d'étrange dans la violence de ces transports et dans l'incommensurable étendue de cette admiration?

Certes, je suis de ceux qui s'inclinent avec respect devant le souvenir de ce mort illustre. Le tact et Thabileté avec lesquels il a su faire de la régénération de son pays, avant

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inéme que Theurc fut venue, une des plus tcmrmeiiUintes préoccupations de la diplomatie européenne, la piace qu'il a su ménager à ce pelit royaume de Sardaigne sur les champs de bataille et dans les congrès, l'art qu*il a mis i s'assurer Tappui de la France sans blesser \es susceptibilités de l'Angleterre, l'opportunité de ses défis à l'Autriche, et celte fermeté prudente qui lui a permis de miner Fédilice du despotisme clérical en attendant l'étincelle ; tout cela est digne d'admiration, digne de mémoire. Mais tout cela ne suffit pas pour expliquer la déification d'un martel, surtout par un peuple aussi réservé et aussi grave que le peuple anglais.

Il faut qu'il y ait à cette disposition universelle une cause autre que relie qui paraît a la surface ; et voilà sur quoi je vous demande la permission de m'ouvrir à vous franchement; mon dewir envers vous et envers vos lecteurs étant de dire les choses non telles que je les voudrais, mais telles qu'elles sont, ou du moins telles qu'un examen attentif et sincère de ce qui m'entoure me les fait voir.

Et d'abord laissez-moi appeler votre attention snr le passage snivant de l'oraison funèbre du comte de Cavour par ce journal le Times, qui, dans les occasions solennelles et en matière de politique extérieure, est véritablement la voix de TAngleterre :

« L'œuvre la plus difficile et la plus noble a été accomplie parle génie et Taudace d'un seul homme. Cavour tenait dans sa forte main ces fameuses républiques italiennes qui nes'imirent jamais que pour conquérir l'Europe, ou sous la pression d'un monde. L'unité de l'Italie survi\Ta-t-elle à celui qui l'a créée? L'Italie continuera-t-elle d'exister, après avoir cessé de vivre dans la conception de cette puissante intelligence et de cet énergique vouloir?... La politique qui a fâil renaitre la

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