UN FEUILLET DETACHE DE L EXPEDITION MEXICAINE
ieidenient, assurait-on, le négociateur français désapprourait en termes formels la déclaration, mais il affirmait n*en ifcepter en aucune sorte la responsabilité, attendu qu'il ne 'avait pas signée. Mais quoi ! Elle avait été publiée avec sa HgDature! Le document, que nul des commissaires n'avait lésavoué, était donc un faux ! Les rumeurs dont Técho vague ivait frappé son oreille parurent si absurdes au général Prim, qu il ne fit d'abord qu'en rire. Mais un jour, comme il causait de la proclamation avec un officier supérieur espagnol, le brigadier Milans :
— c Elle n'a pas été signée par M. Dubois de Saligny, >• dit ce dernier.
— € Qu'entendez-vous par là? » s'écria le général Prim, dont le sang commençait à s'allumer.
— € J'entends, » reprit l'officier espagnol, « que c'est ce que M. Dubois do Saligny a déclaré devant moi. »
— « C'est trop fort! ce n'est pas possible. »
— c Si vous en doutez, mon général, le commandant français Roze est là pour confirmer mon assertion; il était présent, i
Le commandant français fut interrogé et confirma le récit de Tofficier espagnol. Après, cela, une explication devenait nécessaire. Elle fut demandée à M. Dubois de Saligny par sir Lennox Wyke et le général Prim. Celui-ci n'eut pas plus tôt aperçu le commissaire français qu'il s'écria impétueusement :
— € Est-il vrai. Monsieur, que vous avez déclaré n'tivoir pas signé la proclamation? »
— « Sans doute je l'ai déclaré, »» répondit avec calme . Dubois de Saligny.
— « Uuoi ! Vous n'avez pas...? * Les yeux du général espagnol étincelaient, et ses doigts
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crispés serraient avec force le baiTeau d*une chaise placée devant lui.
— € Mais certainement, » continua le commissaire français , a je n*ai pas signé cette proclamation. Et vous-même, gcné-^ rai, vous ne Tavez pas signée. Et elle u*a été signée pa^ aucun (le ces messieurs, i désignant du doigt sir C. Wyke le Commodore Dunlop.
— «Ah ! je comprends maintenant, Monsieur, >• murmu d'une voix étouffée et avec un sourire amer le géncr*--^ IVim.
Le fait est que la proclamation avait été discutée par tom les commissaires, y compris M. Dubois de Salignv; adopta par eux, eavoyée h Timprimerie et publiée ; mais les signer* tures n'avaient pas été apposées sur le manuscrit.
Vous insisterez, peut-élre, pour savoir de qui je tiens «s détails. Eh bien, je les tiens du général Prim lui-même.
f:0 novembre.
Les Anglais et les confédérés.
Oh ! combien aisément ririsliiict l'emporte sur la raison, même chez les nations les plus éclairées ! S'il est une contrée qui puisse se dire intelligente et réfléchie, c'est à coup sûr TAngielerre. Dans ce pays, qui a tant a se plaindre <iu soleil, il existe, en tout cas, un soleil intellectuel dont Tab-