‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 136 sur 169 · RKPOHNË ELECTORALE EX PERSPECTIVE · texte numérisé non relu

RKPOHNË ELECTORALE EX PERSPECTIVE

Athènes que peu de parlisans. Il serait bon de se souvenir que le mouvement qui a produit la situation actuelle fut d'abord républicain, et resta tel jusqu'au jour où Âtbènes se leva. Hais Athènes ne se déclara que le 22 octobre ; et c'est le i8 que le vieux Grivas, chef reconnu du parti républicain, avait arboré la révolte à Venitza, ce qui fut imité, le 19, h Missolonghi, et, le 20, h Patras. Depuis, Grivas est mort, et Ton ne saurait nier que sa mort ne soit une perte énorme pour son parti. Cependant l'opinion qu'il représentait n*est pas couchée avec lui dans son tombeau , et le prince Alfred aurait à compter avec elle, s'il devenait roi des Grecs, surtout dans le cas où , s'associant à la politique de son pays natal, il perdrait de vue que le seul parti qui, en Grèce, puisse devenir le parti dominant, est celui qui poussera le plus énei^iquement à la réunion de toutes les provinces d'origine hellénique.

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'i6 novembre.

Réforme électorale en perspective.

. La réforme parlementaire dans ce pays vient de perdre un de ses plus vaillants champions : M. Thomas Duncouibc' est mort. Dans la Chambre des Communes, M. Thomas Duncombe n'occupait certainement point la place assignée aux talents supérieurs. D'un autre côté, ses habitudes, comme

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ses goûts, réloignaicnt du tracas des affaires; et c'est ceqii a fait dire à un journal tory que dans M. Duncombe vient de s'éteindre la race de ces législateurs dilettanli, autrefois si communs dans la Chambre des Communes. 3Iais qu*il ait toujours figuré au premier rang des partisans de la réfonic; que son vote ait toujours été donné à la cause du progrès; qu*on Tait toujours trouvé à son poste quand il s'agissait de la défendre, et que, dans la voie des améliorations politiques, désirées ou désirables, il soit allé plus loin que lord Russell lui-même, c'est ce que la justice veut qu'on recoonaisse.

Quel successeur lui donnera le corps électoral de Fiosbury? Cette question a été abordée mardi dernier dansn meeting d'électeurs libéraux tenu à Pootonville, dans h taverne de Belvédère. Plusieurs noms ont été prononcés, enire autres celui de Charles Dickens, Témirient romancier, et celui de John Stuart Mill, l'éminent publiciste. — N'est-il pas presque inconcevable qu'un économiste, un philosophe, un penseur, un politique pratique de la force de John Stuart Mill n'ait pas encore eu entrée dans la Chambre des Communes? N'y eùl-il que ce fait pour montrer la nécessité d'une rélorme paiicnieulaire, je crois vraiment qu'il suffirait.

Je vous écrivais, il y a (jnelque temps, (|ue celte question de la réforme parlementaire ici seuiblait avoir été reléguée au nombre des choses mises en réserve ; qu'un grand calme rejouait d.ins les régions ordinairement agitées par la politique, et que la nation anglaise paraissait satisfaite de sa situation présente, au point de ne demander rien de plos. Mais j'ajoutais, si j'ai bonne mémoire, qu'il n«^ fallait pa> prendre ce calme pour de l'engourdissement; que la vie |)oliii(pie pouvait renaître ici d'un moment à l'autre avec ses aspirations indomptables; que, seulement, le peuple anglais

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était en iraio de jouir tout à son aise de ce privilège de la force : la patience, et qu il eu agissait envers le progrès comnoe envers une puissance qu*il savait à ses ordres, c'està-dire à la façon d'un inaitre qui, avec une superbe nonclialance, donne momentanément congé à son serviteur, bien sûr que, pour le rappeler, il n'aura qu'un mot à dire.

Je ne m'attendais pas à voir se vérifier sitôt la justesse de cette appréciation. Car voilà que les populations des grandes villes commencent de toutes parts à demander ce que certains politiques les croyaient disposées à ajourner indéfiniment. Que disait le Times^ il y a quelques mois? Son grand argument contre toute idée de réforme parlementaire était que le peuple ne réclamait rien de semblable, el qu'il était ridicule de s'obstiner à offrir aux gens un cadeau dont eux-mêmes ne voulaient pas. Le Times fera bien aujourd'hui de recourir à quelque autre genre de logique : celle sur laquelle il s'appuyait, il y a quelques mois, d'un air si triomphal, ne serait plus de mise en ce moment : le mouvement vers la réforme a repris son cours, il n'y a pas à en douter, et la preuve, c'est le grand meeting qui, lundi dernier, a eu lieu à Leeds dans la salle de l'hôtel de ville.

Là se trouvaient réunis environ 280 délégués, venus de tous les points du pays et représentant de puissantes villes, telles que Manchester, Birmingham, Newcastle, etc.

Des invitations avaient été adressées au comte de Carlisie, au comte Russell> à lord Londesborough, au comte de Grey et Ripon ; à SIM. Bright, Cobden, Stansfeld et autres personnages politiques bien connus pour leur adhésion au principe de la réforme parlementaire. Malheureusement, des DU)tifs divers ont empêché plusieurs des invités de répondre au désir qui leur était manifesté.

M. Bright, par exemple, s'est excusé sur des engage-

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ments impossibles à rompre; M. Cobden, sur la nécesâté d'éviter le renouvellement d'une attaque de bronchite, doot il a eu tout récemment encore à souffrir; lord Russell,siir la crainte d'altérer par une sorte d'intenention officielle ce caractère de spontanéité si propre à donner du poids à Texpresslon des vœux populaires. Quelque légitimes que soieDl ces raisons, on ne peut nier que l'absence d'hommes aussi haut placés dans l'opinion que M. Bright, M. Cobden et lord Russell, n'ait ôté au meeting un peu de son importance. Ed tous cas, il est certain qu'elle a fourni aux ennemis de la réforme un prétexte dont, faute de mieux, ils se sont avidement emparés. En réalité cependant, l'essentiel était que les personnages auxquels on s'était adressé donnassent uo témoignage public, incontestable, éclatant, de leur adhésioB h ce qui faisait l'objet du meeting, et, sous ce rapport do moins, leurs réponses n'ont rien laissé h désirer.

Tous, ils sont contre ce qu'on pourrait appeler l'exclusion en masse de la classe ouvrière.

Comment ne pas reconnaître, en effet, qu'il y a là et une grande injustice et un grand danger? Ceux dont le travail conlribne dans une proportion si large a la création de la richesse publique, ceux qui ont a payer leur part de l'impôt, ceux qui, à une heure donnée, peuvent être appelés à défendre leur pays au péril de leur vie, n'ont-ils donc aucun droit à sauvegarder, aucun intérêt à défendre, et ne sont-ils bons à jouer, dans le drame politique, d'autre rôle que celui de spectateurs? Celui-là, qu'il le sache ou non, est dégradé, qui souffre que, sans le consulter, on dispose souverainenieni de sa destinée; et le jour où il vient a s'en apercevoir, c'en est fait : il faut, ou lui céder son dû, ou se résoudre à l'avoir pour ennemi. Même en admettant, — supposition monstrueuse, — que l'intérêt de là propriété

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