‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 138 sur 169 · REFORME ELECTORALE EN PERSPECTIVE · texte numérisé non relu

REFORME ELECTORALE EN PERSPECTIVE

loin d*étre infaillibles ; comme il y aurait péril suprême h les saluer telles, il est essentiel que, tout en s'iuclinant avec respect devant leur pouvoir; que, tout en exécutant avec soumission leurs décrets, on ne néglige pas les moyens de garantir la minorité et de les garantir elles-mêmes contre leurs erreurs possibles, le pouvoir devant être toujours assez fort pour faire que la raison remporte, et ne devant jamais être assez fort pour remporter sur la raison.

Voilà les réflexions que suggère ici aux intelligences les plus élevées parmi les amis du peuple l'avènement prévu de la démocratie. J*ai déjà eu occasion de vous parler en passant du beau livre que M. John Stuart Mill a publié, il y a quelques mois, sur les véritables principes du gouvernement représentatif : rien de pbis frappant que Témotion avec laquelle il proclame Tabsolue nécessité d'assurer à la minorité, dans un gouvernement représentatif digne de ce nom, une représentation réelle et proportionnée à la place que cette minorité occupe dans le pays. « De ce que la majorité, dit-il, doit l'emporter sur la minorité, suit-il <iue la minorité doive être comptée pour rien? De ce que la minorité est tenue d'obéir, suit-il qu'on lui doive enlever le droit de se faire entendre? j> Et, reprenant les idées de M. Thomas Hare, il propose que chaque citoyen soit appelé à choisir le candidat qu'il préfère, non dans tel ou tel district électoral, mais dans tout le pays. Je regrette que le défaut d'espace m'empêche d'exposer, ores et déjà, le caractère, le mécanisme et les conséquences de ce système : j*y reviendrai. Il a été dicté par le même sentiment qui animait Rousseau lorsqu'il posa le problème social en ces termes : « Trouver une forme d'association qui défende et protège de la force commune chaque associé, et par laquelle chacun, s' unissant à tous, n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre

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qu*aupâravaDt. » Formule admirable, et qui, selon moi, le serait plus encore si, à la place des quatre derniers mois, Rousseau avait écrit : c et par là devicDue libre! »

27 noTembre.

Les électiens en Angleterre «Tant le «Beferm BIU».

Puisque je vous ai parlé de réfonue parlementaire, quelques mots sur la façon dont les élections se pratiquent ici ae seront pas de trop.

Mais, d'abord, comment les choses se passaient-elles avant le « Reform Bill. »

C'est une histoire où la comédie se mêle étrangement au drame que relie du régime électoral tel qu'il existait en Angleterre avant le fameux bill de réforme de 1832. Alors (ionune aujourd'hui, il y avait les députés élus par les comtés, les députés élus par les bourgs [boroughs), les députés élus par un certain nombre de cités, et les députés élus par les Universités d'Oxford, de Cambridge, de Dublin, et, alors comme aujourd'hui, la chambre basse (lotcer Ilouse) était censée représenter c toutes les communes d'Angleterre; » mais qu'il y avait loin, grand Dieu! de la fiction à la réalité!

En ce qui touche les comtés, ils avaient cessé d'exprimer,

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