‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 135 sur 169 · LE TRONE DB GRÈGE A OGCLPER ET L*0P1M0N · texte numérisé non relu

LE TRONE DB GRÈGE A OGCLPER ET L*0P1M0N

mnees, lorsqu'elles mirent une couronne sur la tête d*Othon, lient stipulé pour le cas où elle lui serait enlevée? Il aurait allu alors s'en expliquer, et, sur ce point, le protocole est nuet. Il n'y a donc pas lieu de s*y arrêter ; et la seule inestiou que l'Angleterre ait à examiner est de savoir s il est, >m ou non, de son intérêt de passer outre.

Voilà comment raisonnent certaines gens qui, il n'y a pas in mois, demandaient à grands cris l'observation littérale des traités. Aujourd'hui, à les entendre, l'Angleterre céderait à les scrupules ridicules en subissant Tempire de ces chiffons de lapier que les diplomates savent si bien déchirer quand Tocrasion de le faire impunément leur est offerte ; et comme îxeoiplcs de la façon dont les choses se pratiquent là où la brce règne, on cite l'invasion de Cracovie, le démembrement le la Pologne, l'annexion de Nice et de la Savoie.

Mais l'Angleterre a-l-elle réellement intérêt à laisser le ils de la reine prendre la couronne de Grèce, si elle lui est endue ? C'est là une question sur laquelle les esprits sont mcpre partagés.

11 est certain que le problème n'est pas sans présenter des lifBcuItés sérieuses. L'extrême enthousiasme subitement alumé en Grèce pour un prince imberbe, qu'on n'y connaît «ulement que de nom, et qui ne professe même pas la relifîon du pays, serait un enthousiasme imbécile, s'il ne se attachait à un but national. Et ce but, qui ne le devine? -*es Grecs veulent pour roi le prince Alfred, parce qu'ils regardent comme une conséquence inévitable de son accession m trône la restitution des îles Ioniennes. Maintenant, l'Angleterre est-elle disposée à abandonner son protectorat sur les Iles, qui sont grecques, et brûlent d'être réunies à la îrèee? C'est un sacrifice auquel les politiques d'une ceraine école consentiraient sans beaucoup de regret, mais

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que TopinioD publique, à mon avis, n*est pas préparée à faire volontiers.

Ce n'est pas tout. La grande préoccupation de TADgleterre est de protéger Constanlinople contre les Russes. Sauvegarder l'existence de la Turquie est Valpha et Yamégait la politique anglaise. L'Angleterre se trouve donc avoir des intérêts diamétralement opposés à ceux de la Grèce, qni désire et doit désirer ardemment la destruction de la Turquie, pour recouvrer celles des provinces helléniques que le Turc possède encore. Quelle serait, d'après cela, la position tf«n prince anglais placé sur le trône de Grèce 1 II lui faudrait, ou gouverner les Grecs contrairement à leurs aspirations les plus chères, et courir ainsi les risques d'une impopularité pleine de périls ; ou se faire Thomme de la nation, entrer dans ses vues de légitime agrandissement, soupirer comme elle après la réunion sous un même sceptre de toutes les contrées détachées de la Grèce par les usurpations de la force, et entrer ainsi en opposition ouverte avec la politique de la Grande-Bretagne sur un point qui, pour les Anglais, est d'une imporlance capitale.

Il est vrai que le choix du prince Alfred aurait cela de bon, <iu'il empêcherait celui du duc de Leuchtenberii: ; cl aux yeux de ceux qui « ne prévoient pas les malheurs de si loin, » c'est là le plus presse.

Quant au parti républicain grec, on ne s'en occupe guère ici. Et pourtant, à l'égard de ce parti, le dédain est un singulier acte d'oubli, et pourrait bien être un acte d'imprévoyance. Que l'élément républicain n'ait pas eu place dans le gouvernement provisoire né de la récente révolution, t'est certain; mais cela vient uniquement de ce que l'idée républicaine, très-puissante dans plusieurs provinces de la Grèc^, dans l'Acarnanie, par exemple, et dans l'Étolie, n'a dans

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